Sous-Capitaine Jojo AdOC

25 novembre 2020

La pandémie est nucléaire

Philippe Oberlé, La pandémie est nucléaire, 2020

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article164126

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https://sniadecki.wordpress.com/202...

Dans un épisode (3 août 2020) de la série de vidéos « Il est temps » d’Arte, Jean-Marc Jancovici, ingénieur français diplômé de l’École Polytechnique, fondateur et président de The Shift Project – « le think tank de la transition carbone » – et associé fondateur de Carbone 4 – « premier cabinet de conseil spécialisé sur la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique » – prétend que le nucléaire est « un amortisseur de la décroissance plus efficace que l’éolien ou le solaire ». Cette déclaration est à classer parmi les nombreuses absurdités défendues avec vigueur par les nuisibles et autres parasites proches du pouvoir cherchant par tous les moyens à maintenir l’ordre socio-économique et technologique dominant, même au prix de la vie sur Terre.

Qu’elle soit issue de l’éolien, du solaire, du nucléaire, du pétrole, du gaz, de la méthanisation, de la géothermie ou du charbon, la production d’énergie poursuit un seul et unique objectif : alimenter des machines et des usines, accélérer la marche et l’expansion du système techno-industriel anéantissant la biosphère. Le nucléaire a parfaitement rempli cette mission – la dévastation socio-écologique planétaire a d’ailleurs progressé au même rythme que le développement du parc nucléaire. Comme tout lobbyiste prenant la défense d’une industrie nuisible, Jean-Marc Jancovici nie l’évidence en affirmant que le nucléaire n’y est pour rien dans l’hécatombe globale.

À la manière des défenseurs de l’énergie dite « propre » (éolien, solaire, etc.), il a pris soin en amont de limiter le cadre du débat à la production énergétique et aux émissions de gaz à effet de serre. À les écouter tous, il est évident qu’aucun des partis ne semble investi d’une mission au service de la biosphère ou du climat. Il s’agit plutôt de préserver par tous les moyens possibles le système techno-industriel en substituant une production énergétique par une autre. Il n’est presque jamais question de la finalité de la production énergétique.

Si cette énergie fait fonctionner des machines ayant arraché 44 milliards de tonnes de minéraux non métalliques (sable, gravier et argile en majorité) à la croûte terrestre en 2017, soit cinq fois plus qu’en 1970, ce n’est pas bien grave. Peu importe que cette production massive d’énergie ait permis d’industrialiser le système de production alimentaire, un système si efficient qu’un tiers de la nourriture (1,3 milliard de tonnes) destinée aux humains est gaspillée chaque année. Peu importe que cette énergie alimente des usines d’où sortent automobiles et camions, porte-conteneurs et tankers, jets privés et avions de ligne, bulldozers et excavatrices, tanks, avions de chasse, porte-avions, blindés, munitions et missiles, sans oublier les emballages plastiques et autres déchets électroniques (smartphones, ordinateurs, objets connectés) déversant partout leurs toxines.

Dans ce cadre, présenter le nucléaire comme indispensable à une politique de décroissance paraît plutôt osé, pour ne pas dire complètement grotesque. Et il suffit de prendre du recul pour s’en rendre compte, par exemple en jetant un œil à l’évolution de l’industrie nucléaire à l’étranger. Conformément aux conseils avisés de Jean-Marc Jancovici, les dirigeants de l’Empire techno-industriel mondial ont prévu « d’amortir la décroissance » en construisant des centaines de réacteurs aux États-Unis, en Chine, en Europe, en Inde, en Arabie Saoudite ou encore en Russie. Plus sérieusement, la quatrième révolution industrielle est attendue comme le Messie par l’oligarchie réunie au sein du Forum Économique Mondial (FEM) tenant sa petite fête annuelle à Davos. Et cette révolution industrielle ne peut avoir lieu sans une augmentation continue de la production énergétique globale.

Selon Klaus Schwab, fondateur et président du FEM, la quatrième révolution industrielle est « la révolution numérique, née au milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion des technologies qui gomme les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique. »

Il poursuit :

« Des milliards de gens bénéficient de perspectives illimitées grâce aux appareils mobiles connectés, dont la puissance de traitement, la capacité de stockage et l’accès au savoir sont sans précédent. Ces perspectives sont encore démultipliées par l’émergence de technologies novatrices dans les domaines de l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets, les véhicules autonomes, l’impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, la science des matériaux, le stockage de l’énergie et l’informatique quantique. »

Pour déployer partout ces technologies merveilleuses et intensifier leur usage [et la 5G ne peut qu’y contribuer ; NdE], il va bien falloir augmenter la production d’électricité. Heureusement, il y a le nucléaire !

Think-tank

Selon la World Nuclear Association, notre planète compte environ 440 réacteurs nucléaires en fonction dans 30 pays. Au niveau global, plus de 100 réacteurs sont commandés ou planifiés, et au moins 300 réacteurs supplémentaires sont proposés. La Chine et l’Inde devraient contribuer en majorité à cet « effort de guerre ».

D’après les rapports annuels de l’Energy Minerals Division (EMD) appartenant à l’American Association of Petroleum Geologists (AAPG) :

— L’Inde prévoit d’investir massivement dans l’énergie nucléaire pour la porter à 25% de son mix énergétique.

— La Chine exploite 38 réacteurs et en construit 25 en ce moment. D’ici 2030, le pays de l’oncle Xi Jinping ambitionne d’en construire 99 autres et envisage d’atteindre un total de 240 réacteurs à terme.

— La Russie construit 7 réacteurs, en moyenne un nouveau réacteur devrait entrer en service chaque année d’ici à 2028. Le pays construit également des réacteurs flottants sur les côtes de Sibérie et de l’Arctique, dont le premier a été mis en service afin d’alimenter en électricité la course à l’extractivisme dans le cercle arctique. Une technologie que la Russie espère exporter à l’étranger.

— Aux États-Unis, où 20% de la production électrique provient de 98 réacteurs nucléaires, deux nouveaux réacteurs entreront en service peu après 2021, et 24 autres ont été proposés.

— L’Arabie Saoudite prévoit de construire 16 réacteurs d’ici 2030.

— Le Japon améliore et remet en marche sa flotte de réacteurs malgré l’accident de Fukushima. Dans peu de temps, les autorités japonaises devraient commencer à déverser dans l’océan plus d’un million de tonnes d’eau radioactive ayant servi à refroidir les réacteurs de Fukushima.

— Coïncidence intéressante : États-Unis, Chine, Inde, Russie et Arabie Saoudite sont aussi les États qui concentrent 62% des dépenses militaires mondiales d’après L’Usine Nouvelle. Les apôtres de l’atome sont aussi des va-t-en-guerre, ça promet.

Mais ayons confiance, la classe dirigeante a déjà eu l’occasion à maintes reprises par le passé de nous démontrer qu’elle était tout à fait capable de garder le contrôle de la puissance destructrice à sa disposition.

Philippe Oberlé, 9 novembre 2020.

Article publié sur le blog Greenwashing Economy. https://greenwashingeconomy.com/la-...

Bertrand Louart Jean-Marc Jancovici, l’écolocrate nucléariste https://sniadecki.wordpress.com/201... Dans la série “pourritures nucléaristes”… mai 2012

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laFranceNucleaire

 

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20 novembre 2020

Collectif « Stop EDF Mexique », refusons la transition énergétique coloniale!

Zapat

anticolo2018b

https://douze.noblogs.org/post/2020/11/18/creation-du-collectif-stop-edf-mexique-refusons-la-transition-energetique-coloniale/

Bonjour,
Ce 17 novembre devait être une grande journée de mobilisation contre « la réintoxication du monde ». La situation actuelle fait que cette journée est un peu compromise… mais certain.es ont quand même maintenu leurs actions et elles se deroulent en ce moment même. Nous leur adressons toute notre solidarité. Idem pour les rassemblements ce soir contre la loi de sécurité globale auxquels nous vous invitons a participer fortement.

Ce 17 novembre, c’est aussi le jour de création du collectif « STOP EDF MEXIQUE », regroupant plusieurs personnes à travers la France. Et cela nous fait énormément plaisir!!! Nous relayons ici leur communiqué de presse, leur manifeste ainsi qu’un texte explicatif sur la situation dans l’Isthme de Théuantepec.  Deux amis de l’Amassada travaillent aussi à la restitution des témoignages recueillis lors de leur voyage au Mexique, on vous tiens au courant!

Nous mettons leur mail ici et les annexes en pieces jointes. Partager autour de vous! Que la solidarité grandisse.
L’Amassada

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Bonjour,

Nous vous faisons parvenir un communiqué de presse annonçant la création de notre collectif « Stop EDF Mexique », contre les projets éoliens coloniaux et destructeurs de l’entreprise EDF dans l’isthme de Tehuantepec, au Mexique.

Nous vous transmettons également trois annexes: notre Manifeste, un bref article rédigé par nos soins pour plus de contexte et un article écrit par une habitante de l’isthme.

Nous restons à disposition pour tout complément d’information et nous vous tiendrons au courant des suites de notre action.

Merci par avance de l’attention que vous porterez à notre communiqué,

Le collectif « Stop EDF Mexique »

Communiqué de presse: Communiqué de press_Stop EDF Mexique_17_11_2020

Manifeste : Manifeste du collectif

Article archipel : Article Archipel

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03 novembre 2020

Le monde est complètement Trump

Dans la série (noire) « Le monde est complètement Trump » c’est à dire cinglé, voici trois textes bien marquants du moment

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article164056

 Fukushima, la pandémie nucléaire se répand


de : Manlio Dinucci via Jyp
mardi 3 novembre 2020

Dans la série (noire) "Le monde est complètement Trump" c’est à dire cinglé, voici le début de la fin par le nucléaire :

https://www.mondialisation.ca/fukus...

Ce n’est pas du Covid, donc l’information est passée quasiment inaperçue : le Japon déchargera en mer plus d’un million de tonnes d’eau radioactive provenant de la centrale nucléaire de Fukushima.

Le catastrophique accident de Fukushima fut amorcé par le tsunami qui, le 11 mars 2011, investit la côte nord-orientale du Japon, submergeant la centrale et provoquant la fusion des noyaux de trois réacteurs nucléaires. La centrale avait été construite sur la côte à seulement 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des digues brise-lames de 5 mètres de haut, dans une zone sujette à des tsunamis avec des vagues de 10-15 mètres de haut. De plus il y avait eu de graves manquements dans le contrôle des installations de la part de Tepco, la société privée de gestion de la centrale : au moment du tsunami, les dispositifs de sécurité n’étaient pas entrés en fonction. Pour refroidir le combustible fondu, de l’eau a été pompée pendant des années à travers les réacteurs.

Cette eau, devenue radioactive, a été stockée à l’intérieur de la centrale dans plus de mille grands réservoirs, en en accumulant 1,23 millions de tonnes. Tepco est en train de construire d’autres réservoirs, mais au milieu de l’année 2022 ceux-là aussi seront pleins. Devant continuer à pomper de l’eau dans les réacteurs fondus, Tepco, en accord avec le gouvernement, a décidé de décharger en mer celle qui a été accumulée jusqu’à présent, après l’avoir filtrée pour la rendre moins radioactive (mais on ne sait pas dans quelle mesure) avec un processus qui durera 30 ans.

Il y a en outre les boues radioactives accumulées dans les filtres du site de décontamination, stockées dans des milliers de containers, et d’énormes quantités de sol et autres matériaux radioactifs.

Comme l’a admis Tepco même, particulièrement grave est la fusion advenue dans le réacteur 3 chargé avec du Mox, un mélange d’oxydes d’uranium et plutonium, beaucoup plus instable et radioactif. Le Mox, pour ce réacteur et d’autres aussi dans le pays a été produit en France (site Orano de Beaumont-Hague en Normandie, NDT), en utilisant des déchets nucléaires envoyés par le Japon.

Greenpeace a dénoncé les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur des dizaines de milliers de kilomètres (voir note en fin de texte, NDT). Elle a dénoncé en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, parce qu’on peut en extraire plus facilement du plutonium et, dans le cycle d’exploitation de l’uranium, il n’existe pas de ligne de démarcation nette entre usage civil et usage militaire du matériau fissible.

Jusqu’à présent dans le monde se sont accumulées (selon des estimations de 2015) environ 240 tonnes de plutonium à usage militaire direct et 2.400 tonnes à usage civil, avec lesquelles on peut cependant produire des armes nucléaires, plus environ 1.400 tonnes d’uranium hautement enrichi à usage militaire.

Quelques centaines de kilogrammes de plutonium suffiraient pour provoquer le cancer des poumons aux 7,7 milliards d’habitants de la planète, et le plutonium reste létal pendant une période correspondant à presque dix-mille générations humaines.

Ainsi a-t-on accumulé un potentiel destructeur en mesure, pour la première fois dans l’histoire, de faire disparaître l’espèce humaine de la surface de la Terre.

Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ; les plus de 2.000 explosions nucléaires expérimentales dans l’atmosphère, en mer et sous terre ; la fabrication de têtes nucléaires avec une puissance équivalente à plus d’un million de bombes d’Hiroshima ; les nombreux accidents avec des armes nucléaires et ceux dans les sites nucléaires civils et militaires, tout cela a provoqué une contamination radioactive qui a touché des centaines de millions de personnes.

Une partie des environ 10 millions annuels de morts du cancer dans le monde -documentés par l’OMS- est attribuable aux effets à long terme des radiations. En dix mois, toujours selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, le Covid-19 a provoqué dans le monde environ 1,2 millions de morts. Danger à ne pas sous-évaluer, mais qui ne justifie pas le fait que les mass media, notamment télévisées, n’aient pas informé que plus d’un million de tonnes d’eau radioactive sera déchargée en mer depuis la centrale nucléaire de Fukushima, avec comme résultat le fait que, entrant dans la chaîne alimentaire, elle fera ultérieurement augmenter les morts du cancer.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Fukushima, dilaga la pandemia nucleare

Édition de mardi 3 novembre 2020 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/fukushima-di...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Photo en vedette : Une partie des plus de mille réservoirs d’eau radioactive, dans la centrale nucléaire de Fukushima

 

Note pour la version française.

“Le Mox pour les réacteurs japonais est produit en France, en utilisant des déchets nucléaires envoyés du Japon. Du site de retraitement Orano (ex-Areva) de Beaumont-Hague, en Normandie, le combustible au plutonium est transporté sur un millier de kilomètres par autocars au site Melox de Marcoule (Gard), où sont fabriquées les barres de combustible. Celles-ci sont de nouveau transportées au site de Beaumont-Hague pour organiser l’expédition. Les conteneurs sont ensuite transportés au port de Cherbourg et embarqués sur des navires qui, ayant à bord des hommes armés sur le pied de guerre, appareillent vers le Japon.

Greenpeace dénonce les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur terre et par mer sur des dizaines de milliers de kilomètres, car personne ne peut prévoir ce qui se passerait en cas d’accident. Elle dénonce en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, puisqu’on peut en extraire plus facilement du plutonium. Quasiment aucun gouvernement ne prête attention à l’alarme lancée par Greenpeace. Le gouvernement irlandais avait essayé en vain, en s’adressant en 2003 à la Cour d’arbitrage de La Haye, de faire fermer le site de retraitement de Sellafield en Angleterre : le site, dont se sert aussi le Japon, est source d’une dangereuse pollution radioactive de la Mer d’Irlande et de l’Atlantique Nord.

On n’a pas prêté non plus une grande attention à l’alerte, lancée en 2017 en France, par l’Autorité sur la sécurité nucléaire (ASN) concernant le site Areva (aujourd’hui Orano) de Beaumont-Hague. Selon l’ASN, la protection du site contre le risque d’explosion s’avère insuffisante. Le site concentre la plus haute quantité de plutonium et autre matériau radioactif en Europe. Un accident provoquerait des conséquences catastrophiques pour toute la région européenne”.

Extrait de :

Guerre nucléaire. Le jour d’avant. Qui nous conduit à la catastrophe et comment,

Manlio Dinucci (Zambon Editore), traduction M-A Patrizio, postface de B. Genet (Comité Comprendre et agir contre la guerre) à paraître aux Éditions Delga (Paris).

 

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sciencA

https://reporterre.net/Le-monde-d-apres-s-appelle-Revolte

Le monde d’après s’appelle Révolte

16 novembre 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Qu’ils sont loin, les rêves du « monde d’après ». Aujourd’hui, tout est redevenu comme avant, en pire. Ecologie et justice sont oubliées, alors que le pouvoir réprime de plus en plus durement la jeunesse, tout en bouchant son avenir. Sous le couvercle du confinement, la colère bouillonne.

Qu’il est loin, ce premier confinement. Il nous avait pris par surprise, c’était une situation jamais vue, cette mise en suspens d’une partie du monde pendant quelques semaines. La crainte du virus était là, le boulot était pénible pour les travailleurs les plus précaires et ceux assurant les fonctions vitales de la société. L’anxiété du chômage surgissait pour d’autres. Mais il y a eu aussi pour beaucoup, la découverte du silence, du renouveau de la nature, un moment de respiration dans le grand chambardement du monde. Une certaine euphorie se faisait jour, dans l’espoir que de cette crise pourrait surgir un monde meilleur. On a rêvé du « monde d’après » : transports, agriculture, santé, économie — on allait tout reprendre dans le bon sens, tandis qu’associations, syndicats, personnalités multipliaient les appels et les listes d’idées pour « le jour d’après ».

Six mois plus tard, nous sommes « après » : en pleine deuxième vague de la pandémie, en confinement, sous la férule d’un gouvernement à la fois peu compétent et autoritaire, et observant en silence les nouveaux maîtres du monde se gaver, tel Jeff Bezos, le patron d’Amazon encore enrichi en centaines de milliards, ou le patron de Pfizer qui, dès l’annonce d’un potentiel vaccin, a vendu 60 % de ses actions pour profiter de son cours qui venait de bondir.

Force est de constater que rien ne bouge. Le vide des politiques sur la biodiversité et le climat est sidéral, alors que ce sont les domaines clés si l’on veut éviter que se répètent sans cesse de nouvelles pandémies et que l’on endure du fait du réchauffement des situations intolérables. Toute l’attention politique est focalisée sur la gestion à court terme de la pandémie, attendant un miracle d’un vaccin à venir — dont l’idée qu’il pourrait être mis à disposition comme un bien commun est abandonnée — et trépignant dans l’espoir de faire repartir la croissance. La question de l’écologie globale ? Celle des inégalités ? « On verra plus tard. » Et en attendant, on continue à détruire la biodiversité en multipliant les projets inutiles, et sans rien entreprendre ni pour limiter l’élevage industriel ni pour limiter la déforestation tropicale, les deux sources des zoonoses.

Le mépris de la jeunesse

Quant au climat, un sujet crucial permet de comprendre combien il pèse peu en France : celui de la rénovation énergétique. Nous lançons aujourd’hui une grande enquête à propos de cette politique aux bénéfices collectifs évidents : sa mise en œuvre permettrait d’économiser des milliards d’euros sur nos importations de pétrole ou de gaz tout en réduisant les émissions de CO2. Elle créerait des emplois pour des dizaines de milliers d’artisans, elle contribuerait à réduire la pauvreté. Mais alors que l’urgence est reconnue depuis des années (Grenelle 2007), on est toujours encalminés. Ses financements sont confus et dispersés, les artisans ne sont pas formés, les procédures administratives compliquées, le lobby nucléaire pèse pour freiner. Alors que la rénovation énergétique est un axe essentiel d’une vraie politique climatique, elle continue à patauger depuis plus de dix ans.

L’explication de cette paralysie — qu’il s’agisse de biodiversité ou de climat —, est la résistance obstinée de pouvoirs oligarchiques à tout changement réel. Ils préservent leurs intérêts et promeuvent leur vision du monde : croissance, productivisme, numérique — point !

Le plus grave est que leur inconséquence égoïste prépare un avenir noir aux jeunes générations, qui subiront de plein fouet les catastrophes écologiques si nous n’agissons pas urgemment. Cette inconséquence, d’ailleurs, témoigne d’un mépris pour la jeunesse, d’un monde de vieux riches qui veulent préserver leur confort moisi. Elle se traduit par une attitude incroyablement brutale à l’égard des enfants et des adolescents : on oblige les enfants à porter dès six ans des masques qui les étouffent, on matraque et gaze des lycéens qui demandent qu’un protocole sanitaire sérieux soit appliqué, on garde à vue des enfants de dix ans pour « apologie du terrorisme », on lance une enquête sur la Fédération des centres sociaux parce que les propos des jeunes n’ont pas eu l’heur de plaire à une secrétaire d’État. Et l’on prépare une loi de « sécurité globale » (discutée jour pour jour deux ans après la naissance du mouvement des Gilets jaunes) pour pouvoir réprimer encore plus brutalement et à l’abri des regards celles et ceux qui oseraient protester.

Ce pouvoir est ivre d’autoritarisme et dangereux. En mai, on expliquait ici que le monde d’après serait un champ de bataille. Le champ est encore vide, parce que le confinement pèse comme un couvercle de plomb sur l’énervement, l’anxiété, la colère qui bouillonnent contre l’impéritie des gouvernants, contre le désastre écologique et contre l’injustice insupportable. Contre l’asphyxie et l’avenir sinistre que préparent les dominants. Quand ce couvercle se lèvera enfin, il y a fort à parier que la colère se transformera en révolte. Elle sera légitime.

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https://www.partage-le.com/2020/11/16/hold-up-comme-dhabitude-complotisme-et-anticomplisme-passent-a-cote-de-lessentiel-par-nicolas-casaux/

Hold Up : Comme d’habitude, complotisme et anticomplotisme passent à côté de l’essentiel

Quelques remarques griffonnées à la va-vite au sujet de ce documentaire qui aura au moins eu le mérite de provoquer des discussions — avec l’aide de Simone Weil, et aussi de Jaime Semprun (L’Abîme se repeuple, 1996) :

« La domestication par la peur ne manque pas de réalités effrayantes à mettre en images ; ni d’images effrayantes dont fabriquer la réalité. Ainsi s’installe, jour après jour, d’épidémies mystérieuses en régressions meurtrières, un monde imprévisible où la vérité est sans valeur, inutile à quoi que ce soit. Dégoûtés de toute croyance, et finalement de leur incrédulité même, les hommes harcelés par la peur et qui ne s’éprouvent plus que comme les objets de processus opaques se jettent, pour satisfaire leur besoin de croire à l’existence d’une explication cohérente à ce monde incompréhensible, sur les interprétations les plus bizarres et les plus détraquées : révisionnismes en tout genre, fictions paranoïaques et révélations apocalyptiques. […] Le soupçon de manipulation générale est alors un ultime refuge, une façon commode de ne pas faire face à l’irrationalité totale de la décadence, en lui prêtant une rationalité secrète. »

Le complot, ça marche ; c’est apparemment un nouveau filon capitaliste. C’est rassurant de se dire qu’on tient l’explication, qu’on comprend, qu’on sait, que tout ce qui se passe relève d’un plan, qu’on n’est pas juste perdus, égarés dans les flots tempétueux, incontrôlés, incontrôlables, dépourvus de sens, d’une civilisation qui, depuis longtemps déjà, n’est plus qu’un insondable maelstrom. Même chose, donc, en ce qui concerne l’anticomplotisme.

Le documentaire Hold Up de Pierre Barnerias pose autant problème dans le fond que dans la forme — la musique dramatique, par exemple, permet à peu de frais de passer des banalités ou des fabulations pour d’incroyables révélations. On pourrait passer un certain temps à lister les erreurs factuelles et les mensonges qu’il colporte. Divers médias grand public ont déjà commencé à le faire (liens ci-après). Rappelons-en deux :

  1. Le documentaire suggère qu’étant donné que Bill Gates et les Rockefeller prévoyaient l’avènement d’une pandémie depuis plusieurs années, alors ils sont sans doute coupables de l’avoir provoquée. Mais d’innombrables scientifiques et aussi des écrivains et toutes sortes de gens nous avertissent à ce sujet depuis déjà des années ! Pas seulement Bill Gates et les Rockefeller, loin de là. Les pandémies accompagnent depuis déjà des siècles le développement de la civilisation. Ainsi que le souligne un article récemment publié sur le site de la célèbre chaîne états-unienne History : « Plus les humains devinrent civilisés, construisant des villes, établissant des routes commerciales entre elles, et menant des guerres les uns contre les autres, plus des pandémies devinrent probables. » Dans un récent article intitulé « Ce qu’il faut savoir sur les principales épidémies et pandémies », René Noto, président d’honneur de la SFMC (Société Française de Médecine de Catastrophe), explique : « L’histoire des civilisations connues par les fouilles archéologiques montre à l’évidence l’existence de maladies infectieuses et cette histoire est jalonnée par ces risques infectieux sans pour autant que l’on puisse avoir des informations précises sur le contexte épidémique de l’époque. » Il y en a déjà eu de nombreuses au cours de l’histoire de la civilisation, il y en aura d’autres. Rien d’étonnant. D’autant plus que la civilisation de notre temps est mondialisée, dotée de transports à grande vitesse, bien plus populeuse que celles du passé, etc.
  2. Il affirme que les zoonoses sont rares, ce qui est évidemment faux. « Les estimations varient, mais sur les mille quatre cents organismes pathogènes connus affectant l’être humain, entre huit cents et neuf cents sont des “zoonoses”, c’est-à-dire des infections issues d’hôtes non humains. » (James C. Scott, Homo Domesticus). Choléra, variole, oreillons, rougeole, grippe, varicelle et peut-être aussi paludisme, sont, entre autres, des zoonoses.

Outre des erreurs factuelles et des mensonges purs et durs, le documentaire affirme des choses discutables, sinon douteuses, par exemple en évoquant divers complots et/ou phénomènes de corruption dans plusieurs secteurs industriels (le secteur pharmaceutique, notamment). Le problème étant qu’il ne s’agit pas tant de corruption ou de complots que du fonctionnement normal et logique du système capitaliste — impératif du profit et règne de l’intérêt financier. Lequel s’apparente, de bien des manières, à « une élite qui comploterait contre les citoyens et notamment contre les pauvres », quoi qu’en pense France Culture (d’où ces magnats de la Silicon Valley plaçant leurs enfants dans des écoles sans technologie tandis qu’ils encouragent l’État à fournir des tablettes à tous les autres enfants, à rendre l’école toujours plus numérique, virtuelle). Cette incompréhension du fonctionnement élémentaire du capitalisme amène les anticomplotistes à nier la réalité — des intérêts divergents, voire opposés, entre classes sociales — autant que les complotistes à la méconnaître.

L’absence d’une démocratie véritable et l’existence de classes, d’une structure sociale hiérarchique, implique depuis des siècles l’existence de maîtres et d’esclaves, et ainsi « l’état perpétuel de guerre dans lequel tout maître est vis-à-vis de ses esclaves » (Pierre Samuel du Pont de Nemours en 1771, qui en savait quelque chose, dont le fils créera par la suite la société DuPont, aujourd’hui l’un des plus grands groupes industriels de chimie du monde).

Complotistes et anticomplotistes ont également en commun — outre de prétendre détenir la Vérité scientifique — de ne jamais souligner une des seules choses dont nous sommes à peu près sûrs, à savoir, comme le formulait Simone Weil (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale), que :

« L’obstacle qui apparaît le premier est constitué par la complexité et l’étendue de ce monde auquel nous avons affaire, complexité et étendue qui dépassent infiniment la portée de notre esprit. Les difficultés de la vie réelle ne constituent pas des problèmes à notre mesure ; […] [l]es termes d’oppresseurs et d’opprimés, la notion de classes, tout cela est bien près de perdre toute signification, tant sont évidentes l’impuissance et l’angoisse de tous les hommes devant la machine sociale, devenue une machine à briser les cœurs, à écraser les esprits, une machine à fabriquer de l’inconscience, de la sottise, de la corruption, de la veulerie, et surtout du vertige. La cause de ce douloureux état de choses est bien claire. Nous vivons dans un monde où rien n’est à la mesure de l’homme ; il y a une disproportion monstrueuse entre le corps de l’homme, l’esprit de l’homme et les choses qui constituent actuellement les éléments de la vie humaine ; tout est déséquilibre. »

Ainsi, l’étendue de la division du travail et de la spécialisation qui sont au fondement de la civilisation industrielle font de « la science […] un monopole, non pas à cause d’une mauvaise organisation de l’instruction publique, mais par sa nature même ; les profanes n’ont accès qu’aux résultats, non aux méthodes, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent que croire et non assimiler. »

Par exemple :

« Les mathématiques constituent à elles seules un ensemble trop vaste et trop complexe pour pouvoir être embrassé par un esprit ; à plus forte raison le tout formé par les mathématiques et les sciences de la nature ; à plus forte raison le tout formé par la science et ses applications ; et d’autre part tout est trop étroitement lié pour que la pensée puisse véritablement saisir des notions partielles. Or tout ce que l’individu devient impuissant à dominer, la collectivité s’en empare. »

Dans une telle configuration sociale, la démocratie est inexistante et impossible, les antagonismes de classe sont inéluctables, le pouvoir est entre les mains de l’inertie de la machine technocapitaliste, qui ne peut être ni contrôlée ni réformée. Les dominants ne peuvent que faire la guerre aux pauvres. Et le système la guerre au monde entier. Il est absurde d’espérer contrôler (qui plus est, démocratiquement) ce qui n’est plus depuis longtemps déjà à la mesure de l’être humain — des mégalopoles gigantesques, des États-nations pires encore, de vastes et même internationales divisions et spécialisations du travail nécessaires aux techniques/technologies les plus élémentaires sur lesquelles repose toute la société industrielle, l’existence technologique moderne.

Dans l’ensemble, ce documentaire, qui mélange des réactions et remarques légitimes (hostilité envers certaines nouvelles technologies déployées de manière parfaitement antidémocratique, à l’image de tout le reste) à des affirmations ou croyances ridicules (« on a trouvé le coupable de la covid19 »), envoie son audience sur une fausse piste, à la recherche d’un complot ourdi par quelques terribles méchants (Gates, Rockeffeller, Schwab). Il n’examine en rien ni ne remet en question la technologie et ses implications, le capitalisme et ses implications, la civilisation et ses implications, l’armature du système sociotechnique mondialisé. Suite à son visionnage, est-on mieux armés pour affronter le désastre en cours ? Pas vraiment. Au contraire, on risque de se perdre dans diverses impasses à chercher pourquoi certains sont méchants, comment changer de dirigeants pour en avoir de bons qui respectent les démocraties présentes, etc., toujours les mêmes espérances absurdes et réformistes. Le complotisme, en effet, loin de mettre en lumière les problèmes que posent les structures sociales existantes, l’organisation générale de nos sociétés, les principes fondamentaux qui les régissent, se contente de blâmer — parfois à plus ou moins juste titre, parfois non — diverses conjurations de personnes jugées malfaisantes.

Il est aussi regrettable que les anticomplotistes s’empressent de conchier tous ceux qu’ils qualifient de « complotistes », de les traiter de tous les noms, de les dénigrer avec parfois un mépris de classe abject (je ne sais plus quel article mass-médiatique renvoie à un thread Twitter d’une personne affirmant que les complotistes sont des gens « moyens » (ne possédant pas de diplôme supérieur d’éducation, etc.) frustrés et idiots).

***

Je ne sais pas d’où sort le SARS-COV‑2, je ne sais pas si l’hydroxychloroquine fonctionne ou non pour le guérir, je ne sais pas si le port du masque est dans l’ensemble une bonne chose ou non, je ne sais pas s’il est utile ou non, et je m’en fous un peu. Ce « monde incompréhensible », avec ses « processus opaques », son « irrationalité totale », dont « les difficultés […] ne constituent pas des problèmes à notre mesure », ce « chaos planétaire qui, littéralement, défie la description » (Jaime Semprun), est inhumain, ne peut être qu’inhumain. Il est absurde autant qu’inutile d’essayer de le réformer, de le contrôler.

Pour l’essentiel, il est à détruire — au plus vite, afin d’endiguer sa destruction du monde naturel et son écrasement de l’humanité, afin d’éviter qu’il ne finisse par nous détruire.

« Toute cette évolution, par l’invraisemblable dépendance qu’elle organise, est venue renforcer la cohésion de la mégamachine, ce qui la rend encore plus irréformable que naguère et fait plus que jamais apparaître l’option révolutionnaire comme la seule raisonnable. » (La Lampe hors de l’horloge).

Il se pourrait que le seul moyen de retrouver la mesure — des sociétés à taille humaine, des technologies contrôlables par de telles sociétés, « des formes d’organisation techniques et sociales plus simples, plus à la portée de la maîtrise et compréhension de chacun » (Bertrand Louart) — soit de précipiter l’effondrement de la machine, malgré tout ce que cela implique.

***

QUELQUES ARTICLES QUI LISTENT DIVERS MENSONGES DU DOCUMENTAIRE (je hais les médias de masse ; de plein de manières, ils font partie des entités les plus nuisibles du moment, les plus responsables du désastre, de sa continuation, leurs critiques du documentaire sont toujours teintées d’un anticomplotisme qui correspond à une défense du statu quo, et/ou à une négation de problèmes bien réels, et souvent aussi d’un insupportable mépris des imbéciles qui font le peuple d’en bas qui ne comprend rien à la Réalité Vraie, à la Science et à la Civilisation ; cela étant, ils relèvent pertinemment certains mensonges flagrants du documentaire Hold Up ; pour autant, je ne considère pas que toutes leurs remarques sont exactes, certaines sont sans doute discutables) :

https://factuel.afp.com/non-la-famille-rothschild-na-pas-brevete-des-tests-de-depistage-du-covid-19-en-2015

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19–4‑fake-news-majeures-presentes-dans-le-documentaire-complotiste-hold-up_149107

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/12/covid-19-les-contre-verites-de-hold-up-le-documentaire-a-succes-qui-pretend-devoiler-la-face-cachee-de-l-epidemie_6059526_4355770.html

https://www.liberation.fr/france/2020/11/12/dix-contre-verites-vehiculees-par-hold-up_1805434

https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-labos-masques-et-domination-du-monde-on-decrypte-hold-up-le-docu-qui-agite-les-complotistes-12–11-2020–8408046.php

Nicolas Casaux

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24 octobre 2020

La honte du Français Actua

Il y a la haine de l'occident parce qu'il y a la honte de l'occident

Il y a la haine du français parce qu'il y a la honte du français

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La France a trouvé son nouveau Dreyfus, il s’appelle ‘Mohammed’

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https://www.mondialisation.ca/la-france-a-trouve-son-nouveau-dreyfus-il-sappelle-mohammed/5650494

 

 

Le tapage et la surenchère médiatiques habituels suscités par l’assassinat du professeur Paty par un jeune tchétchène est révélateur de plusieurs choses qu’il faut rappeler :

1. l’esprit colonial – et donc raciste (n’ayons pas peur des mots) – d’une majorité des intervenants, tant au niveau politico-médiatique qu’au niveau de la population, est aussi affligeant qu’instructif ;

2. la dérive vers une fascisation de l’appareil d’Etat français se confirme par la prise de décisions toujours plus liberticides, répondant en cela à la demande d’une part de la population toutes tendances confondues ;

3. en-dehors de ce qui est publié sur lui, d’où sort ce jeune Tchétchène ? Qui est-ilvraiment ? ‘Décapiter’ un individu n’est pas simple, comment y parvenir sans entraînement ? Est-il un électron libre ou finira-t-on par apprendre qu’il était en lien avec quelque réseau comme celui des armes utilisées par A. Coulibaly lors de la fusillade à l’Hyper Cacher qui lui ont été délivrées par Cl. Hermant, ex-membre de la sécurité du FN, et ‘indic’ des douanes et de la gendarmerie ? Et, comme d’autres avant lui, que savait-il de gênant pour qu’il soit tué et non blessé – comme cela est pratiqué dans d’autres pays – afin de pouvoir mener une enquête avec le principal intéressé ?

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/02/au-proces-des-attentats-de-janvier-2015-l-indic-les-armes-et-le-chainon-manquant_6054462_3224.html)

Loin de plumes anonymes, petit relevé – très incomplet – de ce florilège nauséabond de la part de personnes en vue :

« Ils décapitent nos professeurs, nous on va enseigner l’arabe », écrit R. Ménard, maire de Béziers, ancien responsable de ‘Reporters Sans Frontières’, qui organise dans sa commune des campagnes publicitaires ignobles avec l’argent du contribuable, et dont le racisme cache mal de piètres notions de géographie : en Tchétchénie on ne parle pas arabe !

« Les femmes musulmanes qui portent le voile portent en réalité une arme sur la tête, il faut donc leur retirer le port d’arme ! », déclare l’aspirant ‘Reichführer’ Eric Ciotti, sur la chaîne Cnews où E. Zemmour condamné à plusieurs reprises pour propos racistes gardait son rond de serviette et où l’infatué G.W. Goldnadel appelle à la ‘vengeance’ sans aucune réaction de la part de la chaîne… ni du CSA ;

« Quand mon pays est attaqué, je suis là ! », annonce l’inénarrable M. Valls sur BFMtv… mais de quel pays parle-t-il, ce camé-léon qui tend la sébile pour se trouver une planque tant en Espagne qu’en France et bouffe à tous les râteliers !?

« Il faut immédiatement reproduire massivement toutes les caricatures de Charlie, les placarder sur tous nos murs pour faire taire les assassins. Ils peuvent tuer une personne, ils ne nous tueront pas tous », assène P. Bruckner, sioniste bien à l’abri du pays dans lequel il pérore, mais que tous ceux qui sont la cible des guerres de nos Etats – comme en Palestine – ne peuvent hélas reprendre en chœur, dès lors qu’eux, on les tue TOUS avec notre technologie mortifère et nos ventes d’armes aux pires régimes !

« Suite au drame des Yvelines, et pour maintenir la paix civile en France, Macron doit consulter les Français par référendum sur la politique migratoire qu’ils veulent », ose Fr. Asselineau qui réagit comme le troupeau en profitant de la sidération de la population. Politique de bas étage, comme les autres, finalement !

– « Moi, je pense qu’il y a un problème avec la communauté tchétchène en France », lâchera J-L. Mélenchon avant de rétropédaler, sauf que la sentence est lâchée, trahissant de la sorte le même fond de pensée que les autres.

« ’Aux armes citoyens… ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils et vos compagnes’… non, ce n’est plus virtuel, hélas ! Samuel Paty décapité. Colère. Réveillons-nous ! C’est presque trop tard. Stop à l’angélisme !! 100% des 267 victimes en France sont dues aux islamistes !! », tweete M. Habib, député, dont la déclaration est une incitation à la violence punissable par la loi… Mais, parlerait-il de ce qui se fait tous les jours en Palestine occupée et qu’il soutient au nom de son appartenance à la criminelle idéologie sioniste ?

– Je passe sur les ‘idiots utiles’ (Barbier, Pécresse, Bertrand, Lévy, Cazeveuve, Le Pen, Fillon, Val, Castex et autres hyènes attirées par l’odeur du sang pour nous livrer leur mantra fourre-tout d’‘islamo-gauchisme’ aussi vide de sens que ce qui leur reste d’un cerveau putréfié par le sionisme) pour reprendre le clou de l’affaire, signé par l’inculte Ministre de l’Intérieur : « Je vais proposer la dissolution du CCIF et de BarakaCity, des associations ennemies de la République. Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission ». Sauf que ce faisant, ce responsable politique semble passer outre les procédures démocratiques qui nécessitent au minimum un débat avant toute prise de décision dans ce qui prend l’allure d’une grave dérive autoritaire, s’ajoutant à toutes celles prises dans le cadre de la crise sanitaire.

Laissé en roue libre par ses supérieurs, il lui a fallu ajouter le lendemain sur un plateau : « Moi ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir un rayon de telle cuisine communautaire »… Pas difficile de deviner de quelle cuisine il parle. Question subsidiaire : comment fait-il quand il a envie d’une pizza, d’un riz cantonnais, d’un couscous ou d’une paella ?…

Les amalgames sont à leur comble. Et comme figurait sur un panonceau : ‘Moquez les juifs, vous serez accusé d’antisémitisme ; moquez les femmes, vous serez accusé de sexisme ; moquez les musulmans, vous serez protégé par la Liberté  d’expression !’ 

Si les gouvernements successifs de la France avaient réellement le souci de protéger leurs concitoyens de l’islamisme, ils ne vendraient pas des armes aux régimes pourris que l’on sait, ni n’armeraient et ne financeraient les groupes djihadistes divers selon les terrains d’opérations.

Et je m’associe avec Mona Cholet quand elle souligne via Twitter : « Tous ces gens qui n’existent médiatiquement ou politiquement que grâce à la haine, au sang et au meurtre, qui s’y épanouissent, et qui voudraient nous faire croire qu’ils sont la solution face au terrorisme, alors qu’ils accélèrent seulement notre course vers l’enfer. »

Mais, relevons le défi de ce minable Ministre, et regardons donc la ‘vérité en face’, analysons le fond de ce qui est annoncé comme combat, ramené selon l’habituelle rengaine à la sacro-sainte ‘liberté d’expression’ reprise en chœur par les bien-pensants de tous bords en hymne à un professeur dont on peut se demander s’il n’y a pas d’autre approche possible pour aborder un tel sujet avec des enfants. Le pays est tombé si bas que cette ‘liberté d’expression’ en est réduite à des caricatures d’une publication d’un goût plus que douteux. La ‘liberté d’expression’ à la française y est résumée à de piètres dessins, qui eussent été classés ‘pornos’ s’il c’était agit de photos, représentant – désolé pour la vulgarité – des trous de culs, des couilles, des bites, des vagins, et j’en passe… qui n’ont pour autre objectif que de choquer, d’insulter, d’humilier certains compatriotes. Voilà ce que sont devenues les ‘Lumières’ dont la France se gargarise tant, et qu’elle voudrait désormais imposer comme étendard. Il y a vraiment de quoi être fiers !

Et quand on lit que ce genre de torchon devrait être placardé partout et proposé aux collégiens âgés pour certains de 12 ans ‘dès la rentrée’, on peut se poser de sérieuses questions sur ce qui anime l’esprit de tous ceux qui pensent ainsi – y compris au Ministère de l’Education nationale – sauf à rappeler le nombre incroyable d’abus sexuels sur mineurs (dont certains protagonistes sont régulièrement invités dans les médias) et aussi que le Ministre en cause fait l’objet de deux enquêtes pour viols – accusé dans la foulée de ‘trafic d’influence’ et de ‘conflit d’intérêts’. Et qu’on ne peut oublier les frasques des Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande et plus récemment, de celle qui est devenue la 1è Dame de France après avoir initié une relation avec un mineur devenu Président de l’Etat. Sans passer sous silence le projet de loi que certains élus ressortent régulièrement pour abaisser la majorité sexuelle des jeunes… afin de pouvoir sans doute s’adonner à leurs fantasmes sans risque de poursuites ! D’un coup, on perçoit mieux l’image de cette France que d’aucuns veulent imposer à ceux qui à juste titre y résistent, et ne veulent pas que leurs enfants y adhèrent.

Suite aux attentats de 2015, dans la ‘Charte de la Laïcité à l’Ecole’ publiée avec tout le decorum que l’État y a mis, est stipulé en son point 3 : « La laïcité permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public ». Force est de constater qu’on en est loin.  https://www.education.gouv.fr/bo/13/Hebdo33/MENE1322761C.htm

En réalité, les projets de ce cercle politico-médiatique pervers sont de plus en plus clairs : distraire tous les frustrés – et ils semblent être nombreux sous la ceinture  – de la Nation qui ainsi peuvent se lâcher dans une parole désormais ‘décomplexée’. En vérité, la France ne défend pas la ‘liberté d’expression’ d’ailleurs régulièrement censurée quand elle ne convient pas au gotha, elle promeut le droit à la pornographie dès le plus jeune âge, nuance ! 

Pendant ce temps, le gouvernement peut poursuivre ses plans sordides de privatisations généralisées jetant de plus en plus de citoyens dans la précarité. La stratégie est toujours la même : distraire la plèbe qui survit dans des conditions de plus en plus dures de par les choix politiques désastreux de ces gouvernements soumis aux financiers, en lui jetant à la tête un bouc émissaire lui servant d’exutoire. En son temps, ce fut Dreyfus. Aujourd’hui, ce sont les ‘Mohammed’ !

Pour tenter d’élever le débat sur ce tragique évènement, lisez plutôt :  https://blogs.mediapart.fr/jamel-dean/blog/181020/qui-tue-samuel-paty 

Daniel Vanhove

23.10.20

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24 septembre 2020

Brésil : les luttes paysannes et l’utopie possible

https://www.legrandsoir.info/bresil-les-luttes-paysannes-et-l-utopie-possible.html

La violence doit être considérée comme systémique : elle est nécessaire à l'expansion de l'agro-industrie et des projets d'extraction. La violence est nécessaire à l'expansion du capitalisme. Et s'il y a de la violence, il y a aussi de la résistance.

Quand cette conférence a été prononcée dans le cadre de l’atelier de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) au Forum Populaire de la Nature (juin 2020 NDT), 200 familles qui travaillent et produisent de la nourriture sur les terres ensanglantées du massacre de Pau D’Arco auraient pu être expulsées la semaine suivante (En 2017, neuf travailleurs et un ouvrier ont été torturés et assassinés par la police civile et militaire dans la zone de la ferme Santa Lucia, revendiquée par la famille Babinski dans le sud du Pará). La Cour de [la municipalité de] Rédemption avait accordé une injonction de reprise de possession à exécuter en pleine quarantaine. Le juge du tribunal agraire de Marabá a suspendu la décision tant que dure le danger de contamination par le nouveau coronavirus.

Le massacre de Pau D’Arco fait partie des chiffres recueillis dans le cadre du très important travail de documentation sur les conflits sur le terrain que la CPT mène depuis le milieu des années 80. Chaque année, une brochure est publiée avec des données recueillies par des agents répartis dans tout le Brésil.

À chaque publication, on discute beaucoup de la manière dont se déroulent les conflits et de leur relation avec la conjoncture politique : s’il y a eu expansion ou réduction, dans quelles régions ils ont prédominé, s’il y a eu plus ou moins de meurtres. La question est la suivante : si le gouvernement Bolsonaro contribue à l’escalade de la violence dans les campagnes, comment cela se produit-il en pratique ?

Au-delà de ces analyses, qui sont fondamentales, les données indiquent qu’il y a toujours violence. Depuis que la CPT a commencé ce travail, il n’y a pas eu de période de trêve et de paix dans les campagnes – l’intention ici n’est pas d’alléger le fardeau de qui que ce soit ; il y a de mauvais moments et il y a des moments bien pires, comme celui que nous vivons aujourd’hui. Mais il est nécessaire de considérer la violence comme systémique : elle est nécessaire à l’expansion de l’agrobusiness et des projets d’extraction. La violence est nécessaire à l’expansion du capitalisme. Et s’il y a de la violence, il y a aussi de la résistance.

L’agriculture est violente

Au Brésil, depuis l’invasion portugaise, l’expansion des champs agricoles dans tous les biomes a eu lieu sur des territoires traditionnellement occupés ou des terres publiques. Au Brésil, l’appropriation indue de terres (le grilo, que pratiquent les grileiros NDT) est constante. Cette pratique a été légitimée tout au long de l’histoire par plusieurs amnisties. Aujourd’hui, il y a une forte et importante mobilisation pour interdire la mesure provisoire de l’appropriation de terres, qui est devenue la loi 2633 (Loi de régularisation à posteriori de terres envahies NDT). Cependant, plusieurs amnisties se sont succédées au cours de l’histoire, qui ont récompensé ceux qui ont volé des terres au Brésil et ont permis de "passer l’éponge".

Pas seulement dans le passé : l’agrobusiness continue de s’étendre sur de nouveaux territoires avec le vol de terres comme méthode, de l’Amazonie au Cerrado (région de savane, representant 22% du territoire brésilien, et qui s’étend au sud de la forêt amazonienne, extrêmement riche en biodiversité NDT). Et la violence est un instrument de cette appropriation.

Fin mai de cette année, Repórter Brasil a publié le dossier spécial Menaces, milices et morts : le nouveau visage du "Vieux Chico" (Velho Chico – appellation affectueuse du fleuve São Francisco NDT) sur les conflits sur les rives du fleuve São Francisco, dans le nord du Minas Gerais. Là, les grileiros tentent de s’approprier des zones sur les rives du fleuve, appartenant à des communautés riveraines, qui cultivent la terre pour leur seule subsistance. Pour ce faire, ils s’organisent en un groupe d’environ 300 agriculteurs de la région pour mener des expulsions et d’autres actions, avec le soutien du secrétaire d’État à la justice et à la sécurité publique. La formation de milices n’est pas une particularité de Minas, c’est une façon d’agir.

Cette réunion d’agriculteurs est ce que nous appelons des consortiums. Ce sont des consortiums d’agriculteurs qui ont orchestré l’assassinat du père Josimo et du syndicaliste Gringo dans les années 1980 dans la région connue sous le nom de Bico do Papagaio, à l’extrême nord de l’état du Tocantins ; ce sont des consortiums qui ont assassiné la missionnaire Dorothy Stang dans les années 2000.

L’agrobusiness au Brésil ne se répand pas dans le pays sans vol de terres et sans violence, avec pour conséquence la destruction de l’environnement.

La violence comme option de l’État

Cette violence fait partie de l’option de l’État brésilien pour le "développement" du pays, basé sur l’agrobusiness et les projets d’extraction. Le Brésil a été transformé en une marchandise (en commodity), la nature a été transformée en marchandise.

En d’autres termes, l’État brésilien a opté pour la violence de la colonisation de ces territoires, qui est patriarcale et raciste – ce qui est en lien avec les luttes qui se déroulent dans les villes du monde d’aujourd’hui.

Il est très frappant d’entendre les membres des communautés indigènes et paysannes, ainsi que des communautés noires des villes, lorsqu’ils racontent leurs luttes, répèter toujours la phrase "nous sommes des êtres humains", pour justifier le fait qu’ils méritent d’être traités avec dignité. Comment des personnes en viennent-elles à devoir réaffirmer leur humanité ?

D’autre part : pour qui la propriété est-elle sacrée ? Des études menées par des chercheurs noirs ont montré la relation étroite entre la propriété et l’homme blanc, depuis l’époque de la colonie portugaise jusqu’à aujourd’hui. L’Agro (diminutif utilisé largement au Brésil pour parler de l’agrobusiness, une publicité de la Globo avait même pour slogan "L’Agro est pop !" NDT) est blanc" est le titre du rapport de l’Agence publique qui souligne que la propriété est concentrée dans les mains des blancs. L’agriculture est blanche. L’agriculture est raciste. L’agriculture est violente.

Une histoire de violence qui est aussi une histoire de résistance

L’histoire du Brésil est l’histoire des conflits, des massacres et de la violence contre ces peuples. En même temps, cette histoire est aussi celle de la résistance dans ces communautés. On ne peut pas parler de la violence de l’agrobusiness et des projets d’extraction sans parler de résistance. Si ce sont sur les terres, les eaux et les forêts de ces peuples que l’agrobusiness et le capital avancent pour se les approprier, ce sont ces peuples, avec leurs corps, qui bloquent cette avancée.

Par conséquent, ils bloquent également la progression et l’apparition de nouvelles maladies. Dans les débats du Forum des Peuples pour la Nature, on a beaucoup parlé de la pandémie du nouveau coronavirus en raison de la façon dont le capitalisme a agi sur le monde, en particulier l’industrie extractive et l’agrobusiness - compris ici non seulement comme les agriculteurs et les entreprises agricoles, mais aussi les industries des poisons, des engrais, des semences, etc.

L’utilisation de transgéniques, de pesticides et d’autres produits chimiques, l’élevage industriel, la dévastation des forêts et la pollution par les combustibles fossiles génèrent des déséquilibres qui entraîneront de plus en plus de pandémies et de maladies. Ce à quoi nous sommes confrontés est une "agropandémie". Rob Wallace, philogéographe (joli néologisme NDT) et biologiste évolutionniste américain qui a écrit en 2015 Pandémie et agrobusiness, et qui sera bientôt lancé au Brésil par l’éditeur Elefante, a déclaré dans le débat Capitalisme, changement climatique, pandémie, que les forêts sont des organismes importants pour arrêter la propagation de nouveaux virus.

Et les forêts ne sont pas vides : elles sont occupées par des gens qui en dépendent.

Ainsi, et ce n’est pas nouveau, les communautés qui, avec leur corps, se battent pour protéger leur existence, finissent par protéger l’humanité dans son ensemble. Ce n’est donc pas un combat qui est loin des habitants des villes. Les causes de cette pandémie que nous vivons et d’autres auxquelles nous devrons faire face dans les villes et les campagnes dans les années à venir, résident dans les destructions promues par l’agrobusiness et les projets d’extraction sur les territoires de ces peuples.

Bolsonaro est également un symptôme de la crise plus importante que nous vivons. Lorsqu’il prend le pouvoir avec un discours abominable, violent et pervers, nous nous demandons : comment en sommes-nous arrivés là ? Pourtant, il est important de réaliser que sa base a été construite au cours des années pendant lesquelles notre société a accepté et normalisé des choses terribles. Comment accepter ces morts imposées comme nécessaires au "développement" ? Comment tolérons-nous toute cette violence, dans les campagnes et à la périphérie des villes ? Peut-être parce que ces corps ne sont pas considérés comme suffisamment humains ?

Mais ces violences s’étendent à d’autres corps de manière différente. Comment accepter de manger quotidiennement des aliments empoisonnés par l’agrobusiness, comme si cela était nécessaire et inexorable ? Comment acceptons-nous l’eau potable empoisonnée par l’agrobusiness au quotidien ?

Et ce ne sont pas seulement les communautés comme celles de la Serra do Centro à Campos Lindos, au Tocantins, qui sont touchées depuis des décennies par le soja, qui consomment de l’eau empoisonnée. Le poison est dans nos robinets, dans la plupart des villes brésiliennes, comme le montre la carte de l’eau publiée l’année dernière par Repórter Brasil et Agence Publique.

Comment pouvons-nous tolérer d’être empoisonnés quotidiennement par l’agrobusiness, comme s’il n’y avait pas d’alternative ? Nous nous empoisonnons tous. Et tomber malade : les décès par covid entreront-ils dans la facture des meurtres de l’agrobusiness ? Et les cas de cancer et d’autres maladies ?

Ce qui se passait dans les endroits dits éloignés et dans les périphéries frappe à la porte de plus de gens, et est la mise à nu d’une politique institutionnelle. Le gouvernement Bolsonaro et la pandémie ont mis à nu et approfondi une destruction et une violence qui étaient déjà là.

Ce n’est pas une option de ne pas se battre

L’histoire de plus de 500 ans de résistance montre qu’il y a beaucoup de lutte. Néanmoins, on ne considère pas ces luttes de la part de la gauche classique et institutionnelle comme fondamentales pour arrêter l’expansion du capitalisme. Beaucoup de gens du camp de gauche disent que, depuis le coup d’État de 2016 (contre Dilma Rousseff NDT), le peuple n’est pas organisé. Mais il y avait beaucoup de gens organisés et en lutte alors qu’une partie de la gauche était prise de stupeur et sans savoir quoi faire. Peut-être pas avec l’organisation centralisée que nous connaissons - ou espérons - traditionnellement, mais toujours organisée.

Pour ceux qui sont dans les communautés, dont l’existence est menacée, ce n’est pas une option de ne pas se battre. Il n’est pas possible de choisir le bon moment pour se battre. Soit on se bat, soit on meurt. Soit vous vous battez, soit vous vous retrouvez à la périphérie d’une ville appauvrie et sous-développée, ce qui équivaut à la mort pour beaucoup de ces gens.

Si l’on fait un parallèle avec les premières manifestations qui ont eu lieu pendant la pandémie, il n’est pas possible pour beaucoup de choisir d’aller ou non dans la rue. Lors des manifestations du dimanche 7 juin, les gens, interrogés sur les risques de rupture de l’isolement social, ont répondu : "J’ai plus peur du racisme que du virus", "il est plus facile de mourir par balle que d’un virus". Beaucoup de ces personnes ne peuvent pas restecter le confinement. Ce sont eux qui meurent de toute façon, qui sont assassinés de toute façon. Et cela se passe dans les périphéries des villes et sur les territoires des communautés paysannes : ce sont des espaces de violence mais aussi des territoires de résistance et de lutte, souvent rendus invisibles et considérés comme mineurs par la gauche elle-même.

Subvertir les façons de penser, de sentir et d’agir

Il est nécessaire de prêter attention au potentiel révolutionnaire et transformateur des luttes des communautés paysannes et indigènes. Elles sont profondément transformatrices car elles bouleversent notre logique de regard sur le monde. Si nous ouvrons nos oreilles, nos esprits et nos cœurs, ces luttes subvertissent nos propres subjectivités traversées par le capitalisme, la colonisation, la modernité. Nous aussi, nous sommes colonisés.

Contrairement à ce que l’on pense, ces luttes ne sont pas seulement des luttes localisées pour un morceau de terrain ou pour la défense des corps. Ils sont l’affirmation du présent et la construction de la possibilité du futur.

Dans ces luttes est inclue la construction d’une théorie politique anticapitaliste qui pointe dans d’autres directions : un autre modèle de propriété foncière ; un autre rapport au travail, autre que la “ subalternité ”, l’exploitation, l’esclavage ; des expériences d’autonomie et d’autosuffisance, par opposition à la dépendance à laquelle nous sommes soumis ; d’autres valeurs qui guident l’organisation de la vie, basées sur le soin et le réseau de réciprocité ; d’autres systèmes productifs qui ne provoquent pas la destruction ou la concentration des richesses et qui, au contraire, produisent de la vie ; un autre rapport à la spiritualité, parce que les gens recherchent des sens et qu’il ne faut pas sous-estimer cela. Et plus encore : un passage des droits individuels – qui peuvent marquer l’idée que le capitalisme est bon tant que les droits sont respectés – aux droits collectifs, qui vont au-delà des droits de l’homme et s’étendent à d’autres êtres.

Et ce ne sont pas des luttes isolées : les communautés s’articulent dans cette construction. Les différentes articulations des communautés paysannes qui existent dans tout le Brésil sont des espaces pédagogiques dans lesquels on enseigne et on apprend à lutter, dans lesquels on réfléchit sur la pratique et on crée des stratégies, et dans lesquels la lutte est transformée.

Lorsque des communautés se rencontrent dans le réseau des peuples et des communautés traditionnelles de l’état du Maranhão, par exemple, on a l’impression que les luttes sont interconnectées. Si un port privé à capitaux chinois, soutenu par le gouvernement de l’État, expulse la communauté paysanne de Cajueiro à São Luís, alors le chemin de fer qui alimentera ce port expulsera d’autres communautés, ainsi que les plantations ou l’extraction de minerai qui seront drainées par ce chemin de fer et ce port. La lutte de Cajueiro devient donc centrale.

S’il y a une chaîne de déterritorialisation, il y a une chaîne de résistance à l’avancée du capital. Il existe au Brésil de nombreuses communautés qui résistent depuis des siècles. Les campagnes au Brésil ne sont pas un vide démographique et ce sont elles qui bloquent l’avancée du capital.

Pendant longtemps, nous avons été guidés par des idées lointaines et avons oublié de regarder ce qui nous est très proche, en action déjà dans le présent. Nous étions désolés, vaincus, écrasés par la succession de nouvelles qui annoncent la fin du monde.

Ainsi, dans une réunion de ce réseau du Maranhão, par exemple, ceux qui souffrent le plus de la violence du capital jouent du tambour, lèvent les maracas, dansent, chantent "dans la loi ou dans la bagarre nous gagnerons". Du Maranhão au Mato Grosso do Sul, les communautés guaranies extrêmement violentées croient en la transformation des terres dévastées, en la reconstruction du monde guarani. Cette spiritualité, cette joie et cet espoir sont politiques. Parce que ces communautés connaissent déjà un autre présent et savent qu’un autre avenir est possible.

Quelqu’un pourrait dire que tout cela n’est qu’une idéalisation - il y a toujours ceux qui pointent dans cette direction quand on parle de luttes paysannes. On peut se demander si l’idéalisation n’est pas chez ceux qui disent cela, en imaginant que pour être possible, il faut qu’il y ait une perfection. Il est important d’observer ce qui est positif et de se rendre compte que les difficultés et les problèmes - qui existent - sont discutés et confrontés dans le processus. L’utopie à construire est l’utopie possible. Car il est impensable et déconnecté de la réalité que le voyage soit exempt de difficultés et de contradictions.

Ces résistances indiquent des pistes à un moment où le système s’effondre et où nous sommes dans une impasse civilisatrice : soit notre façon d’être dans ce monde est radicalement transformée, soit nous serons anéantis. La pandémie en est un symptôme évident. Bolsonaro en est un symptôme. Pas les causes. Nous devons lutter contre la pandémie et contre Bolsonaro, de manière urgente, large et énergique. Mais nous devons voir les possibilités au-delà de cela.

Carolina Motoki est journaliste, éducatrice populaire et conseillère de la Campagne pour prévenir et combattre le travail des esclaves de la Commission Pastorale de la Terre.

Article basé sur un discours prononcé le 8 juin 2020 lors de l’atelier "Conflits dans les campagnes au Brésil : l’habituel et celui en temps de pandémie et de Bolsonaro", au Forum Populaire de la Nature.

source »» https://diplomatique.org.br/as-lutas-camponesas-e-a-utopia-possivel/

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16 septembre 2020

Si à 5 ans un gosse n'as pas eu au moins deux leucémies, c'est qu'il a raté sa vie

laFranceNucleaire

 

«  A la vue des résultats des études de santé publiées depuis quelques années, on voit que les programmes nucléaires ont été lancés alors qu’il n’y avait aucune donnée sûre concernant les effets que pourraient produire les installations nucléaires . L’absence de données sûres, camouflée par les experts officiels, n’a pas empêché le lancement de plus en plus accéléré des programmes nucléaires : les programmes militaires, les tests de bombes dans l’atmosphère, et enfin les programmes civils nucléaires. Chacune de ces étapes  a aggravé la situation en ce qui concerne les problèmes de santé des travailleurs et de la population. »

Bella et Roger Belbéoch « Nucléaire et Santé Assises de retraitement Equeurville 21.22 octobre 1978 »

 

Septembre 2020

Revue Z https://reporterre.net/Cancers-l-incroyable-aveuglement-sur-une-hausse-vertigineuse

CANCERS : L’INCROYABLE AVEUGLEMENT SUR UNE HAUSSE VERTIGINEUSE

2ème partie: https://reporterre.net/Cancers-des-enfants-les-autorites-ferment-les-yeux

 

https://www.sortirdunucleaire.org/Raison-no1-Sante

Vivre en bonne santé

https://www.sortirdunucleaire.org/Catastrophe-nucleaire-quelle-sante-choisir

 

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=6013

UN MESSAGE DE LA NATION LA PLUS BOMBARDÉE AU MONDE, LE TERRITOIRE SHOSHONE

 

 

fichier odt 9.Nuclé-èreActuaSanté2019.10

fichier pdf nucleaire_et_sante

Radioactivité et radioprotection

La présente brochure contient des connaissances élémentaires sous une forme simplifiée :
https://www.naz.ch/fr/downloads/BAG_RadioStrahlen_f.pdf

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11 septembre 2020

5G Génération désenchantée

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article163880

 de  paris lutte info

https://paris-luttes.info/generatio...

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Il y en a tant. Dans les villages et sur les toits. Camouflées en arbre parait-il parfois, le long des rails et des routes. Elles tissent le fil invisible d’une prison de fibres et d’ondes. Matière première de nos cancers et de nos futures dépendances, les antennes-relais prennent du galon. La 5 G qui n’est qu’une extension de ce que nous connaissons, non une nouvelle génération mais une intensification du même quadrillage.

On s’habitue aussi bien à d’autres ravages, pourquoi pas celui là... où jusque dans nos relations viennent se greffer des applications toujours nouvelles, toujours plus intimes. Ce n’est rien de plus qu’une nouvelle étape qui dit bien que cela ne s’arrêtera pas là, à moins que nous y mettions un frein.

C’est annoncé partout, nous aurons la 5 G coûte que coûte car la concurrence mondiale l’impose, malgré les refus et les oppositions qui ne cessent de monter en puissance. Mais partout en Europe, on sait aussi qu’elles sont la cible d’attaques répétées, et on est loin de pouvoir imaginer toutes les résistances qui côtoient une indifférence tout aussi diffuse. Dès 2019, la journée mondiale contre la 5 G a réuni plus de 230 manifestations dans 38 pays européens. Puis en 2020 c’est un appel international qui lance avec succès une campagne diffuse contre les antennes-relais.

En France, en avril 2020, « une vingtaine de sabotages d’antennes-relais et de destructions symboliques ont été recensés » selon le Parisien. Cela n’a pas cessé depuis, plus de vingt-cinq sabotages sur tout le territoire français : en Haute-Savoie, Alpes-Maritimes, à Douai comme dans les Ardennes, Ardèche, dans le Vercors, en Haute-Garonne, dans les Côtes-d’Armor, le Morbihan et dans le Finistère, en Isère, dans la Drôme et les Alpes-Maritimes, en Haute-Savoie, en Aude et à La réunion entre les mois de mai et de juillet 2020. Le 3 mai à Argenteuil et en Val de Marne, ce sont des points névralgiques des réseaux de communication de la région dont les câbles ont été sectionnés. Cela a provoqué des coupures d’internet, du réseau mobile Orange, la perturbation du réseau de vidéosurveillance. Le télétravail, en période de confinement, y a été rendu impossible. Les communications des services de police furent perturbées elles aussi, et des données perdues.

Nous ne doutons donc pas que beaucoup de monde rêve de les voir tomber. Qu’au fond mieux vaut un vieux frigo qu’une leucémie, une insomnie amoureuse que les yeux fatigués d’une série regardée jusqu’au bout de la nuit. Et que la télémédecine ne soigne pas mais compense comme elle peut la désertification et la privatisation de la santé.

Dès l’annonce de leur installation, les antennes-relais sont souvent contestées par des collectifs citoyens ou des assemblées riveraines. Depuis la propagande en début d’année pour annoncer en grande pompe l’arrivée de la 5G, les appels à campagne, les assemblées d’habitants et des déclarations des maires de certaines communes se sont multipliés. La Cour d’appel de Versailles vient de donner raison à trois couples d’une commune du Rhône, qui réclamaient le démontage d’un émetteur de Bouygues Télécom du fait du risque sanitaire induit par l’appareil. La plupart du temps cependant les recours légaux s’avèrent inefficaces ou trop tardifs. C’est pourquoi les actions se répandent, et ce de la part de personnes de toutes tendances, de tous les coins de France et au-delà en Europe. L’opposition grandit et s’enrichira de la multiplicité des formes qu’elle prendra.

L’appel d’offre aux opérateurs pour finir d’acheter aux enchères les bandes fréquences accordées par l’État contre l’équipement en 5G de tout le territoire est prévu à l’automne 2020, et en attendant, perquisitions et procès commencent déjà à être lourds de peines. L’enjeu est bien sûr financier mais surtout politique ; sans la numérisation du monde on peut encore espérer échapper au fichage général et à la distorsion sociale où toute relation est passible d’être enregistrée et programmée. Des unités de renseignement policier et des brigades se voient donc destinées tout particulièrement à la traque aux réfractaires de la 5G.

Ce mois de juillet, deux procès ont déjà eu lieu. Un dans le Jura, le 20 juillet, où deux personnes ont eu 3 et 4 ans de prison. Un à Lille le 30 juillet, où un an et 9 mois ont été requis contre deux personnes et deux autres ont eu un 12 et 8 mois de sursis pour association de malfaiteurs. Un des prévenus déclara lors du procès le 30, « je suis contre la 5G, qui a des effets néfastes pour la santé et l’environnement, et je comprends que des gens non violents à l’origine aient recours à la violence pour faire valoir leurs idées. »

Comme le souligne la procureur dans le Jura, le monde tactile et numérique est d’usage même parmi ceux et celles qui en souhaitent la fin. En effet, les prévenus avaient des portables, et rares sont les personnes aujourd’hui qui n’en ont pas en France. La contradiction utilisée par les procureurs lors de ces deux derniers procès, sur la possession de portable de la part des prévenus, est tristement l’aveu de leur propre incapacité à répondre aux revendications concernant l’opposition à la 5G dont la liste ne cesse de s’étendre ; que nous devions travailler et vivre tant bien que mal dans un monde connecté n’est pas un argument, sinon aucune résistance historique n’aurait pu tenir bien longtemps. C’est bien parce que nous l’utilisons que nous connaissons ce que cela détruit au quotidien. Et nous avons pu voir lors du confinement où le numérique s’est imposé comme salut au maintien de l’ordre combien l’extension du domaine des ondes n’est pas une affaire personnelle mais dessine des rapports sociaux sous contrôle continu.

Nous saluons ceux et celles qui se retrouvent aujourd’hui incarcérées en rappelant que l’opposition continue à se diffuser.

Ceci n’est pas un requiem pour l’Arctique. Nous défendrons ce qui reste.

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5G et CEM actua

http://elianguesard.unblog.fr/cem-e...

Septembre 2020

https://reporterre.net/La-5G-c-est-non

https://paris-luttes.info/generation-desenchantee-14245

https://www.mondialisation.ca/le-cote-obscur-de-la-5g-lutilisation-militaire/5649088

J

Août 2020

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1344

5G : l’entretien que vous auriez pu lire dans « Le Monde »

 

Juin 2020

https://www.kairospresse.be/article/hors-serie-sur-la-5g/

https://www.bastamag.net/Big-data-multiplication-des-antennes-et-des-ondes-bienvenue-dans-le-monde

https://www.legrandsoir.info/pourquoi-les-oppositions-a-la-5g-sont-nombreuses.html

https://www.mondialisation.ca/5g-nouveau-terrain-de-la-course-aux-armements/5646163

5G, nouveau terrain de la course aux armements -  l’art de la guerre

Mai 2020

https://lundi.am/La-5G-infrastructure-logique-d-internet

La 5G, infrastructure logique d’internet

MARS 2020

https://www.kairospresse.be/article/62899/

Nous sommes en guerre contre la 5G

https://www.kairospresse.be/article/avec-la-5g-tous-cobayes/

Décembre 2019

fichier odt 5G actua 2019.11  fichier odt 13.electropsensibleActua2019.12

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avant le 11 septembre, Oussama et CIA copains comme cochon

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article163879

de : globalResearch
vendredi 11 septembre 2020

https://www.mondialisation.ca/dixi-...

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Anniversaire du 11-Septembre : Qui était Oussama ben Laden ? La vérité derrière le 11 septembre 2001

Par Prof Michel Chossudovsky

À l’occasion de l’anniversaire du 11-Septembre, nous publions à nouveau cet article publié pour la première fois en anglais sur Global Research le 12 septembre 2001.

Note de l’auteur. Cet article fut rédigé le jour même des attaques. Il fut publié en anglais par le Centre de recherche sur la Mondialisation (Global Research / Mondialisation) le 12 septembre 2001.

Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l’administration Bush concluait, sans preuve à l’appui, qu’Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden « a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement ». Le secrétaire d’État Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de « déclaration de guerre », ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu’il ne « fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu ». L’ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée : « Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d’une manière brutale avec force et détermination » (« we are terrible in our strength and in our retribution »).

Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n’ont pas tardé (sans preuves à l’appui) à approuver le déclenchement d’actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : « Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser – en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les États hôtes de la terreur. »

Le texte ci-dessous a pour object d’analyser l’histoire d’Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des États-Unis depuis la Guerre froide.

Le premier suspect des attaques de New-York et Washington, le Saoudien Oussama ben Laden, qui est déjà désigné comme un « terroriste international » par le FBI pour son rôle présumé dans le bombardement d’ambassades étatsuniennes en Afrique, ironiquement fut au point de départ recruté par la CIA pour combattre les Soviétiques durant la guerre soviéto-afghane. 1

En 1979, la « plus grande opération secrète de l’histoire de la CIA » fut lancée en réponse à l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques afin de soutenir le gouvernement pro-communiste de Babrak Kamal. 2

Sous les vifs encouragements de la CIA et des Services secrets pakistanais, qui voulaient transformer la Jihad afghane en une grande guerre menée par tous les pays musulmans contre l’URSS, quelque 35 000 intégristes musulmans en provenance de 40 pays islamiques se joignirent à la lutte en Afghanistan entre 1982 et 1992. D’autres dizaines de milliers vinrent étudier dans les madrasah pakistanais. Avec le temps, plus de 100 000 intégristes musulmans furent directement influencés par la Jihad afghane. 3

La Jihad islamique était appuyée les États-Unis et l’Arabie saoudite, une grande partie du financement provenant du commerce de la drogue dans le Croissant fertile.

En mars 1985, le président Reagan signait la directive de sécurité nationale nº 166, qui autorisait une aide militaire secrète aux Mujahideen. Cette initiative démontrait sans équivoque que la guerre secrète ménéee en Afghanistan avait pour objectif de combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. La nouvelle aide en sous-main des États-Unis fut marquée par une augmentation substantielle de la quantité d’armes fournies – une aide annuelle régulière équivalente, en 1987, à 65 000 tonnes d’armes -, de même qu’un flot incessant de spécialistes de la CIA et du Pentagone, au quartier général secret des Services de renseignements pakistanais, sur la route principale, près de Rawalpindi, au Pakistan. 4

La CIA, utilisant les services de renseignement pakistanais, jouait un rôle clé dans l’entraînement des Mujahideen. À son tour, la guérilla soutenue par la CIA fut intégrée avec les enseignements de l’Islam :

Les thèmes prédominants étaient que l’Islam est une idéologie socio-politique complète, que l’Islam sacré avait été violé par les troupes soviétiques athées et que le peuple islamique d’Afghanistan devrait réaffirmer son indépendance en se débarrassant du régime socialiste afghan soutenu par Moscou. 5

Le réseau des services de renseignement pakistanais

Les Service de renseignement pakistanais – Inter Service Intelligence (ISI) – furent utilisés comme « intermédiaire ». L’appui de la CIA à la Jihad fut réalisé par l’entremise de la ISI, c’est-à-dire que la CIA ne faisait pas parvenir son appui directement aux Mujahideen. En d’autres mots, afin de garantir le « succès » de ces opérations en sous-main, Washington avait pris soin de ne pas révéler l’objectif ultime de la Jihad, qui consistait à détruire l’Union soviétique.

Selon l’expression de Milton Beardman, de la CIA, cette agence « n’a pas entraîné les Arabes » en tant que tel. Cependant d’après Abdel Monam Saidali, du Centre Al-Aram d’études stratégiques du Caire, ben Laden et les « Arabes afghans » avaient reçu « par l’entremise de la CIA, un entraînement [militaire] très sophistiqué et spécialisé [dans différents champs d’application] ». 6

Beardman confirme néanmoins qu’Oussama ben Laden n’était pas conscient du rôle qu’il jouait pour Washington : « Ni moi [ben Laden], ni mes frères n’avions pu observer une quelconque aide américaine. » 7

Motivés par le nationalisme et la ferveur religieuse, les guerriers islamiques n’étaient guère conscients qu’ils se battaient contre l’Union soviétique pour le compte de l’« Oncle Sam ». Alors que des contacts furent établis et entretenus aux échelons supérieurs des services de renseignement, les commandants des rebelles islamiques sur le terrain n’avaient aucun lien direct avec Washington ou la CIA. Avec le soutien de la CIA et l’aide militaire américaine, la Inter Services Intelligence (ISI) pakistanaise s’est rapidement transformée en une « structure parallèle exerçant d’énormes pouvoirs sur tous les aspects de gouvernement ». 8 La ISI possédait un personnel, composé de militaires, d’agents de renseignement, de bureaucrates, d’agents doubles et d’informateurs, estimé à 150 000 personnes. 9 Entre-temps, les opérations de la CIA contribuaient également à renforcer le régime militaire pakistanais dirigé par le général Zia Ul Haq :

Les relations entre la CIA et les Services de renseignement pakistanais sont devenues plus amicales suite au coup d’État contre Bhutto par [le Genéral] Zia et l’installation d’un régime militaire. […] Durant la plus grande partie de la guerre d’Afghanistan, le Pakistan était encore plus anti-soviétique que les États-Unis. Peu après l’invasion de l’Afghanistan par des militaires soviétiques, en 1980, Zia avait donné ordre au directeur de la ISI de mener des actions en sous-main afin de déstabiliser les républiques soviétiques d’Asie centrale. La CIA n’a approuvé ce plan qu’en 1984. […] La CIA était encore plus prudente que les Pakistanais. Le Pakistan et les États-Unis choisirent tous deux la supercherie. Des actions diplomatiques de façade furent ménées alors que les services de renseignement [CIA et ISI] s’étaient préalablement entendus qu’une escalade militaire constituait la meilleure solution. 10

Le croissant d’or de la drogue

L’histoire du commerce de la drogue en Asie centrale est intimément liée aux activités secrètes de la CIA. Avant la guerre URSS-Afghanistan, il n’y avait pour ainsi dire presque pas de production locale d’héroïne.11 À cet égard, l’étude d’Alfred McCoy confirme que, durant les premières années des opérations de la CIA en Afghanistan, « les territoires près de la frontière pakistano-afghane devenaient le principal fournisseur d’héroïne pour le marché mondial, répondant à 60 % de la consommation d’héroïne au États Unis. Au Pakistan, le nombre de personnes dépendantes de l’héroïne est passé de près de zéro en 1979 à […] 1,2 million en 1985 – un accroissement beaucoup plus grand que celui connu par n’importe quel autre pays. » 12

La CIA contrôlait indirectement le commerce de l’héroïne. Lorsque les Mujahideen ont établi leur contrôle sur une partie du territoire afghan, ils ont donné l’ordre aux paysans de cultiver de l’opium en guise de taxe révolutionnaire. De l’autre côté de la frontière, au Pakistan, des leaders afghans et des groupes d’affaires locaux, sous la protection des Services de renseignement (ISI), ont mis sur pied des centaines de laboratoires de production d’héroïne. Durant cette décennie de commerce ouvert de la drogue, la US Drug Enforcement Agency à Islamabad s’est trouvé incapable de faire quelque saisie ou arrestation majeure que ce soit. […] Les autorités étasuniennes ont refusé d’enquêter sur toute charge en rapport avec l’héroïne à l’égard de leurs alliés afghans « parce que la politique des États Unis relative à la lutte contre le narcotraffic en Afghanistan fut largement subordonné à la guerre contre l’Union soviétique ». En 1995, le directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, avait admis que la CIA avait sacrifié la guerre contre la drogue pour se consacrer à la Guerre froide. « Notre mission principale était d’infliger le plus de dommages possible aux Soviétiques. Nous n’avions pas vraiment les ressources et le temps requis pour enquêter sur le commerce de la drogue. […] Je ne crois pas que nous ayons à nous excuser de cela. Toute situation à ses inconvénients. […] Il y a eu un inconvénient au niveau du narcotraffic, oui. Mais l’objectif principal a été atteint. Les Soviétiques ont quitté l’Afghanistan. »13

Au lendemain de la Guerre froide

Au lendemain de la Guerre froide, la région de l’Asie centrale n’est pas seulement stratégique pour ses réserves de pétrole : elle fournit à elle seule les trois quarts de la production mondiale d’opium, ce qui représente un revenu de plusieurs milliards de dollars pour les milieux d’affaires, les institutions financières et bancaires impliquées dans le lavage de l’argent sale, les agences de renseignement et le crime organisé. Le commerce de la drogue dans le croissant d’or rapporte entre 100 et 200 milliards USD par année, soit environ le tiers du chiffre d’affaire annuel du commerce mondial de la drogue (heroïne, cocaine, etc), évalué (sans compter les retombées dans d’autres secteurs d’activité) par les Nations unies à environ 500 milliards USD. 14

Avec la désintégration de l’URSS, la production de l’opium avait pris un essor considérable. Selon les estimations des Nation unies, la production afghane d’opium en 1998-1999 – dates qui coïncident avec le développement d’insurrections armées dans les anciennes républiques soviétiques – avait atteint un niveau record, avec 4 600 mètres cube de production. 15 De puissants groupes d’affaires de l’ex-URSS alliés avec le crime organisé se font concurrence pour le contrôle stratégique des « routes de l’héroïne ».

Le vaste réseau militaire des Services des renseignement pakistanais ne fut pas démantelé au lendemain de la Guerre froide. Par aillerus, la CIA continuait d’appuyer la Jihad islamique par l’entremise du Pakistan. De nouvelles initiatives secrètes furent lancéees en Asie centrale, dans le Caucase et dans les Balkans. L’appareil militaire ainsi que les Services de renseignement pakistanais ont essentiellement « servi de catalyseur pour la désintégration de l’URSS et l’émergence de six républiques musulmanes en Asie centrale ». 16

En parallèle avec ces actions en sous-main de la CIA, des missionnaires islamiques de la secte Wahhabi d’Arabie saoudite s’étaient installés dans ces républiques, de même qu’à l’intérieur de la Fédération russe, empiétant sur les institutions de l’État et de la sociéte civile. En dépit de leur idéologie « anti-ÉUA », les actions fondamentalistes islamiques ont pourtant servi les intérêts stratégiques de Washington en ex-URSS…

La guerre civile afghane s’est poursuivie suite à la retraite des forces soviétiques en 1989. Les Talibans avaient reçu l’appui des Deobandis pakistanais et de leur parti politique, le Jamiat ul Ulema e Islam (JUI). En 1993, le JUI s`était joint à la coalition du premier ministre Benazzir Bhutto. Des liens furent établis entre le JUI, l’armée et les Services des renseignements. En 1995, avec la chute du gouvernement Hezb i Islami de Hekmatyar, à Kaboul, les Talibans ont non seulement instauré un gouvernement islamique intégriste, mais ont aussi « confié le contrôle des camps d’entraînement afghans à des factions du JUI ». 17

Et le JUI, avec l’appui du mouvement Wahhabi, a joué un rôle majeur dans le recrutement de Mujahideen pour les Balkans et dans l’ex-URSS. Jane Defense Weekly confirme à cet égard que « la moitié des hommes et de l’équipement des Talibans provient des Services des renseignement pakistanais ». 18

En fait, il semblerait que, suite au retrait des troupes soviétiques, les différentes formations armées dans la guerre civile en Afghanistan ont continué à recevoir une aide en sous-main de la CIA par le biais des Services de renseignement pakistanais. 19

En d’autres mots, soutenus par l’ISI pakistanais lui-même contrôlé par la CIA, l’État islamique taliban a grandement servi les intérêts géopolitiques de Washington. Le commerce de la drogue dans le Croissant fertile a également servi à financer et équiper l’Armée musulmane bosniaque, dès le début des années 1990, et l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Au cours des derniers mois, des mercenaires Mujahideen combattaient dans les rangs des terroristes de l’UCK impliquée dans la guerre civile en Macédoine. Et il est avéré que l’UCK est non seulement appuyé par l’Otan, mais elle est également en partie financée par la mission des Nations unies au Kosovo.

Cela explique sans l’ombre d’un doute pourquoi Washington a fermé les yeux sur le règne de terreur imposé par les Talibans, impliquant notamment des dérogations flagrantes aux droits des femmes, la fermeture des écoles de filles, le congédiement des employées de la fonction publique et l’imposition de la « loi pénale de la Sharia ». 20

La guerre en Tchétchénie

Les principaux leaders rebelles en Tchétchénie, Shamil Basayev et Al Khattab, ont reçu leur formation militaire et idéologique dans des camps d’entrainement financés par la CIA en Afghanistan et au Pakistan. Selon Yossef Bodansky, directeur du US Congress’s Task Force on Terrorism and Unconventional Warfare, la guerre tchétchène fut planifiée durant un réunion secrète de Hizb Allah, tenue en 1996 à Mogadishu, en Somalie. 21 De nombreux cadres supérieurs des Services de renseignement iranienne et pakistanaise, ont participé à cette réunion, à laquelle Oussama bin Laden était également présent. Le rôle de la ISI pakistanaise dans la guerre civile en Tchétchénie « va beaucoup plus loin que l’approvisionnement des Tchétchènes en armes et en expertise : les Service de renseignement pakistanais et ses mandataires islamiques radicaux sont en réalité ceux qui dirigent cette guerre ». 22

Le principal oléoduc russe traverse la Tchétchénie et le Daghestan. N’eut égard aux condamnations de pure forme du terrorisme islamique par Washington, les bénéficiaires indirects de la guerre tchétchène sont les géants pétroliers anglo-américains luttant pour le contrôle des ressources pétrolières et des oléoducs dans le bassin de la mer Caspienne.

Les deux principales armées rebelles tchétchènes (respectivement dirigées par le commandant Shamil Basayev et par l’émir Khattab), estimées à 35 000 hommes, furent financées par les Services des renseignement pakistanais. La ISI a aussi joué un rôle clé dans l’organisation et l’entraînement de l’armée rebelle tchétchène :

[En 1994], les Services des renseignement pakistanais ont organisé pour Basayev et ses lieutenants de confiance un endoctrinement islamique intensif et un entraînement de guérilla dans la province de Khost, en Afghanistan, dans le camp d’Amir Muawia, installé au début des année 1980 par la CIA et les Service de renseignement pakistanais et dirigé par le célèbre seigneur de guerre afghan Gulbuddin Hekmatyar. En juillet 1994, « diplômé » d’Amir Muawia, Basayev est transféré au camp de Markaz i Dawar, au Pakistan, pour y entreprendre un entraînement en tactiques de guérilla avancées. Au Pakistan, Basayev rencontrait également les plus hauts cadres des forces militaires et des services de renseignement : le ministre de la Défense, le général Aftab Shahban Mirani, le ministre de l’Intérieur, le général Naserullah Babar, et le directeur des Services de renseignement responsable pour l’acheminement de l’appui de la ISI aux causes islamiques, le général Javed Ashraf (tous maintenant à la retraite). Ces liens en haut lieu se montrèrent vite utiles à Basayev. 23

Suite à son entraînement et son endoctrinement, Basayev fut affecté pour mener un campagne militaire contre les troupes fédérales russes lors de la première guerre tchétchène de 1995. Son organisation avait également développé des liens étroits avec les consortiums criminels moscovites et avec le crime organisé albanais et l’UCK. En 1997-1998, selon le Service de la sécurité fédérale russe, « les seigneurs de guerre tchétchènes ont commencé à investir dans l’immobilier au Kosovo […] par l’intermédiaire de plusieurs firmes immobilières enregistrées en Yougoslavie en guise de couverture ». 24

L’organisation de Basayev fut également impliquée dans bon nombre de trafics, notamment les narcotiques, l’exploitation illégale et les sabotages d’oléoducs russes, le kidnapping, la prostitution, le commerce de faux dollars et la contrebande de matériaux nucléaires. 25 Avec le blanchiment de l’argent de la drogue, les profits de ces activités criminelles furent également utilisés pour financer le recrutement de mercenaires et l’achat d’armes.

Pendant son entraînement en Afghanistan, Shamil Basayev s’est lié avec le commandant vétéran saoudien Mujahideen Al Khattab qui avait combattu en Afghanistan. Quelques mois après le retour de Basayev à Grozny, début 1995, Khattab fut invité à créer une armée installée en Tchétchénie pour l’entraînement de combattants Mujahideen. Selon la BBC, le voyage de Khattab en Tchétchénie fut « planifié grâce à l’appui de la Islamic Relief Organisation (IRO) basée en Arabie saoudite qui avait expédié des fonds en Tchétchénie. La IRO était financée par des mosquées ainsi que des dons de riches individus [associés aux milieux d’affaires saoudiens]. » 26

En conclusion

Depuis l’ère de la Guerre froide, Washington a sciamment soutenu Oussama ben Laden, tout en le plaçant sur la liste des « personnes les plus recherchées par le FBI ».

Alors que les Mujahideen sont impliqués dans des insurrection armées pour le compte des États-Unis dans les Balkans et en ex-URSS, le FBI, a pour mandat de mener aux États-Unis de mener une guerre au terrorisme. De toute évidence, il s’agit là non seulement d’actions contradictoires mais d’une politique qui s’avère mensongère à l’endroit des citoyens. Car la CIA depuis la guerre URSS-Afghanistan, appuie le terrorisme international par l’entremise de ses opérations secrètes.

Cruelle ironie, la même Jihad islamique, présentée par l’administration Bush comme « une menace contre l’Amérique » responsable des assauts terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone constitue un instrument clé des opérations militaires stratégiques de Washington dans les Balkans et en ex-URSS.

Au lendemain des attaques terroristes de New York et de Washington, la vérité sur les liens entre le gouvernement américain et le terrorisme international doivent être dévoilés à l’opinion publique afin d’empêcher l’administration Bush et ses partenaires de l’Otan de se lancer dans une aventure militaire qui menace l’avenir de l’humanité.

Michel Chossudovsky

Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index....

texte original

Version française : L’aut’journal, Montréal, octobre 2001

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Hugh DAVIES., « International : `Informers’ point the finger at bin Laden ; Washington on alert for suicide bombers ». The Daily Telegraph, Londres, 24 août 1998. Cf. Fred HALLIDAY. « The Un-great game : the Country that lost the Cold War, Afghanistan ». New Republic, 25 mars 1996. Ahmed RASHID., « The Taliban : Exporting Extremism ». Foreign Affairs, Novembre-décembre 1999. Steve COLL. Washington Post. 19 juillet 1992. Dilip HIRO., « Fallout from the Afghan Jihad ». Inter Press Services, 21 novembre 1995. Eric WEINER et Ted CLARK. Weekend Sunday (NPR). 16 août 1998. Ibid. Dipankar BANERJEE. « Possible Connection of ISI With Drug Industry », India Abroad, 2 décembre 1994. Ibid. Cf. Diego CORDOVEZ et Selig HARRISON. Out of Afghanistan : The Inside Story of the Soviet Withdrawal. Oxford University Press, New York, 1995. Cf. aussi la critique de Cordovez et Harrison. International Press Services. 22 août 1995. Alfred MCCOY. The Progressive, « Drug fallout : the CIA’s Forty Year Complicity in the Narcotics Trade ». 1 août 1997. Ibid. Ibid. Douglas KEH. Drug Money in a changing World, Technical document nº 4. Vienne, UNDCP, 1998, p.4. Cf. Report of the International Narcotics Control Board for 1999. E/INCB/1999/1 United Nations Publication, Vienne, 1999, pp.49-51 ; et Richard LAPPER, « UN Fears Growth of Heroin Trade ». Financial Times, 24 février 2000. Report of the International Narcotics Control Board. Op. cit., pp.49-51. Cf. Richard LAPPER. Op. cit. International Press Services. 22 août 1995. Ahmed RASHID. « The Taliban : Exporting Extremism ». Foreign Affairs, Novembre-décembre, 1999, p.22. In « Christian Science Monitor ». 3 septembre 1998. Tim MCGIRK. « Kabul learns to live with its bearded conquerors ». The Independent Londres, 6 novembre 1996. Cf. K. SUBRAHMANYAM., « Pakistan is Pursuing Asian Goals ». India Abroad 3 novembre 1995. Levon SEVUNTS. The Gazette, « Who’s calling the shots ? Chechen conflict finds Islamic roots in Afghanistan and Pakistan ». Montréal, 26 octobre 1999. Ibid. Ibid. Cf. Vitaly ROMANOV et Viktor YADUKHA. Chechen Front Moves To Kosovo Segodnia. Moscou, 23 février 2000. The European. 13 février 1997. Cf. Itar-Tass, 4-5 janvier 2000. BBC. 29 septembre 1999.

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

 

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04 septembre 2020

UN MESSAGE DE LA NATION LA PLUS BOMBARDÉE AU MONDE, LE TERRITOIRE SHOSHONE

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=6013

Plus de 900 essais nucléaires ont été effectués dans le territoire Shoshone, dans le Nevada, aux Etats-Unis. Les habitants en subissent encore les conséquences.

Par Ian Zabarte
Sur Censored News
D’abord publié dans Al Jazeera
29 août 2020
Traduction Christine Prat

Vous ne savez jamais ce qui vous tue quand c’est fait en secret.

J’ai vu mon oncle souffrir d’un horrible cancer qui dévorait sa gorge, et mon grand-père mourir d’une maladie auto-immune connue pour être causée par l’exposition à des radiations. Ils ont dit qu’il avait fait une crise cardiaque, mais quand votre peau tombe, le stress fait pression sur votre cœur.

Beaucoup de mes cousins sont morts. L’an dernier, mon cousin, qui a environ 50 ans, a eu un défibrillateur placé dans sa poitrine. Maintenant, sa fille, une enfant en bas âge, a aussi des problèmes cardiaques. A peu près à la même époque, un autre cousin m’a dit que sa mère avait un cancer. Et une semaine plus tard, il a appris qu’il en avait un aussi.

Il y a quelques mois, un ancien d’ici est décédé d’une forme rare de tumeur au cerveau.

Chaque famille est affectée. Nous avons eu des retards mentaux et physiques, des leucémies, des enfants leucémiques, et toutes sortes de cancers.

Le complexe militaro-industriel

Je suis le chef de file [en anglais ‘Principal Man’] des bandes de l’ouest de la Nation Indienne Shoshone – la nation la plus bombardée sur terre. Notre pays couvre environ 104 000 km², de l’ouest de Las Vegas, dans le Nevada, jusqu’à la Rivière Snake, dans l’Idaho, y compris une bande large de 563 km dans le Grand Bassin. Il y a approximativement de 25 000 à 30 000 descendants directs de Shoshone, mais les Etats-Unis réduisent beaucoup le nombre en se fondant sur un ‘quota de sang’ (un pourcentage d’ancêtres).

Nous avons été sur ce territoire depuis au moins 10 000 ans.

Notre relation avec les Etats-Unis se fonde sur le Traité de Ruby Valley, signé en 1863. Selon le traité, les Shoshone continuent de posséder le territoire, mais nous avons été d’accord pour que, en échange de 5000 dollars par an pendant 20 ans, payés en bétail et autres marchandises, les Etats-Unis puissent établir des postes militaires sur nos terres, que US mail et des compagnies de télégraphe puissent continuer à y opérer le télégraphe et des lignes de diligences, qu’une ligne de chemin de fer puisse les traverser, que les Etats-Unis puissent y creuser des mines.

Mais juste avant la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, nous avons commencé à être débordés par le complexe militaro-industriel des Etats-Unis, de façons que nous commençons seulement maintenant à comprendre.

Retombées nucléaires

En 1951, en violation du traité, les Etats-Unis ont établi les Terrains d’Essais du Nevada (qui seraient connus plus tard comme le Site de Tests du Nevada et s’appellent maintenant le Site de Sécurité Nationale du Nevada) en territoire Shoshone, et ont commencé à tester des armes nucléaires – sans notre consentement, sans même que nous le sachions. Nous soupçonnons que des scientifiques Nazi, amenés par les Etats-Unis dans le cadre de l’Opération Paperclip – pour aider les Etats-Unis à développer des armes nucléaires – étaient impliqués.

Le 27 janvier 1951, le premier test nucléaire a eu lieu sur notre territoire, une bombe d’1 kilotonne larguée d’un avion sur le site.

Pendant les 40 années suivantes, c’est devenu le premier site de tests pour les armes nucléaires américaines. Environ 928 tests nucléaires ont eu lieu en territoire Shoshone – 100 dans l’atmosphère et plus de 800 souterrains.

Lorsque les Etats-Unis ont largué une bombe atomique sur Hiroshima en 1945, 13 kilotonnes de retombées nucléaires ont arrosé la ville. D’après une étude de 2009 parue dans le Nevada Law Journal, entre 1951 et 1992, les tests effectués sur nos terres ont causé 620 kilotonnes de retombées nucléaires.

Je suis né en 1964, un an après que les tests nucléaires à l’air libre aient été interdits. Mais les Etats-Unis ont continué à tester des armes de destruction massive sous notre territoire presque toutes les trois semaines jusqu’en 1992.

Les habitants sous le vent

Les retombées de ces tests ont couvert un large territoire, mais ce sont les communautés Autochtones vivant sous le vent par rapport au site qui étaient les plus exposées – parce que nous consommions des animaux et des plantes sauvages, buvions du lait contaminé, vivions de terres contaminées. Pour les Autochtones adultes, le risque d’exposition a été prouvé être 15 fois plus élevé que pour les autres Américains, pour les jeunes ça va jusqu’à 30 fois, et pour les bébés, de l’état de fétus à 2 ans, ça peut aller jusqu’à 50 fois.

Les retombées ont tué la flore et la faune délicate, créant une énorme vulnérabilité dans des milliers de km² de territoire Shoshone. Les pins, que nous utilisons pour la nourriture et le chauffage, étaient exposés, les plantes que nous utilisons comme nourriture et comme médicaments étaient exposées, les animaux que nous mangeons étaient exposés. Nous étions exposés. Résultat, nous avons regardé nos gens mourir. Certains des plus forts défenseurs de notre territoire, sont partis, comme ça.

Mais nous devons protéger notre terre et notre peuple. Notre identité c’est le territoire. Notre identité c’est l’eau pure venue du sol, qui coule depuis des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions d’années. Nous considérons cette eau pure comme un médicament. Les gens ont besoin de cette eau pure pour guérir.

Mais ce que nous voyons, c’est que les Etats-Unis négocient pour l’industrie nucléaire, négocient pour l’industrie minière, détruisent notre propriété pour le profit.

Nous ne pouvons plus supporter d’autres risques, que ce soit les tests d’armes nucléaires ou les cendres de charbon ou les forages pétroliers, ni aucune source de radiation.

Les marteaux et les clous

Nous commençons à comprendre ce qui nous est arrivé. Pendant plus de 50 ans, nous avons souffert de ce tueur silencieux et la culture du secret du gouvernement des Etats-Unis a gardé ce silence. Mais nous avons besoin de secours.

Dans les autres parties du monde où il y a eu des catastrophes ou des tests nucléaires – entre autres au Kazakhstan, au Japon, et même à Tchernobyl – il y a des registres de santé pour suivre ceux qui ont été exposés, même si les chiffres sont artificiellement abaissés dans certains pays. Nous n’avons pas cela aux Etats-Unis. Nous n’avons pas cela pour les Autochtones vivant sous le vent. Nous avons besoin de ce genre de tests. Nous avons besoin de registres de santé. Nous avons besoin de contrôle. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps que les disparités de santé qui nous affectent soient identifiées.

Nous devons combattre les Etats-Unis pour leur faire comprendre nos besoins de santé de base.

Nous avons réussi à obtenir des documents déclassifiés dans les années 1990. Mais ils font près de deux millions de pages. Essayer de tout comprendre est décourageant. Nous n’avons aucun financement et nous n’avons pas le soutien des Etats-Unis pour que ce travail soit fait. Alors, nous devons le faire nous-mêmes tout en souffrant de cette crise sanitaire permanente. Et pendant ce temps, les activités militaires continuent sur notre territoire.

Nous continuons à souffrir et à vivre avec la conscience que les radiations sont là, dans le sol, dans nos plantes, dans nos animaux, dans notre peuple.

Tuer les Shoshone n’a jamais fait partie du traité que nous avons signé. Notre peuple ne se serait jamais engagé dans quelque chose qui mènerait à notre propre destruction.

Notre coutume est de partager, mais quand on n’a qu’un marteau, tout sert de clou, et c’est ce que les militaires Américains ont fait, frapper les Shoshone avec des bombes.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de l’auteur et ne reflète pas nécessairement les choix éditoriaux de Al Jazeera.

SOURCE : Al Jazeera News

Cliquer sur les cartes pour les voir en format lisisble. Photo titre, Censored News, autres photos Christine Prat

 

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05 août 2020

crapb

salamc

En Italie, comme partout dans le monde, la fin du confinement a entériné la reprise des Grands Travaux Inutiles, en vue de la relance économique d’un système dont l’absurdité se manifeste chaque jour un peu plus. Le 13 juin, face à la reprise des travaux de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, les No-TAV se sont remobilisés dans le Val Susa, occupant un nouveau Presidio. Depuis ce présidio du Val Clarea, les No-TAV entendent bien continuer de bloquer l’avancement des travaux, proposant un été de mobilisations, rencontres et actions contre le TAV et son monde.

Le TAV est un projet de Train à Grande Vitesse reliant la France à l’Italie par le Val de Susa. Ce projet, jugé polluant, énergivore, et dévastateur pour le territoire, suscite une mobilisation active des habitant.es du Val de Susa. Grace à cette mobilisation, les travaux du TAV sont ralentis, sabotés et arrêtés depuis plus de 15 ans.

Une reprise de la lutte immédiate face à la reprise d’un chantier scandaleux

Dès la fin du confinement, la société en charge des travaux du Lyon-Turin (TELT & soci) a repris le chantier. Paniqués par le rejet par la Cour des comptes européenne du doublement de Turin-Lyon, ils ont tenté maladroitement de reprendre le travail en toute hâte. Des bulldozers ont commencé à essayer de percer les berges du torrent Clarea pour y poser une passerelle et y mettre des barbelés pour défendre le chantier. Pour permettre la reprise du chantier, les autorités italiennes ont mobilisé des centaines de policiers et de carabinier. Un chantier défendu à un prix exorbitant, à un moment où les autorités feraient pourtant mieux d’investir le capital dans d’autres priorités (des lits d’hôpitaux et des respirateurs à tout hasard). Sans surprises, l’Etat préfère soutenir et investir dans un projet de ligne à grande vitesse, dont les travaux sur 500 mètres coûtent le même prix que la construction d’un hôpital de 1 200 lits.

Forts de leur expérience de résistance les No-Tav se sont immédiatement mobilisés en constatant la reprise des travaux. Certains petits groupes se sont enchaînés aux portes et d’autres ont grimpé aux arbres en profitant de la connaissance du territoire accumulée au cours de ces années de présence active et de reconnaissance. Pendant ce temps, la police bloquait l’accès du côté de Giaglione aux partisans et aux journalistes, essayant d’isoler les notavs barricadés.

Un été de mobilisation

Malgré une forte réponse répressive du ministère de l’intérieur, qui militarisé la zone en quelques jours, les No-Tav ont mis en place un campement de lutte dans le Val Clarea, afin de servir de lieu de rencontre et de support à la mobilisation qui reprend. Depuis fin juin, de nombreuses rencontres, discussions, manifestations sont proposées dans le cadre de ce camping permanent.

Ce week-end, trois jours de lutte étaient appelés à l’initiative du Comité de lutte populaire de Bussoleno. Cette mobilisation sera suivie les 20-21-22 juillet par un camping d’écologie politique, puis les 24-25-26 juillet par la manifestation "critical wine". Les 29-30 et 31 juillet, le presidio accueillera de nouveau un camping de lutte Giovani No Tav. Il y a fort à prévoir que le mois d’août soit suivi de semblables manifestations !

Un camping sous haute surveillance.

Depuis la reprise des activités du chantier, les actions de sabotage ont également repris, suscitant entraînant leur lot de répression disproportionnée. Dans la nuit du 19 au 20 juillet, les Digos de Turin ont ainsi effectué une perquisition du nouveau presidio où ce week-end trois jours de manifestation No Tav ont été organisés. Suite à cette intervention, 5 militants Turinois soupçonnés d’avoir mis le feu à l’une des portes placées pour protéger la zone du chantier, ont été arrêtés. De nombreux appels à soutien et à mobilisation ont d’ors et déjà été lancé par les No-Tav depuis le presidio.

Soyons nombreu.euses à soutenir la lutte No-Tav et les victimes de la répression. Rendez-vous cet été en Val de Susa ! Sara Dura !

PS :

Plus d’infos sur infoaut.org

 

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