Sous-Capitaine AdOC

15 août 2019

SANTÉ DE LA POPULATION : LES CONNIVENCES DE L’ARISTOCRATIE MÉDICALE AVEC LE NUCLÉAIRE, LE PÉTROLE, LA TÉLÉPHONIE,…

08.08.2019

SANTÉ DE LA POPULATION : LES CONNIVENCES DE L’ARISTOCRATIE MÉDICALE AVEC LE NUCLÉAIRE, LE PÉTROLE, LA TÉLÉPHONIE,…

Ces médecins, qui déversent sur les plateaux télé la bonne parole, avaient créé un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de Santé Environnementale à Paris, validé par les plus hautes autorités de Santé et de l’Enseignement supérieur. Aujourd’hui le masque tombe : les 4 médecins avaient des liens étroits et de dépendances soit avec l’industrie du nucléaire, soit avec celle du pétrole, soit avec celle du bâtiment-travaux publics et téléphonie, l’un avait même tenté de psychiatriser les malades des Ondes à Hautes Fréquences (Linky, téléphonie hertzienne,…).

Le groupuscule de nantis et politiciens qui a fait sécession d’avec le reste de la société française est de plus en plus identifiable.

Une information concernant des médecins de renommée en dit long sur la démarche des tutelles françaises de santé. Ces « Professeurs » avaient créé un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de Santé Environnementale à Paris dont l’équipe responsables de cet enseignement diplômant (qui n’a pas duré longtemps) était composée de 4 médecins (Pr Aubier, Pr Aurengo, Pr Choudat et Dr Lambrozo) dont le Palmarès est significatif de la manipulation permanente de la population orchestrée par les lobbies. Revue et florilèges des liens entre les « sachants-experts » souvent promus à la tête d’Instituts et Commissions et les firmes industriels les plus nocives à la planète et à la vie.

1) le Pr Aurengo, connu pour ses positions controversées sur les ondes (téléphonie, Wi-Fi, Lynky) et les CEM (Champs Électros Magnétiques), est un endocrinologue, membre de l’Académie nationale de Médecine et membre de l’Académie des Sciences. Il a été administrateur d’EDF, président du Comité d’éthique d’EDF et du conseil médical  EDF-GDF. C’est aussi le Pr Aurengo qui a rédigé le 18 avril 2006, le rapport sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl en France ( missions interministérielles du 25 février et du 6 août 2002) en concluant aucun impact significatif des retombées radioactives sur le sol français , donc sur la santé des populations … Il était aussi conseiller scientifique chez Bouygues. Lors de ses conférences sur les ondes, il ne citait que les auteurs prônant leur innocuité et occultait complètement le nom des éminents confrères qui au contraire en évoquaient les risques et les incertitudes (cf Le film Ondes de Choc de Klaus Scheidsteger). Il est d’ailleurs remarquable de noter qu’il ne fait jamais référence à ses propres travaux à ce sujet, et pour cause car il ne semble pas en avoir fait, ni ne semble avoir un jour reçu en consultations des patients en souffrance.

Le Dr Denis Fauconnier , médecin Corse , qui avait soulevé dès 1986 les problèmes thyroïdiens notamment chez les enfants en Corse avait démissionné du groupe de Travail qu’avait réuni le Pr Aurengo et dénoncé la mascarade…

2) Le Dr Lambrozo : on s’est toujours demandé ce qu’il faisait vraiment au sein de cette équipe et dans le cadre de cet enseignement qui se voulait global et général ! Expert auprès de la Cour d’appel de Paris, Il s’est mieux fait connaître en tant que médecin d’EDF Directeur du Service des Études Médicales, lorsqu’il a contribué à organiser une plainte avec la complicité de l’ordre des Médecins contre le Pr Belpomme, cancérologue, qui dirige une consultation pour EHS (électros sensibles) à la Clinique Labrouste-Alleray et conseille aux EHS de se protéger des ondes électromagnétiques et notamment de la nocivité des compteurs communicants comme le Linky. Le Dr Lambrozo a aussi présidé la section Rayonnements non ionisants de la Société Française de Radio Protection et est membre de la Bio Electromagnetics Society , de l’European Bio Electromagnetics Association, de la Société Nationale Française de Médecine Interne , de la Société française de Gériatrie et de Gérontologie. Il affirme en préambule de son ouvrage sur les effets délétères des ondes (« Champs électriques et magnétiques de fréquence 50-60 Hz et santé état actuel de nos connaissances » Volume 5, numéro 1, Janvier-Février 2006) : « Chez l’adulte, en exposition résidentielle comme professionnelle, il ne ressort pas de risque accru de tumeur, de troubles cardiaque, neuropsychologique ou reproductif. Chez l’enfant, dans la grande majorité des expositions résidentielles habituelles, l’hypothèse d’un risque de leucémie ou d’autres cancers a pu être levée« 

3) le Pr Aubier, chef de service de pneumologie au CHU Bichat, a été convoqué par les plus hautes instances judiciaires et ordinales pour conflit d’intérêt : il a minimisé les effets du diesel sur l’appareil respiratoire alors qu’il travaillait en même temps pour la Compagnie Total. Il a été condamné pour conflit d’intérêt et a notamment été démis de son poste de chef de service à Bichat. Il a été poursuivi et sanctionné pour faux témoignage devant une Commission du Sénat.

4) le Pr Choudat qui, sous réserve que l’information s’avère exacte, semblerait s’être attribué lui-même le titre de Professeur, n’a pas hésité à annoncer avec éclat et fierté la création d’une consultation pour EHS à l’hôpital Cochin dont il était le Chef de Service. Ces consultations ont consisté à recevoir des personne EHS, à enquêter sur leurs symptômes, et à ne rien proposer de plus qu’une prescription de séances en psychologie comportementale, voire psychiatrique. Après renseignements, ne sévissaient à ces consultations que des médecins du travail ne connaissant pas grand-chose sur les EHS et les CEM ainsi que des psychiatres qui avaient décidé que de tels patients ne relevaient que de cette spécialité. Cette consultation a ensuite été transférée à l’Hôtel Dieu.

N’y a-t-il pas un énorme problème de transparence et d’éthique dans notre système de santé publique ?  De tels conflits d’intérêt sont-ils supportables dans une démocratie ? Allons-nous continuer encore longtemps à supporter de tels mensonges et de telles manigances ?

Les collectifs des électro hypersensibles de France

Pour rappel :

L’actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzin , était encore peu présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2008-2013) nommée par le gouvernement Fillon, membre du Comité de l’énergie atomique du Commissariat à l’énergie atomique (2009-2015), membre du conseil d’administration du CEA (2009), présidente du collège de la Haute Autorité de santé (2016-2017), de 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la leucémie myéloïde chronique : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb). Elle entre au conseil consultatif (advisory board) de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu’elle occupe jusqu’en mars 2011 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d’organismes publics, ce que Le Canard enchaîné a qualifié ironiquement de « léger conflit d’intérêt ». Fin juin 2017, elle annonce porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants. En septembre 2017 alors que trois millions de personnes prennent du Levothyrox (médicament visant à corriger notamment le manque d’hormones thyroïdiennes du fait de l’ablation liée souvent aux effets de la radioactivité) et que des milliers subissent des effets secondaires importants lié à la nouvelle formule dont les laboratoires Merks ont l’exclusivité du traitement en France, elle déclare qu’il est hors de question de revenir à l’ancienne formule. La ministre de la Santé et le ministre de l’Économie sont visés par une plainte déposée au tribunal de Grasse (Alpes-Maritime) pour « non-assistance à personne en danger« . Le 17 mars 2019, Agnès Buzyn évoque sur RTL l’idée d’un recul de l’âge légal de la retraite à 65 ans. En juillet 2019, à l’unisson de la Haute Autorité de santé quelle a précédemment présidé, elle annonce le déremboursement des préparations homéopathiques par la Sécurité sociale.

En janvier 2016, Agnès Buzyn, qui avait été rémunérée par trois laboratoires privés avant 2011 tout en occupant diverses positions dans des organismes publics, estime devant la commission des affaires sociales du Sénat français que l’obligation de déclarer publiquement tout conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique instaurée en 2011 par la loi Bertrand afin de renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique serait devenue trop « handicapante» pour certains chercheurs qui « ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’INCA ». Selon elle, « vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts». Irène Frachon, médecin à l’origine de la révélation du scandale du Mediator qui a conduit à la loi Bertrand, rétorque alors que ces « liens d’intérêts » peuvent conduire à ce que « des experts indiscutablement « compétents » [restent] solidaires d’un industriel lourdement criminel » et que la seule solution est de mieux rémunérer les chercheurs afin d’éviter leur « captation par l’industrie ».

Le mari d’Agnès Buzyn, Yves Lévy, a été nommé directeur général de l’Inserm le 11 juin 2014. Le renouvellement de ce mandat en 2018 provoque des accusations de conflits d’intérêts, compte-tenu du poste d’Agnès Buzyn comme ministre de la Santé. Face à l’écho suscité par ce conflit d’intérêt indirect, Yves Lévy annonce le 30 juillet 2018 sa décision de retirer sa candidature à un second mandat. Le 11 octobre 2018, comme « lot de consolation », il est nommé par le gouvernement É.Philippe conseiller d’État en service extraordinaire, sur proposition de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et collègue de son épouse au gouvernement. Ce poste lui permet ainsi de toucher entre 1 500 et 6 100 euros par mois (selon le nombre de réunions auxquelles il participe), tout en lui permettant de continuer son activité professionnelle de médecin et d’enseignant. À ce poste, Yves Lévy est invité à conseiller juridiquement le gouvernement, … sans avoir jamais pratiqué le droit public.

De son côté l’actuel Premier ministre, Édouard Philippe, est un ancien salarié d’Areva en charge du lobbying (« Directeur des Affaires publiques« ) de 2007 à 2010. Il militait pour le PS quand il était à « Science-Po » et avant son entrée à l’ENA puis fonde l’UMP avec Alain Juppé avant de devenir avocat et élu LR. Son gouvernement, dans le droit fil des précédents de Sarkozy et F.Hollande et autres depuis 1958, a octroyé à l’industrie atomique (Areva et EDF) 9 milliards d’euros pour leur éviter la faillite. Mais c’est vous salarié-es, chômeur-ses, retraité-es qui coûtez trop cher à la France et au patronat.

Par Rédaction le jeudi 8 août 2019

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/08/08/Les-connivences-de-l-aristocratie-m%C3%A9dicale-avec-le-nucl%C3%A9aire-et-le-p%C3%A9trole

 

 

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Aurengo

 

Aurengo quelques Casseroles

 

Sources ACRO  puis IWHO

 

Comment un autocrate, le Pr Aurengo , a trahi une démarche participative

 

Communiqué du 5 mai 2006 sur « le rapport sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl en France »

Rapport rédigé par André Aurengo et transmis, le 18 avril 2006, aux Ministres de la Santé et des Solidarités et de l’Écologie et du Développement durable.

 

Le groupe de travail, présidé par André Aurengo, avait été constitué à la demande des Ministres chargés de l'Environnement et de la Santé, de deux gouvernements successifs : tout d’abord Messieurs Yves Cochet et Bernard Kouchner puis confirmé par Monsieur Jean-François Mattei et

Madame Roselyne Bachelot en 2002. Ce groupe de travail était chargé, principalement, d'établir à partir des données existantes une cartographie de la contamination du territoire français, suite à

l'accident de Tchernobyl, et devait réunir « de la manière la plus ouverte possible les experts et les acteurs intéressés par cette question ».

 

De fait, M. Aurengo, dont les positions en faveur du nucléaire sont notoires, (tendant toujours à minorer les effets des radiations en général, et, en particulier les conséquences de Tchernobyl) avait réussi à composer un groupe de travail relativement pluraliste : si des institutionnels tels que l'IRSN étaient représentés, étaient également présents des médecins, des représentants d’associations et des

journalistes.

 

En réalité, ce groupe a toujours eu un fonctionnement scandaleux ;

quelques réunions ont eu lieu en 2003, une en 2004, aucune en 2005. En

2006, un certain nombre de participants croyaient la commission morte et

enterrée. Ces réunions organisées de façon totalement aléatoires

n'étaient pas, pour la plupart, précédées d'ordre du jour ni ne

donnaient lieu à un compte rendu. Elles étaient totalement soumises au

bon vouloir de M. Aurengo qui a profité de cette commission pour régler

ses comptes avec l'IRSN. Il l’accusait d'avoir, dans sa dernière carte,

donné une vision trop pénalisante de la contamination post Tchernobyl en

France. Un comble !

 

Les membres de la commission n'ont jamais donné aucun mandat à M.

Aurengo.

 

C'est après les dernières réunions qui furent houleuses qu'il a renoncé

à réunir cette commission. M. Miserey, journaliste, avait donné sa

démission. L’ACRO avait également menacé de le faire devant l’inanité

des travaux, la partialité affichée par M. Aurengo et le manque de

moyens donnés à la commission : là où il aurait fallu un travail de

contre-expertise d’envergure, il n’y avait même pas de quoi payer les

frais de route des participants !

 

M. Aurengo a donc oeuvré, seul, au sein de l'IRSN, sous prétexte d’agir

dans le cadre des travaux du groupe de travail. Pourtant il n’avait

aucun mandat particulier pour agir ainsi, ni gouvernemental ni de son

groupe. L'argumentaire selon lequel, il aurait été pris par le temps

nous paraît totalement fallacieux. La commission existait depuis 3 ans,

mais elle est devenue fantôme par la volonté de son président, seul

habilité à la convoquer. Souhaitait-il avoir les mains libres et s’en

servir comme paravent pour produire un énième rapport personnel sur les

conséquences de Tchernobyl ? Probablement, et ce serait une grave

imposture.

La mission gouvernementale a été totalement trahie : Le sens de ce

travail reposait sur sa pluralité. Un des objectifs recherché par les

pouvoirs publics était, entre autres, d'avoir un rapport sur Tchernobyl,

un peu moins contesté que d'habitude.

 

Le Pr Aurengo a donc rédigé seul ce rapport. Il a été remis aux

Ministres le 18 avril 2006. Les membres de la commission n’en ont eu

connaissance que le 24 avril au matin par un courrier électronique

accompagné du dit rapport. Le courrier du Pr Aurengo, aux membres de la

commission explique que ce rapport a été rédigé « en son nom propre, [...]

avec l’accord des Ministres et dont j’assume toute la responsabilité ».

Or, comble de la malhonnêteté cela n’apparaît aucunement dans le rapport

qui est voué à être rendu public.

 

Nous sommes associés de fait à ce rapport remis aux Ministres par M.

Aurengo. Ainsi l'amalgame entre ce document et le travail de la

commission paraît évident au public. Nous apparaissons comme coauteurs,

bien malgré nous. Seule une lettre privée, qui par ailleurs nous

congédiait, explique notre non-implication dans ce travail. La fourberie

est manifeste.

 

Pour une démarche participative de qualité : La pluralité, la

transparence, la tolérance d’opinions divergentes sont nécessaires. M.

Aurengo n'en a que faire ! Du mandarinat à l'autocratie, il a largement

franchi le pas et dans ses certitudes n'a que faire de l'avis d'autrui.

Ce n’est pas avec ce genre de conduite que la parole publique retrouvera

un minimum de crédibilité quand il s’agit de nucléaire, en général et de

Tchernobyl en particulier.

 

Nous sommes scandalisés et tenons à dénoncer les manoeuvres honteuses

orchestrées par le Pr Aurengo.

Nous demandons au gouvernement de ne pas tenir compte de ce rapport.

 

Ce communiqué est signé par les membres, du groupe de travail « sur les

conséquences de l’accident de Tchernobyl en France », suivants :

Pierre-Jacques Provost, journaliste

Michel Deprost, journaliste

Pour l’ACRO : Sibylle Corblet Aznar, Jean-Claude Autret

http://acro.eu.org

 

 

 

 

 

******************

 

 

Si un jour les valeurs du serment d’Hippocrate sont enfin respectées et appliquées, le Professeur Aurengo sera tout simplement destitué de sa fonction de médecin. (*)

 

_____________________________

 

Source : Valeurs Actuelles

 

http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/soci%C3%A9t%C3%A9/%E2%80%9C-principe-de-pr%C3%A9caution-freine-l%E2%80%99innovation%E2%80%9D20120522.html

 

Entretien.

Professeur Aurengo : “Le principe de précaution freine l’innovation”

 

Sabine Carion le jeudi, 24/05/2012

 

Le mépris de la science conduit les politiques à des décisions irrationnelles.” C’est l’avertissement du professeur Aurengo.

 

Ses arguments scientifiques peuvent déranger ceux dont le progrès bouleverse les certitudes. Son franc-parler est un antidote aux idées reçues diffusées par des associations souvent militantes et relayées par des médias parfois ignorants. C’est un appel à la raison que lance ici le professeur Aurengo.

 

Diplômé de l’École polytechnique, membre de l’Académie de médecine depuis 2005 et membre du Haut Conseil de la santé publique, André Aurengo est chef du service de médecine nucléaire de la Pitié-Salpêtrière. Spécialiste des pathologies thyroïdiennes, il a notamment soigné des enfants ukrainiens victimes de la catastrophe de Tchernobyl. Membre du comité d’experts sur les champs électromagnétiques créé conjointement par les trois Académies (sciences, médecine et technologies), il a participé à la rédaction de rapports sur les risques des techniques d’imagerie médicale et de la téléphonie mobile. En plus de ses activités professionnelles, André Aurengo apporte son concours scientifique aux pouvoirs publics comme au monde industriel.

 

Régulièrement consulté par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, il siège au comité scientifique de l’Association française pour l’information scientifique, qui s’est fixé pour mission de promouvoir la science face au sensationnalisme. Ancien membre bénévole du conseil scientifique de Bouygues, il est toujours président du conseil médical d’EDF – ce que lui reprochent certains de ses opposants.

 

Il a participé à la rédaction de Politique de santé et Principe de précaution (Puf, 2011) avec quatre autres scientifiques, Dominique Lecourt, Marcel Tubiana, Daniel Couturier, Claude Sureau. L’objet de cet ouvrage est de lutter contre la confusion des esprits et de marquer la distinction entre risques avérés et risques hypothétiques. L’un des combats du professeur Aurengo est aujourd’hui de réhabiliter la légitimité de l’expertise scientifique..

 

Beaucoup de gens n’ont plus confiance en la science, alors que le XIXe siècle valorisait le progrès. Comment expliquezvous cette évolution ? J’y vois la conséquence des deux phénomènes. D’une part, la confiance a été ébranlée par des affaires comme le sang contaminé, la vache folle, le Mediator. Mais on ne peut pas ignorer que certains contempteurs de la science mènent un combat politique. Les idéologues de l’écologie rejettent les progrès scientifiques pour accroître leur influence. L’expertise est disqualifiée au profit de la peur qui fait vendre. Dans l’esprit des gens, tout ce qui est nouveau devient a priori dangereux.

 

Quelle est la responsabilité des médias ? Ils sont utiles au débat scientifique, mais la plupart ne prennent pas la mesure des informations qu’ils diffusent. Ils confèrent une même légitimité aux experts et aux non-experts, ce qui crée la confusion dans l’esprit du public. Ils se saisissent d’un sujet quand un problème surgit ou quand une peur apparaît. Quand il est démontré que la peur est infondée, les médias n’en rendent pas compte, ou presque pas. Si les choses étaient rapportées de manière équitable, la population pourrait se faire un avis objectif..

 

Le principe de précaution est-il un frein à la recherche ? Le principe de précaution freine l’innovation et verrouille le système. Il conduit à considérer les risques hypothétiques comme s’ils étaient avérés et à prendre des mesures extrêmes : c’est ainsi qu’on arrache les OGM ou qu’on enlève des antennes-relais de téléphonie mobile, au mépris des constats scientifiques.

 

La question des antennes-relais inquiète les Français.. La justice a été saisie à plusieurs reprises. Qu’en pensez-vous ? Les ondes diffusées par une antenne-relais ont un seul effet biophysique : un échauffement dérisoire de quelques millièmes de watt, à comparer aux quelque 70 watts de notre organisme ! Mais le nombre de procès est infime par rapport au nombre d’antennes installées et dans la grande majorité des cas, les juges ont débouté les plaignants.

 

Pour vous, la confusion la plus grave est celle qui mélange science et politique… Prenons un exemple : en 2009, sous l’égide de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), un groupe multidisciplinaire de scientifiques a travaillé pendant dix mois à la réalisation d’une expertise collective faisant le point sur l’impact des radiofréquences, en particulier de la téléphonie mobile. Ce rapport rendait des conclusions très rassurantes, mais a été présenté de manière alarmiste par la direction de l’Afsset, probablement pour ne pas fâcher certaines associations.

 

Quelles sont les conséquences d’une telle attitude ? Le mépris de la science conduit les politiques à des décisions irrationnelles. Par exemple, diminuer le niveau d’émission des antennes conduirait à les multiplier et à augmenter l’exposition des usagers. Autre exemple : on a interdit les canalisations d’eau potable en plomb par peur du saturnisme, alors que celui-ci provient de la peinture au plomb sur les murs des habitats insalubres – pas des canalisations ! Et l’Assemblée nationale demande l’interdiction des parabènes (utilisés depuis plus de quatre-vingts ans) sans qu’il existe de produit de remplacement bien étudié.

 

Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima ont marqué les esprits. La peur du nucléaire n’est elle pas fondée ? Se focaliser sur le nucléaire – en réalité l’une des énergies les moins dangereuses – est paradoxal. Le nombre de morts liés au charbon est beaucoup plus élevé que celui dû à Tchernobyl : un mort par jour, en moyenne, dans les mines d’Ukraine, des milliers par an en Chine… À Fukushima, il n’y a eu à ce jour aucun décès du fait des radiations.. Les doses relevées permettent d’espérer que le nombre de morts n’excédera pas quelques cas. Il ne s’agit pas de transiger avec la sûreté, mais il faut être réaliste par rapport aux risques et aux risques comparés.

 

Le débat sur la sortie du nucléaire vous semble-t-il opportun ? Un débat est nécessaire, mais il suppose de bien en exposer les éléments, au carrefour de la science, de l’économie, de la technologie et du politique. On ne peut pas fonder une décision sur du “ressenti”, en ignorant les rapports de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui donne les avis techniques les plus pertinents sur l’état des centrales, ou sans savoir que, dans une centrale vieille de trente ans, tout a été changé. Il n’y a plus rien d’origine, sauf la cuve et le bâtiment réacteur, qui peuvent durer soixante ans. Il est nécessaire de prendre du recul et de considérer globalement la question de la production énergétique.

 

À quel point la défiance envers la science affecte-t-elle notre pays ? Un pays industriel ne peut pas se passer de la science à haut niveau. La France était en avance sur les techniques OGM, qui seront un jour indispensables pour accroître les rendements, réduire les pesticides et faire face aux problèmes de disponibilités hydriques. Ce travail était profitable pour la société, ne serait-ce que pour ne pas être tributaires d’entreprises étrangères. Ce domaine est aujourd’hui sinistré, les chercheurs sont partis à l’étranger ou font tout autre chose. L’arrêt de la recherche OGM est une catastrophe nationale. Le public ne s’en rend pas compte.

 

On vous a beaucoup reproché une accointance avec le monde de l’industrie. J’ai été pendant dix années administrateur d’EDF, représentant l’État, non rémunéré. Et j’ai conseillé un temps Bouygues Telecom, bénévolement. Je suis toujours président du conseil médical d’EDF. Il est fondamental que les industriels prennent en compte la science et les questions de santé que sous-tend leur activité ; que ne dirait-on pas s’ils ne le faisaient pas ? Il est rassurant qu’ils prennent l’avis de gens compétents et pas d’experts autoproclamés. Depuis plus de trente ans, l’espérance de vie a augmenté de trois mois par an. Un mois est dû aux médecins, deux mois à la prospérité économique. Aller aider dans leurs décisions des entreprises qui concourent deux fois plus que moi à l’espérance de vie, est-ce condamnable ?

 

Quelles solutions préconisez-vous ? Je plaide pour un système rationnel en quatre étapes : les experts doivent évaluer les risques, puis analyser les différents scénarios de gestion de risques, leurs coûts, leurs bénéfices, leurs effets indésirables. Cela est une affaire de professionnels.. Ensuite, il faut que le public s’exprime, la démocratie c’est ça. Enfin, la quatrième étape est le choix politique pris par les autorités légitimes. Il s’agit d’asseoir les décisions sur un corpus raisonnable d’analyses scientifiques et de tenir compte de tous les facteurs, y compris non scientifiques.

 

Propos recueillis par Sabine Carion

 

À lire

Politique de santé et Principe de précaution, Puf, 2011.

 

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Mais qui est ce professeur Aurengo ?

 

Publié le 19 juin 2008

 

Je ne résiste pas au plaisir de récidiver, ce jeudi 19 juin 2008, et de vous livrer un second petit papier. Vous devez être au courant : un groupe d’une vingtaine de scientifiques, dont des cancérologues, viennent d’épauler un appel de David Servan-Schreiber qui met en garde contre l’usage des téléphones portables (ici).

 

Fort bien ! Sauf que dautres scientifiques leur sont immédiatement tombés dessus, et de quelle manière admirable… L’Académie de médecine, et en particulier André Aurengo, (ici), ont aussitôt brâmé. Mais qui est Aurengo ?

 

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http://www.acro.eu.org/cp050506.html

Source : http://fabrice-nicolino.com/index..php/?p=313

 

 

 

 

 

video avec le Pr Aurengo " De Tchernobyl à Fukushima , les effets de la radioactivité "

23.5.2013

 

 

 

Pr André Aurengo :

"De Tchernobyl à Fukushima, les effets de la radioactivité" le 19 juin 2012 à l'AFIS ( Association Française pour l'Information Scientifique ) site de l'Afi : http://www.pseudo-sciences.org/

Cette vidéo a été mise en ligne le 29 avril 2013

http://www.youtube.com/watch?v=5L9rrD3t3FY&feature=youtu.be

 

 

ça vaut tout de même l'écoute pour écouter les mensonges, un certain cynisme se dégage et insiste lourdement sur les effets psychosociaux .... en distinguant et en faisant un nuance entre ceux de Tchernobyl et ceux de Fukushima. Il termine d'ailleurs sur l'impact psychologique de l'accident de Fukushima

 

 

Nota Bene :

 

1) extrait d'un article de Solange Fernex dans Vert Contact du 26 avril 2003 " Tchernobyl , c'est aujourd'hui " :

".... Le professeur André Aurengo , endocrinologue à la Salpétrière à Paris et médecin expert EDF , confiant au Parisien , au sujet de l'augmentation des malformations congénitales , qu'elles pourraient être dues à la "consanguinité", en 2002 , qu'il s'agissait d'une "imposture médiatique",

dirige également la commission chargée de faire la lumière sur Tchernobyl en France "...

 

 

2) Quant au rapport de Tchernobyl en France en 2006 : M. Aurengo l'a rédigé pratiquement tout seul avec l'aide d'un certain Pierre Pellerin : Des personnes telles que le Dr Denis Fauconnier , Jean-Charles Chatard (journaliste corse) ont quitté cette commission très tôt car bidon.

 

3) Le 26 mars 2006, a eu lieu un conférence à la cité la Villette , M. Aurengo ne s'est pas déplacé et a donc décliné l'invitation. cette conférence avait réuni : Vassili Nesternko, M. Okéanov, M. Lespin ( Biélorusses ) , Wladimir Tchertkoff, le film Le sacrifice avait été projeté .

M. Aurengo aurait décliné l'invitation en disant que le film de M. Tchertkoff était trop basé sur l'émotionnel .

 

 

 

 

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05 août 2019

Final de l'atomik tour à Dijon et Burelesque en Meuse

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Oui oui, on vous attend à partir de demain pour commencer par une projection de mise-en-bouche le soir, mais le plat de "résistance", c’est mercredi et jeudi : voir le programme ci-joint que l’on peaufinera ensemble. L’idée est de faire un bilan Atomik Tour, un état des lieux de la lutte et de cogiter avec enthousiasme à toutes ses perspectives qui s’offrent à nous dans les mois qui viennent

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Les légumes sont commandés et il y a encore de la place en hébergement en dur, mais vu qu’après, y a le festival le 9 août et que là c’est tente, autant prévoir vos tentes pour Dijon aussi :

https://burefestival.org/ 9-10-11 août 2019 à Hévilliers en Meuse

On compte sur vous, c’est trop bien les rencontres l’été ! ^^

A tout bientôt,

Quelques-un⋅es en lutte contre le dépotoir nucléaire et son monde

PS : à noter dans vos agendas, si ce n’est pas déjà fait :

https://bombesatomiques.noblogs.org/

https://ventdebure.com/

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15 juillet 2019

Récolte 2019

bleLivres

bleplateauA

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22 juin 2019

Bienvenue au salon de l’holocauste de la terre

Tout vient de la guerre, l’idéologie insensée de conquête infinie qui nous mène tout droit à l’holocauste de la terre.

Et rien ne bouge, surtout pas chez les politiciens; cela doit venir d’en bas.

 

avion_guerre

 image tirée de

https://www.revue-ballast.fr/daniel-tanuro-collapsologie-toutes-les-derives-ideologiques-sont-possibles/

 

 

http://www.desobeir.net/2019/06/22/action-de-perturbation-au-salon-aeronautique-du-bourget-50-militants-interpelles/

 

Communiqué - Le samedi 22 juin 2019, les Désobéissants ont organisé une journée de perturbation au salon de l’aéronautique du Bourget. Il s’agit d’une action non violente et pacifique de désobéissance civile.

Plusieurs actions, des die-in, se sont déroulées ce jour. Une trentaine de vérifications d’identité ont eu lieu sur place. 9 activistes ont été emmenés au commissariat de la Courneuve et 41 autres dans différents commissariats franciliens.

Vidéos de l’action : Lien 1 et Lien 2

Le salon aéronautique du Bourget sert de vitrine aux marchands d’armes du monde entier. D’après l’enquête Disclosedes marchands d’armes français présents au salon de l’aéronautique du Bourget sont impliqués dans la mort de nombreux civils au Yémen : Nexter (chars Leclerc et Canons Caesar), Thalès (Pods Damoclès), Airbus (Avions ravitailleurs A330MRTT, Hélicoptères Cougar) et Dassault (Mirage 2000-9). L’objectif de cette action est de dénoncer la responsabilité de la France dans la mort de civils au Yémen. Nous exigeons la fermeture de ce salon du business des marchands de mort au plus vite !Qui sommes-nous:Désobéir est un collectif qui : appuie les actions directes non-violentes de groupes et d’organisations progressistes chaque fois qu’une politique injuste, ou des pratiques irresponsables menacent le bien commun ; forme les militants et citoyens à l’action directe non-violente en organisant des stages de désobéissance civile ; tente de décloisonner les milieux militants en favorisant les solidarités et les convergences entre les différentes luttes et pratiques altermondialistes et informe sur l’actualité des luttes désobéissantes.Pour en savoir plus :

Les désobéissants, le siteAutres infos sur Facebook

Posté par crasputas à 23:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juin 2019

J’irai pisser du glyphosate sur vos tombes

letempsdescoquelicots

 Le temps des coquelicots...

Quelques remarques :

 

- dire chimie de synthèse...

Rappel :

plainte pour :"mise en danger de la vie d'autrui, tromperie aggravée et atteinte à l'environnement"

On s’attaque à « et son monde » Monsanto est un exemple de prévarication des Etats. Il faut un arrêt immédiat de la continuation de l’empoissonnement comme pour le nucléaire.

 

 

- En marchandisant tout ; l’eau l’air le vivant la terre et le feu, ils contaminent tout. l’eau l’air le vivant la terre et le feu.

(rappel de ce qi a été dit au procès colmar Nancy 27mars2019 )

 

(La maison est contaminée, s’asphyxie et brûle et chirac et ses amis regardent ailleurs… on s’achemine tout droit vers l’Holocauste de la Terre et pas un politicien français ne lèvera le petit doigt, personne d’autre que nous même ne le fera à notre place, ne peut nous représenter (faillite de la représentation et « et son monde ».)

 

- il n’y a pas de seuil en dessous duquel il n’y ai pas de problème de santé. (comme pour le nuc et CEM

 

- Ces molécules crées de toutes pièces (dépose de brevet tous les jours avec prévarication) ne s’intègrent pas du tout dans le processus du vivant. Ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire, dans les corps et finissent par tuer ou rendre malade même à faible dose. Et sur la durée.

(idem nucléaire Cf www.independantwho.org)

 

- bidouille des agences de santé idem nucléaire

 

- la population prend conscience qu’elle ne peut compter que sur elle même ; l’Ordre des médecins, l’académie des sciences , celle de médecine etc portent une énorme responsabilité dans ce désastre sanitaire.

 

- Grave problème de l’acceptabilité sociale (cf dépliant dépistage cancer) en plus sans remonter aux causes

 

- cf epidemiologie populaire

 

- on critique le fait que la référence est celle de la contamination en ng/ml dans l’eau potable mais on prend cette référence parce qu’il n’y a rien de prévu pour les urines et de toute façon, il n’y a pas de seuil en dessous desquels etc. c’est juste un indicateur.

 

 

- rq quelques exemple des personnes les plus agées les plus contaminées car s’accumule avec l’age ? Quelle partie rejeté et quelle partie reste dans le corps ?

 

- Quel Adsorbant comme la pectine pour le nucléaire  ?

 

 

- C’est un réel crime contre l’humanité comme le nuc ce n’est pas exagéré de dire cela. Depuis la bombe nucléaire (barbarie civilisée décrites par Mickael Loewy) et agent orange contre le génome, ce sont des crimes d’État imprescriptibles (livre de Wladimir Jankelevich)

 

- Cas vu dans le documentaire « Le temps des forêts » de François Xavier Drouet (2018) vu au Parnal le 19 mai 2019 ;

ONF non mais en minorité, la la majorité des privés traitent les forêts comme l’agriculture productiviste les champs avec des pesticides : engrais chimique (de synthèse...), desherbant, fongicide, insecticide… pour des raisons de Rendement… cela mérite de rappeler encore la bluff de la société de marché, ils ne compte que ce qui les avantage, pas ce qu’ils appellent les « externalités sociales et écologiques » qui elles sont à la chage du bien public… - sont au rendement, qq protéines mais vide en nutriment et ne comptent pas les dommages …. il faut leur montrer la facture de la santé, du pillage au sud au détriment de l’agriculture vivrière, le prix du transport, des exportations, du dumping etc le bluff de la société de marché etc

 

 

 

 

 

 

 

Quelques articles:

https://reporterre.net/Du-glyphosate-retrouve-dans-les-urines-de-30-personnes-cobayes

Du glyphosate retrouvé dans les urines de 30 personnes cobayes

6 avril 2017

https://reporterre.net/53-personnes-portent-plainte-en-raison-de-la-presence-de-glyphosate-dans-leur

53 personnes portent plainte en raison de la présence de glyphosate dans leur urin

15 octobre 2018

https://reporterre.net/Contamines-par-le-pesticide-les-pisseurs-de-glyphosate-portent-plainte

Contaminés par le pesticide, « les pisseurs de glyphosate » portent plainte

21 novembre 2018 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

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16.01.2019

Le tribunal administratif de Lyon vient d'annuler ce mardi 15 – 01 – 2018 l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, commercialisé par Monsanto. Il "a estimé que les études scientifiques et les expériences animales montraient que le Roundup Pro 360, préparation dont la toxicité est plus importante que celle du glyphosate, est un produit potentiellement cancérigène pour l’homme, suspecté d’être toxique pour la reproduction humaine et pour les organismes aquatiques". Ainsi, le tribunal administratif déduit que : "l'utilisation du Roundup Pro 360 porte une atteinte à l'environnement susceptible de nuire de manière grave à la santé humaine".

« La décision étant à effet immédiat, l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360 est annulée. En conséquence la vente, la distribution et l’utilisation du Roundup Pro 360 sont interdites à compter de ce jour ». En conséquence la vente, la distribution et l’utilisation du ROUNDUP PRO 360 sont interdites à compter de ce jour.

Mais de trop nombreuses expériences ont prouvé que l’armada juridique de Monsanto et ses concurrents(?) une fois interdits de porte sont capables d’entrer par la fenêtre. Ils ont subit un (petit) coup... il faut renforcer la pression et entre-autre poursuivre les actions citoyennes !



Et pour la Haute-Savoie
https://www.helloasso.com/associations/campagne-glyphosate-74

 

ai des pesticides dans mes urines ! ET TOI ? 

 

On pisse tous du glyphosate.


Une centaine de citoyen-ne-s à travers la France a pratiqué des analyses d’urines pour rechercher des traces de glyphosate, principal marqueur de notre ingestion quotidienne de pesticides. Le glyphosate est une molécule de synthèse créée par l’homme et impossible à trouver naturellement dans l’environnement.
100 % des analyses ont été positives, preuve de la présence des pesticides dans notre organisme.

 

Des groupes existent déjà dans certaines régions,  mettez vous en contact directement avec eux:

 

Les prélèvements d’urines pour celles et ceux qui veulent porter plainte

 

Ils nécessitent la présence d’huissiers qui doivent avoir une totale visibilité sur les analysé-e-s afin d’éviter les contestations de nos détracteurs (prévenir les gens qu’ils devront se présenter devant l’huissier en sous-vêtements ou maillot de bain).

 

La plainte

Pour bénéficier de la prise en charge par nos avocats, votre plainte devra être posée dans le cadre de la Campagne Glyphosate à travers les comités locaux indiqués  ici.      

Cette plainte est individuelle et identique pour tout le monde.

Elle est individuelle. Chaque personne porte plainte en son nom propre contre les personnes en responsabilité des firmes fabricant des pesticides à base de glyphosate et contre celles en responsabilité des organismes ayant contribué à leur mise sur le marché pendant les 3ème et 4ème trimestre 2017 et le 1er trimestre 2018. Elle est individuelle, mais portée collectivement.

Elle est identique car si l’on veut qu’elle soit jugée en un seul et même tribunal (Pôle Santé Publique du Tribunal de Grande Instance de Paris), elle doit être identique pour tout le monde. Ceci permet qu’elle soit jugée au même endroit et à moindre coût avec nos avocats, qui sont des experts très engagés en la matière.

 

EXTRAIT DE LA PLAINTE  

(…/…) En conséquence, je porte plainte contre :
Toute personne impliquée dans la distribution et la large diffusion dans
l’environnement de molécules probablement cancérigène de glyphosate.
Parmi ces personnes, nous souhaitons que vos services vérifient l’implication des
personnes suivantes :
– Les présidents et les membres des conseils d’administration de tous les
fabricants de pesticides contenant du glyphosate en charge au 3 ème et 4 ème
trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres de la commission européenne en charge au 3 ème et
4 ème trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres du comité d’appel de la Commission européenne
en charge au 4 ème trimestre 2017,
– Les présidents et les membres de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de
l'alimentation, de l'environnement et du travail en charge au 3 ème et 4 ème
trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des
risques en charge au 3 ème et 4 ème trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres de l’Autorité européenne de sécurité des aliments
en charge au 3 ème et 4 ème trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres de l’Agence européenne des produits chimiques
en charge au 3 ème et 4 ème trimestre 2017 et au 1 er trimestre 2018,
– Les présidents et les membres des Laboratoires qui auraient falsifié ou tronqué les
résultats de leurs analyses permettant ainsi la prolongation des mises sur le
marché des pesticides contenant du glyphosate,
POUR
– Mise en danger de la vie d’autrui,
– Tromperie aggravée,
– Atteintes à l’environnement (Destruction de la biodiversité, pollution des cours
d’eau, des nappes phréatiques, des sols …).
Le cas échéant, en réunion. (…/…)

 

>Combien ça coûte ?

 

Actuellement, le coût de l’analyse elle-même est de 85 euros. Si vous désirez porter plainte, il faut ajouter le coût d’envoi par la poste et les frais d’huissier. A titre indicatif, les premiers prélèvements ont coûté environ 135 euros par personne (85€ d’analyse et 50€ de frais de justice).

 

 

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https://www.sudouest.fr/2019/02/21/campagne-glyphosate-l-initiative-citoyenne-grandit-sept-deputes-font-tester-leurs-urines-5840496-706.php

21.02.2019

"Campagne glyphosate" : l’initiative citoyenne grandit, sept députés font tester leurs urines

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http://lepeuplebreton.bzh/2019/02/28/pisseurs-involontaires-glyphosate/

 

Résultats d’analyse pour les « pisseurs involontaires de glyphosate »

Gael BRIAND 28 février 2019

En Bretagne, la lutte contre les pesticides est engagée depuis longtemps déjà. Mais depuis quelques mois, les militants, au premier rang desquels les faucheurs volontaires d’OGM, s’organisent. Début février, une trentaine de « pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate » (PIG) se sont retrouvés à Pontivy pour effectuer des prélèvements d’urine en présence d’un huissier. Les premiers résultats viennent d’arriver…

 

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https://www.bastamag.net/glyphosate-climat-pisseurs-volontaires-plainte-pesticides

Des centaines de « pisseurs volontaires » partent en campagne contre l’empoisonnement au glyphosate

par Stéphane Ortega 24.5.2019

 

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épôt de plainte TGI Annecy 24 mai 2019

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/glyphosate/glyphosate-150-plaintes-deposees-au-tribunal-d-annecy-par-les-pisseurs-volontaires_3458491.html#xtor=RSS-3-%5Blestitres%5D

Glyphosate : 150 plaintes déposées au tribunal d'Annecy par les "pisseurs volontaires"

24.5.2019

Ces militants dénoncent la présence de glyphosate dans leur urine.

Près de 150 personnes ont porté plainte vendredi 24 mai pour "mise en danger de la vie d'autrui" au tribunal d'Annecy (Haute-Savoie), dénonçant la présence de glyphosate dans leur urine, rapporte France Bleu Pays de Savoie. Elles ont également porté plainte pour "tromperie aggravée" et "atteinte à l'environnement et à la biodiversité".  

Présence de glyphosate dans 100% des prélèvements

Ces "pisseurs volontaires" avaient organisé ces derniers mois des prélèvements d'urine et fait des analyses qui ont montré la présence de glyphosate dans 100% des cas. Ce dépôt de plainte "va obliger les pouvoirs publics à réagir", espère Michel Rupp, un membre de l'association Campagne Glyphosate 74 interrogé par France Bleu Pays de Savoie.

D'autres plaintes ont été déposées ailleurs en France. Elles doivent ensuite être regroupées et transmises au pôle santé du palais de justice de Paris. 

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video tv mont blanc

https://www.youtube.com/watch?v=omsoTFKcWoA

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https://www.facebook.com/glypho74/

https://www.mediapart.fr/journal/international/210519/monsanto-la-firme-qui-un-probleme-avec-la-verite?utm_content=buffera13d4&utm_medium=social&utm_source=Facebook_Page&utm_campaign=CM

Monsanto, la firme qui a un problème avec la vérité

Par Christophe Gueugneau 21 05.2019

Faux journalistes, faux scientifiques, fausses études, faux paysans… Depuis des années, le producteur de glyphosate et d’OGM Monsanto, racheté par Bayer, tente par tous les moyens d’influencer l’information qui le concerne.

 

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https://www.conspiracywatch.info/stephane-foucart-sur-le-glyphosate-nous-sommes-en-regime-de-controverse.html

 

Stéphane Foucart : « Sur le glyphosate, nous sommes en régime de controverse »

Par La Rédaction | 23 mai 2019

Le glyphosate, la substance chimique qui compose le Roundup, l’un des désherbants les plus utilisés au monde, est-il moins dangereux que « la charcuterie ou la viande rouge » comme l’affirmait récemment le sénateur Pierre Médevielle, co-rapporteur d’un rapport parlementaire sur l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences ? Tandis que Bayer, la firme qui a racheté la société Monsanto, vient d’être condamné à verser plus de 2 milliards de dollars à un couple d’Américains atteints de cancer et que France 2 et Le Monde ont révélé l’existence d’un fichage par Monsanto d’une centaine de personnalités et de journalistes en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM, le glyphosate n’en finit plus de défrayer la chronique. Journaliste et chroniqueur chargé des questions d’environnement au Monde, et auteur de Des marchés et des dieux (Grasset, 2018), Stéphane Foucart nous aide à y voir plus clair…

Conspiracy Watch : Le 7 janvier dernier, France 2 diffusait un dossier d’Envoyé spécial consacré entièrement aux dangers supposés du glyphosate et qui a suscité une intense foire d’empoigne numérique. Beaucoup – telle la journaliste Emmanuelle Ducros dans nos colonnes – ont reproché au magazine présenté par Elise Lucet de jouer sur les peurs et d’attiser le complotisme. Qu’en pensez-vous ?

Stéphane Foucart : Tout travail journalistique procède d’un certain nombre de choix qui peuvent être critiqués ou interrogés. Mais l’extraordinaire dénigrement dont ce numéro d’Envoyé spécial a été victime, notamment sur les réseaux sociaux, est à mon sens complètement injustifié. Un documentaire ou un article de presse n’est jamais, et n’a pas vocation à être, une revue systématique de la littérature savante. On peut bien sûr être en désaccord avec la place laissée à tel ou tel scientifique, au ton général du dossier, à certains de ses points aveugles, mais cela n’ôte rien aux révélations de cette série de reportages, ni à l’intérêt des sujets traités.

CW : Vous faites allusion à la partie du reportage consacrée au biologiste Gilles-Eric Séralini ?

S.F. : Cette partie d’Envoyé Spécial avait pour principale ambition de raconter comment Monsanto a œuvré en coulisses pour obtenir le retrait de cette étude de la revue Food and Chemical Toxicology. Or ces manœuvres sont indéniables. Elles peuvent être constatées par quiconque prend le temps de lire les Monsanto Papers. Avec ma collègue Stéphane Horel, nous avons donné notre propre lecture de cette histoire dans un article publié en octobre 2017. Mon confrère du Parisien Gaël Lombart a lui aussi publié des articles en ce sens et parvient aux mêmes conclusions. Ce n’est ni du complotisme, ni une manière de réhabiliter le travail de M. Séralini, dont la majeure part des scientifiques compétents sur le sujet considèrent qu’il n’est pas conclusif, pour une variété de raisons. J’ai été, à ma connaissance, parmi les premiers à avoir publiquement fait état de doutes sur la solidité de cette étude, le jour même de sa publication (Le Monde a publié un éditorial très clair sur le sujet deux jours plus tard). Pourtant, je n’ai aucun doute sur la réalité des manœuvres de Monsanto pour obtenir le retrait de cette étude — et ce, alors qu’aucune fraude n’a formellement été démontrée.

Ce qui me semble en revanche une totale nouveauté, c’est que c’est à mon sens la première fois qu’un magazine comme Envoyé spécial est critiqué dans son honnêteté et son intégrité au moyen d’une telle avalanche de contrevérités factuelles. Que n’a-t-on lu ! Le magazine aurait occulté le fait que le Sri Lanka a partiellement réautorisé le glyphosate, après l’avoir interdit en 2015 : c’est faux. Dans le procès du jardinier Dewayne Johnson contre Monsanto, le jury ne se serait pas exprimé sur la responsabilité de l’herbicide à base de glyphosate dans le lymphome du plaignant, mais seulement sur un défaut d’étiquetage du produit : c’est faux. Le plaignant se serait « baigné » dans le Roundup : c’est faux. Il n’existerait aucune étude épidémiologique suggérant des risques accrus de certains cancers pour les utilisateurs d’herbicides à base de glyphosate : c’est faux. Monsanto n’aurait pas été assignée dans l’affaire des malformations congénitales du petit Théo Grataloup : c’est faux. Et ainsi de suite. Personnellement, je n’ai jamais vu une situation dans laquelle les choix éditoriaux d’un magazine sont dénoncés avec autant de force, à l’aide de contrevérités factuelles aussi grossières.

Au final, sur les réseaux sociaux, les effets de meute et d’épouvantail ont très bien fonctionné, y compris chez quelques scientifiques qui trouvent très grave qu’un magazine télévisé laisse cinq minutes de parole à un chercheur controversé, mais qui ne s’indignent guère qu’une entreprise puisse cacher un rapport interne sur la génotoxicité d’un produit auquel 100% de la population est exposée, qu’elle recourt à des pratiques de ghostwriting, qu’elle rémunère secrètement l’éditeur d’une grande revue savante, etc.

CW : Mais en l’état actuel des connaissances scientifiques, peut-on affirmer que le glyphosate – dont on retrouve des traces dans de très nombreux aliments de consommation courante – est dangereux pour la santé ?

S.F. : Le glyphosate a été classé « cancérogène probable » en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’inventorier les agents cancérogènes. Les agences de sécurité sanitaire comme l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA), son homologue européenne (EFSA) ou encore l’Agence européenne des produits chimiques (EChA), sont en désaccord avec cette classification.

Cette controverse est désamorcée par un élément de langage très efficacement propagé par les relais de l’industrie : ce désaccord n’en serait pas vraiment un, puisque les agences sanitaires évaluent le risque (la probabilité de contracter un cancer, en situation réelle), tandis que le CIRC évalue le danger (la capacité intrinsèque de la substance à déclencher un cancer). Cela est faux et pour une raison simple : les agences comme l’EPA ou l’EFSA doivent bien évidemment identifier le danger (hazard) afin d’évaluer le risque (risk) ! Or elles considèrent que le glyphosate ne présente pas de danger cancérogène. Leur évaluation du risque repose donc sur la non-cancérogénicité du glyphosate.

Dans le résumé de son évaluation, l’EFSA précise ainsi : « le glyphosate est peu susceptible de présenter un danger cancérogène pour l’homme et les données disponibles ne justifient pas une classification en ce qui concerne son potentiel cancérogène (…) ». Quant à l’EChA, elle diverge également du CIRC sur l’identification du danger du glyphosate et précise : « La classification est uniquement fondée sur le danger présenté par les propriétés de la substance et (…) ne traite donc pas des risques d’exposition. »

Il est donc faux de considérer que la controverse se résume à une opposition risque/danger. Et pour cause : dans la réglementation européenne, un pesticide classé cancérogène avéré ou probable (niveaux 1A et 1B, dans la nomenclature de l’EChA) n’est pas autorisé à être mis sur le marché, à l’exception de situations très particulières (systèmes fermés, pas de contact avec les hommes, etc.). Le règlement européen en vigueur (point 3.6.3 de l’annexe II, p. 42) est très clair sur le sujet. En gros : si les agences suivaient le CIRC dans sa classification, le glyphosate ne pourrait tout simplement pas être réautorisé.

CW : Que signifie « cancérogène probable » au sens du CIRC ?

S.F. : Cela signifie que, selon le CIRC, on dispose d’éléments de preuve forts que cette substance peut initier des cancers sur les animaux de laboratoire et qu’un mode d’action susceptible d’expliquer cela a été identifié avec un haut niveau de confiance. Le mode d’action en question est la génotoxicité, c’est à dire la faculté à endommager l’ADN — ce qui peut induire la cancérogénèse.

Si le glyphosate n’est que cancérogène « probable » selon le CIRC, c’est que les éléments de preuve épidémiologiques sont « limités ». Cependant, tous les épidémiologistes savent qu’obtenir des preuves épidémiologiques fortes sur la cancérogénicité d’un pesticide est extrêmement complexe, non pour des raisons d’innocuité de ces substances, mais simplement pour des raisons expérimentales : suivi des cohortes très long ; les agriculteurs sont exposés à des dizaines de molécules phytosanitaires ; on ne peut pas prendre des populations urbaines comme « témoins » peu exposés à ces produits parce que les populations urbaines/rurales sont trop différentes ; etc. En clair, il n’existe à ma connaissance aujourd’hui qu’un seul pesticide classé « cancérogène avéré » par le CIRC, le lindane. Ce n’est pas nécessairement parce que les autres ne sont pas cancérogènes, mais parce qu’il est très difficile de le mettre en évidence de manière expérimentale.

CW : Comment expliquer que les agences sanitaires comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ou l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ne s’alignent pas sur les conclusions du CIRC ?

S.F. : Pour les agences réglementaires européennes, américaines, etc., le glyphosate n’est pas cancérogène. Chose bien plus étonnante : il n’est même pas génotoxique. Nous sommes donc en quelque sorte en régime de controverse. Un élément d’explication majeur à ce dissensus provient en partie des sources scientifiques utilisées par le CIRC d’une part et par les agences réglementaires de l’autre. Le CIRC fonde son avis uniquement sur les données publiées (généralement publiées dans la littérature scientifique après révision par les pairs, ou rendues publiques par des agences de sécurité sanitaire) alors que les agences fondent l’essentiel de leurs avis sur des études réglementaires, c’est à dire des études confidentielles, conduites par des laboratoires privés payés par les industriels eux-mêmes. Or il a été montré qu’il existe une corrélation directe entre la source de financement d’une étude et son résultat. Cela  s’appelle le « funding effect » (biais de financement). Ainsi, les études sponsorisées ont  plus de chances de déboucher sur des conclusions favorables au financeur par rapport à celles réalisées grâce à des fonds provenant de sources non commerciales. Ce fait est documenté par un grand nombre de travaux publiés dans la littérature savante.

Une étude récente a fait le point sur cette divergence : le résultat saillant est qu’environ 70% de la littérature scientifique sur le sujet indique que le glyphosate est génotoxique, et qu’environ 99% des tests réglementaires des industriels indiquent qu’il ne l’est pas. A noter que ce travail a été réalisé par un chercheur en conflit d’intérêts (il est expert-témoin pour les plaignants dans l’un des procès contre Bayer/Monsanto outre-Atlantique), mais la revue qui l’a publié en a tenu compte et a mis en place une procédure d’expertise inédite préalable à la publication : dix experts (reviewers) anonymes ont été mandatés par les éditeurs de la revue, au lieu des trois habituels, pour s’assurer de la rigueur de l’article.

Or, l’identification de la génotoxicité de la molécule est cardinale : elle peut conduire les experts à interpréter de manière différente les résultats des études menées sur l’animal. De telles différences de résultats sont intenables. La question simple à se poser est ici à mon sens : « Que préférez-vous croire ? Des études publiées après revue par les pairs dans la littérature scientifique et généralement conduite par des chercheurs du monde académique ? Ou des études réglementaires confidentielles, réalisées et/ou financées par les industriels, qu’aucun scientifique indépendant n’a eu le loisir de contrôler ? »

CW : Mais les études réglementaires sont encadrées. Doit-on partir du principe que, parce qu’elles sont financées par les industriels, elles sont par définition truquées et que les agences sanitaires sont par conséquent les complices de ce système ? N’est-ce pas cette suspicion qui flatte une forme de complotisme ?

S.F. : A mon sens, il ne faut pas considérer qu’une étude doive nécessairement être « truquée » pour ne pas trouver d’effets délétères. Il y a bien d’autres façons de ne pas trouver d’effets. Les études réglementaires obéissent à un cadre défini (dimensionnement, voie d’exposition, produit réellement testé, etc.) qui n’appartient pas nécessairement au domaine de la science, mais est parfois négocié. Par exemple : c’est le glyphosate pur qui est testé par les industriels pour ses propriétés cancérogènes et non les produits formulés qui contiennent  aussi des co-formulants chargés de permettre au glyphosate de pénétrer dans les tissus. La réglementation n’exige donc de tester que le principe actif qui, seul, n’est jamais utilisé par les gens… et pas les produits, plus efficaces, auxquels ils sont réellement exposés. Ce n’est assurément pas un choix « scientifique » ! Des historiens et sociologues des sciences comme Nathalie Jas (INRA), David Demortain (INRA) ou encore Henri Boullier (Cermes3) ont très bien mis en évidence toutes les failles de l’évaluation réglementaire des toxiques.

De fait, les exemples sont innombrables dans lesquels des études académiques trouvent des effets tandis que les études réglementaires n’en voient aucun. Cela a été montré récemment dans le cas du chlorpyriphos (un pesticide organophosphoré), des insecticides néonicotinoïdes, ou du bisphénol A (BPA). Dans ce cas précis, on voit que parmi les études disponibles à la fin 2004, aucun test réglementaire industriel ne trouvait aucun effet, tandis que 90% des études académiques publiées parvenaient à en mettre en évidence. Et ce sont elles qui avaient vu juste : en 2017, après vingt ans de controverses, le BPA a fini par être classé par l’EChA « substance extrêmement préoccupante » en raison de ses propriétés de perturbateur endocrinien…

Historiquement, toutes les grandes familles de pesticides ont été autorisées grâce à des tests réglementaires, puis invariablement retirées du marché grâce à des études académiques. Ce qui se produit ces derniers temps avec le glyphosate est donc, en réalité, une norme !

CW : Pourtant, le CIRC semble isolé sur le sujet du glyphosate…

S.F. : Cet isolement apparent provient simplement du fait qu’une machine de propagande extrêmement puissante s’est mise en branle. Lorsqu’on regarde la littérature scientifique, il y a au contraire bien des chercheurs du monde académique qui prennent fait et cause pour le CIRC, et manifestent une certaine méfiance vis-à-vis des agences. Une centaine de toxicologues, de biologistes et d’épidémiologistes (dont plusieurs grands noms de leurs disciplines) ont résumé dans un papier publié dans la littérature scientifique ce qu’ils estiment être une série de manquements et de mauvaises pratiques de l’EFSA sur la question ; une demi-douzaine d’épidémiologistes et spécialistes de santé publique (dont Neil Pearce, professeur à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, l’un des épidémiologistes parmi les plus cités de sa génération) demandent carrément le retrait de l’avis de l’EPA néo-zélandaise sur le glyphosate et son remplacement par l’avis du CIRC ; treize chercheurs essentiellement américains ont aussi exprimé, toujours dans la littérature savante, leur inquiétude sur l’usage grandissant du glyphosate dans un Consensus Statement publié en 2016… On sait en outre que des chercheurs académiques conviés par l’EPA à assister l’agence dans son évaluation du glyphosate, ont claqué la porte suite à ce qu’ils ont considéré comme des entorses de l’agence à ses propres pratiques standards. Le Monde a aussi révélé en 2017 des dissensions internes à l’EPA, dont l’un des départements (l’Office of Research and Development, ORD) a publié une note interne donnant une opinion sur le glyphosate analogue à celle du CIRC.

Au reste, depuis la publication de l’avis du CIRC en 2015, toutes les méta-analyses ou études poolées (fruit des données de plusieurs cohortes d’agriculteurs) cherchant une association entre glyphosate et lymphomes non-hodgkiniens ont mis en évidence des liens. La première, pourtant financée par Monsanto, suggère un risque accru de 30% pour les lymphomes non hodgkiniens (LNH) et de 40% pour le myélome multiple (deux types de cancer du sang), chez les utilisateurs, par rapport aux non-utilisateurs. La deuxième indique un risque accru de 41% des LNH chez les professionnels les plus fortement exposés, par rapport aux non-utilisateurs. La troisième analyse le suivi de plus de 310 000 agriculteurs norvégiens, français et américains, suggère une augmentation de 36% du risque de contracter le LNH le plus courant (le lymphome diffus à grandes cellules B) pour les utilisateurs de glyphosate, par rapport à ceux qui s’en passent. Ce type d’étude, rassemblant les données de plusieurs cohortes, forment le plus haut niveau de preuve en épidémiologie puisqu’il évite les biais propres à chacune d’elle — prises une à une, certaines trouvent en effet des risques, d’autres non.

Les augmentations de risque mises en évidence sont certes modestes, qui plus est sur des cancers relativement rares. Mais le seul fait de parvenir à détecter un signal épidémiologique est en soi significatif, surtout pour un produit qui est énormément utilisé et auquel toute la population est exposée. Comme le dit l’épidémiologiste américain David Ozonoff : « Une bonne définition pratique de la catastrophe pourrait être : un phénomène d’une ampleur si considérable que même une étude épidémiologique pourrait le détecter. »

En outre, les enquêtes que nous avons menées avec ma consœur Stéphane Horel (notamment à partir des Monsanto Papers) montrent que le processus suivi par les agences est critiquable à de nombreux égards : grande proximité entre Monsanto et le responsable de l’évaluation des pesticides de l’agence américaine, ré-analyse de données toxicologiques par des scientifiques stipendiés par Monsanto dans le seul but de défendre le produit, plagiats du dossier d’homologation dans le rapport d’expertise préliminaire européen, etc. Rien de ce que nous avons écrit n’a été contesté ; nos enquêtes ont conduit à la création d’une commission d’enquête parlementaire européenne (Commission « PEST ») sur les méthodes d’homologation des pesticides en Europe.

CW : La présence de résidus de glyphosate dans des produits de consommation courante pose-t-elle aujourd’hui un problème sanitaire ?

S.F. : Je n’ai pas de réponse à cette question. L’approche consensuelle et conventionnelle veut qu’un cancérogène dont le mode d’action est la génotoxicité — ce dont le glyphosate est suspecté par le CIRC — est réputé agir « sans seuil ». Si le CIRC a raison, on s’attend donc à ce que l’exposition d’une grande population à de petites doses de glyphosate induise un certain nombre de cancers. Combien ? Sans doute peu, mais nul ne peut le dire avec certitude. Pour les agriculteurs et les riverains d’exploitation, c’est une autre histoire…

Aucune étude épidémiologique prospective ou rétrospective n’a jamais été conduite pour tenter de répondre à ce genre de question. Quant à l’argument « nous avons 40 ans de recul sur le glyphosate et un problème important aurait été remarqué depuis ce temps », il est à mon sens trompeur pour deux raisons. La première est que, sans étude disponible susceptible de trouver des effets, ces effets peuvent demeurer sous le radar épidémiologique pendant très longtemps (un bon exemple est celui du plomb, qui s’est révélé l’an dernier être responsable de 18% de la mortalité américaine, dès lors où des chercheurs ont cherché ses effets à faible dose sur une grande cohorte). La seconde raison est que nous n’avons pas de recul sur l’utilisation actuelle du glyphosate. En quarante ans, son utilisation dans le monde a été multipliée par 40 environ et l’exposition humaine a vraisemblablement été fortement augmentée depuis moins d’une décennie ou deux. Je dis vraisemblablement car il n’existe étrangement que peu de données sur l’exposition interne réelle des populations à ce produit et son évolution au cours du temps.

CW : La question est aussi de savoir par quoi on remplacerait le glyphosate si on venait à en interdire l’utilisation. Est-ce que le risque n’est pas, ensuite, d’avoir recours à des herbicides plus toxiques encore ?

S.F. : Ce risque existe certainement. Et, autant qu’on le sache aujourd’hui, le glyphosate est sans doute plus sûr que les autres herbicides actuellement disponibles — je dis cela avec grande précaution car d’autres effets, notamment rénaux, sont aussi suspectés. L’enjeu n’est cependant pas technique mais politique : il s’agit de savoir quelle agriculture on veut.

CW : Si la France interdit l’usage du glyphosate d’ici 2021, les agriculteurs français pourront-ils s’y retrouver économiquement ?

S.F. : Je l’ignore. Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte et je ne suis pas sûr qu’il existe une réponse simple et univoque à cette question.

 

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http://www.lemessager.fr/a-la-une-le-messager/annecy-l-association-campagne-glyphosate-74-porte-plainte-ia914b0n218389#

Annecy: l’association Campagne Glyphosate 74 porte plainte

Publié le 24/05/2019

Florian Pottiez

Deux mois après la série de tests urinaires effectués sur 168 Haut-Savoyards et surtout au vu des résultats alarmistes, l’association Campagne Glyphosate 74 a décidé de porter plainte auprès du Parquet, vendredi 24 mai.

 

2019

 

 

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28 mai 2019

Festival Grains d'Isère 2019: La terre est révolutionnaire

Pourquoi la terre est rouge

Construire avec le peuple – Tentative vernaculaire

La terre a besoin de médiaterre,  elle est révolutionnaire

Car elle est gratuite, partout sous nos pieds, il n’y a qu’à gratter. Et elle nécessite pour l’ensemble de ses constructions, de  ses créations,  la solidarité, l’entraide,  le sens dont le sens du beau, bref tout le contraire de l’idéologie dominante.

HassanFathy

Hassan Fathy est grand

Le Festival Grains d’Isère a lieu chaque année aux Grands Ateliers à VilleFontaine près de Lyon. http://www.lesgrandsateliers.fr/

« Construire avec le peuple » est le titre du livre de l’architecte égyptien Hassan Fathy et c’est un monument pour tous les constructeurs en terre et les amoureux de la terre.
Ce festival est une  « tentative vernaculaire »  car  la terre a besoin de « médiaterre »,  car on fait oublier « en haut lieu » que la terre est révolutionnaire;
Elle est révolutionnaire car elle est gratuite, elle est partout sous nos pieds, disponible,  il n’y a qu’à gratter. Et elle nécessite pour l’ensemble de ses constructions, de  ses créations,  la solidarité, l’entraide,  le sens,  dont le sens du beau, bref tout le contraire de l’idéologie dominante.

Jean Dethier : « La terre crue, c’est le matériau anticapitaliste par excellence. On ne peut pas la vendre puisqu’elle est là sous vos pieds, dans votre lopin. Elle n’intéresse aucune banque (…) ni aucun groupe industriel puisqu’elle ne peut être source de profit » [Michel Bosquet/André Gorz, « Demain la terre », Le nouvel observateur, 14 novembre 1981.]. (extrait de http://www.bastamag.net/L-habitat-en-terre-une-voie-alternative-de-construction-bloquee-par-les-lobbys

La terre est aussi révolutionnaire et créatrice dans sa partie habitat, architecturale  que dans sa partie nourricière et autres besoins vitaux, d’usages ; les paysans meurent aussi par milliers à cause de cet accès naturel et ancestral d’émancipation et  d’autonomie écrasé ou diminué par le règne de l’argent roi et son bras armé la technoscience . La gratuité des semences, ou le fait qu’un autochtone puisse se nourrir, vêtir construire etc  lui même en quasi autonomie, qu’il vive et travaille la plupart du temps en collectif , qu’ils s’entraident etc, c’est complètement inadmissible pour l’idéologie dominante.   

Festival Grains d’Isère 2017

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Festival Grains d’Isère 2016

http://craterre.org/diffusion:festival-grains-d-isere/

https://terralyon2016dotcom.files.wordpress.com/2016/02/programme_gdi2016.pdf

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Festival Grains d’Isère 2015

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Festival Grains d’Isère 2007

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Festival Grains d’Isère 2006

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Murs de Pont d’Ain

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Murs chauffant et enduit terre Akterre

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 renseignement sur:

www.craterre.org

www.lesgrandsateliers.fr

Quelques grands noms :  

Patrice Doat www.craterre.org

Joseph Colzani Centre de terre Lavallette http://www.centredeterre.fr/ http://archecologie.free.fr/

Andreas Krewet http://www.akterre.com/presentation.php

Nicolas Meunier http://www.construction-pise.fr/fr/construction.php

Tom Rijven http://www.habitatvegetal.com/fr/tom-rijven

 

des centres de formations

Le Gabion http://gabionorg.free.fr/

Cantercel http://www.cantercel.com/

CR3E http://www.cr3e.com/sommaire.htm

 

et autres ocres et pigments sont tous dans l’annuaire.

Plus si affinité: des zomes par Jean Soum l’archilibre http://archilibre.org/  http://alphazomes.org/

Partout dans le monde depuis que l’homme existe:

« Comment pouvons-nous aller de l’architecte-constructeur de système vers le système architecte auto-constructeur ? Un homme ne peut pas construire une maison, mais dix hommes peuvent construire dix maisons très facilement, même une centaine de maisons. Nous devons soumettre la technologie et la science à l’économie des pauvres et des sans argent. Nous devons ajouter le facteur esthétique. »( Hassan Fathy, Discours d’acceptation du prix Nobel alternatif, le 9 décembre 1982)

https://www.bede-asso.org/collaborations-par-theme/systemes-semenciers-autonomes/

http://www.atelier-alp.bzh/actualites/construire-des-murs-en-terre-la-technique-de-la-bauge-coffree/

http://www.6climats6habitats.com/egypte.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFt-ben-Haddou#/media/File:A%C3%AFt_Benhaddou1_(js).jpg

http://jerome-rattat.fr/page_Telouet.htm

http://gabionorg.free.fr/DOCS/formation%20eco%20construction.pdf

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https://www.youtube.com/watch?v=6MugEgXpzXk

https://nature-construction.com/actualite/rencontre-jean-pierre-oliva/

Rencontre avec Jean-Pierre OLIVA… Du haut niveau
Posté par Nicolas
le 2 novembre 2010

Nous vous l’annoncions en actu-express il y a quelques jours, nous sommes allés à une conférence de Jean-Pierre OLIVA (si vous ne connaissez pas, plus d’informations ici). En plus d’être extrêmement compétent (isolation écologique, bioclimatisme, construction et rénovation écologique), il s’avère qu’il est d’une simplicité et d’une gentillesse confondante. Très accessible, nous avons pu passer une partie de la soirée à converser autour d’une biere… Voici un petit rapport pour vous ;) .

La conférence

Elle portait sur un sujet de taille : les enjeux de l’efficacité énergétique en ces temps de raréfaction de ressources… Bien que limité par le temps, Jean-Pierre a présenté à une salle archi-comble de la théorie, de la pratique, des exemples de bon sens et… du non-sens aussi. L’homme est très engagé, et pas mal de gens en ont pris pour leur grade, à juste titre. J’ai par exemple appris que l’AEE (Agence pour les Economies d’Energies) était une structure très active dans les années 70, positionnant ainsi la France parmi les leaders européens dans ce domaine (avec l’Autriche). Comment? En prenant en compte une bonne part de bon sens que nous avons oublié. Par exemple, le droit d’ombrage était pris en compte dans ce qui était l’équivalent du PLU de l’époque. Ou encore des préconisations fortes d’isolation différentes selon les régions & environnements différents.

« Chouette« , je me dis, « mais c’est devenu quoi?« . Jean-Pierre y répond dans la foulée : alors qu’il était ministre de l’Industrie du gouvernement Chirac II en 1986, Alain Madelin dissout purement et simplement cette agence, dont une pâle copie sera intégrée dans l’ADEME, lors de sa création en 1990. La raison en est simple, selon Jean-Pierre Oliva, et terriblement logique : pour faire tenir ses promesses au pari du tout-électrique par le nucléaire suite aux chocs pétroliers, il faut généraliser et standardiser le triptyque incontournable : parpaing/laine de verre/plaque de plâtre… Et radiateur électrique. Ca vous rappelle quelque chose, peut-être votre appartement ou votre maison? Exit le bioclimatisme, les études d’ombrages, les préconisations d’isolation adaptées. On industrialise, c’est plus rentable (pour certains).

Autre gros problème de taille selon lui, encore une fois implacable : la scission qui existe entre les architectes et les ingénieurs et bureaux d’études. Là où leur travail devrait être effectué en bonne intelligence, on arrive aujourd’hui à un schéma bipolaire : l’architecte réalise la partie « créative » et les bureaux d’études la rendent possible. Il n’y a qu’à voir le peu d’heures de cours accordées à l’efficacité énergétique, au bio-climatisme, ou à l’isolation en école d’architecture. Les choses changent, mais trop peu rapidement et trop timidement.

Le parallèle avec l’Autriche est parlant. A peu près au même point que nous sur ces questions dans les années 80, une politique gouvernementale moins court-termiste a continué la volonté d’arriver à des bâtiments sains, peu coûteux et performants. Le résultat? Une collaboration sur la norme passive, très répandue , des idées et process originaux (le pisé industriel par tronçon, qui a permis de construire plusieurs bâtiments tertiaires, à plusieurs étages comme une école et un hôpital avec 0 béton)… Tout ceci met l’Autriche à la pointe du bâtiment « parfait » en Europe. Pointe qu’elle devrait partager avec la France… si nous n’avions pas fait machine arrière.

Enfin, autre point qui mérite d’être soulevé : l’hypocrisie autour de la main-mise des architectes des bâtiments de France sur les formes et enveloppes « traditionnelles ».

http://cdurable.info/Architecture-Ecologique-du-Vorarlberg-maison-passive%2C1823.html

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http://chlorofill.fr/deces-de-j-pierre-oliva-une-page-de-la-construction-ecologique-se-tourne/

Posted on 9 mars 2014

Qui n’a pas lu « L’isolation écologique » ou « La conception bioclimatique« , livres devenus des références de l’éco-construction, publiés aux Editions Terre Vivante ?
Jean-Pierre Oliva était un pionnier de la construction écologique. Il savait transmettre son savoir et sa passion lors de conférences et de formations, en particulier au Centre d’écologie pratique Terre Vivante à Mens (38, Sud de Grenoble) où il participa à la réalisation d’un centre d’exposition permanent sur les techniques constructives et les isolants naturels.
Nous resterons très influencés par ses notions d’habitat bio-climatique (relié au temps et à l’espace) et par son histoire de l’habitat, en particulier la distinction qu’il faisait entre l’habitat traditionnel et l’habitat dit conventionnel.
Les ouvrages cités sont disponibles au catalogue de la bibliothèque Chloro’Fill.

Décembre 2018

 

Kerterre : ces « maisons de hobbit »

18 décembre 2018
Parmi les habitats alternatifs qui ont connu un succès grandissant ces dernières années, on retrouve les « Kerterres », de petits dômes aux formes poétiques qui sont un appel à vivre au plus proche de la nature tout en respectant l’environnement. Dans son prochain reportage, Pour moi & plus que moi, Nikita Gouëzel, un jeune réalisateur français, nous invite à découvrir ces constructions originales ainsi que les motivations de ceux qui les ont adoptées pour y vivre.

L’imagination des acteurs du changement ainsi que leur engagement n’a pas de limite lorsqu’il s’agit d’inventer, de développer et d’expérimenter des alternatives durables et surtout singulières. Le réalisateur Nikita Gouëzel est parti à la rencontre de ceux qui ont fait le choix de vivre autrement, dans des « Kerterre ». Auprès d’Evelyne Adam, qui donnait naissance à la première Kerterre il y a 20 ans, mais aussi d’architectes reconnus, comme Luc Schuiten, il propose de mettre en lumière « la philosophie de vie autour de cet habitat ». Car cette architecture minimaliste est indissociable d’un certain état d’esprit.

suite sur https://mrmondialisation.org/kerterre-ces-maisons-de-hobbit-ecologiques-et-a-prix-abordable/

 Mai 2019

Voici le programme du Festival  Grains d’Isère 2019

https://craterre.hypotheses.org/files/2019/04/2019_Programme_GDI.pdf

sur

http://www.craterre.org/actualites:festival-grains-d-isere-2019-programme/

 

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16 mai 2019

Nous voulons des coquelicots

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/


Nous voulons des coquelicots
Appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.

 

2010



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11 mai 2019

Juste à côté du peintre grec; le bouc émissaire

RANAZBOUC Actua

valeursantisemite

Mai 2019

https://agitationautonome.com/2019/04/10/comment-les-intox-sur-rothschild-alimentent-lantisemitisme/

 

Comment les intox sur Rothschild alimentent l’antisémitisme

Augustebianchi 10.4.2019

 

Depuis plusieurs semaines nous avons vu le nom de la famille Rothschild sur des pancartes lors de manifestations de Gilets Jaunes. Étant donné tous les agios qu’il nous prennent, il est évident que nous n’aimons pas vraiment les banquiers, mais nous ne souhaitons pas instrumentaliser la haine de la finance à des fins racistes. Historiquement la figure du banquier juif a souvent été utilisée par le discours anticapitaliste du XIXe siècle, et charrie avec elle de nombreux symboles antisémites. Dans le cas de la famille Rothschild, de quoi parle-t-on ?

La famille Rothschild est un grand nom de la bourgeoisie d’affaire juive. Originaire du Sainte Empire (l’Allemagne actuelle), la famille se divise en cinq branches (allemande, anglaise, française, autrichienne et italienne) au début du XIXe siècle. Plus conservatrice que la branche anglaise, la famille française ne s’implique que peu dans les affaires politiques, elle est très rapidement remarquée du fait de son ascension sociale fulgurante et d’une politique paternaliste qui l’amène à faire du mécénat et à investir dans des œuvres caritatives. Tout au long du XIXe siècle, la branche française devient un grand nom de la haute-banque parisienne et du développement industriel (notamment dans les chemins de fer).

Aujourd’hui la famille ne pèse plus beaucoup dans les grandes richesses internationales : la plupart des branches s’étant éteintes (le plus souvent du fait des politiques d’extermination nazies et fascistes), il ne reste plus que les Rothschild français et anglais. En France, si l’institution Rothschild reste assez puissante, elle a perdu de son importance depuis le XIXe siècle : parmi les plus riches de ce monde, on ne retrouve que Benjamin Rothschild à la 1250e place et à la 21e place française en cumulant la richesse de toute la branche française (finalement loin derrière les grandes familles industrielles : Arnault, Dassault, Mulliez, etc.). S’il ne s’agit pas de défendre la place d’une famille bourgeoise qui a longtemps tenu des positions réactionnaires, nous essayons par l’analyse des trois intox suivantes de voir comment la mythologie qui entoure la famille Rothschild mobilise plusieurs formes d’antisémitisme.

 

Fake news n°1 : « Rothschild a financé Hitler»

Le 9 janvier, à l’initiative de fascistes lyonnais tentant de récupérer le mouvement des gilets jaunes, un groupe d’une trentaine de personnes est allé bloquer la banque Rothschild avec comme slogan : « La banque Rothschild finançait Hitler, aujourd’hui c’est Macron ». Bien que l’action ne semble pas avoir eu beaucoup d’ampleur, elle a été relayée avec enthousiasme par beaucoup d’individus venus d’horizons très différents, tant ce mythe reste tenace. Si aucune banque Rothschild n’a financé Hitler, d’autres institutions financières comme JP Morgan ont bien financé le parti fasciste italien et le parti nazi allemand. Il s’agissait pour la banque américaine de s’assurer des remboursements des dettes de guerre datant de la 1ère Guerre Mondiale, mais ces motivations peuvent aussi s’expliquer pour des raisons idéologiques. En effet, l’anticommunisme et surtout l’antisémitisme1 ont poussé de nombreuses élites industrielles et financières à soutenir des organisations fascistes dans un contexte où le mouvement ouvrier des années 1920-30 commençait à menacer les intérêts du capital.

L’antisémitisme a en effet joué un rôle prépondérant dans la concentration d’une partie du capital financier et industriel occidental. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, la banque JP Morgan était à la tête d’un très large conglomérat regroupant les familles WASP (Blancs anglo-saxons et protestants) des USA et du Royaume-Uni, mais aussi de vieilles familles d’aristocrates français qui ne cachaient pas leur antisémitisme. Mêlée à de nombreux scandales dont le soutien discret au régime nazi, la banque JP Morgan s’est illustrée par son refus de restituer les biens juifs spoliés sous le régime de Vichy. Aussi, lors de la création de l’État d’Israël en 1948, la banque participa au boycott arabe et profita au passage de la manne des pétrodollars. Si, depuis les années 1960, le racisme dans les institutions financières semble se résorber, on note toutefois une rivalité persistante entre « banques protestantes » et « banques juives ». Durant le krach de 2008, la banque JP Morgan a en effet joué un rôle dans la faillite de la banque Lehman Brothers.

 

Fake news n°2 : « Les Rothschild possèdent des banques centrales » :

Une autre intox qui a beaucoup circulé a été mobilisée par la banque BNP Paribas dans un récent article3, depuis retiré. Selon elle, les Rothschild posséderaient l’intégralité des banques centrales des États, à l’exception de 9 qui auraient pour caractéristique commune d’être opposées aux États-Unis (des pays comme Cuba, la Corée du Nord, le Soudan ou l’Afghanistan par exemple).

 

Il faut d’abord comprendre que les banques centrales sont des institutions publiques chargées de contrôler la monnaie. Elles peuvent parfois prêter à des banques privées, mais ça ne concerne pas l’essentiel de leurs activités. Les « banques Rothschild », à savoir les groupes Rothschild & Co issus de la banque Paris-Orléans où a travaillé Macron, ainsi que le groupe Edmond de Rothschild, sont deux banques commerciales (bien distinctes) dont les activités vont de la gestion financière aux fusions-acquisitions. Elles ne peuvent donc posséder de banques centrales. Par exemple en France, la Banque de France est sous la tutelle du Premier Ministre qui nomme son gouverneur. Aux États-Unis, la FED est sous le contrôle à la fois du Gouvernement et du Congrès, mais aussi de 12 banques fédérales régionales.

Enfin, la « puissance » des banques Rothschild est largement surestimée : les deux groupes précédemment cités sont présents respectivement dans 44 et 14 pays, pour un nombre d’employé.e.s (estimés à environ 2 000 travailleur.euses) largement en deçà d’une banque comme la BNP ou JPMorgan (environ 200 000 chacune) ; en termes de bénéfices on retrouve à peu près les mêmes proportions (100 millions de dollars annuels contre 24 milliards pour JPM).

Fake news n°3 : La « loi Pompidou-Rothschild » ?

La dernière intox repose sur une mécompréhension d’une loi de 1973 sur la banque de France, soi-disant responsable de la dette publique du pays. A l’origine circonscrite à l’extrême-droite, cette rumeur gagne en popularité à partir de la crise de 2008 et est désormais relayée par la gauche et même la gauche radicale. En plein débat sur les dettes publiques, cette rumeur considère qu’avant 1973 l’État français pouvait emprunter à taux d’intérêt nul auprès de la Banque de France, alors qu’avec cette nouvelle loi il serait obligé d’emprunter à des banques privées (dont la banque Rothschild). Plusieurs points sont ici à préciser :

  • D’un point de vue formel, cette loi n’opère pas de grands changements mais ne fait que reformuler le statut de la Banque de France en vigueur depuis 1936. En réalité la Banque de France pouvait, avant et après 1973, financer l’État selon des conventions et des plafonds régulés par le Parlement ou d’autres institutions publiques (telles que la Caisse des Dépôts).

  • L’État a toujours dû emprunter sur les marchés : qu’il s’agisse de particuliers (l’exemple le plus connu concerne les emprunts de guerre), d’institution publiques ou de banques privées. Pour chacun de ces acteurs les taux doivent être suffisamment intéressants pour que ses débiteurs y trouvent également un avantage. Il s’agissait avant tout de mesures visant à lutter contre l’inflation.

D’une manière générale, on considère que la libéralisation de la politique monétaire ne parvient pas à s’imposer en France dans les années 1970, mais bien plutôt à partir du tournant de la rigueur opéré par Mitterrand en 1983, puis en 1993 suite au traité de Maastricht qui abroge cette fameuse loi de 1973. En revanche, ce qui change avec les années 70, c’est l’entrée de la France dans la crise, et donc la nécessité pour les capitalistes de restructurer le modèle économique du pays. S’ensuivent un certain nombre d’attaques contre le compromis social régnant jusque-là : baisse des salaires (directs et indirects), baisse de la fiscalité des entreprises pour compenser la faible rentabilité des capitaux, et donc dans l’ensemble moins de rentrées d’argent pour l’État.


  1. Le marxisme est associé au judaïsme du fait qu’une grosse partie de ses penseurs (Marx, Luxembourg, etc) sont d’origine juive.

  2. Boycott des produits israéliens en 1946 initié par la ligue arabe.

  3. Rédigé dans le journal de BNP Paribas par Webedia en février 2017 (selon eux, Le monde datant l’article à février 2019).

 

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https://lundi.am/Rothschild-Soros-et-le-mythe-du-complot-juif-Harz-Labour

 

Rothschild, Soros, et le mythe du complot juif – Harz-Labour

« Nous n’avons quant à nous rien à défendre à part la fin de l’économie. »

paru dans lundimatin#190, le 6 mai 2019

 

Après avoir accusé les Gilets jaunes de tous les maux, le gouvernement a décidé d’utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour stigmatiser le mouvement. Cette instrumentalisation n’est pas nouvelle. Elle a généralement cours contre les habitants des banlieues, contre les militants pro-palestiniens, contre les noirs, les arabes, les musulmans… C’est ainsi que dans un pays dont l’État a, dans un passé pas si ancien, persécuté la minorité juive jusqu’au génocide, les éditorialistes et hommes politiques peuvent régulièrement, et sans honte, accuser les seuls membres des classes populaires d’être antisémites.

[Cet article a été initialement publié dans le 24e numéro du journal Harz-Labour, à télécharger dans son intégralité ici. https://lundi.am/IMG/pdf/hl-24_1_.pdf

 

Manuel Valls, pour ne citer que lui, avait probablement conscience de souffler sur les braises lorsqu’il affirmait que les juifs pouvaient porter leur kippa avec fierté et que le voile n’avait pas sa place dans la République, avant d’associer l’islam et les banlieues à l’antisémitisme. La lutte contre l’antisémitisme est trop importante pour être laissée à ceux là même qui font monter le racisme et attisent les tensions. Mettre en scène l’unité de la nation en faisant semblant de lutter contre l’antisémitisme et contre un ennemi intérieur, comme l’ont fait récemment les partis politiques, des Républicains à la France Insoumise, n’est qu’une manière de se réfugier derrière une profession de foi morale, quand on n’a plus de projet et qu’on ne croit plus en rien. Pire, cette instrumentalisation des Juifs, qui n’ont rien demandé, est souvent associée au fait de les considérer comme des étrangers, une communauté tolérée tant qu’elle ne revendique rien. Le philosémite n’est rien d’autre qu’un antisémite qui aime les Juifs.

Il y aurait un problème à ne pas voir cette instrumentalisation, mais il y en aurait aussi un à ne voir que celle-ci, à ne pas analyser l’antisémitisme pour ce qu’il est. Il y a l’antisémitisme historique des représentants de l’État, considérant les Juifs comme des étrangers. C’est Raymond Barre qui, en 1980, après l’explosion d’une bombe devant une synagogue, évoquait « un attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». C’est Jacques Chirac qui en 2004, distinguait d’une part les musulmans et les Juifs, et d’autre part les Français. Plus récemment, ce sont François Hollande puis Emmanuel Macron qui, pour parler de l’antisémitisme ciblant des Juifs français, invitaient les représentants de l’État d’Israël…

Il y a aussi l’antisémitisme du ressentiment, lorsque la socialisation en crise génère une révolte individuelle et conformiste du sujet atomisé. Ce sont les nuits passées devant des vidéos d’Alain Soral par des milliers de jeunes hommes persuadés d’être célibataires, au chômage et sans amis à cause des féministes supposément payées par Soros et des banquiers juifs qui manipuleraient le peuple. C’est, plus globalement, l’opposition du peuple, du côté du concret, et des Juifs, considérés comme des élites apatrides, du côté de l’abstrait.

L’absence d’enracinement et un certain rapport au texte sont souvent reprochés au judaïsme. Si le don d’une loi à un peuple est présent dans de nombreuses religions apparues avant et après le judaïsme, que celle-ci soit donnée dans le désert, le lieu du passage, l’endroit où nous sommes tous étrangers, est plus originale. Ce symbole est, pour un certain nombre de rabbins, l’une des causes de l’antijudaïsme.

L’antisémitisme, ne ciblant pas l’autre pour une différence visible, à l’inverse des autres formes de racisme, est souvent la détestation de l’autre en soi. Vouloir se débarrasser du Juif, c’est souvent s’en prendre à l’incomplétude de l’altérité en soi. Une fois atteint un certain point d’atomisation, et dans une époque où règne la désolation, la seule façon de se sentir Français est probablement de pester contre ceux qui seraient plus des étrangers que nous. Si les étrangers n’étaient pas là, les Français n’existeraient peut-être plus.

L’une des dimensions de l’antisémitisme moderne est aussi économique. C’est l’association supposée des Juifs à l’argent, le discours du petit patron contre « les banquiers juifs » et « les usuriers » pour ne pas critiquer les règles de la concurrence et de la libre entreprise, dont il souffre après les avoir défendues. C’est celui du salarié sous payé, qu’on oblige à faire des heures supplémentaires et qui, par peur de se révolter contre un problème qui se situe sous son nez, fantasme des complots occultes.

Si nombre de Gilets jaunes s’opposent à l’antisémitisme et critiquent ces discours, il arrive que certains les colportent, consciemment ou non. Les fantasmes sur la banque Rothschild en sont le vecteur principal [1]. Réduire Macron à la banque Rothschild quand il est un produit de l’ENA et a passé plus de temps en tant que haut fonctionnaire devrait nous interroger. Le fait que les bénéfices annuels des banques Rothschild sont de 100 millions de dollars annuels, contre 24 milliards pour JP Morgan finit de nous convaincre que ce qui est fantasmé à la seule évocation du nom “Rothschild” n’est pas rationnel.

L’association des Juifs à l’argent est évidemment absurde, mais les antisémites n’ont pas peur du ridicule. Ils accusent souvent les Juifs d’être à la fois riches et trop pauvres, les associent au contrôle, au travail, et les décrivent comme des parasites, leur reprochent d’avoir
inventé le patriarcat et la subversion féministe, d’avoir créé Jésus et de ne pas y croire, d’être derrière la révolution russe et le capitalisme, d’incarner la subversion mais aussi « le système », de diviser le peuple tout en étant prêts à tout pour établir l’ordre, etc.

On entend souvent expliquer le complotisme par le fait que toute vérité officielle et tout discours publics sont aujourd’hui discrédités. Cette explication ne nous satisfait pas, pour deux raisons. Nous savons que la théorie du complot juif a prospéré à des époques où les différentes formes d’autorité étaient moins discréditées qu’aujourd’hui, au sein du catholicisme au Moyen-âge, ou sous la Russie tsariste, par exemple. Par ailleurs, le fait de chercher un éclaircissement n’est pas une raison pour se satisfaire d’une explication complotiste et antisémite. L’addiction aux médias de masse comme aux discours entendus sur youtube sont les deux faces d’une même conscience aliénée, d’une séparation du monde qui nous entoure. Il faut que le monde nous devienne étranger pour avoir à ce point besoin de journalistes et « réinformateurs ». Lorsqu’on a prise sur ce que l’on vit, lorsqu’on se sent lié à ce qui nous entoure, il n’y a ni dépression ni théorie du complot.
Pour expliquer matériellement l’antisémitisme, il faut prendre en compte la place à laquelle les Juifs sont assignés par les pouvoirs, et la manière dont ils sont désignés comme bouc-émissaire dans certaines conditions. Cela est notamment expliqué par Hannah Arendt dans Les origines du totalitarisme [2], et par Moishe Postone dans plusieurs articles rassemblés dans Critique du fétiche capital [3]. Après avoir été cantonnés à un rôle d’intermédiaire au Moyen-âge (la majorité des métiers leur étaient interdits, et celui de banquier leur était souvent réservé, la religion catholique interdisant l’usure), et n’avoir ensuite vu que quelques uns d’entre eux tolérés au plus proches des pouvoir (avec la figure du Juif de cour), l’expansion rapide du capital industriel au cours des trois dernières décennies du XIXe siècle a coïncidé avec l’émancipation politique et sociale des Juifs en Europe. Cette émancipation, passant par l’État, et par la citoyenneté, abstraction par excellence, a probablement favorisé l’image du Juif comme opposé au peuple enraciné.

Pour Postone, la forme de l’antisémitisme moderne trouve ses racines dans le rapport social capitaliste. La socialisation propre à la société capitaliste produit en effet une conscience déformée et mystifiée, opposant l’abstrait et le concret, tendant à la personnification du caractère impersonnel de la domination de la forme-valeur. Un anticapitalisme tronqué et mal digéré oppose souvent le concret et l’abstrait, par exemple en défendant le travail mais en dénonçant la « finance », sans s’apercevoir que l’exploitation et la spéculation sont deux faces d’une même pièce. Une variante est de considérer les marchandises comme des objets concrets, et d’en isoler l’argent, considéré comme la racine du mal.

Étant donné ces inversions, la domination n’apparaît pas pour ce qu’elle est, la domination abstraite de l’exploitation qui produit la valeur, mais comme une domination concrète et individuelle, celle de quelques banquiers malfaisants tapis dans l’ombre. À chercher les responsabilités de quelques individus plutôt qu’interroger sa propre place dans un rapport de production, à fantasmer des complots plutôt qu’à voir des effets de système, on risque souvent de stigmatiser telle ou telle minorité trop éloignée du « pays réel ». L’antisémitisme accuse souvent les Juifs d’être le capital abstrait, la finance, pour défendre le travail, l’industrie ou les petits commerçants, qui seraient plus enracinés dans le réel.

Nous n’avons quant à nous rien à défendre à part la fin de l’économie. La plus value, l’enrichissement d’une minorité n’existent pas parce qu’il y a des profiteurs, mais parce que le capital est un rapport social, parce qu’il existe une domination de la forme valeur et l’exploitation de la force de travail. Les États et les banques ne tentent pas de faire perdurer le capitalisme en faisant tourner les planches à billets parce qu’ils ourdiraient on ne sait quel complot, mais parce qu’au coeur du capitalisme, toute offre doit créer sa demande, et que la marchandise doit rencontrer des consommateurs.

Certains, face à la dette publique, considèrent que la solution est de revenir aux monnaies nationales et de redonner aux banques étatiques le pouvoir de la création monétaire. Penser que la richesse est créée par l’émission de la monnaie est probablement une manière inconsciente
d’éviter de réfléchir à notre exploitation. Derrière cette volonté de « contrôler l’argent », derrière les mythes sur les complots menés par les Rothschild et autres Rockfeller, derrière la critique de la finance, se cache l’idée que l’existence de l’argent ne serait pas liée en soi au capitalisme. La monnaie et l’argent sont ici confondus. La monnaie n’est qu’un étalon, et l’argent n’est pas la monnaie. L’argent existe depuis le Moyen-âge et l’émergence du capitalisme, depuis qu’il est possible d’en accumuler en investissant. Contrôler l’argent est un fantasme, puisqu’il est par définition incontrôlable, un processus impersonnel, un écran entre nous et le monde.

Nous devons comprendre ce qu’est le capital, un rapport social caractérisé par l’exploitation. Il nous faut par ailleurs analyser la période dans laquelle nous nous trouvons, au coeur du capitalisme tardif. Il n’y a pas de crise parce que les banquiers spéculent, la spéculation accrue des banquiers est un effet du capitalisme tardif, de la saturation des marchés et de la baisse du taux de profit. Quand une fraction du capital en écrase une autre, quand la Réserve fédérale prend le pouvoir sur les banques régionales aux États-unis, ou les banques privées sur la Banque de France, ceci n’est pas un complot des Rothschild, mais le résultat d’une guerre au sein du capitalisme et des évolutions liées à la dynamique du capital.

Il en est de même quand les petits commerces sont remplacés par des grandes surfaces. Ce n’est pas un acte de méchants capitalistes attaquant des gentils investisseurs mais simplement, encore une fois, une fraction du capital qui en écrase une autre, dans un contexte de guerre économique de plus en plus affirmée. De ces évolutions résulte évidemment, chez certains la tentation de s’en tenir à la nostalgie, ce sentiment niais. Puisqu’on sait qu’il n’y a jamais de retour dans l’Histoire, réfléchissons plutôt au fait que la nostalgie démagogique des trente glorieuses porte souvent celle d’une période où la France possédait encore une partie de l’Afrique, et où les immigrés, les femmes, les Juifs et les pédés étaient « à leur place ».

Face aux volontés de trouver et punir des responsables, il nous faut rompre avec les dogmes libéraux et l’idée que le monde serait guidé par des individus qui portent des projets. Aucun projet ne se plaque sur le monde, et c’est pourquoi les discours à tendance personnificatrice ,
s’ils peuvent être utiles dans des contextes de lutte, sont à utiliser avec parcimonie. Ou nous comprenons que la domination est le résultat de rapports sociaux, ou nous nous condamnons à ne rien comprendre, et nous imaginons alors qu’il y a des idées qui dominent le monde, et des êtres malfaisants avec des projets plus ou moins cachés qui, on ne sait comment, arriveraient à les mettre en œuvre contre une majorité qui pourtant n’en veut pas.

Il n’y a par exemple pas d’opposition entre « conservateurs » et « progressistes », ni entre « nationalistes » et « mondialistes ». Il y a par contre la faillite de l’État-nation lorsque le chômage est massif et la socialisation en crise. Il n’y a pas « le mondialisme », mais la mondialisation des échanges marchands et des formes de gouvernance. Il n’y a pas « la finance », mais une dimension financière au capital. Il n’y a pas le concret d’un côté et l’abstrait de l’autre, mais la production de valeur par le travail et la circulation des marchandises, ainsi que la domination de la marchandise qui crée nos besoins et nos désirs. Comme tout ce qui existe, le travail sous le capitalisme est à la fois concret et abstrait : concret en tant qu’il produit des biens d’usage, abstrait en tant qu’il produit de la valeur.

Certains diront qu’on ne sortira jamais du capitalisme, que la domination du capitalisme est total, que l’exploitation s’accroît, que le travail gratuit s’étend, et que tout est marchandisé, jusqu’aux relations, via les sites de rencontres, de covoiturage et autres Airbnb. D’autres, plus optimistes, feront remarquer que les rencontres et les différentes formes de solidarité entrent dans la sphère de l’économie quand un monde touche à sa fin et qu’il n’y a plus grand chose à valoriser. Ce que nous connaissons n’est pas une crise économique. Au milieu des années 1970, interrogé sur la crise pétrolière, Michel Foucault répondait que l’utilisation du mot « crise » marque avant tout l’incapacité à comprendre le présent, et que la force journalistique du terme est égale à sa nullité théorique et stratégique. C’est maintenant jusqu’à certains économistes libéraux qui refusent d’utiliser le mot « crise », en expliquant que l’usage de ce terme sous-entendrait qu’une reprise
pourrait avoir lieu.

Ce n’est pas une crise, mais la fin d’un monde. Des économistes, présentant pourtant la Chine comme la future première puissance mondiale, en sont à reconnaître, en comparant les chiffres des exportations fournis par l’État chinois et ceux des pays importateurs, que la dynamique du capitalisme chinois est grandement surestimée. Des dizaines de villes chinoises sont vides, après avoir été construites sur la promesse de l’embauche de masses d’ouvriers par des entreprises florissantes.

Il y a d’autres signes qui ne trompent pas. La France a pendant longtemps été à la fois leader mondiale de la productivité et de la prise de psychotropes. Le Japon, pays de la technologie, est aussi celui des hikikomori, ces centaines de milliers de jeunes hommes qui vivent reclus et fuient les objectifs définis pour eux. Celui qui souffre n’est rien d’autre que celui qui ne se conforme pas aux normes d’intégration, et nous n’avons rien à défendre à part la fin de l’économie. L’économie, dont toutes les catégories sont liées au capitalisme, n’est pas une science mais un mode de gestion. Les prévisions, dont les échéances sont de plus en plus proches, ne sont plus prises aux sérieux par personne.

Nous ne défendrons rien d’autre que des politiques de l’écart, l’écart étant la différence entre ce que des sujets sont sensés faire, défendre leurs positions sociales et l’existant, et ce qu’ils font, remettre en cause l’ordre en place, et leur propre place dans cette structure. Les gestes sont les moments où les agents arrêtent de fonctionner, les actes qui déjouent les structures, lorsque la révolte n’est pas conformiste, et ne s’acharne pas sur un bouc-émissaire.

Bibliographie

Agitations Autonomes, « Comment les intox sur Rothschild alimentent l’antisémitisme », agitationsautonomes.com, 2019

Arendt Hannah, Les origines du totalitarisme suivi de Eichmann à Jérusalem, Gallimard, 2002.

Postone Moishe, Critique du fétiche capital. Le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche, PUF, 2013.

[1] Agitations Autonomes, « Comment les intox sur Rothschild alimentent l’antisémitisme », agitationsautonomes.com, 2019, https://agitationautonome.com/2019/04/10/comment-les-intox-sur-rothschild-alimentent-lantisemitisme/

[2] Arendt Hannah, Les origines du totalitarisme suivi de Eichmann à Jérusalem, Gallimard, 2002.

[3] Postone Moishe, Critique du fétiche capital. Le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche, PUF, 2013.

 

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06 mai 2019

Nous accusons

ZolaJ_accuse

 

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Nous accusons !

Depuis le 17 novembre 2018, plusieurs centaines de milliers de citoyen·ne·s expriment leur inquiétude face à un pouvoir sourd à leurs revendications. Ils trouvent la force et le courage de prendre la parole en disant haut et clair qu’ils en ont assez et ne subiront plus les effets des politiques néfastes qui depuis plusieurs décennies pillent impunément leur travail et les biens communs.

Les voix des gilets jaunes ont permis de mettre à nu les mensonges et les pseudo-justifications « scientifiques » données par le pouvoir et la meute de ses courtisans pour couvrir l’ampleur et l’importance de la prédation. Leur soulèvement a montré le vrai sens d’une politique qui a sciemment organisé le transfert des biens laborieusement accumulés par 95 % de la population vers les 5 % des couches les plus aisées. Leur force a été de faire prendre conscience de la duplicité d’un pouvoir, osant se féliciter d’avoir multiplié par quatre les énormes richesses détenues par une infime minorité.

Avec la grande majorité des Français.es, nous nous sommes reconnu.e.s dans la prise de conscience des gilets jaunes. Chacun.e de nous a pu constater que, dans tous les secteurs de la société, nous étions confronté.e.s aux effets des mêmes politiques qui tendent à aggraver constamment les inégalités sociales.

D’emblée, les demandes et les attentes de changement nées avec ce soulèvement populaire ont été clairement développées. Elles se sont aussitôt heurtées à un pouvoir qui n’a cessé d’en ignorer le contenu pour en affadir la portée déstabilisante. Ce fut d’abord le silence assourdissant d’un président et de sa cour, murés dans leur palais. Ce fut ensuite la tentative de duper la foule avec les fausses promesses et les petites aumônes concédées en faisant encore payer les moins aisés et les services publics. Ce fut aussi la mise en place d’un simulacre de consultation d’où l’on avait très savamment extirpé toute possibilité d’interaction et de débat. Ce fut, surtout, la décision claire et réfléchie d’empêcher par tous les moyens l’expression publique des demandes et des revendications.
 
Tout a été fait pour réduire au silence les manifestants. Dès les premiers actes, le pouvoir a choisi la violence en demandant aux forces de l’ordre de dégager les péages d’autoroutes, les ronds-points, de bloquer l’accès aux points de convergence des manifestations et, surtout, d’intervenir avec « fermeté ». Nous avons tou.te.s vu la traduction de ces ordres sur le terrain : nous avons constaté de nos yeux les filtrages et les arrestations arbitraires aux entrées des villes, empêchant les manifestations de se dérouler et la parole de s’exprimer. Nous avons vu les cabanes des ronds-points détruites et toujours courageusement reconstruites. Les techniques d’intervention policière consciemment choisies (nassage, lancement de gaz lacrymogène dès le début des manifestations, tirs de LBD sans sommation) provoquaient elles-mêmes les rares actes de violence en cherchant délibérément l’affrontement avec les manifestants.

Semaine après semaine, cette technique meurtrière et liberticide a été appliquée avec une intensité croissante. Protégées par le pouvoir et couvertes par l’omerta d’une grande partie des médias, des troupes policières épuisées par le travail se laissent aller aux pires exactions. Des centaines d’hommes et de femmes manifestant pacifiquement ont été attaqués.e.s sans aucune raison et très souvent avec un acharnement insensé. Depuis le mois de décembre, le nombre des blessés graves augmente sans cesse : les personnes ayant subi de graves traumatismes se comptent par centaines. Aucune parole n’a été prononcée par le président de la République ou son gouvernement à l‘égard des victimes, et en particulier de Zineb Redouane, tuée après avoir été atteinte alors même qu’elle fermait sa fenêtre. Rien ne semble plus pouvoir arrêter cette dramatique escalade et nous avons honte de devoir assister à la mise en scène des auto-félicitations du pouvoir censé contenir une « foule haineuse ».

Le choix de la répression violente contre toutes celles et ceux qui osent se lever pour prendre la parole contre ces agissements n’est certes pas nouveau, il a notamment été mis en pratique dans les quartiers populaires et contre des groupes vulnérables comme les migrant.e.s et les roms ou encore contre d’autres mouvements sociaux, mais depuis novembre 2018 un seuil a été franchi. Cette stratégie de la répression violente a trouvé son apogée lors de la manifestation du 1er mai 2019 : non seulement on a assisté au déploiement de tout l’éventail de l’arsenal répressif de l’Etat, mais le gouvernement s’est rendu coupable une fois de plus de mensonge avéré en criant au scandale d’une supposée « attaque » de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière par des manifestant.e.s venu.e.s trouver refuge. Ce mensonge d’État est le mensonge de trop. Il révèle l’état de fébrilité et de panique d’un pouvoir aux abois.

Il faut que s’arrête cette violence d’Etat !

Nous accusons le ministère de l’Intérieur de provoquer sciemment les réactions de violence dans nos villes, sur les ronds-points et les lieux de discussions publiques, afin de criminaliser toute personne qui s’oppose à ses lois et à ses politiques funestes.

Nous accusons le gouvernement d’employer contre des civils des armes de guerre bannies dans l’ensemble des pays occidentaux en ignorant les mises en garde répétées de plusieurs organismes internationaux.

Nous accusons la hiérarchie de la magistrature d’avoir accepté de couvrir cette politique néfaste en appliquant aveuglément et servilement les ordres donnés par le pouvoir exécutif.

Nous accusons l’Inspection Générale de la Police Nationale d’avoir diligenté des enquêtes de façade et qui, à notre connaissance, n’ont débouché sur l’interpellation d’aucun membre des forces de « maintien de l’ordre ».

Nous accusons celles et ceux de la presse et des médias télévisuels qui ont accepté de se transformer en porte-voix du ministère de l’intérieur et de la préfecture sans accomplir aucun contrôle sur leurs sources.

Nous appelons l’ensemble des citoyens à se joindre au mouvement social pour dénoncer la dérive autoritaire du gouvernement et nous exigeons la démission de M. Castaner ainsi que l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante afin de faire la lumière sur les dérives des vrais responsables de sorte qu’ils soient traduits en justice.


Signez la pétition ici : https://framaforms.org/nous-accusons-1557004350


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27 avril 2019

Tchernobyl 33ans le pire est "avenir"

à Libération la parole se libère-t-elle sur le nucléaire?
 

Avec le temps les propos de journalistes diffèrent ; après les articles de Sylvestre Huet en 2013 qui n’a jamais répondu au droit de réponse d’IWHO :

PDF - 397 ko
Collectif IWHO à S.Huet

Pour Tchernobyl une version plus correcte des conséquences sanitaires semble s’établir avec l’article de Coralie Schaub :

 

https://www.liberation.fr/planete/2019/04/26/catastrophe-de-tchernobyl-nous-devons-demander-a-en-savoir-plus_1723340

 

Catastrophe de Tchernobyl : «Nous devons demander à en savoir plus»

Par Coralie Schaub 26.04.2019

 

33 ans après l'accident nucléaire, l'historienne américaine Kate Brown publie un livre dans lequel elle montre que les conséquences de l'explosion restent encore largement méconnues, accusant les autorités soviétiques et internationales d'avoir sciemment minimisé les dégâts.

 

Le 26 avril 1986 survenait la plus grosse catastrophe nucléaire du XXe siècle à Tchernobyl, en Ukraine. C’était il y a 33 ans. Mais les conséquences réelles du désastre restent largement méconnues et sous-estimées. C’est ce qu’expose l’historienne américaine Kate Brown, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT), dans un ouvrage qui vient de paraître aux Etats-Unis et au Royaume-Uni (Manual for Survival : A Chernobyl Guide to the Future, Norton).

L’auteure, russophone et familière de la région, a été la première à ouvrir les archives médicales du KGB en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Les années suivant l’accident, les médecins locaux faisaient état d’une forte hausse de cancers ou de malformations congénitales, ce qui a été minimisé par les autorités soviétiques et internationales. Il s’agissait surtout, estime l’auteure, d’occulter les effets des radiations chroniques à faibles doses, afin de détourner l’attention de l’impact possible des essais nucléaires sur les populations.

Qu’avez-vous découvert en vous plongeant dans les archives médicales ?

Officiellement, selon l’ONU, la catastrophe n’aurait fait que 33 à 55 morts, et provoqué 600 cancers infantiles. Le pire accident nucléaire de l’histoire n’aurait pas eu de conséquences si graves que cela. Beaucoup de gens soupçonnaient que c’était largement sous-évalué. En 2014, j’ai commencé à éplucher les très nombreux rapports des médecins locaux, uniquement transmis aux responsables médicaux du KGB et restés secrets. J’ai trouvé une énorme collection, en ukrainien et en russe, sur les «conséquences médicales du désastre de Tchernobyl». J’ai été choquée par l’ampleur des dégâts sanitaires, par leur visibilité aux yeux de tous. L’été 1986, les registres notent une forte hausse des complications à la naissance, des bébés nés avec des malformations, ou qui meurent dans le mois. Les gens se plaignent de maux de gorge, de problèmes respiratoires et gastro-intestinaux, à force de respirer des poussières radioactives et d’avaler des aliments contaminés. Avant l’accident, 80 % à 90 % des enfants étaient répertoriés comme étant «en bonne santé» ; après, en 1987 et 1988, seuls 10 à 20 % le sont. Le nombre de cancers explose environ 18 mois après l’accident, des leucémies, des cancers de la thyroïde chez les enfants. C’est une maladie très rare, qui touche normalement un enfant sur un million, mais en 1989, il y avait 30 cas en Biélorussie et 20 en Ukraine.

Combien de morts et de malades cet accident a-t-il provoqués, alors ? 

Je n’ai pas eu les moyens de compiler moi-même toutes les données de décès que j’ai trouvées, il y en avait tellement. Mais en Ukraine, 35 000 personnes ont reçu une aide car leur conjoint était décédé à cause de la radioactivité de Tchernobyl. Cela ne compte donc que les personnes qui étaient mariées. Certains scientifiques ukrainiens estiment plutôt à 150 000 les morts causées par l’accident ces 30 dernières années. Je n’ai pas pu trouver de chiffre pour la Biélorussie ou la Russie car les autorités n’ont jamais accepté les comptages, mais leur territoire a reçu bien plus de radioactivité que l’Ukraine, qui était l’endroit le plus «propre», avec seulement 20 % des retombées radioactives.

Cet impact sanitaire désastreux était-il connu des dirigeants soviétiques ? 

Oui, même si l’autocensure était la règle. Il s’agissait de rendre compte de bonnes nouvelles, donc à mesure que l’information remontait la chaîne du pouvoir, les données étaient «adaptées» (toujours minorées). Mais Moscou savait évidemment ce qui se passait. A environ 50 km de Tchernobyl, dans une ville pourtant relativement épargnée, les 300 ouvriers d’une usine textile ont reçu le statut de «liquidateurs», comme les pompiers qui avaient lutté contre le réacteur en feu. Je suis allée sur place, pour comprendre. Il y avait 50 000 têtes de bétail juste après l’accident dans la zone évacuée. Les animaux ont été tués mais la viande a été envoyée dans des usines de conditionnement, le cuir dans des tanneries, la laine à l’usine textile. Et ces femmes, dans l’usine, enlaçaient ces ballots de laine radioactive pour les transporter, c’était comme enlacer une machine à rayons X allumée, plusieurs fois par jour. Beaucoup sont mortes. Aucune n’est enregistrée dans les cas officiels.

Vous avez aussi consulté les archives de l’ONU…

Quand l’URSS s’est écroulée, la Russie a demandé l’aide de l’ONU pour gérer le désastre. Trois experts de l’OMS, après avoir passé moins de 10 jours sur place, ont conclu que tout allait bien, qu’on pouvait même tripler les taux de radioactivité admissibles. Personne n’a pris cela au sérieux. Moscou s’est donc tourné vers l’AIEA, qui a accepté d’envoyer environ 200 scientifiques, plus longuement. Ils ont conclu la même chose que l’OMS : «Il y a plus de maladies, mais ce ne peut être à cause de la radioactivité, car les doses sont trop faibles.» Par exemple, un scientifique américain a vérifié dans son propre labo que les 20 biopsies d’enfants ukrainiens cancéreux que les médecins soviétiques lui avaient données étaient bien des cancers. Mais il n’a pas inscrit ces cancers dans son rapport. Je lui ai demandé pourquoi. Il a d’abord assuré ne pas se souvenir de ces biopsies, mais j’ai trouvé un document de 1991 où il admet les avoir, alors il a fini par s’en souvenir. L’ONU a donc aidé les Soviétiques à minimiser les conséquences de l’accident.

Comment l’expliquez-vous ? 

Les grandes puissances nucléaires, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’URSS, devaient toutes faire face, à l’époque, à des contestations et des procès de victimes de leurs essais de bombes nucléaires. Le président Jacques Chirac n’a décidé qu’en 1995 d’arrêter ces essais, que la France avait menés en Algérie et en Polynésie et qui n’ont cessé qu’en 1998. Pour calmer l’inquiétude et la colère des populations et des soldats qui se plaignaient de divers symptômes et faisaient le lien avec Tchernobyl, les puissances nucléaires avaient un intérêt commun à avancer la rhétorique suivante : «Vous ne pouvez pas souffrir des irradiations, regardez à Tchernobyl, c’était le pire accident et il n’y a eu que 35 morts.» Il s’agissait de minimiser les effets d’une exposition chronique à la radioactivité, à des faibles doses, notamment via l’ingestion d’aliments contaminés.

Le KGB était divisé sur la question…

Le KGB avait accès aux données de terrain sur la radioactivité dans les sols, dans l’alimentation, etc. Un général du service de renseignement soviétique, un médecin qui dirigeait une clinique à Kiev et a suivi pendant 5 ans 2 000 personnes irradiées, a écrit en 1990 un rapport dans lequel il indiquait pouvoir prouver qu’une exposition de long terme à des faibles doses de radioactivité provoque de multiples pathologies dévastatrices pour la vie humaine. Il a recommandé que la zone d’exclusion soit étendue à 120 km autour de la centrale (au lieu de 30), ce qui aurait inclus Kiev. Un général du KGB, qui était supposé dire que tout allait bien ! Mais une autre branche du KGB, celle chargée de protéger les secrets de l’URSS, a fait disparaître les disques durs de plusieurs institutions médicales qui avaient mesuré la radioactivité dans les corps des victimes. On ne les a toujours pas retrouvées.

Vous avez découvert que le KGB a infiltré le bureau ukrainien de Greenpeace…

C’était la première ONG internationale à ouvrir un bureau en URSS, elle allait montrer au monde combien les populations touchées par l’accident étaient malades. Mais certains des recrutés travaillaient pour le KGB, dont le directeur du bureau. Il sabotait tout. Un camion qui devait sillonner la campagne pour mesurer les taux d’irradiation des gens n’a fait que 25 mesures en deux ans !

Quid des effets sur la biodiversité ? On entend souvent dire qu’elle est florissante à Tchernobyl…

Cette idée vient de deux papiers scientifiques basés sur l’installation de pièges photographiques destinés à compter la grande faune. Mais cela ne dit pas si les animaux sont en bonne santé, ni d’où ils viennent, car ils n’ont pas été capturés et étudiés. Les deux scientifiques que j’ai suivis sur le terrain travaillent, eux, sur les insectes, les oiseaux ou les souris, qui sont inféodés à leurs territoires. Dans les zones les plus radioactives, ils ne peuvent même pas capturer de souris, car il n’y en a pas. Il y a aussi très peu de pollinisateurs, donc très peu de fruits et d’animaux frugivores comme les oiseaux. La population d’oiseaux a chuté de 66 % dans ces zones, et ceux qui y vivent souffrent souvent de malformations. Les feuilles et arbres morts ne se décomposent pas, car il n’y a pas assez d’insectes et de microbes pour s’en charger.

Les impacts réels de Tchernobyl restent donc largement méconnus ?

Oui. Car hormis les quelque 500 études sur les cancers infantiles, il n’y a jamais eu d’étude sanitaire d’ampleur sur les autres impacts. Quelques chercheurs en font, avec de maigres moyens. Au nord de l’Ukraine, à 200 km de Tchernobyl, l’un a constaté un taux six fois plus élevé qu’ailleurs en Europe de bébés nés sans cerveau. On observe le même type de malformations autour du site de production de bombes nucléaires de Windscale (rebaptisé Sellafield), en Grande-Bretagne, victime d’un incendie en 1957. Le professeur Youri Bandajevsky, jeté en prison pendant 6 ans, a constaté, lui, un lien entre la contamination chronique des enfants et des altérations cardiaques.

Pourquoi ne sommes-nous pas plus curieux des effets sur la santé de cette catastrophe ? C’est LA question que vous posez dans votre livre…

Se contenter de ne voir dans Tchernobyl qu’un accident avec un début et une fin, c’est l’utiliser comme un balai pour écarter le vrai sujet : au nom de la paix, nos dirigeants ont fait exploser 2 000 bombes dans l’atmosphère pendant la guerre froide, qui ont émis 500 fois plus de radioactivité que Tchernobyl. Nous y avons tous été exposés, surtout dans l’hémisphère nord. Depuis 1950, on constate partout une envolée des taux de cancers, surtout chez les enfants, des malformations congénitales, une chute de moitié de la qualité du sperme… Voulons-nous savoir pourquoi ? Ou acceptons-nous un humain en moins bonne santé comme étant le nouveau standard ? A cause du nucléaire, des produits chimiques ? Non, nous devons demander à en savoir plus, et nous armer de données pour résister à ceux qui essaient de nous endormir avec des demi-vérités.

Coralie Schaub

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Voir aussi les publications sur www.independentwho.org

Catastrophe de Tchernobyl : Le pire est "avenir"
Catastrophe de Tchernobyl : Le pire est "avenir"

Ni à Tchernobyl ni à Fukushima la santé ne va

reçu de la coordination après manifestation devant le consulat de France :

... J’attire particulièrement votre attention sur le message artistique de Geoff Read, le mari de Mitsuko, des "réfugiés" de Fukushima vivant désormais en GB, et sur celui d’Odile, fait au nom de SET, qui étaient pas là pour nous rappeler que 33 ans après la catastrophe de Tchernobyl, et 8 ans après celle de Fukushima, les enfants aussi bien à Tchernobyl qu’à Fukushima continuent à souffrir de ces deux catastrophes nucléaires. Le travail de recueil de dessins de Geoff dont voici le site web https://strongchildrenjapan.blogspot.com/

fut un moment fort puisque cet artiste anglais qui vivait à Fukushima avec sa femme japonaise, Mitsuko et leur fils, a recueilli auprès d’une centaine enfants des dessins sur lesquels il a ajouté en guise de signature personnelle un portait de chacun d’eux : une manière très touchante de se lier à chacun des ces enfants et nous lier à eux. "...

Après lui, je vous invite à faire connaitre et circuler les témoignages touchants d'enfants confrontés à une catastrophe nucléaire que nous connaissions déjà concernant Tchernobyl mais qui nous arrivent désormais de Fukushima.


 

Situation sanitaire aux alentours de Tchernobyl, 33 ans après l’accident

Soignez les enfants de Tchernobyl (Contratom 26 avril 2019)

Bonjour aux fidèles et aux nouvelles recrues ! J’aimerais pouvoir vous présenter un rapport avec de bonnes nouvelles et un panorama encourageant de l’évolution de la santé des habitants des régions contaminées par l’accident . - La catastrophe dure C’est non hélas, la catastrophe continue ! :

Les enfants - 500 000 environ sur une population de 2 millions vivant dans les territoires contaminés -continuent à souffrir des problèmes dus à la présence de radioactivité tout autour d’eux : dans leur nourriture dont une bonne partie est produite sur place, dans l’air, dans la poussière des routes, dans l’eau, dans leurs maisons avec le bois de chauffage dont les cendres serviront d’engrais dans les potagers. C’est un circuit vicieux. Les dernières mesures effectuées par l’Institut indépendant que soutient notre association ont montré une forte montée de la radioactivité interne des enfants : la récolte de champignons et de fruits cueillis en forêts et mis en conserve pour l’hiver a été excellente l’année dernière. Le gibier est aussi contaminé.

-La radioactivité

Au bout de 33 ans, on pourrait espérer que la radioactivé aurait perdu de sa force destructrice-le cesium 137 a une demi-vie de 30 ans- mais il y a tant d’autres éléments à vie plus longue ! Les pathologies restent : insuffisance cardiaque, cataractes, diabète, insuffisance rénale, vieillissement précoce, retard mental … environ 80% des enfants ne sont pas en bonne santé. Et cela alors que depuis 14 ans les organisations internationales ont décidé que Tchernobyl est une affaire classée.

-Le génome

Plus triste encore : les malformations congénitales. On assiste à une augmentation constante des diplégies cérébrales infantiles – une maladie qui provoque un grave handicap moteur et cérébral. Dans certains villages du Belarus, le nombre d’enfants atteints correspond à des taux 10 à 15 fois supérieurs à celui enregistré en France et le nombre de cas ne cesse de croître. Il en est de même des malformations cardiaques congénitales qui touchent de plus en plus d’enfants dans tout le Belarus. Les femmes enceintes et leur fœtus sont très vulnérables. Plusieurs scientifiques indépendants font des recherches dans ce domaine qui touche non seulement l’ADN mais aussi l’épigénétique et la transmission de l’instabilité génomique.

-Comment aider ces populations ?

L’institut que nous soutenons va lancer une nouvelle campagne d’étude et d’information et faire des mesures systématiques du Césium et du Strontium dans le lait et dans le fromage. Le but est d’informer les femmes enceintes qui consomment par tradition beaucoup de lait pendant leur grossesse, pour qu’elles mangent de préférence du fromage car il est moins contaminé. En effet, le Césium n’est pas présent dans la crème, alors qu’il est très abondant dans le petit lait. Faudra-t-il que notre Institut trouve le financement pour leur donner des cures de pectine de pommes comme aux enfants les plus touchés, ce qui accélère l’élimination de la radioactivité interne ? Nous cherchons de l’aide pour cette cause.

Pour en savoir plus, rendez-vous l’année prochaine ? Merci de votre attention. plus d’infos sur http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php


 

voir accueil http://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/

 

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https://aipri.blogspot.com/2019/04/tchernobyl-33-ans-apres-risque-toujours.html

 

 

vendredi 26 avril 2019

Tchernobyl 33 ans après risque toujours d'exploser.

33 ans après cette catastrophe indélébile de Tchernobyl, la radioactivité retombée résiduelle, dont au plus 25% se trouve dans la zone interdite, s’élève encore à 3,3 millions de Curie.  C’est là 0,10% de la radioactivité de l’excursion initiale, activité initiale qui a été ainsi divisée aujourd’hui par environ 987. D'après l'ICRP, cette radioactivité résiduelle essentiellement déposée en Europe détient encore un potentiel radiotoxique par inhalation de presque 33 milliards de Sievert (dont une fraction est remise en permanence en suspension par les feux de bois domestiques ou industriels et les immanquables incendies d’une biomasse partout marquée) et une radiotoxicité par ingestion de 683 millions de Sievert qui en partie remonte quotidiennement dans chaque assiette, y compris dans celles des négationnistes qui se régalent comme tous de ces « faibles doses » qui n’existent sur le papier que par la grâce de faux calculs.  

 

Lettre de Maurice Eugène André à Vassili Nesterenko.

Si le magma présent dans la centrale de Tchernobyl ne risquait pas selon moi d’exploser ‘nucléairement’ au moment de l'accident, par contre, ce qui pourrait arriver maintenant c’est une explosion nucléaire tardive. Ceci proviendrait du fait que du plutonium du magma (le Pu fond à seulement 641 degrés C°) sédimente petit à petit dans le fond du magma actuel car il est pratiquement le plus lourd des métaux présents là et que se réunisse goutte à gouttes au fond du magma un volume liquide d’un seul tenant de seulement 6 kilos de Pu 239 (suffisant pour amorcer une explosion nucléaire) … ce qui représente un faible volume, car 1 litre de Pu 239 pèse 19,84 kilos et 6 kilos du Pu occupent un volume d’environ 0,330 litre seulement, soit moins de 1/3 de litre de Pu 239.



Ceci signifie que Tchernobyl pourrait maintenant exploser nucléairement si ces conditions plutonigènes se réunissent.



Maurice-Eugène ANDRE, ancien officer instructeur en protection nucléaire (NBCR) (ancien de la Belgian Air Force).

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Réponse de Vassili Nesterenko (Protocole 200, le 22.04.2005. Institut Belrad)

 

Je suis tout à fait d’accord avec Maurice André que la sédimentation du plutonium fondu sous le réacteur peut provoquer une explosion nucléaire des dizaines d’années après l’accident. Voilà pourquoi il est indispensable de vider le réacteur de Tchernobyl en ruines de tout le carburant nucléaire qui s’y trouve encore.


Salut, Vassili.

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https://aipri.blogspot.com/2011/01/expose-de-la-methode-des-faux-calculs.html

 

lundi 31 janvier 2011

Exposé de la méthode des faux calculs nucléaires produits par certains pour arriver à trouver des doses qui satisferont l’industrie nucléaire, mais produiront en finale une vraie hécatombe planétaire.

 

Par le président et le Vice-président de l’AIPRI, Maurice Eugène ANDRE et Paolo SCAMPA. (Texte rédigé en 2007 du vivant de MEA.)

 

L’énergie ionisante est une énergie mortifère. Elle est particulièrement létale lorsqu’elle est introduite dans le corps par des particules radioactives infinitésimales qui approchent de très près les cellules vivantes de notre organisme. (Effet de proximité.) Il suffira en effet qu’une seule et unique particule microscopique bombarde de manière chronique les tissus qui l’entourent pour provoquer, des années voire des décennies plus tard, le surgissement d’un cancer. Toutefois pour comprendre et prouver l’extrême danger constitué ces insolubles nanoparticules métalliques radioactives artificielles, en particulier de celles qui émettent des rayonnements Alpha comme le plutonium 239 ou l’uranium 238, encore faut-il correctement calculer la dose d’irradiation délivrée aux tissus environnants. Se tromper ici dans ce calcul en sous-estimant la dose pathogène délivrée c’est fourvoyer toute la recherche scientifique médicale et physique, c’est baisser artificiellement les seuils officiels de radio-protection des personnes et des populations, c’est autoriser la contamination atomique de l’air, de la terre et des eaux et c’est au bout du compte ni plus ni moins précipiter l’humanité entière dans le gouffre et dans la mort.

 

 

1 Qu’est-ce qu’un calcul de dose?

 

Calculer une dose d’irradiation ionisante ce n'est rien de plus que répartir correctement l’énergie radioactive délivrée dans la masse de chair qui l’a absorbée. C’est telle quantité d’énergie dissipée divisée par tel volume de chair qui l’a absorbée.

 

L’intensité de l’irradiation dépend étroitement du volume irradié. Plus le volume irradié grossit plus l’irradiation est faible, plus le volume diminue plus l’irradiation est intense. Pour estimer avec objectivité la dose reçue il est capital de préciser que ce volume irradié de chair est fonction du rayon de pénétration des rayons ionisants; rayon de pénétration parfaitement connu et forcément borné qui ne saurait irradier la chair qu’il n’atteint pas. Le volume de chair irradié ne saurait être pour autant beaucoup plus grand que le volume dessiné par la trajectoire du rayon. Tout comme un clou fait un trou dans le mur à la mesure de la longueur et de l’épaisseur du clou, une particule alpha irradie une masse de chair à la mesure du volume occupé par sa trajectoire dans la chair.

 

En bref, dans tout calcul de dose la détermination objective du volume «absorbant» est cruciale. Fausser ce diviseur serait en effet immédiatement fausser l’évaluation correcte de la dose. Le grossir de manière artificielle, pour ne pas dire frauduleuse, serait minorer la dose pathogène réellement reçue.


2 Quel volume utilise la physique nucléaire officielle? Utilise-t-elle le volume réellement irradié?

 

Non et l’exemple qui suivra cet exposé montrera une fraude gigantesque qui atteindra le milliard de fois l’augmentation de la zone réelle irradiée afin de diviser d’autant la dose réellement reçue.

 

Ce grossissement incommensurable des volumes irradiés avec la sous-estimation monstrueuse des doses pathogènes absorbées qui en découle, cette falsification systématique du réel physique est cependant la norme officielle et la pratique courante qui se joue depuis l’aube nucléaire sous les yeux ignorants, indifférents et arrogants des physiciens diplômés. Car le volume officiel considéré irradié est grossi un milliard de fois respectivement au volume réellement irradié. C’est pourtant ce monstre boursouflé qui régente notre radioprotection, qui réglemente les législations et les décisions de justices, qui, consentant la pollution radioactive de la biosphère et de la terre, porte à la mort collective les populations et les soldats.

 

Cette infernale inflation des volumes, cette criminelle minoration des doses reçues, correspond en tout et pour tout avec ce que Maurice Eugène André avait déjà souligné et dénoncé depuis longtemps avec ses travaux mathématiques sur «l’effet de proximité»1.

 

Mais jugez par vous même. Bien que l'on sache le rayonnement alpha physiquement borné à 50 micron dans les tissus2 et en mesure d'irradier à terme uniquement une sphère maximale de 100 micron de diamètre pesant 5,24E-7 gramme, (E-7 signifiant exposant-7) l’énergie d’une particule de plutonium 239 logée dans un poumon est absorbée, «selon nos savants officiels», par ce poumon entier de 570 grammes! Bref ne lui fait rien du tout puisque l’énergie radiative se trouve répartie dans un volume énorme3 et totalement falsifié ! Passez sur le tour inutilement compliqué pris là pour calculer le nombre de désintégrations en 2 ans émises par cette particule de plutonium, concentrez-vous sur la valeur du diviseur. C'est là que les faussaires interviennent et que les ignorants trébuchent. Car 570 grammes au lieu de 5,235983E-7 gramme c’est une différence abyssale. L'énergie y est là artificiellement distribuée dans un volume de chair qui est 1 milliard de fois plus grand qu'il ne peut physiquement l'être (570/5,235983E-7 = 1.088.620.730)…

 

Notre destin planétaire se joue pourtant là dans ce diviseur qui minore artificiellement de plusieurs centaines de millions de fois la dose réelle absorbée. C'est grâce à cette tromperie qu'on a répandu autant d'uranium 238 dans l'air sans réagir, c’est grâce à elle qu’on dénie la justice aux populations malades et aux soldats contaminés, c’est grâce à elle que l’on habite ici et là des zones interdites.

 

 

3 Conclusion

 

Ces calculs enflent ainsi à démesure les volumes4 afin de baisser d’autant les doses «effectivement» absorbées, afin de leur donner la rassurante innocuité apparente du millisievert et du millirad. On ne peut plus faussement, ces «calculs officiels» considèrent ionisés des vastes portions de chair pourtant intactes. Une si monumentale bévue (voulue) en «radio-protection» est d’une gravité extrême. Elle entraîne une perverse sous-estimation systématique des doses absorbées, elle atténue d’office les dangers et falsifie le seuil d’alarme. Elle n’est pour cela rien de moins qu’un crime passible de cour martiale. Car ce n’est pas là seulement se tromper dans les calculs mais aussi tromper ceux dont la vie dépend de ces calculs: les agents du nucléaire, les malades, les soldats, l’humanité entière. On ne badine pas impunément avec les calculs nucléaires.

 

Ces calculs officiels de «radio-protection» ne sont ainsi rien d’autre que les masques ignobles d’une «radio-agression» généralisée des personnes et des populations. Mais qu’importe aux «scientifiques» préposés si l’artifice de calcul est l’article de la mort de l’humanité. Qu’importe s’ils le taisent, voire le méconnaissent, pendant que «l’atome de la paix» contamine et tue. Un prix Nobel de la Paix des cimetières le couronne.

 

 

Mars 2007. Revu en Juillet 2008 (Adjonction de la note 4).


CI-DESSOUS TEXTE REFUTE PAR NOUS. ____________________________

The nuclear energy option, Plenum Presse, 1990, Bernard L. Cohen.

 

http://www.phyast.pitt.edu/~blc/book/chapter13.html

Radiation Dose to Lung from Plutonium and the Lung Cancer Risk


This calculation requires knowing (or accepting) some scientific definitions and may therefore not be understandable to many readers.


We calculate the dose to the lung from a trillionth of a pound of plutonium residing there for 2 years. The number of plutonium atoms is 10-12 lb x 450 g/lb x (6 x 1023 atoms/239 gm)= 1.1 x 1012 where 6 x 1023 is Avogadro's number and 239 is the atomic weight. Since half of the plutonium atoms will decay in 24,000 years (the half life), the fraction undergoing decay during the 2 years it spends in the lung is a little more than one in 24,000; actually it is 1/17,000. The number that decay is then (1.1 x 1012/17,000 =) 7 x 107. Each decay releases an energy of about (5 MeV x 1.6 x 10-13 joules/MeV =) 8 x 10-13 joules, so the total radiation energy deposited is (7 x 107 x 8 x 10-13 =) 5.6 x 10-5 joules. The weight of the average person's lung is 0.57 kg46; thus the energy deposited is (5.6 x 10-5 / 0.57 =) 1 x 10-4 joules/kg. The definition of a millirad is 1 x 10-5 joules of energy deposit per kg of tissue. The dose is therefore (1 x 10-4 / 1 x 10-5 =) 10 millirad. Since only 15% on what is inhaled spends this 2 years in the lung, 23 the exposure per trillionth of a pound inhaled is (10 x 0.15 =) 1.5 millirad. For alpha particles - the radiation emitted by plutonium - 1 millirad equals 20 millirem, so the dose to the lung is (1.5 x 20 =) 30 millirem per trillionth of a pound inhaled.

 

Estimates by BEIR, UNSCEAR, and ICRP give a risk of about 5 x 10–7 lung cancers per millirad of alpha particle exposure. The number of lung cancers per pound inhaled is therefore (1.5 x 1012 x 5 x 10-7 =) 8 x 105. Mays estimates 4 x 105 liver and bone cancers per pound inhaled, bringing the total effect to 1.2 million cancers of all types per pound inhaled.


46. International Commission on Radiological Protection (ICRP), Report of the Task Group on Reference Man, ICRP Publication 23 (Pergamon Press, New York, 1975).

 

 

Plutonium, poumons et effets de proximité, M.E. André, in ETUDES & EXPANSION, n° 276, 1978. Sur toile in http://users.skynet.be/mauriceandre/ sous le titre URANIUM et PLUTONIUM c’est pas du chocolat.

 

Hot” or radioactive particle in lung tissue”, photo by Del Tredici, Burdens of Proof byTim Connor, Energy Research Foundation, 1997. http://www.mindfully.org/Nucs/Hot-Particle-Lung-Tissue1997.htm

http://www.ccnr.org/alpha_in_lung_f.html

http://lowdose.tricity.wsu.edu/resources_pics/pages/003%20image_gif.htm

 

C’est comme soutenir qu’une grenade lancée dans une pièce remplie de monde ne produit aucun dégât puisque le quartier où l’explosion est advenue est toujours debout, intact.

 

On peut aussi citer une autre éminente référence bibliographique mais cette fois française, deux “experts” du CEA, où l'on lit stupéfaits par tant d'irrationalité et d'ignorance physique que “Étant donné le faible parcours des particules alpha dans les tissus, toute l’énergie qu’elles transportent est absorbée dans une sphère de 0,5 cm de rayon.” Ces éminents spécialistes font aller les particules alpha 100 fois plus loin qu'elles ne peuvent physiquement aller ! 0,5 cm au lieu des certifiés 0,005 cm ! On notera également que cette pataphysique sphère de chair irradiée de 1 cm de diamètre pèse 0,5235983 grammes: elle est un million de fois trop lourde à savoir que la dose d'irradiation est sous-évaluée d'autant. 0,5235983/5,235983E-7 = 1000000. Cf. J. Piechowski & Y. Chaptinel, Évaluation de la dose locale pour une blessure contaminée, Radioprotection, 2004, Vol. 39, n° 3, pages 355 à 366.

http://www.radioprotection.org/index.phpoption=article&access=standard&Itemid=129&url=/articles/radiopro/pdf/2004/03/Piechowski.pdf

 

http://209.85.135.104/search?q=cache:2bwrK_0nDrwJ:www.radioprotection.org/articles/radiopro/pdf/2004/03/Piechowski.pdf+%22Exemples+de+calcul+de+dose%22+gamma&hl=it&ct=clnk&cd=1&gl=it

 

 

http://aipri.blogspot.com/2010/10/le-calcul-de-lenergie-deposee-par-une.html

 

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