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27 janvier 2019

OUI le développement est colonial

 

orlingotbarre

http://www.journaldumauss.net/?Le-developpement-est-il-colonial

 

Le développement est-il colonial ?

Joaquin Sabat 24 avril 2017 , Revue du MAUSS

En se basant sur les thèses de Walter D. Mignolo et de Gilbert Rist, cet article entend soulever les différents liens qu’il est possible d’établir entre la notion de développement telle qu’elle a pris forme au courant du XXe siècle et les principes ayant servi de légitimation aux pratiques coloniales durant les siècles précédents. À partir de trois grandes périodes historiques, soient la « mission chrétienne », la « mission civilisatrice » et l’« ère du développement », différentes projections universalistes (« global designs ») de l’Occident sont dégagées afin de mettre en lumière la relation qui opère entre la formulation de principes universellement valables et la configuration géopolitique internationale.

« Si l’on est un enfant de la civilisation moderne de l’Europe, on est inévitablement amené, et à juste titre, à traiter des problèmes d’histoire universelle dans l’optique de la question suivante : quel enchaînement de circonstances a conduit à ce que l’Occident précisément, et lui seul, ait vu apparaître sur son sol des phénomènes culturels qui se sont inscrits dans une direction de développement qui a revêtu – du moins aimons-nous à le penser – une signification et une validité universelles. »
Max Weber (1996 : 489)

Introduction

Cela fait plus de cinq cents ans depuis que les premiers colons sont arrivés en Amérique, mais la tendance bien établie à vouloir parler de l’histoire de la civilisation occidentale comme s’il s’agissait de l’histoire de l’humanité se maintient. Encore aujourd’hui, bien que sous des formes nouvelles ou déguisées, la disposition de l’Occident à universaliser sa propre histoire au détriment de celles des autres civilisations du monde paraît s’imposer de manière presque naturelle. Non pas que la domination coloniale ait d’une quelconque manière réussi à défaire ou à effacer les histoires locales, mais parce que, comme le souligne un grand nombre de penseurs du courant postcolonialiste (Dussel, 1993 ; Escobar, 1995 ; Mignolo, 1999 ; Omar, 2012 ; Quijano, 1992), la rhétorique même de la modernité est, derrière sa prétention au salut et au progrès, investie du même imaginaire colonial qui guida durant tous ces siècles l’expansion spatiale, politique, économique et symbolique de l’Occident sur le reste du monde. Pourquoi et comment cette vision unilinéaire du monde a-t-elle pu perdurer aussi fermement dans la société contemporaine ? Le présent essai vise à spécifier ces raisons et à montrer comment, de sa genèse sur la scène internationale au courant de la guerre froide jusqu’à aujourd’hui, la notion même de développement reste non seulement tributaire de cette logique, mais dans une large mesure entièrement solidaire.
Pour ce faire, nous prendrons un appui substantiel sur l’ouvrage de Walter D. Mignolo intitulé Local histories/Global designs (1999), ainsi que sur les réflexions de Gilbert Rist énoncées dans Le développement : histoire d’une croyance occidentale (1996). Après une brève récapitulation des principales mutations de l’ordre moderne-colonial du début du XVIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, nous nous pencherons sur l’émergence de la notion de développement en tentant de faire ressortir en quoi elle s’inscrit, malgré tous les bons sentiments qui l’accompagnent, dans une continuité directe de la mission civilisatrice de l’Occident caractéristique de la période coloniale. À l’instar de Mignolo et de Rist, trois grandes périodes historiques structureront ce propos : dans un premier temps, nous nous pencherons sur la « mission chrétienne », période s’étalant du XVIe au XVIIe siècle et correspondant à cette époque où le centre de l’Europe regroupe l’Italie, l’Espagne et le Portugal ; dans un deuxième temps, notre réflexion portera sur la « mission civilisatrice » allant du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, où le cœur de l’Europe se confond avec l’Angleterre, la France et l’Allemagne ; dernièrement, nous nous concentrerons sur ce que nous appelons « l’ère du développement », période débutant au milieu du XXe siècle au moment de la fin de la 2nde Guerre mondiale et du début de la Guerre froide, et qui correspond à ce moment où les États-Unis se dressent comme grands vainqueurs de la guerre et s’imposent en tant que nouvelle superpuissance au niveau mondial. Ces trois grandes périodes de l’ordre moderne-colonial nous permettront, d’une part, de mieux saisir le contexte dans lequel les premiers universalismes du continent européen sont formulés et, d’autre part, de clarifier les liens qu’il est possible d’établir entre les conditions d’émergence du discours développementiste dans l’espace public international et les valeurs phares ayant servi de guides à la légitimation des pratiques coloniales. Ce qui transparaît de cette lecture est que, loin de consacrer la fin des colonialismes et le commencement d’une ère nouvelle, la notion de développement affirme avant tout la suprématie du modèle civilisationnel occidental et la volonté politique internationale de l’exporter à la totalité des civilisations humaines, cette fois-ci sous les couverts rédempteurs de la modernisation, de la croissance et du progrès. Nous verrons en cours de route que ces principes ne furent pas toujours les mêmes, et que chaque période historique réussit à formuler des critères légitimant les pratiques coloniales certes de manière différente, mais toujours dans le même horizon de valeurs universelles transmutant la simple domination en une entreprise charitable, humanitaire ou philanthropique.

Une soumission au nom de l’humanité : la « mission chrétienne »

L’histoire qui nous intéresse prend source la nuit du 11 au 12 octobre 1492, où trois navires en provenance d’Europe accostent aux Caraïbes et où des colons posent pour la première fois leurs pieds en sol américain, inaugurant ainsi la longue période coloniale qui caractériserait la relation de l’Occident au reste du monde pour les cinq siècles à venir. À la suite de ces événements, l’imaginaire occidental connaît une véritable révolution. Alors qu’auparavant, comme le remarque Mignolo, « les limites de la géographie coïncidaient avec les limites de l’humanité » (traduit de l’anglais, 1999 : 283), la rencontre avec l’Amérique a pour effet de bouleverser la cosmologie chrétienne en l’amenant à élargir les frontières du monde et de l’espèce humaine. Ce contact avec l’Autre, nourri par l’expansion des empires espagnol et portugais et par la multiplication des expéditions transatlantiques, a aussi comme conséquence de consolider l’Europe occidentale comme « entité géoculturelle » (ibid. : 96). En d’autres mots, cette « admission d’identité » (Quijano, 1992 : 16) qui commence à s’établir parmi les nations d’Europe de l’Ouest au XVIe siècle, se concrétise en grande partie grâce à l’expérience coloniale de l’altérité, laquelle résulte aussitôt dans la classification des cultures rencontrées et dans la hiérarchisation de leurs différences. Au-delà de la constitution du continent européen comme berceau de l’Occident, c’était l’imaginaire même de la modernité qui était en voie d’émergence : celui de l’entendement prédicatif et de la raison discriminante.
Comme le remarque Dussel, en effet, « la modernité comme telle est “née” quand l’Europe était en position de se poser elle-même comme un ego unifié explorant, conquérant, colonisant une altérité qui lui redonnait en retour son image d’elle-même » (traduit de l’anglais, 1993 : 66). La contemporanéité de la consolidation de la domination coloniale et de l’élaboration de ce que Quijano appelle « le complexe culturel de la rationalité/modernité » n’a donc rien d’accidentel, mais résulte plutôt des conditions épistémologiques nécessaires à la légitimation du pouvoir occidental-colonial (1992 : 14-16). Pour Quijano, c’est un nouveau paradigme qui émerge et qui fait de la rationalité la caractéristique clé de la définition que les européens se font d’eux-mêmes. En plus de délimiter les frontières de la rationalité au continent européen et de nier toute reconnaissance d’un « sujet » en dehors de ce contexte, ce paradigme permet également, et surtout, de relativiser les pratiques coloniales de domination en les réinscrivant dans le cadre d’une relation sujet-objet, le premier terme étant bien entendu réservé aux européens et le second, aux peuples colonisés. Privés de rationalité aux yeux des européens, ces derniers n’étaient donc pas dignes de « produire de la connaissance », ce qui bloqua toute communication interculturelle entre les indigènes et les européens et justifia une représentation les portrayant comme des simples « “objets” de connaissance et/ou pratiques de domination » (traduit de l’espagnol, Quijano, 1992 : 16).
Si nous portons notre attention sur ce que Mignolo appelle la « mission chrétienne », soit la première période coloniale s’étalant du XVIe au XVIIe siècle, nous nous apercevons que l’ouverture de la cosmologie occidentale au reste du monde répond bel et bien à une logique qui va de pair avec l’imaginaire colonial de l’époque. En effet, la mission chrétienne est gouvernée par une visée impériale de conversion de l’ensemble de la planète au christianisme, ou, comme le dit Mignolo (1999 : 282), par l’idéal d’un Orbis Universalis Christianus, un « monde chrétien universel ». De ce fait, elle représente le premier élan du continent européen vers un ordre cosmologique unique régissant la totalité de l’existence humaine.
Cet ordre commence à prendre forme durant la controverse opposant Francisco de Vitoria, Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepúlveda, aussi connue comme le débat sur les « droits des peuples ». Pendant la première moitié du XVIe siècle, ces trois théologiens espagnols réfléchissent et prennent position sur le traitement réservé aux peuples colonisés, surtout en ce qui a trait au travail forcé et à l’esclavage, mais aussi, dans une plus large mesure, quant aux différentes formes de maltraitance et de torture qu’ils subissent de la part des colons espagnols. Le sujet de la controverse est la question à savoir si les indigènes possèdent ou non une « âme », ce qui les rendrait pleinement « humains » aux yeux de l’Église et donc aptes à recevoir le salut. Alors que Bartolomé de Las Casas dénonçait les nombreux abus perpétrés à l’égard des indigènes et prônait leur reconnaissance en tant qu’individus libres devant bénéficier des mêmes droits que les européens, Juan Ginés de Sepúlveda prônait le point de vue contraire, stipulant que l’esclavage des indigènes était non seulement légitime, mais naturellement justifié. Francisco de Vitoria, quant à lui, optait pour une position mitoyenne (Fernandez Buey, 1992 ; Pérez, 2000 ; Savignano, 2003).
En 1542, l’influence de Vitoria et de Las Casas sur l’empereur Charles Quint conduit à l’adoption des « Lois Nouvelles » (Leyes Nuevas), destinées à améliorer les conditions de vie des indigènes et à leur assurer certains droits, notamment par l’abolition du système des encomiendas. Par contre, comme le souligne Pérez (2000), ce texte de loi vient officialiser plus concrètement la volonté d’évangélisation des peuples colonisés et leur soumission à la couronne espagnole. Ainsi, en vertu des nouveaux principes découlant de cette totalité humaine nouvellement admise, le débat sur les « droits des peuples » établit les premières bases aux droits universels, mais permet également, en raison de ces mêmes principes, d’asseoir le pouvoir occidental en légitimant cosmologiquement la domination du continent européen sur les autres civilisations du monde.
À la fin du XVIIe siècle, le déclin des empires espagnol et portugais, dû surtout à leur surexpansion et aux moyens engagés à la défendre, conduit à l’émergence de nouveaux pouvoirs impériaux. Comme le remarque Mignolo, c’est à ce moment que « l’image du “cœur de l’Europe” (Angleterre, France, Allemagne) remplace l’“Europe chrétienne” du XVe au milieu du XVIIe siècle (Italie, Espagne, Portugal) » (traduit de l’anglais, 1999 : 57). Dans les années qui suivent, l’imaginaire moderne-colonial est par conséquent appelé à se redéfinir. De concert avec les nouvelles puissances de l’époque, la première période coloniale s’achève, et le XVIIIe siècle donne lieu à une nouvelle légitimation symbolique du pouvoir colonial occidental, aujourd’hui connue comme la « mission civilisatrice ».

Coloniser pour mieux servir : la « mission civilisatrice »

La « mission civilisatrice » voit le jour durant la période suivant la Révolution française. C’est au courant de ces années que les « droits des peuples » sont remplacés par la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », et que la légitimation chrétienne du pouvoir colonial laisse progressivement la place à une légitimation séculière, prenant cette fois-ci pour appui des droits humains « universels et inaliénables » et non plus simplement des caractéristiques humaines faisant des indigènes des « sujets de Dieu » au même titre que les européens. De cette manière, la « question coloniale », restée jusque-là en arrière plan des débats sur les « droits des peuples », est occultée définitivement (Mignolo, 1999 : 62), et cela permet à la civilisation occidentale d’universaliser encore une fois les critères symboliques assurant sa position centrale dans le nouvel ordre émergent. Ces critères se mesurent désormais en rapport au respect des « droits de l’homme et du citoyen », qui deviennent, avec un ensemble d’autres critères, ce que Mignolo appelle le « standard de la civilisation ». Ce sont les européens qui énonçaient les critères universels applicables à toutes les civilisations humaines, et c’est donc l’Europe, en tant que civilisation, qui devint le « standard » pour toute civilisation.
Après les âpres débats autour de l’Autre et de sa possible intégration dans cette totalité anthropologique qu’est l’humanité, il devient clair que si les européens étaient prêts à admettre que les indigènes étaient aussi des « êtres humains », ils continuaient tout de même de croire que ceux-ci avaient encore du chemin à faire avant d’être « aussi humains qu’eux ». Voilà ce qui, d’un point de vue humaniste, justifie leur évangélisation et légitime leur mise en tutelle par les empires européens. Cependant, cette identification entre l’histoire du continent européen et le devenir de l’humanité ne s’articule de manière définitive sur le plan philosophique qu’à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la Révolution française exacerbe l’opposition entre tradition et modernité et transforme progressivement le critère spatial d’ordonnancement du monde en un critère temporel. Ainsi, alors que le XVIe et le XVIIe siècle étaient dominés par la notion d’« espace », comme en témoigne « l’expansion coloniale [...] menée par l’exploration du monde et la conception des cartes du monde » (traduit de l’anglais, Mignolo, 1999 : 285), le XVIIIe et le XIXe siècle deviennent le théâtre d’une réflexion philosophique sur le temps qui aurait pour conséquence, premièrement, de proclamer l’Occident comme représentant de l’humanité, et deuxièmement, de propulser l’histoire occidentale au rang de l’histoire universelle. L’appropriation de l’espace est donc suivie par celle du temps, et toutes les civilisations peuplant le monde vont se voir imposer une même grille chronologique unilinéaire, menant nécessairement vers un présent qui correspond à l’état actuel de la civilisation occidentale, ou, pour le dire autrement, présentant inéluctablement l’Occident comme le point d’arrivée de la marche évolutive de toute l’espèce humaine (Mignolo, 1999 : x).
En ce qui concerne les indigènes, la question pour les européens n’était donc plus de savoir dans quelle mesure ils étaient « loin de l’humanité », mais plutôt dans quelle mesure ils étaient « loin du présent » (ibid. : 283). Au courant du XIXe siècle, ce passage d’un axe spatial vers un axe temporel d’ordonnancement du monde conduit les européens à portraire les indigènes comme des « primitifs » et non plus comme des « sauvages », comme des « archaïques » et non plus comme des « barbares ». Depuis, toute une série de catégorisations prenant toujours l’Occident comme point de référence et répondant toujours à une même logique unique et universelle de la civilisation humaine s’abattent sur les autres civilisations du monde. Dorénavant, la nouvelle mission de l’Occident n’est donc plus de répandre le salut et les bonnes mœurs auprès de ses colonies, mais plutôt d’y assurer le respect des « droits humains » et leur extension aux autres civilisations humaines. Cette extension est conçue comme « naturelle », elle s’inscrit dans « le cours de l’histoire ». Accélérer ce processus est une œuvre charitable, non pas de l’ingérence ni de l’occupation et encore moins de la domination. Conjointement à l’idée d’une histoire universelle, la mission civilisatrice devient une manière d’associer l’« humain » au « civilisé », le « civilisé » au « moderne », puis le « moderne » au « présent » (ibid. : 285). Toute différence entre civilisations était perçue, du point de vue de l’Occident, comme un « manque de civilisation », l’expression d’un « retard » pouvant être « rattrapé » en suivant le chemin des sociétés dites « avancées ». En bref, la mission civilisatrice était une manière de justifier les interventions occidentales supposément destinées à permettre aux sociétés non-européennes de se joindre à la grande marche de l’humanité en route vers le « progrès ».
En France par exemple, où la mission civilisatrice fut la plus explicitement théorisée sur le plan philosophique, la colonisation fut défendue par des intellectuels aussi notables que Victor Hugo et Jules Verne. À ce sujet, Victor Hugo écrit :
« Au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au XXe siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème ; l’Europe le résoudra.
Allez, peuples ! Emparez-vous de cette terre ! Prenez-la ! [...] Où les rois apportaient la guerre, apportez la concorde ! Prenez-la non pour le canon, mais pour la charrue ! Non pour la bataille, mais pour l’industrie ! Non pour la conquête, mais pour la fraternité ! Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales ! Changez vos prolétaires en propriétaires ! Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ! Croissez, cultivez, colonisez, multipliez ! Et que sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l’esprit divin s’affirme par la paix et l’esprit humain par la liberté ! » (Cité par Rist, « Discours sur l’Afrique », 18 mai 1879)
Voilà ce qui, aux yeux de Rist, représente une « synthèse remarquable d’une justification philanthropique de la colonisation, considérée comme l’extension planétaire de la civilisation promise à tous » (1996 : 88). À cela s’ajoutent bien entendu des arguments d’ordre économique et politique, comme par exemple la nécessité d’un pays d’accroître son « espace économique » ou encore l’importance d’affirmer sa place dans le « concert des nations » (ibid. : 88-89), mais ce n’est que par sa dimension humanitaire que la mission civilisatrice réussit à orner la domination coloniale des qualités transcendantales d’une entreprise éthique universelle. Dans une conférence sur le devoir colonial en 1897, on peut entendre : « la colonisation n’est pas une question d’intérêt, mais une question de devoir. Il faut coloniser parce qu’il y a obligation morale pour les peuples comme pour les individus d’employer les forces et les avantages qu’ils ont reçus de la providence pour le bien général de l’humanité » (cité par Aubry, Gide, 1897). La colonisation devient alors une action morale, où les sociétés conçues comme les plus civilisées de par leur « ancienneté », « grandeur » ou « maturité », sont appelées à assister les sociétés dites « nouvelles », « jeunes » ou « immatures ». Ainsi, comme on peut lire dans l’introduction à la première édition de De la colonisation chez les peuples modernes (1874) : « le mérite d’un peuple qui colonise, c’est de placer la jeune société qu’il a enfantée dans les conditions les plus propres au développement de ses facultés naturelles, c’est, sans gêner son initiative, de lui aplanir la voie, de lui donner les moyens et les outils nécessaires ou utiles à sa croissance » (cité par Rist, Leroy-Beaulieu, 1874 : xii-xiii).

Une mission civilisatrice internationalisée

Après la fin de la Première Guerre mondiale, l’argumentaire permettant de légitimer l’intervention occidentale dans les territoires colonisés à travers l’idée d’une mission civilisatrice de l’Occident était bien implanté dans le discours politique de l’époque, et cela apparaît nettement dans le Pacte de la Société des Nations (SDN), signé dans le cadre du traité de Versailles le 28 juin 1919. Entre, d’un côté, la volonté des puissances coloniales de conserver leurs territoires outre-mer et, de l’autre, la forte opposition des États-Unis à l’annexion des zones occupées pendant la guerre aux empires coloniaux déjà existants, il semble que le meilleur compromis fut de mandater l’administration de ces territoires à une tierce-partie. C’est pourquoi l’article 22 du Pacte place les anciennes colonies allemandes et plusieurs territoires issus de l’ancien Empire ottoman sous la tutelle de différentes nations européennes au moyen d’un « système de mandats », formule ad hoc qui ne correspondait ni à l’annexion pure et simple des territoires aux empires des nations tutélaires, ni à une gouvernance directe exercée par la Société des Nations, mais bien à une situation d’entre-deux capable de satisfaire les deux partis. Ainsi, les premiers tiraient leur bonheur du fait qu’il s’agissait d’une légitimation du régime colonial chapeautée par une organisation internationale, et les seconds du fait que les opérations restaient malgré tout contrôlées par un organisme indépendant. Cependant, comme le remarque Rist, cette délégation du pouvoir colonial via la Société des Nations a comme conséquence directe de « légitimer l’internationalisation de cette intervention au nom de la civilisation considérée comme le patrimoine commun des États européens » (1996 : 99).
Portons notre attention sur les trois premiers points de l’article en question :
-  Les principes suivants s’appliquent aux colonies et territoires qui, à la suite de la guerre, ont cessé d’être sous la souveraineté des États qui les gouvernaient précédemment et qui sont habités par des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation, et il convient d’incorporer dans le présent Pacte des garanties pour l’accomplissement de cette mission.
-  La meilleure méthode de réaliser pratiquement ce principe est de confier la tutelle de ces peuples aux nations développées qui, en raison de leurs ressources, de leur expérience ou de leur position géographique, sont le mieux à même d’assumer cette responsabilité et qui consentent à l’accepter : elles exerceraient cette tutelle en qualité de Mandataires et au nom de la Société.
-  Le caractère du mandat doit différer suivant le degré de développement du peuple, la situation géographique du territoire, ses conditions économiques et toutes autres circonstances analogues.
Le Pacte de la Société des Nations représente donc un nouveau moment dans l’ordre moderne-colonial, où la mission civilisatrice n’est plus menée de manière séparée par chaque puissance coloniale, mais bien de concert avec les autres nations européennes, dorénavant représentantes de « la civilisation » à titre égal et consensuelles mandataires du bien-fondé de cette mission. Bien plus encore, cet article officialise en quelque sorte l’évolutionnisme ambiant en utilisant pour la première fois dans la littérature internationale la notion de développement dans le but d’opérer une distinction objective entre les peuples. Le « degré de développement » est ainsi employé, comme le dit Rist, « pour justifier un classement des nations, tout en affirmant qu’il existe, au sommet de l’échelle, des nations développées » (ibid. : 103). Le « bien être et le développement de ces peuples », perçus comme « non encore capables de se diriger eux-mêmes », sont par conséquent confiés aux « nations développées », qui sous l’autorité internationale de la Société des Nations se chargeront de mener à bien cette « mission sacrée de civilisation ». Encore une fois, la domination coloniale est euphémisée dans un langage humanitaire à prétention universaliste ; les intérêts économiques et politiques sont voilés par les valeurs de « civilisation », de « bien-être » et de « progrès », et l’idée officiellement ratifiée d’une mission civilisatrice permet de légitimer l’intervention occidentale dans les autres civilisations du monde. Comme le résume Rist, « la conquête est injustifiable par des raisons d’intérêt. Qu’à cela ne tienne, il suffit de les taire et de les remplacer par un objectif vertueux et sacré, par une mission civilisatrice que personne ne saurait contester. Du coup, le fait accompli de la conquête – dont le bien-fondé pouvait être discutable – prend une valeur positive et il devient loisible de détruire des sociétés entières puisque c’est pour leur bien » (ibid. : 114). Désormais, « c’est au nom de cette “mission sacrée”, qui s’impose à tous de façon indiscutable, que l’on pourra [...] poursuivre l’entreprise coloniale » (ibid. : 104). L’internationalisation de la mission civilisatrice par l’intermédiaire de la Société des Nations n’enlève donc rien à l’idée d’une histoire universelle en vogue depuis la fin du XVIIIe siècle, mais continue d’y être attachée en projetant dans le discours politique de l’époque cette vision unilinéaire du monde dictant à chaque peuple la voie à suivre et inscrivant son mouvement historique dans un seul et même devenir correspondant à celui de la civilisation occidentale.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la montée d’une nouvelle superpuissance annonce la fin de la seconde période coloniale, et la « mission civilisatrice », qui était jusque-là l’expression caractéristique du discours colonial, laisse la place à un nouveau métarécit capable d’articuler l’imaginaire moderne à la nouvelle situation géopolitique internationale. Comme nous le verrons, c’est la notion de développement qui permet aux États-Unis d’asseoir son hégémonie dans le concert des nations tout en légitimant le mouvement de décolonisation et tout en prolongeant les mêmes principes universels qui servirent de guides à la domination occidentale durant la période coloniale.
Le développement : nouvelle mission civilisatrice de l’Occident
Même si la notion de développement fait une première apparition dans le discours politique international dans le Pacte de la Société des Nations en 1919, celle-ci ne prend l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui qu’à la suite du discours sur l’état de l’Union le 20 janvier 1949, prononcé devant le congrès américain par le 33e président des États-Unis, Harry S. Truman. Cela survient dans des circonstances bien particulières, où la fin de la Seconde Guerre mondiale donne lieu à l’émergence de deux nouvelles puissances cherchant à consolider leur domination au niveau mondial (Omar, 2012 : 46). C’est, comme le souligne Peemans, un « moment historique où on ressent une demande pour un nouvel “ordre des peuples et des gens” » (2002 : 43). Pour mettre en lumière les relations qu’il est possible d’établir entre l’élaboration des plans d’aide au développement et l’émergence des États-Unis comme nouveau pouvoir hégémonique, il convient donc de se pencher d’abord sur le contexte de la Guerre froide. Nous entendons montrer par là que la notion de développement survient à un moment charnière de la lutte entre deux « modèles civilisationnels », ce qui, d’un côté, fait du développement la pierre angulaire du projet civilisationnel occidental à l’international, et de l’autre, participe à la reformulation de la mission civilisatrice dans les termes plus contemporains d’un discours économico-technocratique, prenant comme point d’ancrage un bien-être humain assuré par l’industrialisation et la croissance.
Le point IV de Truman et le fondement des nouveaux critères de la coopération internationale
Plusieurs historiens associent le début de la Guerre froide à l’énonciation en 1947 de la Doctrine Truman, politique étrangère des États-Unis visant à aider financièrement la Grèce et la Turquie dans leur militarisation en prévoyance d’une menace soviétique (Bostdorff, 2008). Le climat de confrontation indirecte entre les deux nouvelles puissances escalade très vite, avec, du côté des États-Unis, la mise en place du plan Marshall plus tard la même année et avec la création de l’OTAN en avril 1949. Du côté de l’URSS, des mesures semblables entrent en vigueur avec quelques années de différence, comme le Pacte de Varsovie par exemple, signé en mai 1955. Le discours du président Truman est donc formulé en pleine Guerre froide, et cela témoigne des efforts des États-Unis pour établir des nouveaux critères capables de supporter symboliquement les fondements de l’ordre hégémonique émergeant. Dans ce contexte, il semble que le discours de Truman introduit la notion de développement dans le but d’organiser les relations internationales d’après une nouvelle grille. Ce qu’il propose, en effet, n’est rien de moins qu’une transformation radicale de la manière dont on se représente les relations entre l’Occident et le reste du monde.
Après le discours de Truman, la notion de développement remplace presque définitivement celle de civilisation dans les discours humanitaires ayant pour prétention de guider l’intervention des nations occidentales dans les autres régions du monde. Ce faisant, l’opposition entre colonisateurs et colonisés qui caractérisait jusqu’alors la relation entre l’Occident et le monde se dissipe au profit d’une nouvelle dichotomie opposant les nations dites « développées » aux nations « sous-développées ». Ainsi, ce « nouveau binôme », comme l’appelle Rist, « introduit l’idée d’une continuitésubstantielle” entre les deux termes, qui ne diffèrent entre eux que de façon relative » (1996 : 123). Tout comme l’idée de civilisation, qui, en tant que caractéristique universelle du devenir historique de l’humanité, avait la prétention impériale d’intégrer en son giron tous les peuples du monde, la notion de développement entend aussi s’appliquer à la totalité des civilisations humaines. Le « standard civilisationnel » qui guidait autrefois la mission civilisatrice de l’Occident réapparaît ici sous des nouveaux critères, répondant toujours à des principes universels, mais regroupés dorénavant en termes de « besoins humains » ne se basant plus sur les idéaux philosophiques des Lumières mais bien sur des nécessités biologiques, dont la satisfaction à long terme ne peut être assurée de manière durable qu’en suivant les injonctions à l’industrialisation et à la croissance énoncées par les institutions politiques internationales.
Sans plus tarder, penchons-nous maintenant sur le fameux « Point IV » du discours de Truman, où la notion de développement est présentée pour la première fois comme principe explicite de la coopération internationale. Voici un extrait :
Quatrièmement, il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies. Leur vie économique est primitive et stationnaire. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. Pour la première fois de l’histoire, l’humanité détient les connaissances techniques et pratiques susceptibles de soulager la souffrance de ces gens. [...]
Je crois que nous devrions mettre à la disposition des peuples pacifiques les avantages de notre réserve de connaissances techniques afin de les aider à réaliser la vie meilleure à laquelle ils aspirent. Et, en collaboration avec d’autres nations, nous devrions encourager l’investissement de capitaux dans les régions où le développement fait défaut. Notre but devrait être d’aider les peuples libres du monde à produire, par leurs propres efforts, plus de nourriture, plus de vêtements, plus de matériaux de construction, plus d’énergie mécanique afin d’alléger leurs fardeaux.
Nous invitons les autres pays à mettre en commun leurs ressources technologiques dans cette opération. [...] Cela doit constituer une entreprise collective à laquelle toutes les nations collaborent à travers les Nations Unies et ses institutions spécialisées pour autant que cela soit réalisable. Il doit s’agir d’un effort mondial pour assurer l’existence de la paix, de l’abondance et de la liberté. Avec la collaboration des milieux d’affaires, du capital privé, de l’agriculture et du monde du travail de ce pays, ce programme pourra accroître grandement l’activité industrielle des autres nations et élever substantiellement leur niveau de vie. [...] Une production plus grande est la clef de la prospérité et de la paix. Et la clef d’une plus grande production, c’est une mise en œuvre plus large et plus vigoureuse du savoir scientifique et technique moderne.
Ce n’est qu’en aidant ses membres les plus défavorisés à s’aider eux-mêmes que la famille humaine pourra réaliser la vie décente et satisfaisante à laquelle chacun à droit. (Traduit de l’anglais par Rist, 1996 : 118-120)
Pour Rist, ce discours constitue un véritable chef-d’œuvre : « il synthétise un certain nombre d’idées qui, manifestement, étaient conformes à l’esprit du temps ; il innove sur le plan conceptuel et propose une nouvelle manière de concevoir les relations internationales » (1996 : 120). De plus, en déplaçant les principes éthiques de l’intervention internationale d’un discours de type philosophique – comme c’était le cas du XVIIIe jusqu’au milieu du XXe siècle – à un discours de type pragmatique prenant pour base des conditions essentielles à toute vie humaine – telles la lutte contre la faim, la maladie et la misère –, le discours de Truman réussit à ancrer le développement dans une universalité encore moins discutable que ne pouvait l’être la mission de civilisation menée par la Société des Nations à peine quelques années auparavant. Ainsi, le développement se présente, tout comme la mission civilisatrice, comme une obligation morale pour les nations « développées », conçues comme les détentrices de savoirs techniques et scientifiques capables de libérer de sa détresse n’importe quel pays. Comme le remarque Rist, l’écart entre les nations est donc « construit de manière à justifier la possibilité – ou la nécessité – d’une intervention, car on ne saurait rester passif face au spectacle de la misère » (ibid. : 126). À partir du moment que l’on est prêt à reconnaître l’existence du « sous-développement », chose qui est loin d’aller de soi si ce n’est qu’en inscrivant au préalable sa propre réflexion dans le cadre de principes universels ou d’une histoire universelle, le développement se dévoile instinctivement non seulement comme la meilleure solution, mais encore comme « la seule solution possible » (ibid. : 127). À ce sujet, Rist écrit :
Du même coup, l’interrogation sur le « développement » deviendra impossible. Certes, il sera loisible de débattre de ses modalités, des moyens d’« accélérer la croissance » ou d’en répartir les effets de manière plus équitable, mais le caractère transitif du « développement » – c’est-à-dire l’intervention qu’il représente dans les affaires internes d’une nation – ne sera pas mis en cause : on ne s’attaque pas à une croyance qui détermine un programme visant au bonheur universel ; on ne parle pas de ce qui va de soi, tout au plus peut-on chercher à l’améliorer. (Rist, 1996 : 129)
Depuis son apparition dans le contexte de la Guerre froide jusqu’aux plus récents programmes d’aide internationale, la notion de développement correspond donc à une valeur hégémonique. Comme les idées du bien et du juste, il est difficile de s’opposer au développement à partir du moment où l’on identifie son contraire à des situations de souffrance comme la famine, la pénurie, les épidémies ou encore d’autres drames et catastrophes. Bien sûr, ailleurs que sur les carnets des conquistadors, des missionnaires et des développeurs de toutes sortes, jugeant, classant, évaluant les modes de vie traditionnels selon leurs propres critères, leurs propres valeurs et leur propre histoire, il n’existe pas de cas répertorié de populations qui vivaient dans un état de misère généralisée avant le début de l’ère coloniale. Rien n’empêche, cependant, que l’Occident continue, à travers l’universalisation de sa propre histoire, de portraire la persistance de ces modes de vie comme une entrave au « progrès ». Ainsi, comprend-on dans le discours de Truman, les sociétés traditionnelles ont une vie économique « primitive et stationnaire » qui ne saurait avoir de valeur d’après les nouveaux critères objectifs et rationnels du développement.
La solution proposée est donc d’exporter le modèle occidental au reste du monde. Par la mise à contribution des savoirs techniques et scientifiques, par l’encouragement des investissements étrangers, par l’industrialisation et la production de masse, l’objectif est d’aider les peuples « sous-développés » à « réaliser la vie meilleure à laquelle ils aspirent ». Ici, comme c’était le cas lors de la période coloniale, l’occidentalisation du monde est vue comme la sortie d’un état de sous-humanité et d’ignorance. C’est alors que le développement se dévoile « comme un remarquable outil de néocolonisation de par sa dimension de pédagogie qui suppose aide et assistance » (Hours, 1998 : 66).
Depuis la fin des années 1940, comme le souligne Rist, il faudra environ vingt ans avant que le développement ne soit admis « comme le projet collectif de l’humanité toute entière » (Rist, 1996 : 130). Alors il se présentera comme une évidence incontournable de tous les discours visant à justifier l’intervention des nations occidentales dans les autres régions du monde. Par contre, comme nous l’avons mentionné, cela est loin d’aller de soi, et c’est la raison pour laquelle les stratégies de développement devront être repensées et reformulées constamment.
L’échec des politiques d’aide au développement et la succession de nouveaux modèles
Aujourd’hui, force est de constater que les politiques d’aide au développement se sont sondées par un véritable échec. Comme le remarque Sachs, « l’idée du développement se tient comme une ruine dans le paysage intellectuel. Délusion, déception, échecs et crimes furent les constants compagnons du développement et racontent une histoire commune : cela ne marcha pas » (1992 : 1). En nous penchant sur les données compilées par les Nations Unies, on note en effet une augmentation du taux de pauvreté dans le monde, une croissance exponentielle des inégalités et un accroissement de la malnutrition (Omar, 2012 : 44-45). Avec un recul de plus de 60 ans de pratiques d’aide au développement, nous sommes donc en mesure de nous demander si les échecs successifs de cette entreprise charitable ne seraient pas dus à autre chose qu’à un simple manque de moyens ou à une méconnaissance des populations cibles, comme le suggèrent certains anthropologues [1]. Ces difficultés ne sont pas étrangères aux discours des institutions internationales, et c’est pourquoi la notion de développement subit continuellement des remaniements depuis sa formulation initiale à la fin des années 1940.
En continuité directe de la mission civilisatrice de l’Occident, la première formulation du développement insiste sur la lutte contre les valeurs traditionnelles, perçues comme les « superstitions d’un autre âge » et comme le reflet de « mentalités arriérées » qu’il convient de dépasser le plus rapidement possible (Rist, 1986 : 5). La théorie de Rostow (1960) sur les étapes de la croissance économique s’inscrit dans cette lignée, qui perçoit le « retard » des pays « sous-développés » comme une conséquence de « la permanence d’institutions et de comportements traditionnels, conçus comme des freins au progrès, à la croissance et au développement » (Cardinal, 2010 : 12). Jusqu’aux années 1960, l’emphase est donc mise sur le développement des forces productives, sur la mise en valeur des ressources naturelles et sur une industrialisation accélérée devant aboutir, comme le prévoit la dernière étape de Rostow, sur une « consommation de masse ». Mais les limites de ce plan ethnocentré se ressentent rapidement, et dans les années qui suivent une réflexion critique sur les politiques d’aide au développement est entamée. Cela conduit à l’élaboration d’un développement plus auto-centré, avec, comme le souligne Rist, le recours à des « technologies intermédiaires » et à une « dissociation sélective du marché international » (1986 : 5). Déjà les prétentions à imposer le modèle américain aux autres civilisations du monde sont revues à la baisse, mais l’avènement du néolibéralisme change de nouveau la donne. Au courant des années 1980, et plus spécifiquement depuis la formulation du « Consensus de Washington » en 1989, les lourdes dettes contractées par les pays du Sud amènent les institutions internationales à adopter des politiques visant à promouvoir l’austérité. À partir de la fin des années 1980, le développement va donc de pair avec la rigueur budgétaire. Ainsi, « sous l’égide du FMI et de la Banque mondiale, l’approche libérale, dans une version largement monétariste, retrouve une domination sans partage. Le paradigme développementaliste cède ainsi la place au paradigme du “Consensus de Washington” structuré autour du triptyque austérité-privatisations-libéralisation » (Varcellone, 2002 : 13), dont l’augmentation catastrophique de la pauvreté reste la plus notable conséquence. Un plan de développement en appelle donc un autre, et depuis les années 2000, celui-ci prend la forme d’une « lutte contre la pauvreté », comme en témoignent les nombreux discours des organisations internationales ces dernières années, à commencer par la « Déclaration du millénaire » des Nations Unies.
Par contre, derrière tous les problèmes que le développement peut réellement avoir comme prétention de régler, la brève généalogie que nous avons présentée nous amène à voir ce nouveau tournant d’un œil critique. Comme nous avons tenté de montrer, les universalismes occidentaux surgissent dans des contextes particuliers, où l’Occident cherche à légitimer son intervention auprès des autres civilisations humaines et d’après un ordre cosmologique unique, faisant du centre de l’économie-monde le parachèvement de l’espèce humaine. Pour cette raison, les questions que nous devons envisager de manière sérieuse sont les suivantes : le développement est-il seulement aussi universel qu’on le prétend ? Et qu’en est-il de la « lutte contre la pauvreté » ? S’agirait-il de nouvelles conceptions universalistes cherchant à justifier, une fois de plus, l’intervention sans scrupules de l’Occident sur le reste du monde ? La poursuite des objectifs de développement par les peuples colonisés ne serait-elle pas un cas exemplaire de ce que Anibal Quijano et Walter Mignolo appellent respectivement la « colonisation culturelle » et la « colonisation interne » ? Et à l’époque actuelle, pourquoi développe-t-on ? Au nom de quoi ? Qu’est-ce qui nous fait penser que cette entreprise-là est un « devoir », quelque chose d’évident pour n’importe qui aspirant au bien de l’humanité ? Quels sont les principes qui guident et légitiment ces actions ? Se pourrait-il qu’ils soient, eux aussi, le fruit d’une histoire qu’on aimerait mieux laisser loin derrière nous et oublier ?
Cet essai ne prétend pas donner une réponse définitive à ces questions, mais souhaitait avant tout générer une réflexion de fond visant à établir une certaine distance face à toutes ces notions qui nous habitent en propre et continuent d’exercer, encore aujourd’hui, une forte influence dans l’orientation de la coopération internationale et des politiques étrangères de nombreux pays.

Conclusion

En suivant les intuitions de Mignolo, cet essai a cherché à montrer comment les universalismes du continent européen, de leurs premières élaborations au courant du XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui, furent toujours formulés dans des conditions géopolitiques spécifiques, répondant à des intérêts particuliers ancrés dans la relation établie entre l’Occident et le reste du monde. Ainsi, au courant de la « mission chrétienne » du XVIe au XVIIe siècle, l’élargissement des frontières de l’humanité et l’intégration de l’Autre dans une même totalité humaine permit, tout en établissant les premières bases aux droits humains universels, de légitimer l’évangélisation et la mise sous tutelle des peuples colonisés par les empires européens. Plus tard, pendant la « mission civilisatrice » se déroulant du XVIIIe jusqu’au milieu du XXe siècle, la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » devint le nouveau « standard de la civilisation », critère permettant encore une fois aux empires européens de coloniser en toute bonne conscience, aussi convaincus étaient-ils de répandre les effets bienfaiteurs de la modernité et du progrès. Chaque période historique que nous avons étudiée coïncide avec la montée de nouveaux pouvoirs impériaux qui accompagnent l’élaboration de nouveaux critères universels capables d’assurer leur position centrale dans le nouvel ordre émergeant. L’élaboration de la notion de développement comme principe explicite de la coopération internationale dans le contexte de la Guerre froide n’est donc pas innocente, mais relève justement de cette reconfiguration symbolique correspondant à la recherche des États-Unis de nouveaux fondements capables d’asseoir son pouvoir hégémonique dans le concert des nations. Dans ce contexte, la continuité de la notion de développement avec la mission civilisatrice de l’Occident se comprend par le simple fait que celle-ci continue d’inscrire le progrès dans une vision chronologique unilinéaire conduisant nécessairement vers une situation qui correspond à l’état actuel de la civilisation occidentale, soit celle du capitalisme industriel de masse instauré dans la période suivant la fin de la 2nde Guerre mondiale. La notion de développement inaugure, comme l’écrit Omar (2012), « une nouvelle ère dans la gestion des relations internationales dans laquelle le rêve occidental du progrès s’est transformé dans une imagination hégémonique à une échelle globale » (Omar, 2012 : 47).
Or, à la lumière de ces réflexions, certaines questions se posent. Par exemple : jusqu’à quel point peut-on, en toute humilité, continuer d’affirmer la validité des droits humains universels après s’être sincèrement penché sur leur contexte d’élaboration, sur leurs liens étroits avec la période coloniale et sur les divers types d’ingérences qu’ils permirent de légitimer, hier comme aujourd’hui ? Se pourrait-il que derrière ces principes universels, comme le suggère Mignolo, la mission civilisatrice de l’Occident soit bel et bien vivante (1999 : 296-297), quoique considérablement reformulée sous le couvert de critères d’autant plus incontestables qu’ils s’inscrivent désormais dans la rationalité et dans l’objectivité même du monde ? Dans tous les cas, une chose reste sûre : avec le déplacement progressif du centre de l’économie-monde des États-Unis vers d’autres régions du monde, phénomène qui s’accompagne parallèlement d’une déterritorialisation progressive des rapports politiques et économiques de domination, la légitimation symbolique des interventions internationales risque fort probablement de subir à nouveau des changements.

Bibliographie

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MIGNOLO, Walter D. 1999 (2012). Local Histories/Global Designs : Coloniality, Subaltern Knowledges and Border Thinking, Princeton : Princeton University Press, 371 p.
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PÉREZ, Joseph. 2000. « Vitoria, Sepúlveda, Las Casas et les problèmes de la conquête et de la colonisation espagnoles au XVIe siècle », in De l’humanisme aux Lumières : études sur l’Espagne et l’Amérique, Madrid : Casa de Velázquez, p.387-405.
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QUIJANO, Aníbal. 1992. « Colonialidad y modernidad/racionalidad », Perú Indígena, Vol. 13, No. 29, p.11-20.
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SAVIGNANO, Armando. 2003. « Crítica del mito de la modernidad. Diálogo intercultural : el debate entre G. de Sepúlveda, F. de Vitoria, B. de Las Casas », Cuadernos Salmantinos de Filosofía, Vol. 30, p.729-744.
VARCELLONE, Carlo. 2002. « Les politiques de développement à l’heure du capitalisme cognitif », Multitudes, Vol. 3, No.10, p.11-21.
WEBER, Max. 1996. Sociologie des religions, trad. Jean-Pierre Grossein, Paris : Gallimard, 576 p.

 

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26 janvier 2019

Plouc Péouze Cul-terreux Pécore Bouseux enfin Paysan, n’oublie pas l’indien dans nos têtes

Reprend les rênes

enne

peouzerene

Paysan class Actua

 

Il faut rappeler la volonté politique des États d’exterminer la paysannerie avec sa part d’autonomie et de respect, au profit de l’industrialisation en collaboration avec les firmes et banquiers sous l’égide de leur idéologie absurde et meurtrière (volonté de puissance ; croissance, productivisme, scientisme, capitalisme etc). Malgré le broyeur à chair humaine, cette « Megamachine » décrite par Mumford et beaucoup d’autres qui ont été victimes de la conspiration du silence en leur temps, la résistance est toujours là. Et elle rejoint de plus en plus les luttes autochtones, pour une vie simple sur terre en alliance avec elle (Jaulin). Il faut en finir avec le développement (Partant) car c’est l’autre mot du colonialisme (Casaux). Nous sommes « des indiens en devenir » (Viveiros), à ce retour difficile, la voie qui s’en approche est la via campésina. Suivons-la et soutenons-les. https://viacampesina.org/fr

(Jean-Yves Peillard)

 

Voir

- Sylvia Perez Vitoria – Francois de Ravignan (la ligne d’horizon)

http://alimentation-generale.fr/culture/a-lire-ou-pas/des-paysans-rebelles-il-en-existe-partout

du groupe des amis de

 

– Francois Partant

http://www.plusloin.org/refractions/refractions9/13GandiniPartant.pdf

 

- Vandana Shiva

  • La guerre de l'eau - Privatisation, pollution et profit (ISBN 2841900975)

  • Ethique et agro-industrie - Main basse sur la vie (1996) (ISBN 2-7384-4409-1)

  • Ecoféminisme (1993) avec Maria Mies (ISBN 2738471773)

  • Le terrorisme alimentaire - Comment les multinationales affament le tiers-monde (2001) avec Marcel Blanc (ISBN 2213610800)

  • La vie n'est pas une marchandise - La dérive des droits de propriété intellectuelle [« Protect or plunder? »], Éditions de l’Atelier et Éditions Charles Léopold Mayer (France),Éditions Céres (Tunisie), Éditions Ruisseaux d’Afrique (Bénin), Presses Universitaires d’Afrique (Cameroun), Éditions Écosociété (Canada), Éditions Éburnie (Côte d’Ivoire), Éditions Ganndal (Guinée), Éditions Jamana (Mali), Éditions Tarik (Maroc), Éditions d’En-Bas (Suisse)., coll. « Enjeux Planète », 2003, 332 p. (ISBN 2708236911).

  • La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance(ISBN 2847260072)

 

- André Pochon

http://www.lavie.fr/blog/andre-pochon/

 

- Bernard Ronot et tout membre réseau semence paysanne http://www.semencespaysannes.org/

 

- Bernard Lambert http://bcd.bzh/becedia/fr/les-travailleurs-paysans

http://www.berthomeau.com/article-l-histoire-du-fils-d-un-metayer-de-teille-un-certain-bernard-lambert-paysan-et-rebelle-124126839.html

 

- John Berger http://www.forumcivique.org/fr/articles/questions-dhier-et-de-demain-adieu-%C3%A0-john-berger

http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article501

http://www.citoyens-resistants.fr/IMG/pdf/Le_besoin_d_apprendre_par_John_Berger.pdf

se recoupe avec Antoine Sylvère (Toinou) préface Jakez Helliaz

 

- Gilles Perret documentaire «  Les trois frères »

 

- Yannick Ogor , Le Paysan impossible, 2017

https://sniadecki.wordpress.com/2017/11/30/ogor-paysan/

 

 

- Xavier Noulhianne, Le Ménage des champs, 2016

https://sniadecki.wordpress.com/2017/12/02/noulhianne-champs/

https://sniadecki.wordpress.com/2012/06/29/noulhianne-ababsurdo/#more-728

http://terreaterre.ww7.be/industrialisation-agriculture-elevage.html ou

https://www.franceculture.fr/emissions/terre-terre/lindustrialisation-de-lagriculture-et-de-lelevage

https://sniadecki.wordpress.com/2012/06/29/noulhianne-pucage/#more-731

 

 

- (Sous la direction) Aude Vidal « on achève bien les éleveurs » 2017

http://zinc.mondediplo.net/tag/aude_vidal

http://www.lechappee.org/collections/action-graphique/on-acheve-bien-les-eleveurs

 

- Pierre Bitoun et Yves Dupont, « Le sacrifice des paysans », 2016.

http://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/le-sacrifice-des-paysans

https://comptoir.org/2017/01/18/pierre-bitoun-le-sacrifice-des-paysans-cest-celui-de-tous-les-autres/

https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-leroy/blog/230317/le-sacrifice-des-paysans

 

- Pierre Souchon

https://reporterre.net/A-DEC-Encore-vivant-Pour-un-paysan-la-nature-c-est-une-frangine-Encore-vivant

 

- Fabrice Nicolino

https://reporterre.net/Le-cri-de-colere-de-Fabrice-Nicolino-contre-le-desastre-agricole

- Classe : révoltes entre mépris et embourgeoisement

https://www.causecommune-larevue.fr/les_classes_populaires_en_milieu_rural_synthese_et_perspectives

https://journals.openedition.org/lectures/28487

http://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/lembourgeoisement-une-enquete-chez-les-cerealiers/

https://comptoir.org/2014/11/14/lavenir-de-lagriculture-un-enjeu-politique/

https://www.bastamag.net/Le-mouvement-de-resistance-a-Notre-Dame-des-Landes-est-aussi-une-continuite-des

 

Suite "recensemence" sur: PaysanClassActua2019

Autres Documentations:

Sacrifice_paysansBitoun_Dupont

PaysanClassActuaLobby2018

John_BergerNoulhianneOgorJohn_BergerBernard_Lambert

SilviaPerezVitoriapvsilence381

LaDestructionPaysanne

peouzechevalARVITarzan

peouzeberet

 

 

 

 

 

 

 

https://www.faucheurs-volontaires.fr/

2010

Ethno Nous autres actua

Pierre_Clastres

Robert_Jaulin2018

Thierry_Sallantin2018

ChasseurCueill_Agric2019

DeveloppementEstColonialRevueMAUSS

Alain_Gras

illich2014illich2018_lecoududevelopemnt

Rey_Olivier

RieselSalentinboncritiqDecroisscitoy

LouarLeMytheDuProgr_s

 

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16 janvier 2019

ATOMIK TOUR suivez la course contre la fin du monde

20180313104608383216

https://bureburebure.info/debut-de-latomik-tour/

Début et présentation de l’atomik-tour

Le site de l’atomik tour http://atomik-tour.org/

 

Carte des étapes de l’atomik tour de janvier 2019 à août 2019 http://umap.openstreetmap.fr/en/map/atomik-tour-2019_262457?scaleControl=false&miniMap=false&scrollWheelZoom=false&zoomControl=true&allowEdit=false&moreControl=true&searchControl=null&tilelayersControl=null&embedControl=null&datalayersControl=true&onLoadPanel=undefined&captionBar=false%22#6/47.502/2.219

 

À partir de l’automne 2018, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) est rentrée dans la phase préparatoire d’un débat officiel sur le vaste sujet des déchets de l’industrie du nucléaire qui durera 4 mois au moins.

C’est au compte-goutte que nous découvrons les contours de ce débat qui semble être repoussé maintenant dans le courant du premier semestre 2019.

Il s’inscrit dans le processus de validation et de mise en œuvre du prochain PNGMDR pour 2019-

2021 (Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs), alors que les conclusions de celui sur la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) sont déjà controversées et sont surtout ignorées par le gouvernement qui axe toute sa politique énergétique sur un sauvetage du nucléaire à défaut de sauver le climat.

Comme le dit lui-même, Pierre-Marie Abadie, directeur général de l’Andra (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radio-Actifs), ce débat sera surtout « une belle occasion de faire de la pédagogie », autrement dit de cette fameuse « acceptabilité sociale ».

Hormis sa durée de 4 mois, les modalités exactes de ce débat restent encore floues, mais nous savons qu’il concernera l’orientation et la validation de 5 grands projets :

– la gestion des déchets de très faible activité et la question du seuil de libération,

– la filière des déchets de faible activité à vie longue (FAVL) et la proposition de son schéma directeur en 2019,

– l’entreposage des combustibles Mox usés, donc la piscine de stockage centralisée de matières radioactives,

– la qualification d’une matière radioactive en déchets (après quel délais),

– l’enfouissement des déchets en grande profondeur : Cigéo, la poubelle nucléaire en Meuse.

Même si ces thèmes sont tous liés, c’est surtout pour ce dernier projet que ce débat, obligatoire dans son processus de validation, aura lieu. En effet, déjà repoussée d’un an grâce à une lutte sans relâche en Meuse, notamment par l’occupation du bois Lejuc pendant plus de 18 mois, la DAC (Demande d’Autorisation de Création) de Cigéo devrait être déposée en 2019. Les résultats de ce débat seront versés à l’enquête publique pour la DAC.

Toutes les associations locales opposées à Cigéo appellent à boycotter le débat, refusant de cautionner et cogérer ce projet en choisissant la couleur des fûts ou leur « papier d’emballage ».

D’autres organisations comptent, quant à elles, participer à ce débat, à leur manière, même si elles n’ont aucune illusion sur son poids démocratique mais elles veulent ainsi tenter d’informer la population et inscrire dans le marbre d’une consultation publique les questionnements, les analyses des opposant-es au nucléaire et à sa filière de déchets.

Afin de proposer une alternative à ce débat, au cadre biaisé et imposé par L’État, nous avons lancé un appel dès le 16 juin 2018 lors d’une grande manifestation à Bar-le-Duc dans la Meuse : nous invitons tous les groupes anti-nucléaires comme les groupes engagés contre les GPII à boycotter le débat officiel et, dans tous les cas, quelque soit leur position, à organiser leurs propres débats.

Cependant, nous n’acceptons plus que le nucléaire soit interrogé en le « saucissonnant » pour mieux nous le faire avaler en tranches. Nous ne voulons pas seulement discuter des déchets mais nous voulons poser la question du nucléaire dans son ensemble : de la mine d’uranium aux déchets ultimes en passant par la bombe atomique, par le vieillissement des centrales, par le dangereux et coûteux EPR (nouveau réacteur) et, enfin, en questionnant notre rapport à l’énergie imposé par le choix du nucléaire.

En effet, ce débat officiel s’inscrit dans une échéance importante : l’année 2018-2019, charnière indispensable à la poursuite du programme nucléaire français pendant encore les 30 prochaines années…

Cette année devrait voir valider (et on le constate déjà à travers la fameuse PPE) :

– la prolongation des centrales au-delà de 40 ans (!)

– le démarrage de l’EPR (dont la cuve et les soudures sont pourtant défectueuses)

– la validation de Cigéo par le dépôt de la DAC (projet pourtant remis en cause scientifiquement et éthiquement depuis des années)

– et probablement le dépôt de la DAC de la piscine centralisée (en tout cas, avant fin 2020).

Sans compter la poursuite du nucléaire militaire, filière qui ne peut perdurer sans le nucléaire civil et quiest tellement représentative de la folie destructrice dans laquelle notre monde est engagé.

Alors, devant ces constats et pour comprendre notre rapport à l’énergie, nous voulons poser, plus largement, la question suivante au public et interroger ainsi le rapport presque « affectif » que la population française entretient avec le nucléaire :

« LA FRANCE NUCLÉAIRE : vous y tenez ? Pourquoi ? »

En effet, malgré l’information donnée sans cesse par les militant.es, malgré la conscience du risque d’accident comme la pollution extrême de la planète pour des centaines de milliers d’années, la population française semble restée attachée à l’énergie nucléaire : vraiment ? Si oui, pourquoi ?

Parce qu’ « EDF est celle qui sauve notre électricité pendant les tempêtes » ?

Parce que « détenir la bombe atomique nous donne le rang de puissance mondiale »?

Parce que « le nucléaire est le fleuron de l’industrie française » ?

Parce que « sans le nucléaire, nous n’aurions pas notre confort électrique actuel » ?

Parce que nous avons construit notre « identité nationale » à travers le « tout nucléaire » ? …

Comme le démontre, Gabrielle Hecht dans son livre « Le rayonnement de la France – Énergie nucléaire et identité nationale après la seconde guerre mondiale » (Éditions Amsterdam – 2014), le nucléaire, en particulier son aspect ingénierie, a totalement imprégné le développement social, technologique, historique et culturel de la France jusqu’à façonner progressivement, presque insidieusement, son identité nationale depuis 1948 lorsque « Zoé », le premier réacteur français, a réussi sa première réaction en chaîne.

À cette époque, alors que le poids de la collaboration sonne comme une défaite nationale honteuse et face aux impérieux besoins économiques du pays, le choix des dirigeants français, maintenu ensuite par tous leurs successeurs, a été de retrouver la grandeur perdue de la France à travers cette énergie tant sur le plan civil que militaire, mais surtout militaire au départ.

Dès lors, depuis l’enfance, nous sommes bercé.e.s par cette propagande assénée sans relâche par toute l’industrie nucléaire, par l’État et tous ses représentants successifs, devenus conjointement un lobby puissant incontournable dans nos vies de plus en plus « éclairées » de lumières artificielles, dépendantes de l’énergie électrique…nucléaire.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il faut d’abord interroger ce rapport très particulier de chacun, chacune à cette énergie pour peut-être amener à une certaine prise de conscience afin de permettre une prise de distance, et seulement alors pouvoir engager une réflexion rationnelle.

C’est cet échange que nous voulons initier avec le public, tout en allant à la rencontre de celles et ceux qui, au jour le jour, luttent contre le nucléaire et les GPII.

ReseauVulcanus

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01 janvier 2019

deuxième appel de Commercy

busteMarianeFremainvil

https://revolutionpermanente.fr/Appel-de-Commercy-Vers-une-grande-Coordination-nationale-des-Gilets-Jaunes

« Nous pouvons nous représenter nous mêmes »

Appel de Commercy. Vers une grande Coordination nationale des Gilets Jaunes ?

A Commercy, dans la Meuse, les Gilets Jaunes ont lancé un appel pour réunir une coordination nationale des assemblées locales de gilets jaunes. Un appel, qui s’il est suivi, pourrait faire passer un cap essentiel dans le mouvement en lui permettant de se structurer démocratiquement à la base.

« Une assemblée des assemblées »

Dans un premier appel publié début décembre les gilets jaunes de Commercy avaient déjà pris l’initiative positive d’appeler au développent d’assemblées générales populaires partout où il y avait des gilets jaunes. Le 30 décembre ils ont fait connaître un deuxième appel, décidé au cours de leur assemblée locale. Dans ce texte très progressiste – reproduit en fin d’article – ils appellent à continuer le mouvement, et tous ceux qui n’ont pas encore de gilet « à l’enfiler sans crainte », réaffirmant que les concessions annoncées par le gouvernement, aussi dérisoires soient-elles, doivent être vues comme un encouragement à aller plus loin : « car nos gouvernants ont tremblé et tremblent encore sur leur piédestal ». Ce que nous ne pouvons qu’agréer.

Mais l’objet central du texte est d’affirmer la nécessiter de démocratiser le mouvement. Ils racontent le processus démocratique qu’ils ont mis en place à Commercy, dans des assemblées populaires où la parole est ouverte à tous et tout le monde est écouté. Après avoir appelé au développement d’initiatives similaires partout il y a quelques semaines, ils lancent aujourd’hui la création d’une grande coordination nationale de ces assemblées. Comme beaucoup de Gilets Jaunes ils revendiquent la capacité et la légitimité de tous à pouvoir décider et se représenter :
« nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous-mêmes, sans tampon entre les puissants et le peuple, sans partis qui canalisent les idées à leur seul profit, sans corps intermédiaires davantage destinés à amortir les chocs, à huiler le système, plutôt qu’à nous défendre ».

Les gilets jaunes de Commercy mettent en garde, à raison, contre les diverses tentatives de récupération du mouvement, notamment par ceux qui peuvent s’auto-proclamer portes-paroles du mouvement sans avoir été élus ou les partis qui commencent à tenter de récupérer le mouvement via des listes aux Elections européennes. « Nous réaffirmons ici une fois de plus l’absolue nécessité de ne nous laisser confisquer notre parole par personne. » Alors que Macron a appelé à « une grande concertation citoyenne » pour tenter d’endormir les gilets jaunes, qui doit passer dans un premier temps par les maires, à Commercy les gilets jaunes revendiquent que ce « grand débat » passe par des assemblées populaires en charge de l’organisation et de la tenue du débat. Ils proposent de l’organiser dès le mois de janvier dans une vaste coordination réunissant des délégués élus par leurs assemblées dans tout le pays, qui y porteraient des cahiers de revendications votés démocratiquement dans chaque assemblée locale.

Une auto-organisation nécessaire pour élargir et structurer démocratiquement le mouvement

La mise en place de structures d’auto-organisation telles que les Assemblées Générales est aujourd’hui un enjeu central pour le mouvement des Gilets Jaunes. Il s’agit de la seule manière de développer une réelle démocratie à la base et de s’assurer ainsi que ce soient bien les revendications de la majorité des Gilets Jaunes qui soient portées publiquement. Dans plusieurs villes de telles assemblées existent déjà. A Toulouse par exemple, les Gilets Jaunes ont déjà pris des initiatives dans ce sens, en votant un important cahier de revendications au cours d’une Assemblée générale ayant réuni près de 500 personnes.

En cela les Gilets Jaunes commencent à reprendre le meilleur de la tradition de lutte du mouvement ouvrier français, de la Commune de Paris aux grands mouvements de grèves des années 1970, jusqu’au coordinations des années 1980. De 1986 au début des années 1990, étudiants, cheminots, infirmières et bien d’autres secteurs se sont ainsi organisés dans de larges coordinations nationales au cours de grèves importantes contre la casse de leurs acquis sociaux et du service public. Sur le même principe que celui que revendiquent les Gilets Jaunes de Commercy, ils étaient organisés localement (sur chaque lieu de travail ou d’étude : gares, hôpitaux, universités, usine…) en assemblée générale, ouverte à toutes et tous. Au cours de ces réunions quasi-quotidiennes tout le monde avait le droit de prendre la parole. Des délégués étaient ensuite élus et mandatés pour participer à des coordinations régionales et nationales de grévistes pour porter leurs revendications et décider de la suite du mouvement, sur la base des votes des assemblées générales.

Dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes, une coordination des assemblées locales pour décider d’un cahier de revendication commun, telles que la propose l’assemblée de Commercy, est la condition sine qua non pour empêcher toute instrumentalisation du mouvement et s’assurer que la parole portée par le mouvement soit réellement celle de la base.

 

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Nous relayons ci-dessous l’ appel des Gilets Jaunes de Commercy :

Deuxième appel des Gilets Jaunes de Commercy

« L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES !

Notre deuxième appel s’adresse :

A tous les Gilets Jaunes. A toutes celles et ceux qui ne portent pas encore le gilet mais qui ont quand même la rage au ventre.
Cela fait désormais plus de six semaines que nous occupons les ronds-points, les cabanes, les places publiques, les routes et que nous sommes présents dans tous les esprits et toutes les conversations.
Nous tenons bon !
Cela faisait bien longtemps qu’une lutte n’avait pas été aussi suivie, aussi soutenue, ni aussi encourageante !

-  Encourageante car nos gouvernants ont tremblé et tremblent encore sur leur piédestal

-  Encourageante car ils commencent à concéder quelques miettes.

-  Encourageante car nous ne nous laissons désormais plus avoir par quelques os à ronger.

– Encourageante car nous apprenons toutes et tous ensemble à nous respecter, à nous comprendre, à nous apprécier, dans notre diversité. Des liens sont tissés. Des modes de fonctionnement sont essayés. Et ça, ils ne peuvent plus nous l’enlever.

– Encourageante aussi, car nous avons compris qu’il ne faut plus nous diviser face à l’adversité. Nous avons compris que nos véritables ennemis, ce sont les quelques détenteurs d’une richesse immense qu’ils ne partagent pas : les 500 personnes les plus riches de France ont multiplié par 3 leur fortune depuis la crise financière de 2008, pour atteindre 650 milliards d’€ !!! Les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux plus grandes sociétés s’élèvent également à plusieurs centaines de milliards par an. C’est intolérable !

– Encourageante enfin, car nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous mêmes, sans tampon entre les puissants et le peuple, sans partis qui canalisent les idées à leur seul profit, sans corps intermédiaires davantage destinés à amortir les chocs, à huiler le système, plutôt qu’à nous défendre.

Nous pleurons aujourd’hui les victimes de la répression, plusieurs morts et des dizaines de blessés graves. Maudits soient ceux qui ont permis cela, mais qu’ils sachent que notre détermination est intacte, bien au contraire !

Nous sommes fiers de ce chemin accompli si vite et de toutes ces prises de conscience qui sont autant de victoires sur leur système écrasant.

Et nous sentons très bien que cette fierté est partagée par énormément de gens.
Comment pourrait-il en être autrement, alors que ce système et ce gouvernement qui le représente n’ont de cesse de détruire les acquis sociaux, les liens entre les gens, et notre chère planète ?

Il nous faut donc continuer, c’est vital. Il nous faut amplifier ces premiers résultats, sans hâte, sans nous épuiser, mais sans nous décourager non plus. Prenons le temps, réfléchissons autant que nous agissons.

Nous appelons donc toutes celles et ceux qui partagent cette rage et ce besoin de changement, soit à continuer à porter fièrement leur gilet jaune, soit à l’enfiler sans crainte.

Il faut désormais nous rassembler partout, former des assemblées citoyennes, populaires, à taille humaine, où la parole et l’écoute sont reines.

Des assemblées dans lesquelles, comme à Commercy, chaque décision est prise collectivement, où des délégués sont désignés pour appliquer et mettre en musique les décisions. Pas l’inverse ! Pas comme dans le système actuel. Ces assemblées porteront nos revendications populaires égalitaires, sociales et écologiques.

Certains s’autoproclament représentants nationaux ou préparent des listes pour les futures élections. Nous pensons que ce n’est pas le bon procédé, tout le monde le sent bien, la parole, notre parole va se perdre dans ce dédale ou être détournée, comme dans le système actuel.

Nous réaffirmons ici une fois de plus l’absolue nécessité de ne nous laisser confisquer notre parole par personne.

Une fois ces assemblées démocratiques créées, dans un maximum d’endroits, elles ouvriront des cahiers de revendications.

Le gouvernement a demandé aux maires de mettre en place des cahiers de doléances dans les mairies. Nous craignons qu’en faisant ainsi nos revendications soient récupérées et arrangées à leur sauce et qu’à la fin, elles ne reflètent plus notre diversité. Nous devons impérativement garde la main sur ces moyens d’expression du peuple ! Pour cela, nous appelons donc à ce qu’ils soient ouvert et tenus par les assemblées populaires !

Qu’ils soient établis par le peuple et pour le peuple !

Depuis Commercy, nous appelons maintenant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux.

Fort du succès de notre 1er appel, nous vous proposons de l’organiser démocratiquement, en janvier, ici à Commercy, avec des délégués de toute la France, pour rassembler les cahiers de revendications et les mettre en commun.
Nous vous proposons également, d’y débattre tous ensemble des suites de notre mouvement.

Nous vous proposons enfin de décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation.

Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition.

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, ET POUR LE PEUPLE !

30 décembre 2018 »

 

déroulé: France

déroulé RIC ou vrai démocratie: RICinitiatvepopDEMOCRATIE

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31 décembre 2018

Dansons la Carmagnole et Éteignez les Lumières

Prendre la main

 

« Le changement est urgent, il est techniquement et économiquement possible, les politiques ne font rien [2] : il faut donc établir un rapport de forces et prendre la main. »

Sur https://reporterre.net/En-Angleterre-le-mouvement-Extinction-Rebellion-lance-l-insurrection-pour-le

Carte réseau VulcanusTrès grande

carteReseauVulcanusTrès grande

 

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« ...convergence vers l’urgence historique de mettre un terme aux ravages de la démence économique. ...l’auto-organisation des individus dépossédés... pour un mouvement anti-étatique et anti-économique général,,, se réapproprier leur activité...les dépossédés [de Semprun rejoignent les déracinés de S. Weil.]...Comment ce qui perpétue le vieux mensonge de la représentation séparée, des représentants incontrôlés ou des porte-parole abusifs, pourrait-il servir la lutte des individus pour mettre sous leur contrôle leurs conditions d’existence, en un mot pour réaliser la démocratie ? La dépossession est reconduite et entérinée, non seulement bien sûr par l’électoralisme, mais aussi par l’illusoire recherche de « l’efficacité médiatique », qui, transformant les individus en spectateurs d’une cause dont ils ne contrôlent plus ni la formulation ni l’extension, en fait la masse de manœuvre de divers lobbies, plus ou moins concurrents pour manipuler l’image de la protestation….De même, alors que l’État ouvre aux contestations locales, pour qu’elles s’y perdent, le terrain des procédures juridiques et des mesures administratives, il faut dénoncer l’illusion d’une victoire assurée par les avocats et les experts : à cette fin il suffit de rappeler qu’un conflit de ce genre n’est pas tranché en fonction du droit mais d’un rapport de forces extra-juridique... »

Jaime Semprun (1990) sur http://partage-le.com/2018/12/adresse-a-tous-ceux-qui-ne-veulent-pas-gerer-les-nuisances-mais-les-supprimer-par-ledn/

Dansons la Carmagnole – vive le son des blés d’or – 1789-2019 : Finir le travail – Aux hétérogènes de la Ripouxblique – la bourgeoisie à la lanterne

Il aura fallut souffrir beaucoup pour enfin revoir le port de l’homme qui redresse la tête avec fierté prenant conscience de sa force collective contre l’oppression. (cf recueils France, Démoc) Les interprétations dans et en dehors du cercle dominant convergent au moins sur ce qui s’est passé dans ce pays il y a maintenant 230 ans.
Nous arrivons au bout, qu’importe la réussite d’un mouvement plus fort que les autres? mais qu’est ce qui fait sens à nos vie ?, essayer une suite viable c’est une question d’honneur ? Une question de principe ou de survie ? , ou simplement « le gratifiant » que décrit Laborit. Une chose est sûre : Si on essaye rien, on a rien.
On s’enflamme vite dans ce pays et voilà que l’on ressort la comparaison avec ces beaux principes de 1789 largement dévoyés peu après. Et ce dévoiement est toujours occulté dans l’histoire des vainqueurs.
Ici on peut parler de 1792 puis des soubresauts révolutionnaires 1830 1848 1871 1914-17 – 18.
Et en 1945 « les beaux principes » du Conseil National de la Résistance aussi serontbafoués car les « Jours heureux » (G.Perret) n’ont duré que jusqu’à 1947-48 avec les premières répressions ouvrières. Tandis que pour les pays faussement décolonisés, la dictature du développement, de la dette, le bluff de la société de marché perpétuent, sous une autre forme, les premiers rapports impérialistes des « civilisations » sur le monde .
Le terme de « barbarie civilisé »(Loewy) n’est pas un oxymore, il va falloir faire un dernier effort. Faire preuve de discernement et distinguer « mémoire et mal-mémoire » (Galéano)

 

camargue

A la recherche du pourquoi de l’arrogance

et de son corollaire la fin du monde

On peut commencer par s’interroger sur le « pourquoi » avant du « que faire ? ». Pourquoi sont au pouvoir des richissimes crétins nombrilistes « qui passent à la « teêlê » qui est faite pour les niais ».

Des Ripouxbliques où se succèdent des présidents-rois-caniches, où l’impérialisme demeure en sous traitance des autres US, Russe, Chinois etc. Alors que le bon sens le plus élémentaire impose de supprimer tous les impérialismes, les armées et les guerres.

On nous a imposé le règne des profiteurs de guerre ; maudite soit la guerre.

« Le drame de l’occident, c’est que l’homme blanc polytechnicien n’est pas suffisamment entré dans l’histoire » de l’Afrique, de l’Océanie de l’Asie et de l’Amérique ; sinon, il y aurait vu que l’amérindien, l’africain, l’océanien et l’asiatique n’ont pratiquement aucun impact sur la contamination de la terre et de sa destruction car leurs cultures exigent toujours une alliance avec la terre, avec l’univers. L’homme blanc polytechnicien n’a pas voulu voir que sa propre origine raciste chrétienne et colonialiste expansionniste meurtrière, son scientisme sans limite le conduirait à l’extinction finale. On ne lui a pas dit qu’il fallait éteindre les Lumières sous peine d’autodestruction, de lui-même donc, « sa »nature qu’il voulait dompter.

Pourquoi des scientifiques et ingénieurs du Corps des Mines, aveugles, pourquoi les énarques, les saint cyrien, HEC etc, ces « élites » et tout le personnel d’une administration nationale ou onusienne roublarde voire collaborationniste, et quelques autres parvenus à cheval télémerdique sont si arrogants, hors sol et déifiant l’argent, le paraître et surtout la science, « une science pour laquelle connaître serait mesurer » ; le tout comptable (alors que les « inspec-tueurs » des finances ne comptent que ce qui les arrangent, portant aux nues un soit disant progrès se cachant derrière la neutralité de la technique sans prendre en compte l’espace de la pensée de chaque technique (A.Gras) ; Leur idéologie est cette volonté de puissance illimitée. La notre est de vivre simplement, simplement vivre dans un monde de plus en plus « anxiogène ». Ce terme « anxiogène » est révélateur du fait que l’on veuille « positiver » on veut un « espoir ». En lisant Laborit (et sûrement d’autres) on comprend que c’est vital pour notre structure, sinon on se détruit soi-même. (éloge de la fuite, agressivité détournée, dieu ne joue pas aux dés).
Les initiatives médiatiques sont plus simplement citoyennistes; sans remettre en cause le système. Elles participent à rassembler des personnes sur un point précis (ici la vie sur terre) de tout milieux sociaux culturels qu’on a tellement atomisé que c’est déjà un grand pas de les rassembler. J’ai vu aussi cela avec les faucheurs, les antinuc à Bure et ailleurs, et autres sites NDDL, Sivens, NoTav.
La démarche c’est de s’engager dans un domaine de votre affinité et de rallier, soutenir selon vos moyens les groupes d’opposition radicale en plus de ces démarches citoyennistes plus confortables pas inutiles tout de même.
La position à défendre, c’est la rencontre, c’est l’accès à la terre nourricière non contaminée pour le plus grand nombre. C’est tendre vers des sociétés à taille humaine les plus justes possible et surtout descendre du nuage du développement. (capitalisme, scientisme, barbarie civilisée, productivisme, mécaniste, occidentalocentrique egocentrique etc).
Il ne faut bien sûr pas se résigner mais se révolter en tenant compte des pièges du passé (cf l’homme révolté) « le pouvoir est maudit » il doit être réparti comme une braise incandescente que l’on se passe une seconde main à main au su et vu de tous. Tout cela est « notre idéologie ».

Et voila que l’on place à nouveau des « eux » contre des « nous », tombant ainsi dans le panneau du passé. Il faut dire qu’ils l’ont bien cherché. Même les chinois à la sagesse millénaire ont fini de rattraper l’occident à sa propre imposture d’une société de marché ; accélérant la chute, la destruction et tout en reprenant cette idéologie occidentale imbécile de conquête de l’espace, et jusque la lune récemment . C’est tellement clair ; « Peaux de toutes les couleurs ; Masques blancs « ; tous devenus c.. comme la lune…

Mais essayons de rester polis… et rattachons-nous plutôt à « Nous Autres » sous la direction d’Erica Deuber Ziegler (et « Culture et Cultures », Benkirane). On connaissait Marcel Mauss avant la revue MAUSS, on connaissait Erica avant Jean ; l’un n’est rien sans l’autre.

Et de rappeler sans cesse que ces militaires et ces policiers qui affrontent la saine révolte contre l’oppression sont de même origine sociale que ceux qu’ils tuent et estropient avec leur suréquipement identique dans le monde entier « pacifié ». Rappeler ce que disait Charbonneau du culte imbécile de la nation et tous les autres auteurs sur l’État, la civilisation puis rappeler précisément le cas des deux camarades de classe de la manifestation du Joint Français.

 

 

Dans un article de La Decroissance 155 p9 est cité un article du Monde qui commence la critique (avec un accent « maccarthyste ») des Lumières c’est à dire le « progrès, la raison, l’universel », « qui élève la connaissance et le savoir au-delà des croyances », [tout cela] « serait passé de mode, périmé voire néfaste »…lors du commentaire est cité alors Bourdieu « Sur l’Etat » (Seuil éditeur 2012): « L’obscurantisme des Lumières peut prendre la forme d’un fétichisme de la raison et d’un fanatisme de l’universel qui...ne sont pas moins obscurs et opaques à eux-mêmes que ce qu’ils dénoncent. »

Il y aurait donc un soucis avec les « Lumières » ce « phare de la pensée occidentale » dont on nous a rabâché les oreilles depuis l’enfance comme le culte de la Nation. C’est un point intéressant puisqu’il se situe aussi historiquement avec 1789 remis à jour par le mouvement des gilets jaunes, surtout de Commercy puis de Montreuil et qui s’étend irrémédiablement.

Toute cette soif de connaissance peut paraître au premier abord légitime alors qu’elle nécessite de tuer, de détruire. Là intervient aussi la sectorisation du travail pour le cacher, l’éloigner. Un autre point important.

Alain Gras connu aussi bien par sa chronique à la Décroissance que par le livre que m’avait montré Guy Demenge (Le choix du Feu) permet de mieux expliquer un des dévoiement de cette « science au dessus de tout soupçon » : (la Dec155) « La Technique sert, nécessite depuis le début à la communication, la négociation, le toucher avec la nature...outils prolongement du bras...même Ellul comme Heidegger confond la technique (non sujet, neutre, n’a pas de morale etc) avec le système de pensée qui l’accompagne (tout au long de l’histoire). ... « Car l’Être pense l’outil différemment selon l’histoire »… Cf Olivier Rey « Itinéraire de l’égarement » et Dominique Janicaud « La puissance du rationnel » et Cioran « La chute dans le temps ». »

 

C’est aussi « la fonction qui fait l’organe », et le bluff de la société de marché aboutie à la montée des « monstres » (Gramsci) comme il y a 80ans sans se rendre compte qu’ils n’auront le pouvoir cette fois-ci que sur un tas de cendre contaminée. Les « imbéciles »... « Les monstres grandissent parce que nous rapetissons sans cesse. »...« Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre tel est le sort des imbéciles. »(Bernanos lui aussi au parcours « complexe »...).

 

« les anecdotes Trump-Macron [« Make France Great again »-Rendez sa grandeur à la France]... »elle révèle une fois de plus, par la façon dont elle a été traitée par le débat public, à quel point, l’histoire et les raisons de la « grandeur » française ne sont pas questionnées dans notre pays. »... « Trump est connu pour ne pas réfléchir, mais la « grandeur » de la France reste un impensé partagé par l’ensemble du spectre politique français, aveuglé par un fantasme de puissance. C’est pourtant bien notre héritage de guerres d’invasion, d’extermination menées de facto ou de façon organisé, de domination sanglante, qui font la « grandeur » du trône élyséen dont se prévaut aujourd'hui celui que l’on surnomme Jupiter. » (Edito- Billets d’Afrique 282 Décembre 2018)

 

Daumierpetit

Le pouvoir de la honte d’un français

C’est à Jean Ziegler rencontré dans le quartier de l’ONU, par son soutien des vigies devant l’OMS www.independentwho.org que l’on doit cette notion de honte et haine de l’Occident.

Lors d’une manifestation d’alternatiba à Genève où nous avions un stand IWHO, je discutais du livre « la haine de l’occident » avec un jeune argentin étudiant, avec son frère, qui avaient assisté aux cours de Ziegler à l’université.

Le jeune me dit que ce thème était récurant chez Ziegler [et très à propos], et il concluait brièvement « qu’il y a « la haine de l’occident » parce qu’il y a « la honte de l’occident. » » Cela me marqua profondément et j’en déduisis qu’il y a la haine du français parce qu’il y a la honte du français.

C’est seulement dans l’été 2018 lorsque que je saisissais un autre livre de Ziegler que je compris l’origine de ce « thème » ou cette « stratégie ».

Jean Ziegler est un bon critique du double jeu de l’ Occident et de la contradiction des hommes, la sienne aussi, par exemple comme admirateur des « Lumières » qui ne sont pas si lumineuses que cela en humanité . Il pourrait dire que les « grands hommes » sont surtout « grand » par leur principes, leurs paroles pour les occidentaux mais pas du tout dans les faits pour les amérindiens, africains polynésiens etc. (Franklin ici puis Danton après...) : « Au printemps 1776, lorsqu’il perd la bataille de New-York contre le corps expéditionnaire anglais, George Washington a une idée de génie : envoyer un messager à Philadelphie où se réuni le Conseil des treize États, et inviter les protagonistes à déclarer l’indépendance des États-Unis, avec pour préambule le texte, merveilleux, qui fondera plus tard la déclaration des droits de l’homme de la France puis des Nations unies. Et c’est ce qui advient le 4 Juillet de la même année. Benjamin Franklin, l’un des rédacteurs du texte, est alors nommé ambassadeur auprès du roi de France, avec pour mission – réussie, puisque Lafayette embarque aussitôt – d’obtenir son aide militaire contre le monarque anglais. Un soir Benjamin Franklin dîne au Procopedans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés, en compagnie de sa maîtresse Mme Brillon. Un jeune révolutionnaire – qui se révélera être George Danton – le tire par la manche et l’insulte, le traite d'hypocrite : "Vous êtes fêté comme le messager, le prophète des droits de l'homme...Mai moi, ici à Paris, je ne vois qu'humiliation , arbitraire, souffrance endurée par les gens. Où sont vos droits de l'homme? A quoi servent-ils? »

Et le docteur Franklin de répondre alors à l'impudent: "Détrompez-vous. Derrière ces droits rayonne une puissance bien plus grande que n'importe quelle autre puissance dans le monde: le pouvoir de la honte."

(-p40 « Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures » Jean Ziegler-D.Lafay-2018)

 

brouillon :

 

-Exemple de contradiction de l’homme, complexité sans excuser :Bernanos et Drumont : une admiration ambiguë action française, Mermoz, De Gaulle etc cas Mitterrand et autre l’anar devenu facho Gustave Hervé Cf La guerre sociale, cas HernuBousquetPaponTouvierGiscardPasquaDebréSarkoScarcini etc

 

- Rareté comme l’or cas des mines de diamant racheté par les mêmes grands possédants pour contenir la rareté donc son prix fort.

- Cas des livres parues trop compromettant pour des personnes qui ont les moyens et rachètent tout le stock pour le détruire, traduction des livre différente ou livres avec passages « épurés »

- place énorme du militaire dans le syst et dégât des origines volontairement occulté, changement du climat cache empoisonnement.

- « Les grandes conférences onusiennes resteront une fausse piste tant qu’elles consisteront à tenter de résoudre un problème sans gêner le système qui le génère (ce dernier objectif étant le seul à être respecté, notons-le au passage). »... « L’horloge sonne l’heure de la réinvention. À nous de déployer nos plus belles créativités, de proposer des imaginaires inspirants pour que chacun réalise que loin d’être en compétition, lutte sociale et lutte écologique se renforcent.

Nulle société possible dans un monde en effondrement écologique ; nulle stabilité durable possible dans un monde où l’homme se comporte en maître et possesseur, sans limite, de tout ce qui vit à ses côtés ; nul bien-être ou bonheur possible dans un univers de dissonances cognitives. Travaillons ensemble pour poser les bases d’une société respectueuse de l’altérité sachant s’autolimiter de façon lucide et humble, solidaire et digne.

Un sursaut. »

sur https://reporterre.net/La-civilisation-a-atteint-son-seuil-de-contre-productivite

cas nuc, image sarko sur cheval camarguais avec journalistes sur carriole, deux argentins, gare Brotteaux,

« stratégies rhétoriques du libéralisme nécessaires pour justifier l’empire » car c’est bien colonialisme républicain idéologie qui condamne à s’agrandir, bouffer l’autre sous peine d’être dévoré cf dialogue Latouche-

-L’interet des puissants d’atomiser les gens cas elec eau etc carseules les grandes firmes peuvent avoir avec etat parti complice des lois renseignemnt opportun des tarif préferentiel (principe de grosse consommation faible prix non juste pour petit car payent plus cher le forfait ou l’accès au réseau etc.

- prétention bourgeoise à vouloir nourrir le monde droit de l’homme etc alors que plûtot instruments politiques de domination ; Vu cas OMS indépendance impossible petit pays n’ont pas les moyens d’envoyer des représentants etc -

Cas AIEA dominé par US ainsi que brevets OMPI et autres institutions Cf l’ONU contre les droits, OMC FMI avec les Tafta Ceca et-cetera les députés continuent de voter les plein pouvoir à l’argent roi

et le conseil constitutionel est inconstitutionnel et ment (cas semences)

- Ils (on) ne veulent(peut)pas juger l’impérialisme car ils n’ont pas juger le colonialisme et pas entièrement le nazisme

- cas des christian procès BURE puis Nancy

- ce qu’avait dit l’hommefemme sur le samouraï

 

Amusé d’entendre les propos de soit-disant opposant politique actuel sur la contestation des gilets jaunes. Des Ripouxblicain, les nostalgiques de l’impérialisme à la papa, les pseudo socialistes, des cen-triste et les partis racistes et xénophobes (en dernier recours pour les puissants comme il y a 80 ans). Car à l’échelle des 500 ans d’esclavagisme puis de colonialisme qui continu sous forme de dictature de la dette et du bluff de la société de marché, ils étaient encore au pouvoir il n’y a pas 5mn et le gouvernement actuel n’est que le prolongement de leur prévarication à tous de longue date. Plus spécifiquement pour le cas de la France On peut remonter à plus de 250ans, le temps des fameuses Lumières...

 

 

Éteignez les Lumières de la fable humaniste et droit de l’hommiste

Le dévoiement d’une Révolution (le prétexte de la liberté cf l’homme révolté A:Camus, ou voir Charbonneau , Laborit etc Adorno qui prévaut une révolution des idées ou de la pensée)

Éteignez les Lumières … et allumons le feu

La guerre, la pollution de l’air et de la Terre c’est la faute à Voltaire, la pollution de l’eau et la montée des eaux c’est la faute à Rousseau...

Et toujours la double pensée libérale (Michea) « le prétexte de la liberté »

voir les droits de l’hommiste us puis f comme société des amis des noirs anglais puis f partis des colon britannique aux Amériques pour répandre « la civilisation » « éclairer le monde » et autres mortels discours pompeux, verbiages prétentieux, prétentions à l’universelle et à la liberté « Au nom du peuple français » Bien avant « le travail rend libre » etc

« La liberté du libre renard dans le libre poulailler » cette phrase résume tellement bien l’idéologie actuelle qu’elle a été complètement inversée voire réduite en pièces sur les moteurs de recherche dit « libres et indépendants »…

Voir « La cité perverse-Libéralisme et pornographie » de Dany Robert Dufour (idéologie Chrétienne à l’origine du désastre cf Guy Demenge, « La grande Transformation » de Karl Polanyi, « La menace nucléaire » de Gunter Anders, « Un si fragile vernis d’humanité », « L’ère des ténèbres » Michel Terestchenko, « Etrange défaite » Marc Bloch, confirmé par « Le choix de la défaite », « industriels et banquiers sous... » etc Annie Lacroix-Riz, « Eichmann à Jérusalem » Hannah Arendt.

Henri Laborit Simone Weil Bernard Charbonneau Jacques Ellul Tolstoï

Damasio rejoint laborit : Spinoza avait raison (contre Descartes)

montrer le dévoiement dès le début alors que semble partir de bons sentiments et cela s’est reproduit souvent depuis que l’homme occidentale a rayé tous les autres de leur essence.

Montrer encore une fois la contradiction de l’homme blanc.

 

Voir aussi le mythe du progrès hérité des Lumières « gauche non exempte » qui se transforme en perte de liberté, la violence engendre la violence, la plupart des révolutions violentes ont engendré et poursuivi la violence.

(Recensions pour tenter d’expliquer l’impensée des nucléocrates et l’arrogance des « élites » françaises et occidentales, et autres grands bourgeois qui restent dans leur bulle, droits dans leur bottes jusqu’à l’extinction finale.

Aussi tentative non désespérée de leur foutre un bon coup de pied au cul salutaire et populaire donc, par ceux d’en Bas.

« L’État nucléaire voit du jaune partout » (Décembre 2018)

Voir liens « contre scientisme » et « luttes pour neveux de Marcel Mauss » sur http://elianguesard.unblog.fr/

premières recensions :

 

Lewis Mumford (1973) : « Je me battais pour ce qu’il restait de démocratie. Parce que je comprenais que la démocratie est une invention de petite société. Elle ne peut exister qu’au sein de petites communautés. Elle ne peut pas fonctionner dans une communauté de 100 millions d’individus. 100 millions d’individus ne peuvent être gouvernés selon des principes démocratiques. J’ai connu une enseignante qui avait proposé à ses élèves, au lycée, de concevoir un système basé sur une communication électrique, avec une organisation centrale, permettant de transmettre une proposition à l’ensemble des votants du pays, à laquelle ils pourraient répondre « oui » ou « non » en appuyant sur le bouton correspondant. À l’instar de ses étudiants, elle croyait qu’il s’agissait de démocratie. Pas du tout. Il s’agissait de la pire forme de tyrannie totalitaire, du genre de celle qu’impose le système dans lequel nous vivons. La démocratie requiert des relations de face-à-face, et donc des communautés de petites tailles, qui peuvent ensuite s’inscrire dans des communautés plus étendues, qui doivent alors être gouvernées selon d’autres principes. Je défendais la démocratie parce qu’il s’agit de quelque chose de fondamental. […] Au contraire, je m’aperçus que ce que les économistes ont récemment nommé l’Age de la machine ou l’Age de la puissance avait son origine, non dans la prétendue révolution industrielle du XVIIIe siècle, mais au tout début dans l’organisation d’une machine archétypique, formée d’éléments humains. »[egypte-moyen-orient]» […]« Tôt ou tard, à ce que suggère cette analyse, nous devons avoir le courage de nous demander : cette association d’une puissance et d’une productivité peu communes avec une violence et une destruction tout aussi peu communes est-elle purement accidentelle ? […]« La vie, dans sa plénitude et son intégrité, ne se délègue pas ».[…] Il percevait très lucidement les travers psychologiques qui encouragent la réalisation des techniques autoritaires :
« Les inventeurs des bombes atomiques, des fusées spatiales et des ordinateurs sont les bâtisseurs de pyramides de notre temps : leur psychisme est déformé par le même mythe de puissance illimitée, ils se vantent de l’omnipotence, sinon de l’omniscience, que leur garantit leur science, ils sont agités par des obsessions et des pulsions non moins irrationnelles que celles des systèmes absolutistes antérieurs, et en particulier cette notion que le système lui-même doit s’étendre, quel qu’en soit le coût ultime pour la vie.[…]
Tels les pharaons de l’âge des pyramides, ces serviteurs du système identifient ses bienfaits à leur propre bien-être ; comme le dieu-roi, leur apologie du système est un acte d’auto-adoration ; et comme le roi encore, ils sont en proie à un besoin irrépressible et irrationnel d’étendre leurs moyens de contrôle et de repousser les limites de leur autorité. »

Dans Le Mythe de la machine, il ajoutait :

« Les gens sains psychologiquement n’ont aucun besoin de d’abandonner à des phantasmes de puissance absolue […]. Mais la faiblesse cruciale d’une structure institutionnelle réglementée à l’excès — et presque par définition la « civilisation » fut dès le début règlementée à l’excès —, c’est qu’elle ne tend pas à produire des gens sains psychologiquement. La rigide division du travail et la ségrégation des castes produisent des caractères déséquilibrés, cependant que la routine mécanique normalise — et récompense — les personnalités compulsives qui ont peur d’affronter les embarrassantes richesses de la vie. » […]Il soulignait aussi une différence fondamentale entre les pratiques autoritaires des organisations de masse du passé et de la nôtre actuelle :
« La technique actuelle se distingue de celle des systèmes du passé, ouvertement brutaux et absurdes, par un détail particulier qui lui est hautement favorable : elle a accepté le principe démocratique de base en vertu duquel chaque membre de la société est censé profiter de ses bienfaits. C’est en s’acquittant progressivement de cette promesse démocratique que notre système a acquis une emprise totale sur la communauté, qui menace d’annihiler tous les autres vestiges démocratiques. »[…]En outre, toujours dans ce livre, Mumford faisait remarquer, à juste titre, qu’une certaine mentalité mathématiste, scientiste, qui appréhende le monde uniquement comme un ensemble de mécanismes et d’équations, était à l’origine de l’idéologie machiniste qui domine la civilisation industrielle :
« Sous ce nouveau règne de la science, ce fut le monde organique, et surtout l’homme, qui eut besoin de rédemption. Toutes les formes vivantes doivent être harmonisées avec l’image mécanique du monde en étant fondues, pour ainsi dire, et remodelées pour se conformer à un plus parfait modèle mécanique. […] Ce n’est qu’en rejetant la complexité organique, en la purifiant par l’abstraction et la stérilisation intellectuelle, en faisant l’ablation des organes internes de l’homme, en enveloppant les restes dans des bandelettes de momie de l’idéologie, que l’homme pouvait devenir aussi parfait, aussi fini — fini dans tous les sens du mot ! — que ses nouveaux artefacts mécaniques. Afin d’être racheté de l’organique, de l’autonome et du subjectif, l’homme doit être transformé en machine, ou, mieux encore, devenir partie intégrante d’une machine plus vaste, qui aiderait à créer la nouvelle méthode. […]Les complexités écologiques de l’existence outrepassent l’esprit humain, bien qu’une partie de cette richesse constitue une partie intégrante de la propre nature de l’homme. Ce n’est qu’en isolant pour un temps bref quelque petit fragment de cette existence qu’on le peut momentanément saisir : nous n’apprenons que d’après les échantillons. En séparant les qualités primaires des secondaires, en faisant de la description mathématique le critère de la vérité, en n’utilisant qu’une partie de la personne humaine afin de n’explorer qu’une partie de son environnement, la science nouvelle parvint à transformer les attributs les plus significatifs de la vie en phénomènes purement secondaires, étiquetés pour être remplacés par la machine. C’est ainsi que les organismes vivants, dans leurs fonctions et propos les plus typiques, devinrent superflus. »[…]« À mesure que la puissance mécanique augmenta, et que la théorie scientifique elle-même, grâce à de plus amples vérifications expérimentales, devint plus adéquate, la nouvelle méthode élargit son domaine ; et chaque démonstration nouvelle de son efficacité affermit le plan théorique branlant sur lequel elle reposait. Ce qui débuta dans l’observatoire astronomique finit par aboutir à notre époque à l’usine commandée par ordinateur et fonctionnant de manière automatique. En premier lieu, le savant s’exclut soi-même, et avec soi-même une bonne partie de ses potentialités organiques et de ses attaches historiques, de l’image du monde édifiée par lui. À mesure que ce système de pensée se répandait en tous les domaines, le travailleur autonome, jusque dans son aspect mécanique le plus réduit, allait être progressivement exclu du mécanisme de production. Finalement, si de tels postulats ne sont pas remis en question, et si les procédures institutionnelles demeurent inchangées, l’homme lui-même sera coupé de toute relation significative avec n’importe quelle partie de l’environnement naturel ou de son propre milieu historique. […]Les éléments qui manquent au modèle mécanique grossièrement schématisé de Descartes, ainsi qu’au point de vue scientifique qui, de façon consciente ou inconsciente, a pris la succession de ce modèle, sont l’histoire, la culture symbolique, l’esprit, en d’autres termes la totalité de l’expérience humaine non seulement telle qu’elle est connue, mais telle qu’elle est vécue ; en effet, toute créature vivante connaît de la vie quelque chose que même le plus brillant biologiste ne saurait découvrir qu’en vivant. Ne s’occuper que des abstractions de l’intelligence ou du fonctionnement de machines, et ignorer les sentiments, les phantasmes, les idées, revient à substituer des squelettes blanchis, manipulés par des fils de fer, à l’organisme vivant. Le culte de l’anti-vie débute secrètement en ce point, avec sa tendance à pratiquer l’ablation des organismes, et à contracter les besoins et désirs humains pour se conformer à la machine. […] »oujours dans Le Mythe de la machine, il montrait comment la science était devenue la « nouvelle religion de l’âge industriel », pour reprendre la formule du titre du livre de Guillaume Carnino :
« Les découvertes scientifiques, réalisées en de nouveaux domaines, ne restaient plus à l’écart, inactives : elles se prêtaient à une exploitation immédiatement profitable pour l’industrie ou la guerre. En ce point, la science elle-même devint le maître modèle, la technologie des technologies. Dans ce nouveau milieu, la production en série de connaissance scientifique alla de pair avec la production en série d’inventions et de produits dérivés de la science. Ainsi l’homme de science en vint-il à posséder un nouveau statut dans la société, équivalent à celui qu’avait eu le chef d’industrie. Lui aussi était engagé dans la production en série ; lui aussi traitait d’unités standardisées ; et sa production pouvait s’évaluer de plus en plus en termes d’argent. Même ses articles scientifiques personnels, ses prix et ses récompenses, avaient une « valeur d’échange » en termes pécuniaires : ils déterminaient les promotions universitaires, et augmentaient la valeur marchande des cours et consultations. […]
En tant qu’opérateur au sein de cette technologie orientée vers la puissance, le savant lui-même devient un serviteur d’organisations corporatives, acharnées à élargir les limites de l’empire. »

Et inlassablement, il dénonçait la finalité inhumaine et le processus déshumanisant de la mécanisation :

« Si la première étape dans la mécanisation, voilà cinq mille ans, fut de réduire l’ouvrier à la condition d’homme de peine docile et obéissant, le stade final que l’automation promet aujourd’hui consiste à créer un complexe électronique, mécanique, indépendant, n’ayant même plus besoin de pareilles non-entités serviles. »[…le reste de l’article consacre les nombreuses contradictions de Mumford comme beaucoup d’autres. Cela montre nos limites pour tenter « d’expliquer » les choses ; on peut se baser je pense sur le fait qu’ils ont fait des contributions importantes dans leurs limites d’homme toujours contradictoire, tout en soulignant ces contradictions. Sur la phrrase de reclus je n’avais pas la même interpretation mais c’est vrai qu’il était scientiste et suprémaciste, humain anthropocentrique etc. Plus loin on sent encore cette aliénation de la religion chrétienne qui aussi affectée Mumford « la natur à la disposition de l’homme avec un grand H...]
vu sur http://partage-le.com/2018/11/lewis-mumford-et-la-critique-de-la-civilisation/
exemple de honte : l’argent roi https://www.youtube.com/watch?v=YBe394KeW3Y

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Origine et critique civilisation

« Bien avant l’apparition de la société bourgeoise, le rationalisme grec avait légitimé le statut des femmes qui faisait d’elles pratiquement des biens meubles, et la morale hébraïque avait placé entre les mains d’Abraham le pouvoir de tuer Isaac. Cette réduction de l’humain à l’objet, que ce soit comme esclave, comme femme ou comme enfant, trouve son exact parallèle dans le pouvoir de Noé de nommer les animaux et de les dominer, d’asservir à l’homme le monde vivant. Ainsi, nés des deux sources essentielles de la civilisation occidentale, l’hellénisme et le judaïsme, les pouvoirs prométhéens du mâle se sont rassemblés en une idéologie de la rationalité répressive et de la morale hiérarchique. La femme est devenue l’incarnation de la fonction biologique, l’image de la nature, écrivent Horkheimer et Adorno, et l’assujettissement de celle-ci a constitué le titre de gloire de cette civilisation. » (Pour une société écologique, Christian Bourgois, 1976)

« Il y aura des leaders partout, chaque fois qu’une lutte sera engagée. L’existence de leaders conduit-elle nécessairement à l’existence d’une hiérarchie ? Absolument pas ! Le mot leader ne devrait pas nous faire peur au point de ne pas reconnaître que certains individus ont plus d’expérience de maturité, de force de caractère, etc. que d’autres. […] J’ai énormément de difficultés avec les anarchistes qui rejettent complètement toute direction. […] Il est tragique que les mots avant-garde et leader aient été discrédités par la Nouvelle gauche pendant les années 1960, à cause des expériences du stalinisme et du léninisme. Dans bien des révolutions, ils ont été infiniment importants ; des leaders et des organisations décidées ont porté en avant les révolutions et, en l’absence de telles personnes décidées, des révolutions ont échoué. » (Entretien avec Janet Biehl, 12 novembre 1996, Le Municipalisme libertaire, Éditions Écosociété, 2014)

« Chercher querelle à un tel système [capitaliste] au sujet de ses valeurs, tenter de l’effaroucher avec les conséquences de la croissance, revient à lui reprocher ce qui constitue son métabolisme même. Autant persuader une plante de renoncer à la photosynthèse que de demander à l’économie bourgeoise de renoncer à l’accumulation du capital. D’ailleurs, à qui s’adresser ? L’accumulation n’est pas déterminée par le bon ou le mauvais vouloir des bourgeois pris individuellement mais par la relation mercantile même que Marx a si judicieusement désignée comme la cellule de base de l’économie bourgeoise. Ce n’est pas la perversité du bourgeois qui suscite la production pour la production, mais le complexe même du marché, auquel il préside et auquel il succombe. En appeler à ses préoccupations humaines contre ses préoccupations économiques, c’est s’aveugler sur ce fait élémentaire que son pouvoir même est fonction de son être matériel. » (Pour une société écologique, Christian Bourgois, 1976 — en langue anglaise : 1964)

extraits de https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-murray-bookchin/

voir aussi S Weil contre le colonialisme, Le partage, S. Bouamama etc

rejoint aussi Melchior, DR Dufour origine Chrétienne du capitalisme libéralisme

 

 

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Premiers mots sur universalis encyclopédi…Paradoxe contradiction de l’homme qui se résume à soif d’égo puissance mieux dit par Cf Laborit fondamentaux

Mise en cause problème et question JM Goulemot

« L'histoire du xxe siècle a mis à mal le bel optimisme kantien sur la maturité réflexive enfin acquise par une humanité libérée de son aliénation, devenue libre de penser par elle-même et d'user sans limites de sa raison. Jamais l'aliénation causée par les idéologies totalitaires ou les fondamentalismes n'a été aussi présente. Pour certains, cette occultation des Lumières tient aux Lumières elles-mêmes. Les membres de l'école de Francfort – Adorno et Horkheimer dans leur Dialectique de la raison, notamment – y voient même l'origine de la barbarie qui a dévasté le xxe siècle. L'homme universel et abstrait, le recours absolu à la raison qu'elles postulent ont indirectement permis la déshumanisation totalitaire. À vouloir oublier la part d'ombre qui habite l'homme, à ignorer les déterminations économiques et sociales qu'il subit, on finit par faire de lui la victime désignée des faux rationalismes. Et le nazisme ne fut-il pas une abstraction et une sérialisation de l'homme poussées à la limite ?

 

La psychanalyse conduit à douter du rôle imparti à la raison par les Lumières, même si elle partage avec elles la volonté de comprendre et de dépasser les apparences, d'aller au cœur des choses. En reconnaissant à l'homme sa part de mystère et d'ombre, en insistant sur les ruses de la raison, en soupçonnant la croyance au progrès d'être un leurre (Freud dans Malaise dans la civilisation), la psychanalyse rompt avec une vision comptable du savoir et avec l'optimisme des Lumières. Au Voltaire « dernier philosophe heureux », ainsi que le définissait Roland Barthes, elle préfère les noirceurs sadiennes et le doute qui très tôt s'insinue dans son histoire quant à l'évidente clarté de la philosophie. La psychanalyse non seulement s'interroge sur l'anthropologie des Lumières, mais elle propose un mode de compréhension des faits qui s'en éloignent. Freud n'est pas hostile aux Lumières. Il se situe hors de leur problématique et de leur espace spécifique. »

 

A/ Vers la colonisation française en Afrique, De « nouvelles colonies » pour les Lumières et la Révolution

Archipel 269 avril 2018

« ...pourquoi, au sortir de la révolution française, la France s’est-elle embarquée avec un telle brutalité dans la colonisation de l’Afrique du nord puis de toute l’Afrique ? » ... « pour comprendre comment s’est forgée cette nouvelle « utopie coloniale », c’est au contexte philosophique des Lumières, de la Révolution française et des débuts du socialisme qu’il faut en revenir.

...dès le 18ème siècle que cette idéologie colonialiste aurait commencé à prendre forme, dans le choc entre la crise du système colonial de l’Ancien Régime et les profonds bouleversements politiques induits dans la foulée par la révolution française. Avant la révolution, à l’époque de la monarchie absolue, la France constituait l’une des principales puissances coloniales du monde, aux côtés de l’Espagne, du Portugal, de la Hollande et de l’Angleterre. Au milieu du 18ème siècle, toute une partie de l’Amérique du Nord et de l’Inde étaient sous son contrôle, tout comme les principales îles esclavagistes des Antilles, qui produisaient alors la majeur partie du sucre, du café et du coton importé en Europe. Mais suite à la guerre de sept ans menée entre la France et l’Angleterre sur trois continents, le territoire des colonies françaises avait été drastiquement réduit, passant de près de 4 millions de km² à 40000 après la signature en 1763 du traité de paix définitif entre les deux pays.

A partir de 1791, le soulèvement général à Saint-Domingue, la plus riche colonie de l’époque, acheva de déstabiliser totalement le système colonial français. Les autres puissances européennes, quant à elles, se trouvaient alors profondément remises en question par les velléités indépendantistes des bourgeoisies coloniales : en Amérique du nord, treize anciennes colonies anglaises démarraient en 1776 la guerre pour l’indépendance de ce qui deviendra les États-Unis, tandis que des mouvements similaires commençaient à éclore dans les colonies hispaniques des Amériques.

C’est dans ce contexte de crise du système colonial de l’Ancien Régime que les structures mêmes du gouvernement français se trouvèrent profondément remises en question par la Révolution. Les privilèges de la noblesse et du clergé furent abolis, les biens fondamentaux redéfinis, et les nouveaux idéaux de « liberté, égalité, fraternité » et « des droits de l’homme et du citoyen » apparurent. Mais quelle posture cette France « révolutionnaire » allait-elle adopter à l’égard des colonies ? Faute d’intérêt réelle sur le sujet, on se persuade souvent que ce n’est que bien après, au cours du 19è qu’une « idéologie coloniale » se serait vraiment développée. Hors, c’est justement dans la période qui suit immédiatement la Révolution de 1789 que se dessine un projet colonial « moderne ».

Comme le souligne JL Marçot, face à la censure et aux blocages politiques de l’ancien Régime, au 18ème, le « désir d’ailleurs » était particulièrement répandu chez les intellectuels et les philosophes dits « des Lumières ». La perspective d’une révolution politique étant alors encore difficilement envisageable, ce n’est pas vraiment en Europe qu’un « monde idéal » était imaginé, mais sur d’autres parties de la planète. A ce sujet le genre littéraire de « l’utopie » pratiqué alors par les intellectuels depuis deux siècles et demi, ne consistait pas seulement à désigner en creux les tares des gouvernements, comme on le ressasse souvent : il traçait aussi un »plan de la colonie idéale »...Le livre L’utopie de Thomas More [1535] en est l’illustration complète : le héros, Utopus, s’empare d’une région appelée « Terre d’Abraxa » qu’il va rebaptiser, peupler et séparer du continent grâce à ses soldats et aux « indigènes » qui vont couper l’isthme qui l’amarrait à la terre ferme. Les indigènes qui résistent au bonheur que les Utopiens veulent leur inculquer y sont réduits en esclave et condamnés aux tâches les plus viles et les plus pénibles. Lorsqu’ils se révoltent, « on les tue comme des bêtes féroces » et « si l’île entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, où les indigènes ont plus de terrains qu’ils n’en cultivent. La colonie se gouverne selon les lois utopiennes, […] si les colons rencontrent une nation qui repousse les lois de l’Utopie, ils chassent cette nation de l’étendue du pays qu’ils veulent coloniser, et, s’il le faut, ils emploient la force des armes ».

« Si, à l’exemple de Thomas More, de nombreux ouvrages mettaient alors en scène la fondation d’une société idéale dans le « nouveau monde », beaucoup de philosophes des Lumières étaient cependant extrêmement critiques face au système esclavagiste qui y avait été mis en place, tout particulièrement dans les Antilles. Et ce sont plutôt les essais de communautés idéales, d’inspiration souvent religieuses, que des Européens étaient partis fonder aux Amériques qui font l’objet d’une certaine fascination de leur part, notamment Philadelphie et la Pennsylvanie, fondées par les quakers au17è. A la fin du 18è, la Pennsylvanie attirait en effet de nombreux colons venant de toute l’Europe et Philadelphie était devenue la plus grande ville d’Amérique du nord. Les philosophes des Lumières y jouissaient d’un crédit particulièrement important, relayé notamment par des personnages tels que Benjamin Franklin, fondateur de l’université de Pennsylvanie et de la société américaine de philosophie. Dans son Essais sur les mœurs et l’esprit des nations, Voltaire fait l’apologie de la colonie, ventant un établissement exempt de violence et d’usurpation, dont le terrain aurait été acheté aux indigènes, qui y vivraient en « bonne intelligence » avec les Européens…

Paradoxalement, c’est alors au sein du mouvement dit « abolitionniste », très inspiré par le quakers, que la fondation en Afrique d’un projet colonial « modernisé »va trouver ses plus ardents défenseurs. Marqué par la réussite économique des colonies religieuses américaines, promptes à intégrer de plus en plus d’anciens esclaves au sein de leurs nouvelles communautés chrétiennes, le mouvement abolitionniste anglais développe en effet très tôt l’idée de fonder en Afrique des colonies nouvelles dédiées à l’agriculture et au commerce et « délivrées »de l’esclavage. Dès 1786, soit près d’un an avant la fondation officielle du « comité pour l’abolition de la traite des Noirs », Granville Sharp, principal leader du mouvement abolitionniste avait convaincu le gouvernement anglais de payer les frais d’une expédition visant à réinstaller plus de 300 « Blacks Poors » (« pauvres noirs ») de Londres sur des terres en contre bas des montagnes dites de la Sierra Leone en Afrique de l’ouest. En 1790, il en rédige un manifeste : « Free English Territory in Africa ». La construction de la première « province de la liberté » à Sierra Leone ayant été un échec, une deuxième expédition rapatrie cette fois des ces américaines de la Nouvelle Écosse un millier d’anciens esclaves noirs ayant combattu aux côté de l’Angleterre durant les guerres d’indépendance américaines, aboutissant à la fondation de Freetown, future capitale des colonies anglaises d’Afrique.

L’instrumentation politique de ces rapatriements vers l’Afrique d’anciens esclaves encadrés par des prêtres évangéliques est évidente, tant à Londres, où toute une élite blanche s’inquiétait de l’augmentation du nombre de prolétaires noirs et indiens dans la ville, tout comme dans les Amériques, où les tensions « raciales » entre les communautés et esclaves affranchies étaient alors chaque fois plus fortes. Mais ces nouvelles politiques marquent la création d’un nouveau type d’établissements coloniaux en Afrique, prétendument « post-esclavagistes » aboutissant à la création des colonies britanniques de la Sierra Leone en 1808 puis de la Gambie (1843) et du Libéria américain en 1862.

En France, le mouvement abolitionniste vise alors lui aussi les mêmes objectifs : la « Société des amis des Noirs » fondée en 1788 imagine très vite contribuer à l’élaboration de nouveaux projets coloniaux, et ses objectifs sont officiellement étendus en Février 1796 à « la fondation des colonies nouvelles » et au « perfectionnement moral et philosophique des habitants des colonies, des progrès de l’agriculture, de l’industrie et commerce dans les colonies ».

Malgré la violence et la cruauté déployées aux Amériques pour s’emparer des terres indiennes, pour ces nouvelles élites des Lumières et de la Révolution bourgeoise, la pensée coloniale est donc bien loin de connaître la même réprobation morale que la pratique de l’esclavage… Au contraire, elle apparaît bien vite comme un nouvel horizon, à même de canaliser les énergies révolutionnaires vers un idéal tout théorique « d’émancipation humaine ».

C’est Talleyrand, un député du Tiers-Etat, membre de la société des « Amis des Noirs » et fraîchement revenu des Etats-Unies qui, à partir de 1796, va faire de ce projet colonial un nouvel axe de la politique extérieure de la France post-révolutionnaire. Dans un discours célèbre, prononcé le 3 Juillet 1797 à l’Institut de France, devant toute les élites intellectuelles du nouveau régime, celui-ci s’exclame : « Tout presse de s’occuper de nouvelles colonies ! L’exemple des peuples les plus sages, qui en ont fait un des grands moyens de tranquillité ; le besoin de préparer le remplacement de nos colonies actuelles pour ne pas nous trouver en arrière des événements ; la convenance de placer la culture de nos denrées coloniales plus près de leurs vrais cultivateurs ; la nécessité de former avec les colonies les rapports les plus naturels, bien plus faciles sans doute, dans des établissements nouveaux que dans les anciens ; l’avantage de ne point nous laisser prévenir par une nation rivale, pour qui chacun de nos oublis, chacun de nos retards en ce genre est une conquête ; l’opinion des hommes éclairés qui ont porté leur attention et leurs recherches sur cet objet ; enfin la douceur de pouvoir de pouvoir attacher à ces entreprises tant d’hommes agités qui ont besoin de projets, tant d’hommes malheureux qui ont besoin d’espérance. »

Nommé deux semaines plus tard ministre des Relations Extérieures du nouveau gouvernement du Directoire, celui-ci va alors poser les bases de ce qui allait devenir la nouvelle doctrine coloniale de la France au 19ème siècle. Mais avant de se focaliser sur l’Afrique, les gouvernements post-révolutionnaires vont dans un premier temps lorgner sur l’Égypte et les pourtours de la Méditerranée, où se concentrent alors les nouveaux projets coloniaux du ministère.

 

 

(voir Jean-Louis Marçot « Comment est née l’Algérie française- La « belle utopie »)

Archipel 272 juillet 2018

Jean-Louis Marçot Roger Pasquier puis Marcel Dorigny

 

A1/ Le « colonialisme républicain » : une invention de Bonaparte ?

(Cas Égypte)

https://www.contretemps.eu/colonialisme-republicain-bonaparte/

 

A2/ Bien le bonjour du Sénégal

https://lavoiedujaguar.net/Bien-le-bonjour-du-Senegal-1417

 

, par Siete Nubes

Nangadef ? … (Comment ça va ?)

En chemin vers Kayes, une région du Mali limitrophe du Sénégal où je pars rejoindre de vieux amis de retour au bled, je suis en escale depuis une petite semaine à Dakar, capitale du Sénégal et qui est, avec ses quatre millions d’habitants, la plus grosse ville d’Afrique de l’Ouest. Comme on est quelques-uns à vous bassiner régulièrement avec le Mexique, je me disais que ça valait le clin d’œil de changer un peu de coordonnées, pour quelques réflexions à la con sur notre grand et beau système capitaliste... Donc voilà, un bonjour du bled, Dakar, premier volet. Comme au final je me barre au Mali, j’aurais pu commencer direct à Bamako, mais bon… Au-delà des considérations économiques qui guident mes tribulations, j’ai aussi une curiosité lancinante pour essayer de comprendre ce que c’était (ce que c’est ?) que « l’empire colonial français ». Passer par Dakar et par le Sénégal, c’était aussi une occasion de se confronter à cela : la racine historique de la colonisation française en Afrique de l’Ouest.

Alors première — bonne — claque : à part les publicités et (évidemment ce n’est pas rien !) la majeure partie des cadres normatifs (les panneaux de circulation, les consignes de l’aéroport, les émissions de télévision, etc.) qui sont presque totalement calqués sur la France, l’empreinte coloniale, c’est pas franchement la première chose qui saute aux yeux en arrivant à Dakar. Pas autant par exemple que dans les Antilles « françaises », quoi.

Dakar, comme toutes les grandes villes du « Sud », c’est d’abord le règne généralisé de l’informel. Les échoppes et la vente de rue, la foule qui vaque dehors à ses occupations, de jour comme de nuit, le sable qui envahit les rues, les mégaphones et les chants religieux du ramadan, la circulation cataclysmique, les mille et un taxis et transports collectifs… bref, le bled, avec ses variantes, mais tellement de choses en commun, que l’on soit ici à Dakar, ou à Tunis, à Hanoï, à Château-Rouge ou Mexico City. Des endroits où le capitalisme et l’empire dominent, c’est évident, mais comme un appareil de capture, un écrasement, jamais au point que la société-supermarché en vienne à y faire « civilisation » comme c’est le cas jusque dans les plus petites bourgades en Occident, où même au cœur de la campagne des gens font passer la tondeuse à gazon sur leurs terrains !

Bon, j’arrive en pleine période de ramadan, du coup forcément, ce qui impacte le plus, c’est plutôt la force culturelle du monde musulman, avec toute sa singularité bien propre au Sénégal. Les coupes de vêtements, les fêtes religieuses, les talibés dans la rue, les appels à la prière, la relative mise à l’écart de l’alcool dans les quartiers populaires (bien sensible par rapport au Mexique) et l’influence palpable des paroles du Coran, des cheikhs locaux et des confréries religieuses dans l’imaginaire social et dans toute la vie quotidienne... Toute une religiosité très marquée, ce qui ne veut pas dire, contrairement aux clichés, que les gens vont te regarder de travers pour être athée, catholique, ou ce que tu es, bien au contraire. Chacun son mode. Pour bien casser les préjugés, la famille des personnes qui m’accueille est moitié catholique, moitié musulmane…

Ici, je suis hébergé dans un quartier populaire, en grande banlieue de Dakar, à Guediawaye, derrière Pikine. Deux heures de transport depuis le centre-ville, des trajets immergés dans le grouillement de la ville… Pas trop de dépaysement avec le Mexique. Mêmes habitations de parpaing, même usage avant tout utilitaire et réduit à l’essentiel des pièces de la maison, mêmes cours intérieurs avec le robinet et les bassines, mêmes petites basses-cours (plus développé ici même, y a pas que les poules, y a même l’agneau qui passera sur le fil pour le tabaski…), même téloche qui tourne en non-stop, avec ou sans spectateur… Et un peu les mêmes débrouilles familiales : un salaire de l’usine, des formations ou des stages d’agriculture urbaine, des études sans trop de débouchés, mélangées aux coups de main et aux heures passées dans la quincaillerie du copain… Pareil, pareil, pareil même pour, je pense aujourd’hui, un bonne moitié de la population de la planète qui vit dans les villes hors Occident ! Et puis d’autres choses, un sens énorme de l’hospitalité, des enfants conscients dès tout petits des tâches et de toutes les attentions du foyer, l’intensité de la vie et de l’entraide de quartier… une petite claque, une fois de plus, sur tous nos codes implicites, tellement imprégnés d’individualisme inconscient en Occident.

Après, au quotidien, le wolof, le wolof, le wolof… Je galère un peu. Bon évidemment, le français, langue coloniale, est compris par tous… Mais c’est surtout la langue de l’école officielle, des présentateurs télé, des pubs ou des bouquins… Bref, du monde d’en haut, de la « haute société »… celle à laquelle j’aimerais bien ne pas trop être rattaché ! Claire différence avec les Amériques, où l’espagnol et les langues coloniales ont eu le temps de s’imposer à presque toute la société et d’y conquérir une place hégémonique.

Bref, Dakar, vie quotidienne, c’est la vie urbaine d’une grosse métropole, c’est clair, mais sans qu’elle soit engoncée non plus dans une modernité « à la française » ou à l’occidentale… Ça me rassure un peu, par rapport aux clichés « à la Babylone » que me colportaient quelques potes maliens sur le Sénégal ! N’empêche. La force de toute cette vie populaire urbaine n’efface pas non plus magiquement tous les stigmates de la colonisation… Difficile, en toile de fond, de mettre de côté l’histoire et la réalité de ce qu’elle a représenté, tout comme la traite négrière, tant elles ont marqué la formation du pays tout entier — comme de tous les autres États actuels d’Afrique de l’Ouest. Alors, comme c’était aussi l’objectif, un petit retour en arrière s’impose. Un sombre regard vers l’océan…

Déportés d’Gorée [1]

Gorée, l’île en face de Dakar, à l’abri du cap le plus avancé des côtes d’Afrique de l’Ouest. Point hautement stratégique pour le contrôle maritime de la région, sous la mainmise des Portugais, puis des Hollandais, avant d’être finalement conquise par les Français, qui s’acharneront à en garder le contrôle militaire face aux attaques incessantes de la marine anglaise. Port fortifié fondé au XVIIe siècle, base de ravitaillement et d’expéditions maritimes… mais, surtout, de contrôle de la traite négrière. Gorée, avec sa porte sans retour, la porte sur l’océan, devenue mythique pour les consciences africaines du monde entier. Une histoire lourde, l’esclavage, paradoxalement si ignorée et si mal connue aujourd’hui par les Français.

Forcément, on va dire, tout ça, c’est un peu mis en scène, prétexte à un nouveau tourisme de la mémoire, pour faire pleurer à bon compte en vendant des trajets en bateau, de l’artisanat et quelques souvenirs... En fin de compte, Gorée n’était « juste » qu’un comptoir à esclaves parmi d’autres, comme il y en eut sur toute les côtes africaines… Saint-Louis du Sénégal, Joal, Rufisque, Portudal, Fort Saint-James, pour ne citer que quelques autres comptoirs situés à proximité (et qu’il faudrait démultiplier par tous les autres le long des côtes guinéennes, du Bénin, de la « Gold Coast » anglophone ou de ce qu’on nomma avec le même cynisme la « Côte d’Ivoire », ou même la « côte des esclaves », et tous les autres comptoirs s’étendant du golfe du Congo jusqu’en Angola). Souvenirs d’une « brève » période récente de l’humanité. De la fin du XVe au début du XIXe siècle, pas moins de trois cent cinquante ans de traite occidentale…

La traite des esclaves, évidemment, n’était pas le monopole de l’Europe. En Afrique, des commerçants arabes et berbères en avaient instauré les rouages depuis des siècles au travers de caravanes traversant le Sahara, exploitant les traditions de soumission des vaincus si courantes dans de nombreux États africains (tout comme sur tous les pourtours de la Méditerranée), bien avant l’arrivée des Européens. Grâce au contrôle de l’océan atlantique, c’est ce circuit traditionnel de la traite vers les régions méditerranéennes que les nouveaux négriers d’Occident vont s’employer à détourner à leur profit. Mais, dès la fin du XVe siècle, c’est aussi toute une réalité nouvelle qui se met en place, fondée sur toute une abominable économie industrielle et raciste d’achat et d’exploitation de la main-d’œuvre, en vue d’approvisionner les impitoyables camps de travaux forcés des nouvelles colonies.

Un commerce de la mort, mené par les Portugais et les Hollandais dans un premier temps, avant d’être largement monopolisé par les Anglais et les Français, nouveaux maîtres des océans. Chaque année, ce sont des centaines et des centaines de navires qui seront destinés au transport des esclaves, sous la direction des armateurs du Havre, de Nantes ou de Bordeaux, pour ne citer que trois des villes françaises ayant figuré pendant plus de deux siècles parmi les capitales mondiales de cette entreprise de déportation de masse. Les données connues pour une ville comme Nantes par exemple, font état d’au moins 877 expéditions au XVIIIe siècle, soit 294 000 personnes déportées d’Afrique [2]. Les quantités d’esclaves transportés d’un bout à l’autre de l’Atlantique sont effarantes, surtout au regard de l’époque : selon les historiens, on parle, au minimum, de onze millions de femmes et d’hommes déportés d’Afrique vers les Amériques [3]. Rien qu’en Sénégambie, au XVIIIe siècle, c’est près de 300 000 esclaves qui seront déportés, sur un total de six millions pour ce siècle sur tout le continent.

Colonisation et extermination en masse des peuples originels vivant sur le continent américain. Colonisation et déportation en masse des peuples du continent africain… Tout cela afin d’ériger sur des millions d’hectares les « plantations » et les grands domaines (fincas) des Amériques, euphémisme pour désigner les campements de déportation, de travail et d’extermination créés par les Européens sur leurs colonies du « Nouveau Monde ». Elle est belle, la racine historique du capitalisme !

On viendra ensuite nous rabâcher les mêmes poncifs : le progrès, les lumières, la civilisation, et des « plus jamais ça » dégoulinant d’hypocrisie… Après avoir déporté d’Afrique pendant des siècles des femmes et des hommes par millions, aujourd’hui on vient nous bassiner à propos de la « crise migratoire » et de cette « misère du monde » qui tenterait d’envahir l’Occident. L’oubli, comme disent les zapatistes, a toujours été le meilleur allié du crime.

Bref… Pour en revenir à l’histoire du Sénégal, c’est à partir du contrôle progressif exercé par les Français sur le commerce à l’embouchure du fleuve éponyme, puis tout au long de celui-ci, que se créent les bases de ce qui deviendra la « colonie du Sénégal ». En 1628, la Compagnie normande, créée par des marchands de Dieppe et de Rouen sous le règne de Richelieu, crée un premier comptoir à l’embouchure du fleuve, déplacé en 1638 sur l’île de Bocos. Suite à un accord avec le Brak du Waalo, le souverain local, le comptoir est transféré en 1659 sur l’île de N’dar, à l’embouchure du fleuve, où est construit le fort Saint-Louis. Après ses débuts sous Colbert, en 1674, Louis XIV entérine la création de la Compagnie du Sénégal, ayant pour but explicite la collecte d’esclaves dans la région afin d’alimenter les plantations de canne à sucre en cours de fondation sur les îles de la Martinique et de la Guadeloupe, suivant le modèle anglais alors mis en place en Jamaïque.

Dès lors, tout comme sur le fleuve Gambie plus au sud, où les Anglais procèdent de même, des forts et des factoreries ravitaillées par bateau sont peu à peu construits tout au long du fleuve Sénégal, à James Toll, Podor, Matam, Bakel, Saint-Joseph de Galam… C’est dans ces fortins que, tout comme le long des côtes, les Français viennent vendre aux royaumes africains différents articles de commerce (métal, verreries, chevaux, armes et cotonnades d’Inde) en échange des esclaves capturés suite aux guerres et aux razzias qui ravagent toute la région. La demande en esclaves et les promesses de gains qui y sont liées alimentent en effet en permanence les guerres entre seigneurs locaux, favorisant l’éclatement des grands royaumes africains : dans la région sénégambienne, les seigneurs du Cayor puis du Baol se détachent ainsi du royaume du Djolof, tout comme le Siné et le Saloum plus au sud. Plus dans les terres, le même processus a lieu avec les seigneurs du Galam et du Khasso, qui, pour commercer et vendre directement des esclaves aux Européens, s’affranchissent du royaume bambara du Kaarta. Du XVIIe au XIXe siècle, les côtes de la région et les abords du fleuve Sénégal sont désormais traversés en permanence par des caravanes de captifs, tandis que de grands marchés aux esclaves se mettent en place, comme à Joal sur la côte, à Bakel dans le haut-Sénégal, ou à Médine, à quelques kilomètres de Kayes.

Si le commerce est prospère, Français et Européens sont toutefois dépendants du bon vouloir des élites régnantes de ces royaumes africains, qui n’hésitent pas à taxer sévèrement les commerçants français, voire parfois à détruire les comptoirs en question au gré de leurs guerres internes. Il n’est pas non plus sans provoquer de fortes révoltes, comme dans la région du Fouta, sur le moyen Sénégal, où en 1776, la révolution islamique toroodo tente de mettre un terme à la traite des esclaves sur le fleuve Sénégal. Mais c’est en 1791, suite au soulèvement général des esclaves sur l’île française de Saint-Domingue, dans les Antilles — « joyau » des plantations esclavagistes de l’époque —, que le système esclavagiste atteint ses limites dans les Amériques.

Au XIXe siècle, alors que la traite des esclaves est peu à peu prohibée, une nouvelle forme d’exploitation vient la remplacer : désormais, plutôt que de déporter sans fin de la main-d’œuvre servile outre-Atlantique pour assurer la production de denrées agricoles, les commerçants français et européens vont s’attacher à mettre en valeur de nouvelles matières premières, dont la production sera directement assurée par les paysans africains. De nouveaux commerces lucratifs vont alors remplacer le négoce des esclaves : celui de la gomme arabique tout d’abord, puis d’une plante dont la culture va devenir hégémonique dans toute la région : l’arachide. En réponse aux nouveaux besoins industriels de l’Europe, au milieu du XIXe siècle s’ouvre alors une nouvelle période : celle de la colonisation française de l’Afrique de l’Ouest…

(à suivre)

Siete Nubes

Notes

[1« déportés dGorée / tandis que les truies font des portées dporcs / et moi qui rêve d’or et d’argent… » Une rime de l’époque adolescente qui me reste gravé dans la mémoire, du rappeur (franco-sénégalais) Booba, bien avant l’actuel « DKR », le vidéo-clip que mes neveux adoptifs n’arrêtent pas d’écouter en boucle…

[2] Guy Thilmans, 2010, Informations sur l’esclavage, Éditions du musée historique du Sénégal.

[3] Paul E. Lovejoy, 2000, « Transformations in slavery. A history of slavery in Africa », African Studies Series, Cambridge University Press.

 

 

B/ De la révolution française à la naissance de l’impérialisme républicain

Archipel 272 juillet 2018

En France c’est principalement par le biais de la Société des amis des Noirs et de la revue La Décade Philosophique, toutes deux extrêmement influentes dans les milieux dirigeants du gouvernement post-révolutionnaire du Directoire (1795-1799) que selon l’historien Bernard Gainot, va s’imposer cette idéologie de la « colonisation nouvelle » visant à « régénérer » le système économique des îles antillaises en y inventant une économie post-esclavagiste, tout en incitant à la fondation en Afrique d’établissements coloniaux d’un nouveau type, à l’exemple de la toute nouvelle colonie anglaise de la Sierra Léone.

L’un des meilleurs spécialistes de cette période, l’historien Marcel Dorigny, a notamment montré comment, dans leurs écrits abolitionnistes, les intellectuels gravitant autour de la Société des Amis des Noirs, tels que l’Abbé Grégoire, Mirabeau, Brissot, Clavière, Lanthenas ou Bonnemain mettaient tout particulièrement l’accent sur les richesses agricoles et minières de l’Afrique dont l’exploitation aurait jusque là été délaissées à cause de la traite négrière. En abolissant la traite, il s’agissait d’inciter, selon ces « philosophes », au développement d’échanges économiques plus fructueux entre l’Europe et l’Afrique, fondés sur une exploitation économique plus « rationnelle » du continent. Pour cela, les membres de la Société se proposaient de transformer les futurs établissements coloniaux en lieux de mise en pratique auprès des « peuples primitifs » de la « science européenne » et de la « pédagogie des droits de l’homme », car l’esclavage avait, selon leurs vues, transformé les peuples africains en « êtres incapables de raisonner ». Dans la fable humaniste de la nouvelle idéologie des Lumières, à la différence du passé, la colonisation devenait ainsi « un acte profitable avant tout aux populations africaines elles-mêmes »…

Un justificatif moral pour la colonisation

C’est ainsi que, dans la pensée des nouvelles élites révolutionnaires, la colonisation devint un véritable impératif moral de « civilisation ». L’un des principaux pilier du mouvement abolitionniste, Carl Bernhard Wadström, l’explique clairement dans son Essai sur la Colonisation, l’un des ouvrages les plus lus et commentés dans les milieux intellectuels de l’époque : « L’établissement de l’empire de l’intelligence sur la volonté, elle-même influencée par les affects, est la conséquence de ce que nous nommons éducation ou civilisation. (…) Les sociétés peuvent être divisées en civilisées et non-civilisées ; et les tâches correspondant aux premières sur les dernières sont similaires à celles des parents vis-à-vis des enfants : car les nations non-civilisées tout comme les enfants, sont gouvernés par les affects, leur intelligence n’ayant pas été cultivée ».

Mais c’est dans les écrits d’un illustre participant de la Société des Amis des Noirs, le mathématicien Condorcet, considéré comme l’une des principales figures de la philosophie et de la révolution française, que l’on peut le plus approcher de ce qui allait constituer le coeur de l’idéologie coloniale républicaine. Dans son œuvre posthume, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, celui-ci soumettait aux scientifiques, philosophes et révolutionnaires occidentaux la tâche historique de « libérer les peuples du monde » et d’éradiquer l’arriération « au-delà des frontières de l’Europe ». Convaincu que l’humanité suit la voie inéluctable du progrès scientifique vers le bonheur, Condorcet définissait, dans la dixième et dernière période de son tableau historique du progrès humain, différentes tâches dont l’accomplissement permettrait de hâter le chemin de l’humanité vers la « perfection ».

En tout premier lieu, afin que les nations puissent se rapprocher de « l’état de civilisation où sont parvenus les peuples les plus éclairés, les plus libres, les plus affranchis de préjugés, tels que les Français et les Anglo-Américains » , et que soit abolie la distance immense qui sépare ces peuples de la « servitude des nations soumises à des rois, de la barbarie des peuplades africaines et de l’ignorance des sauvages », il s’agissait de parcourir les diverses nations, pour voir dans chacune « quels obstacles particuliers s’opposent à cette révolution. Ou quelles dispositions la favorisent ; nous distinguerons celles où elle doit être doucement amenée par la sagesse peut-être déjà tardive de leurs gouvernements, et celles où, rendu plus violente par leur résistance, elle doit les entraîner eux-mêmes dans ses mouvements terribles et rapides. »

Bien au-delà de l’Afrique, le champ d’action réservé par cette grande figure de la philosophie des Lumières aux nouveaux révolutionnaires se voulait en effet planétaire : « ces vastes pays lui offriront ici des peuples nombreux, qui semblent n’attendre, pour se civiliser, que d’en recevoir de nous les moyens, et de trouver des frères dans les Européens, pour devenir leurs amis et leur disciples ; là, des nations asservies sous des despotes sacrés ou des conquérants stupides, et qui, depuis tant de siècles, appellent des libérateurs ; ailleurs, des peuplades presque sauvages, que la dureté de leur climat éloigne des douceurs d’une civilisation perfectionnée, tandis que cette même dureté repousse également ceux qui voudraient leur en faire connaître les avantages ; ou des hordes conquérantes, qui ne connaissent de loi que la force, de métier que le brigandage ».

Cependant, « les progrès de ces deux dernières classes de peuple seront plus lents, accompagnés de plus d’orages ; peut-être même que, réduits à un moindre nombre, à mesure qu’ils se verront repoussés par les nations civilisées, ils finiront par disparaître insensiblement, ou se perdre dans leur sein... » . Dans cette synthèse ramassée, comme le note Jean-Louis Marçot, Condorcet laisse ouvertes toutes les options, de l’élimination par le refoulement à l’élimination par l’assimilation des premiers occupants : un avenir radieux en perspective pour tous les peuples du monde, comme les massacres et les exterminations coloniales du 19è viendront l’illustrer par la suite…

C’est en tout cas ce programme de « civilisation » au nom du « progrès de l’esprit humain» qui, à partir de 1795, sera amplement publié, enseigné et diffusé dans toute la France par décision officielle du gouvernement de la Convention thermidorienne. Ayant posé les bases théoriques du programme d’instruction scolaire de la toute nouvelle République française, l’influence de l’Esquisse de Condorcet n’a cessé d’être déterminante dans la formation des élites républicaines, de 1795 jusqu’à nos jours, tout particulièrement dans les milieux scientifiques et chez les mathématiciens, auxquels il attribuait la tâche spécifique de guider l’humanité vers la perfection.

Un de ses amis mathématicien Gaspard Monge, allait jouer un rôle central dans la diffusion de cet idéal colonial au sein des nouvelles élites. D’abord enseignant à l’école d’artillerie militaire de Mézières, il devient par la suite, sur la suggestion de Condorcet, ministre de la Marine et des Colonies. Mais c’est surtout en 1795, à travers la fondation de l’École polytechnique sous le patronage du mathématicien et commissaire à la guerre Lazare Carnot, que cet idéal colonial et progressiste va durablement se répandre chez les élites. Comme nous allons le voir par la suite, Monge et toute l’École vont jouer un rôle majeur dans la planification scientifique et militaire, en 1798, de la première grande opération coloniale du nouveau régime post-révolutionnaire, l’ « expédition d’Égypte ». Et c’est justement de ses rangs que sortiront Lamoricière, Cavaillac, Faidherbe, Archinard et une grande partie des officiers militaires responsables de la colonisation de l’Algérie et de la construction du nouvel empire colonial de la République.

 

Les nouveaux missionnaires de la « République universelle »

L’orientation militariste et coloniale du nouveau régime issu de la Révolution française n’avait pourtant au départ rien d’une évidence. Bien que la croyance dans la supériorité de la Raison et dans la tâche « civilisatrice » de l’Occident ait été très consensuelle parmi les philosophes dits « des Lumières » ( à l’exception notable de Rousseau), les premiers débats de l’Assemblée constituante issue de la Révolution étaient au départ marqués par le pacifisme, et totalement hostiles aux politiques de conquêtes territoriales. Ainsi, lorsqu'en mai 1790, le roi Louis 16 tente de justifier auprès de l’Assemblée constituante une opération navale de soutien militaire à l’Espagne, alors en conflit avec l’Angleterre à propos de leurs possessions coloniales au nord de la Californie américaine, un vaste débat sur la guerre s’engage parmi les représentants révolutionnaires, qui vont finalement adopter par décret, le 22 mai 1790, le fait que « la nation française renonce à entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conquêtes, et qu’elle n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple ».

La position pacifiste de l’Assemblée constituante issue de la Révolution représenta alors une rupture inédite dans la diplomatie des États, et fut acclamée par la société civile de nombreux pays européens.

[rectifié wiki : « Selon Jean-Paul Bertaud « cette déclaration de paix au monde était moins dictée par un pacifisme doctrinal que par le souci d'éviter un accroissement du pouvoir royal. Le Roi, chef des armées, en cas de victoire, en retirerait tout bénéfice et pourrait dicter sa politique aux députés de l'Assemblée .

L'Assemblée législative déclare finalement la guerre au roi de Bohême et de Hongrie le 20 avril 1792, arguant d'une guerre contre un souverain plutôt que contre un peuple1. ]

Mais elle fut de bien courte durée : moins de deux ans plus tard, en avril 1792, la France révolutionnaire prenait cette fois-ci l’initiative d’une guerre offensive contre les troupes de l’empereur d’Autriche, puis contre la plupart des monarchies européennes. Invasion des territoires[…]. De 1792 à la chute de Napoléon en 1815, la France ne cessera dès lors de pratiquer une politique de conquête et d’invasion militaire dans toute l’Europe.

Or, ce ne sont ni les militaires, ni les plus radicaux des révolutionnaires qui vont inciter la Révolution française à se tourner vers une politique d’expansion territoriale et de guerre à outrance, mais justement l’écrivain Brissot, le banquier Clavière, le philosophe Condorcet et tous les principaux animateurs de la Société des Amis des Noirs et du mouvement abolitionniste ! Dès les premières sessions de l’ « Assemblée législative » qui fait suite à l’adoption, le 23 septembre 1791, de la première Constitution française, et malgré les opposition de Marat et de Robespierre, toute une partie des nouveaux députés se rallièrent ainsi au « parti de la guerre » dont Brissot était le principal porte-parole.

[ wiki : un accord préalable des grandes puissances, et l'Angleterre de Pitt était contre une guerre contre-révolutionnaire. Cependant, en France, la propagande de l'aile gauche des révolutionnaires (dont Brissot) faisait de la déclaration de Pillnitz une vraie déclaration de guerre, dans le désir de radicaliser la révolution moyennant une guerre extérieure...Brissot….Son rôle dans le déclenchement de la guerre contre l'Autriche et le débat politique qui en découla avec Robespierre eut des conséquences très importantes sur la lutte entre girondins et montagnards. …

Dans l'opinion, le courant favorable à la guerre gagne du terrain. À l'extrême gauche, un des premiers à réagir est Marat, dans son journal L'Ami du peuple du er décembre 1791. Il voit dans la guerre un piège pour les forces révolutionnaires. « Je tremble », écrit-il, « que l'Assemblée, hâtée par les jongleurs prostitués à la Cour, ne se prête elle-même à entraîner la nation dans l'abîme. ». Le journal de Louis-Marie Prudhomme, Les Révolutions de Paris, lui emboîte le pas dès le 3 décembre75. Le 5 décembre 1791, Billaud-Varennes s'exprime au club des Jacobins76,77.

Alors que Marat est contraint de suspendre la parution de l'Ami du Peuple le 15 décembre 1791, Billaud-Varennes, le journal Les Révolutions de Paris, puis Robespierre multiplient les interventions contre la guerre durant ce mois de décembre. Parmi les chefs montagnards, Robespierre devient l'opposant à la guerre le plus obstiné. Il combat avec persévérance, au sein des sociétés populaires, les idées de Brissot et des Girondins qui y rencontrent un certain écho, en tentant de démontrer que la guerre ne sera pas facile, que la victoire risque de donner à la Révolution des généraux aspirant à la dictature militaire et que les soldats français ne seront absolument pas reçus comme des libérateurs78. Il recommande de régler les problèmes intérieurs, avant de se lancer dans une guerre,... ]

 

Pour celui-ci, une fois la nouvelle Constitution entérinée, la suite logique de l’oeuvre révolutionnaire consistait à mener désormais « une croisade de liberté universelle », une véritable « guerre expiatoire, qui va renouveler la face du monde, et planter l’étendard de la liberté sur les palais des rois, sur le sérail des sultans, sur les châteaux des petits tyrans féodaux, sur les temples des papes et des muphtis ».

Si Brissot en fut le principal propagandiste, c’est en fait le banquier suisse Etienne Clavière, son comparse et mécène financier qui, dès octobre 1791, encouragea l’adoption de cette politique guerrière. Les « assignats », la monnaie-papier du nouveau Régime créé par celui-ci et par Talleyrand, connaissaient alors une forte dépréciation du fait de la spéculation internationale : « Les ennemis de la Révolution veulent avilir les assignats, et faire monter par ce moyen le prix de toute chose...Notre première opération de finance sera donc la guerre contre les princes coalisés ; à moins que leur coalition ne cesse de nous présenter des incertitudes alarmantes... » explique-t-il

Lui aussi très pragmatique, Condorcet notait en effet dans sa Chronique de Paris (11 janvier 1792) que « nous sommes en paix et notre commerce languit, notre change baisse tous les jours et nos assignats baissent de plus en plus...La confiance diminue, les mécontents se multiplient … Si les Français ne la décident pas (la guerre), l’état de désunion se prolongera, la perte des assignats augmentera, l’effervescence des esprits, qui eut été utilement dirigée contre l’ennemi commun et vers un grand but, se tournera contre nous-mêmes ».

Afin de s’attaquer à la noblesse contre-révolutionnaire réfugiée à ses frontières, l’Assemblée législative décide donc, à l’instigation de Brissot, d’envahir les territoires belges sous le contrôle du Roi d’Autriche, proclamant par décret le 15 novembre 1792, que désormais, la France accorderait « fraternité et secours à tous les peuples qui voudront recouvrer la liberté, et charge le pouvoir exécutif de donner aux généraux les ordres nécessaires pour porter secours à ces peuples, et défendre les citoyens qui auraient été vexés ou qui pourraient l’être pour la cause de la liberté ».

Dans les pays conquis, la féodalité, la noblesse , les privilèges et les autorités établies devaient être dissous et le peuple convoqué en assemblées, mais « les peuples chez lesquels les armées de la République ont porté la liberté n’ayant pas l’expérience nécessaire pour rétablir leur droits, il faut que nous nous déclarions pouvoir révolutionnaire, et que nous détruisions l’ancien régime qui les tenait asservis ».

les sacrifices consentis par la France révolutionnaire en vue de la « libération des peuples » n’étaient en effet pas tout à fait gratuits, puisque selon le même décret, « en offrant au peuple une partie de nos trésors pour l’aider à reconquérir sa liberté, nous lui offrirons notre monnaie révolutionnaire ; cette monnaie deviendra la sienne...dès lors nous augmenterons notre propre puissance, puisque nous aurons un moyen d’écoulement pour diminuer la masse des assignats circulant en France , et l’hypothèque que fourniront les biens mis sous la sauvegarde de la République, augmentera le crédit de ces mêmes assignats ». Outre la tutelle politique exercée par la France sur les peuples libérés, la « guerre contre les tyrans » devait ainsi aboutir à la construction d’un espace monétaire et économique totalement contrôlé par la nouvelle République, sorte de « zone franc CFA » avant la lettre…

Comme argumente alors l’un des plus ardents promoteurs de cette politique de conquête militaire, le richissime baron Anarcharsis Cloots : « Nous préviendrons les manœuvres des tyrans en saturant leurs provinces d’assignats incendiaires à l’aide de nos armées libératrices. C’est en liant la prospérité de nos voisins à celle de la France que nous propagerons notre doctrine avec la rapidité de l’éclair »… Pour ce défenseur du « système de la Nation unique », cette politique d’impérialisme économique ne posait évidemment aucun problème, la France étant, selon lui, vouée à devenir le fondement d’une « République universelle » et Paris, le nouveau « chef-lieu de l’univers».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Voir Jean-Louis Marçot, Roger Pasquier, Marcel Dorigny Bernard Gainot)

 

B1 <idéologie des polytechniciens ; Faidherbe etc jusqu’aux nucléocrates...)

Idéologie polytechnique issus de la révolution, saint Simon etcextrait wiki polytec 2018.11 :

Les missions de service public de l'École imprègnent les élèves d'un idéal républicain29. Ainsi lorsqu'en 1814 les troupes étrangères sont aux portes de Paris les polytechniciens tentent de défendre la barrière du Trône30. Après l'arrêt de la parution du journal saint-simonien Le Producteur en octobre 1826, les disciples de Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon, parmi lesquels le polytechnicien Barthélemy Prosper Enfantin, donnent toute une série de conférences pendant deux ans, trouvant un écho très favorable à l'École polytechnique31. Ainsi, à partir des années 1830 de nombreux élèves de l'École polytechnique sont influencés par les idéologies saint-simonienne et positiviste12. L'influence du positivisme sur l'École conduit Friedrich Hayek à la décrire comme la source de l'orgueil scientiste et du socialisme moderne26. Cette critique est reprise par Wilhelm Röpke qui voit dans l'École le centre de diffusion d'un courant « mécanistique-positiviste » au « rationalisme effréné » voulant construire et organiser « l'économie, l'État et la société, suivant des lois prétendument scientifiques32. »

 

...Du Second Empire à l'entre-deux-guerres

Le Second Empire marque l'élévation sociale des polytechniciens. L'École cesse en effet progressivement d'être un laboratoire scientifique pour s'imposer comme un espace de production de la « noblesse d'État », tout en étendant son emprise sur la gestion des appareils industriels29. Certains auteurs, comme Terry Shinn et Bruno Belhoste, considèrent que l'École n'a pas contribué à l'industrialisation de la France pendant cette période et que les polytechniciens se sont contentés de tâches administratives dans les entreprises au lieu d'être des inventeurs et de promouvoir les nouvelles technologies35,36,37. François Crouzet estime néanmoins que ces critiques sont excessives et que les polytechniciens ont joué un rôle important dans le développement économique de la France au XIXe siècle38. L'École devient alors un lieu de conservatisme politique et social d'après Bruno Belhoste29, si bien que lors du soulèvement du 18 mars 1871, et à l'inverse des insurrections précédentes, l'École polytechnique ne se place pas du côté du peuple39. Après la défaite, l'École prépare la revanche militaire sur l'Allemagne40 et seuls quelques polytechniciens, comme Henri Poincaré et Henri Becquerel, portent le « flambeau de la science à l'École »41, si bien que Louis Pasteur attribue la défaite française aux carences de la science française qu'incarne à ses yeux l'École polytechnique et son éloignement de la recherche42.

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https://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=AHRF_317_0014

B2/ La Société des Amis des Noirs (1788-1799). Contribution à l’histoire de l’abolition de l’esclavage

suite sur Lumi_res_Racistes_colonialistesSocAmiNoir2019

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15 décembre 2018

ET RAT HOMME ERRATUM chercher l'erreur

Mauvais Rat


ERRATUM ET-Rat-Homme

Chercher l'erreur au delà de la recherche

 

 

Et voilà, les résultats sont tombés. On en parlait sur Radio Paris cette semaine du 10 Décembre

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/ogm-conteste-inra-inserm-caennais-gilles-eric-seralini-est-invite-notre-journal-ce-jeudi-soir-1591621.html

http://www.journaldelenvironnement.net/article/toxicite-des-ogm-la-polemique-seralini-est-de-retour,95242

Il fallait s’y attendre, tu es la honte de la famille, toi le Sprague Dawley, tu avais pourtant courageusement passé l’épreuve. Comme le disent les journalistes assermentés, tu en étais ressorti avec des glandes « comme des balles de ping-pong », alors qu’ elles étaient grosses comme des boules de pétanque, que dis-je, mieux ; des boules lyonnaises ! Il fallait au moins cela pour attirer l’attention dans cette société du spectacle. Et ça a marché ! Aussitôt, les chiens de gardes ont été lancé et la polémique a fusé quelque temps. Tu tenais le haut du pavé...

Mais maintenant, pour ces chercheurs ès éprouvette, tu ne serais qu’un mauvais rat, un faux frère, qui ne tient pas la route, en deux ans. Tu ne serais qu’un rat souffreteux, suicidaire et alcoolique. Au contraire de ton cousin Wistar qui, lui, a remporté l’épreuve haut-la-patte : zéro défaut. Lui, c’est un héros, un « sur-rat » qui résiste aux OGM et qui nous promet avec l’avancée du « trans-ratisme », l’avènement d’une nouvelle race de rats blonds aux yeux bleus, résistants aux OGM, pesticide, bisphénol, nanoparticules, benzène etc. Une nouvelle race résistante à la pollution radioactive, électromagnétique etc.

SpragueDawleyRatAvant

 

Ne me regarde pas comme cela avec des yeux exorbités ! Qu’est ce qu’on va faire de toi ? Ta mère et moi avons sué sang et eau pour financer ces études. Si on te relâche dehors, tu seras réduit à faire les égouts et les poubelles avec tes cousins de la ville, ou creuser des galeries avec tes cousins des champs. Mais tu ne feras pas un plis à cause de ton délit de sale gueule ; trop visible la nuit. De plus ces imbéciles d’hommes ont contaminé l’ensemble de la terre ; ils déposent encore des centaines de brevets tous les jours sur des molécules chimiques créées de toutes pièces qui ne peuvent s’intégrer dans le processus du vivant. Et elles s’accumulent lentement, dans la chaîne alimentaire, depuis si longtemps au printemps silencieux, et finissent par détruire les corps et les rendre stérile, malades pour finalement mourir avant l’âge ; « On croit mourir de leucémie ; on meurt par les profiteurs de guerre ». Ils tentent de soigner par la chimiothérapie ce qu’ils ont eux-mêmes laissé propager par la pollution chimique. Ils tentent de soigner par la médecine nucléaire ce qu’ils ont eux-mêmes laissé propager par la pollution nucléaire.

Nous sommes tous des pisseurs involontaires de glyphosate avant un cancer de la prostate.

https://www.youtube.com/watch?v=ZGsG3KEN1Q4&t=12s&frags=pl%2Cwn&app=desktop

 

 

Ne me regarde pas comme ça avec tes yeux de merlan frit, tu veux encore m’attendrir, nous sommes tous des êtres de chair et de sang.

 

Wistarrat

Mais pour nous c’est terminé ; « rat » le bol. On a donné.

 

spragues

 

 

Nous sommes les sacrifiés, comme des hommes disaient à Craonne. https://www.youtube.com/watch?v=wGrdG85mmL0

 

Il leur faut trouver d’autres cobayes, s’ils en veulent encore ; les actionnaires de Mosanto Novartis Sygenta Bayer et autres firmes ou banquiers, politiciens par exemple, ce serait beaucoup plus juste. Bayer, ce nom me dit quelque chose. Un bouquin que j’avais grignoté plus jeune ; de Patterson « Eternel Treblinka » et un autre dont Adorno avait dit « Auschwitz commence quand quelqu’un visite un abattoir et pense : ce ne sont que des animaux. »

 

Homme arrête-toi un moment pour penser

 

Il leur faut sortir de la recherche car elle sert la guerre, suivre le chemin de quelques humains comme Alexandre Grothendieck ou le couple Belbeoch, ce dernier qui était sorti du GSIEN, sorti du piège de la contre-expertise qui sert la cogestion du désastre. De plus, comme il était dit à Craonne, « Ceux qu'ont l'pognon ceux-là r'viendront, Car c'est pour eux qu'on crève ».Ils orientent la recherche selon leurs intérêts qui n’est pas celui du bien commun, de la vie sur terre. La recherche est asservie (Annie Thébaud Mony). Qu’ils arrêtent la recherche. « Ceux qu'ont l'pognon » c’est ceux qui remportent le pompon, c’est ceux qui gagnent les élections, ce piège à...

 

Qu’ils arrêtent cette volonté de puissance, ce scientisme, cette idéologie moribonde de vouloir tout comptabiliser et de vouloir tout marchandiser; le vivant, l'eau, l'air, la terre et feu car elle nécessite de tout contaminer; le vivant, l'eau, l'air, la terre et feu. Jusqu'à l'extinction finale qui ne saurait tarder avec l'arrivée au pouvoir d'autres psychopathes comme récemment au Brésil toujours grâce au pouvoir de l'argent roi. Or ils ont pourtant dit dans un certain pays qu'ils ne voulaient pas de roi. Pas de roi, ni grand ni petit, que des hommes en accord, en "alliance avec l'univers" (R.Jaulin).

 

Qu’ils n'oublient pas que des jeunes humains sont partie prenante pour sauvegarder leur territoire et leur culture propre, que cela soit en Guyane contre les mines d’or, en Kanaky contre les mines de Nickel et partout dans le monde, comme on a vu dans ce pays d'autres jeunes à Sivens, à Notre Dames des Landes, à Bure etc Et bien qu’ils n'oublient pas de rappeler la contradiction de l’homme blanc.

 

 

D'où venez-vous camarades,

La douleur est dans vos rangs

Nous venons de voir la rade

Ils ont tué notre océan

 

La voilà la blanche hermine,

Vive la mouette et l'ajonc

La voilà la blanche hermine,

Elle envahit l'horizon

 

Et si je meurt en partisan O bella ciao ciao ciao

Et si je meurt en partisan tu devras m’ensevelir.

M’enterrer dans la montagne sous l’ombre d’une belle fleur.

 

Comme ça, les gens qui passeront O bella ciao.....

Comme ça les gens qui passeront

Diront Oh qu’elle belle fleur !

 

C’est la fleur du partisan

O bella ciao ciao ciao

C’est la fleur du partisan

tombé pour la liberté....

 

Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves

...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe ;

Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.

 

J'aimerai toujours le temps des cerises

C'est de ce temps là que je garde au cœur

Une plaies ouverte …

Et Dame Fortune, en m'étant offerte

Ne pourra jamais fermer ma douleur

J'aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au cœur."

 

Oui mais!

Ça branle dans le manche,

Les mauvais jours finiront.

Et gare! à la revanche,

Quand tous les pauvres s'y mettront.

Quand tous les pauvres s'y mettront.

 

Le peuple au collier de misère

Sera-t-il donc toujours rivé?

Jusque à quand les gens de guerre

Tiendront-ils le haut du pavé?

Jusque à quand la Sainte Clique

Nous croira-t-elle un vil bétail?

À quand enfin la République

De la Justice et du Travail?

 

Adieu la vie adieu l'amour

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés

 

Ceux qu'ont l'pognon ceux-là r'viendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

D'monter sur le plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

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Rajout le 20 Décembre 2018: sur

https://reporterre.net/A-nouveau-attaque-le-professeur-Seralini-repond-a-ses-detracteurs

À nouveau attaqué, le professeur Séralini répond à ses détracteurs

19 décembre 2018 /

Auteur avec son équipe en 2012 d’une étude sur la toxicité à long terme d’un maïs résistant au Roundup, le Professeur Séralini a fait l’objet depuis de plusieurs critiques de son travail. Dans cette tribune, il répond une nouvelle fois à ses détracteurs.

Le professeur Gilles-Éric Séralini est codirecteur du pôle Risques, Qualité et Environnement durable à l’université de Caen. Ses études sont téléchargeables ici. En 2012, le professeur et son équipe ont publié une étude sur les effets à long terme du maïs transgénique NK603 résistant au Roundup. Reporterre avait informé de cette publication et des réactions qu’elle avait provoquées.

Le 11 décembre 2018, Sylvestre Huet a mis en ligne un long article sur son blog affirmant que mon équipe de recherche a eu définitivement tort sur la toxicité à long terme du maïs OGM tolérant au Roundup, et du Roundup. Les plantes génétiquement modifiées tolérantes à ce principal herbicide du monde sont transformées pour pouvoir en contenir beaucoup sans en mourir. Ce caractère des OGM représente 80 % des cultures modifiées aujourd’hui. Nous avons confirmé nos travaux et, oui, ces OGM sont toujours des poisons.

Nous avons prouvé la toxicité très importante du Roundup lui-même, qui est le principal herbicide du monde, dont la prétendue matière active est le glyphosate tant débattu. Cette expérience avec le Roundup testé sur des rats à des doses minimes (autorisées dans l’eau) pendant deux années reste unique au monde et non répétée, mais on n’en parle pas. Le journaliste ne me contacte pas, comme l’éthique d’un débat correct le voudrait. Il préfère affirmer dès la deuxième ligne que nos rats auraient été atteints de « cancers envahissants » alors que nous avons souligné dans notre article la toxicité des tumeurs, même non transformées en cancers, les maladies graves rénales (néphropathies sévères) et du foie (stéatoses hépatiques) qui ont tué ces animaux soumis aux OGM et au Roundup.

Nous n’avons pas cessé de travailler depuis 2012 ni cessé de confirmer nos résultats

Nous l’avons bien détaillé, précisant que ce n’était pas une étude sur le cancer que nous faisions, mais bien plus générale. Une recherche centrée sur le cancer n’aurait pas été pertinente, et serait passée à côté de l’essentiel, comme certains disent l’avoir fait sans le publier encore. Les rats étaient nombreux, par groupe de 20, adaptés aux études car nos contrôles étaient nourris sans aucun pesticide, nos statistiques furent puissantes pour mesurer les variations sur l’ensemble des paramètres à la fois. Nous avons publié en open source [libre accès, Ndlr] nos données brutes. Les tumeurs n’ont pas été mesurées régulièrement par ceux qui ont voulu recommencer une partie des études que nous avons réalisées, hélas. Superficialité ou mauvaise intention journalistique de taire cela dans un débat sur la santé publique ?

Ce que M. Huet semble ignorer, c’est que nous n’avons pas cessé de travailler depuis 2012 ni cessé de confirmer nos résultats dans des journaux scientifiques d’envergure. En 2015, utilisant déjà des méthodes de « transcriptomique », nous avons montré dans Environmental Health la spécificité de nos résultats affectant les reins ; en 2016, par des méthodes poussées de « multiomics », comme le font aujourd’hui d’autres auteurs sur ce sujet, nous avons prouvé les modifications importantes dans ledit maïs transgénique lui-même ; et en 2017, toujours dans Scientific Reports du prestigieux groupe Nature, nous avons détaillé la toxicité à très petite dose du Roundup sur le foie. Chaque fois, les lobbys qui ont peur pour leurs intérêts, se sont déchaînés contre la revue, chaque fois, nous avons répondu. Les contenus du Roundup en dérivés de pétrole très mutagènes et d’arsenic, bien plus herbicides et toxiques que le glyphosate, qui n’est même pas un herbicide tout seul, nous l’avons publié de 2005 à 2018.

Tout le débat sur le glyphosate est décalé, à côté de la plaque, à cause de cela. Pas un mot de M. Huet sur tous ces résultats, pourquoi ? Comment et par qui s’informe-t-il ? Pourquoi alors cite-t-il les méthodes apprises dans les écoles de journalisme ? Il ne peut pas ignorer les sept procès en diffamation que nous avons engagés et gagnés contre les lobbys, infiltrés jusque dans les agences publiques recopiant les dires de la société Monsanto ces dernières années. Il ne peut pas ignorer les « Monsanto Papers » notamment sur mon « affaire » qui ont fait les colonnes et les pages du Monde en 2017 pour montrer les preuves flagrantes des soudoiements et organisations pour me diffamer, rétractation d’un article, pressions sur les journaux scientifiques et grand public, et listes de contre-vérités scientifiques assénées par cette entreprise mondiale, afin de réduire au silence ceux qui découvrent la toxicité de ses produits.

Nos études sur le Roundup (et les OGM en contenant) n’ont jamais été répétées à ce jour

M. Huet ne peut pas ignorer qu’en 2012, nos recherches avaient été passées au crible pendant quatre mois par les meilleurs spécialistes avant d’être publiées, qu’aucune fraude n’y a été trouvée par nos détracteurs scientifiques dans le journal scientifique qui nous a édités, et qu’elles n’avaient nul besoin de l’aval des « experts » ayant autorisé dans le commerce les OGM ou le Roundup pour paraître. Ces derniers, les journalistes les interviewaient pour apporter la contradiction, mais sans dire leurs rôles ni conflits d’intérêts. Les connaissaient-ils ? C’est pour expliquer ces manigances au plus niveau des Etats que j’ai écrit deux livres (Tous cobayes, Flammarion 2012 ; Poisons cachés, avec Jérôme Douzelet, Actes Sud, 2017) ; et le film de Jean-Paul Jaud a été inspiré par le premier. Pas pour les basses raisons que M. Huet a insinuées.

Nos études sur le Roundup (et les OGM en contenant) n’ont jamais été répétées à ce jour, car nous les avons réalisées sur deux années, mesurant les tumeurs, les hormones sexuelles (ces tumeurs étant hormono-dépendantes), et allant jusqu’à ce qui se fait de mieux pour les spécialistes, la microscopie électronique, la « métabolomique », la « transcriptomique », la « protéomique », pour les organes, ou la spectrométrie de masse pour les analyses du Roundup. Alors, affirmant gratuitement que nous avons tort, car certains publient des études bien plus courtes, de trois mois ou six mois, avec parfois un autre OGM et en tout cas une autre souche de rats moins sensibles, et surtout avec des témoins nourris avec des plantes recevant aussi des pesticides, ce qui masque les résultats, comme le font les industriels, n’est vraiment pas sérieux. Mettons tout sur la table avant que les populations du monde, cela commence à être prouvé aux États-Unis, ne soient malades avec ce Roundup contenant de l’arsenic, une honte à bannir avec les OGM transformés pour en contenir.

  • Voir aussi une vidéo de France 3 dans laquelle le Pr Séralini répond à propos de l’étude « GMO90+ » publiée le 10 décembre 2018 dans la revue « Toxicological Sciences ».

https://www.youtube.com/watch?v=dPgKGkGI4gk

 

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12 décembre 2018

Le pouvoir de la honte du Français

Un soir (de Juillet 1776?) à Saint Germain des Prés,  Danton traitant d'hypocrite Franklin: 

"Vous êtes fêté comme le messager, le prophète des droits de l'homme...Mai moi, ici à Paris, je ne vois qu'humiliation , arbitraire, souffrance endurée par les gens. Où sont vos droits de l'homme? A quoi servent-ils? »

Et le docteur Franklin de répondre alors à l'impudent: "Détrompez-vous. Derrière ces droits rayonne une puissance bien plus grande que n'importe quelle autre puissance dans le monde: le pouvoir de la honte."

(-p40 Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures Jean Ziegle-D.Lafay-2018)

 

 

 

 

 

bateau_flottille


Une diplomatie honteuse



En cette fin d’année 2018, quand on fait le bilan de tout ce qu’a fait la France en tant qu’État à propos de la Palestine et d’Israël, on ne peut qu’être consterné.

Salah Hamouri, citoyen français, a passé plus d’un an en prison en Israël sans procès. Aucune protestation publique. Au contraire, pendant cette détention, le président Macron a donné plusieurs fois l’accolade à son « cher Bibi ».

Pas plus de réaction face aux arrestations massives d’enfants, à la détention d’Ahed Tamimi ou de la députée Khalida Jarrar qui est en prison sans jugement depuis juillet 2017.

Depuis le 30 mars 2018, l’armée israélienne assassine comme dans un stand de tir des manifestant-e-s désarmé-e-s dans la bande de Gaza. Il y a à ce jour 230 mort-e-s et des milliers d’estropié-e-s, victimes des balles explosives, armes formellement interdites. Pas un mot de la France contre ce carnage prémédité. Ce silence permet que le crime continue et se renouvelle régulièrement chaque vendredi.

En juin le gouvernement français a maintenu l’inauguration de la saison croisée France-Israël, en dépit des exactions de l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

En juillet-août, la flottille de la liberté part pour briser le blocus de Gaza qu’officiellement la France désapprouve. À Paris, la police fluviale empêche deux de ses bateaux d’accoster. Quand la marine de guerre israélienne attaque violemment en eaux internationales la flottille, la France se tait sur cet acte de piraterie alors qu’il y a deux Français-e-s à bord. Interpellée à la Chambre des Députés, la ministre Nathalie Loiseau reprendra la version israélienne affirmant que les médicaments transportés par la flottille seront acheminés à Gaza. C’est faux. Quatre mois plus tard, ils ne sont toujours pas arrivés.

Le 11 novembre, l’armée israélienne franchit sa propre « barrière de sécurité » et attaque à l’est de Khan Younès dans la bande de Gaza. Elle assassine plusieurs combattants de différents groupes. Un officier israélien est tué dans les combats. Plusieurs roquettes sont lancées, en riposte à cette agression, sur Israël. Réaction de la France ? Le président Macron téléphone à son ami Nétanyahou pour « fermement condamner les tirs de roquettes par le Hamas sur Israël » sans même parler de l’attaque israélienne. Dans la foulée la France vote à l’ONU une résolution états-unienne (qui n’a heureusement pas eu la majorité qualifiée) condamnant le Hamas et faisant silence sur le blocus et les attaques meurtrières d’Israël.

Enfin, le Conseil Européen (et avec lui la France) vient de reprendre la définition de l’antisémitisme rédigée par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance). Si certains aspects caricaturaux de cette définition (comme le fait d’assimiler la critique d’Israël à de l’antisémitisme) ont été supprimés, cette définition reprend l’amalgame manipulatoire classique entre antisionisme et antisémitisme. Cette déclaration a bien sûr pour but de criminaliser l’indispensable BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Israël/Palestine n’est pas un accroc isolé dans la diplomatie française. Notre pays est aussi un des principaux marchands d’armes dans le monde. Un de ses principaux clients est l’Arabie Saoudite alors que plus personne ne peut ignorer que le régime en place dans ce pays commet des meurtres délibérés contre ses opposants et contre le peuple yéménite.

Ce n’est pas parce qu’il est mal informé que le gouvernement français agit ainsi. Tous les jours, il reçoit de ses propres diplomates, des informations détaillées sur les arrestations d’enfants, les tortures, les maisons et les écoles détruites, le vol de la terre et de l’eau en Palestine. Ce n’est pas par compassion pour les Juifs que ce gouvernement est complice de la politique israélienne : au contraire, la politique israélienne et cette complicité indigne et délibérée de la France mettent les Juifs ici et là-bas en danger.

Israël est aujourd’hui le laboratoire de l’enfermement et de la répression contre les populations jugées dangereuses ; c’est le pays des technologies de pointes et des armes sophistiquées. C’est l’exemple d’une conquête coloniale. C’est aussi un modèle pour l’atteinte aux libertés démocratiques et aux droits humains. C’est pour cela qu’il jouit de la complicité internationale et de l’impunité.

En Israël, la destruction de la société palestinienne est devenue « normale ». En France, notre gouvernement bafoue quotidiennement le droit en traquant comme il le fait les migrant-e-s et en généralisant arrestations arbitraires et répression violente.

L’Union Juive Française pour la Paix interpelle le gouvernement français.
Changez radicalement de politique !
Cessez de vous taire devant les crimes de guerre réitérés !
Cessez de légitimer par vos actes l’occupation, la colonisation et la destruction de la société palestinienne !
Quittez le camp du colonisateur, rejoignez celui qui aurait dû toujours être celui de la France : le camp du « vivre ensemble », le camp du droit, le camp de la dignité, de l’égalité et de la justice.

Le Bureau national de l’UJFP, le 11 décembre 2018
http://www.ujfp.org/spip.php?article6834

 

SHesselp

 

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06 décembre 2018

Propos de Marie En Toilette Sèche

briochcarburant

 

https://www.bastamag.net/Gilets-jaunes-L-ecologie-c-est-un-combat-de-riches-alors-que-cela-devrait-etre
 
Gilets jaunes : « L’écologie, c’est un combat de riches alors que cela devrait être un combat populaire ! »
 
par Emmanuel Riondé, Simon Gouin 5 décembre 2018
 
Basta ! est allé à la rencontre de gilets jaunes qui tiennent et animent des points de blocage en Normandie, près de Caen, et dans l’agglomération toulousaine. Ils sont retraités, anciens cadres, intérimaires, plombiers ou travaillent à l’hôpital. Certains ont déjà participé à des mouvements sociaux, d’autres non. Tous et toutes incarnent ce mouvement social inédit, et y voient une manière de reprendre la main sur leur vie, sur la politique, de retrouver un pouvoir d’agir : « Avec les gilets jaunes, les gens ont à nouveau une vision d’avenir. » Reportage.
 
Photo : Place de l’Étoile, Paris, le 24 novembre / © Cyrille Choupas [1].
 
« Attendez, je vais vous amener voir qui il faut... » Dans la zone de Lespinasse, où se trouve le dépôt pétrolier de Toulouse, au nord de la ville, des barrages filtrants sont établis depuis plusieurs semaines sur les rond-points. Le premier gilet jaune croisé fait le guide jusqu’au cabanon bricolé abritant thermos de cafés, croissants et autres victuailles apportées par des automobilistes solidaires. Un feu vif consume des palettes. La file de véhicules s’étire. Les klaxons des routiers, pouces levés, en soutien, retentissent.
 
Raymond Stocco, 64 ans, cadre retraité de l’aéronautique, est l’un des initiateurs de ce point de blocage stratégique. Mobilisé depuis plus d’un an pour « donner de la visibilité aux retraités », à leurs revendications sur la « non-augmentation des pensions de retraites » et face à leurs « pertes financières », Raymond a pris langue avec les gilets jaunes toulousains au début du mois de novembre. Et a aussitôt fait passer son message : « Pour être efficace, il faut des blocages économiques, il n’y a que ça qui pourra faire pression sur le gouvernement. »
« On se bat parce qu’il y a des gens qui crèvent de faim »
 
Depuis, devenu « référent » du blocage de Lespinasse, Raymond Stocco tâche d’être là tous les matins dès 4h30 et jusqu’au soir. « Entre les retraités, les chômeurs et les temps partiels qui sont très nombreux dans le mouvement, on peut s’organiser en trois-huit », sourit-il. Lui qui appartient à la première catégorie, après « une carrière à l’international », ne semble pas être particulièrement dans le besoin. « On se bat parce qu’il y a des gens qui crèvent de faim, l’intérêt général doit primer », lance-t-il.
 
Le bonnet rouge qui lui recouvre la tête lui a été offert par un cadre breton qu’il a « aidé » à monter un dossier prud’hommal lors de son « court passage syndicaliste » entre 2008 et 2010 à la CFDT. « Lors du conflit sur les retraites en 2010, au bout d’un moment, la hiérarchie a souhaité faire en sorte que le mouvement s’arrête. Je me suis rendu compte qu’en réalité, on nous demandait avant tout de générer des adhésions qui ne servaient qu’à une chose : la représentativité qui valait à chaque syndicat un chèque plus ou moins gros de l’État. Moi, je voulais que les CHSCT, les délégués du personnel, etc., aient des formations juridiques. On m’a répondu que je n’étais pas là pour ça. » Fin de l’expérience syndicale pour Raymond qui nourrit une défiance au moins aussi grande à l’égard des formations politiques, « lâches, menteuses, sournoises et manipulatrices ». Seul Jean Lasalle, dont il ne partage pas les convictions politiques, trouve grâce à ses yeux. « À part lui, il n’y a personne que j’ai envie de respecter. » Le 21 novembre, le député et ex-candidat à l’élection présidentielle, ancien de l’UDI et du Modem devenu indépendant, s’était présenté en gilet jaune à l’Assemblée, provoquant une suspension de séance.
Impacter les gros pollueurs
 
« Ok pour qu’on ait des porte-parole mais je demande à ce qu’ils soient apolitiques, non syndiqués et intègres. On est un groupe citoyen avant tout », insiste Raymond Stocco. En attendant que se structure un peu le mouvement, le retraité a pris l’initiative d’un petit « sondage » imposé aux automobilistes sur le rond-point. Avec deux questions : « Êtes-vous satisfait de la réponse de monsieur Macron ? » et « pouvez-vous clôturer vos fins de mois normalement ? » À la seconde, il assure que « 99% des gens répondent non ». À la première, il dit entendre de nombreuses « réponses très violentes. Les moins durs disent que Macron est un con et je reste poli... Il y a une haine, une amertume envers les élus qui est vraiment très forte. Et un besoin de parler : beaucoup coupent leurs moteurs pour discuter avec nous. Tout le monde n’est pas sur facebook ! »
 
Rond-point de Lespinasse, près de Toulouse / © Emmanuel Riondé
 
Quid de la transition écologique, argument mis en avant par le gouvernement pour justifier la taxe carburant qui a mis le feu aux poudres ? « Ça pourrait être une belle chose mais le gouvernement aurait dû commencer par impacter les gros pollueurs, les porte-conteneurs, les avions. Ici à Toulouse, on est concernés : ils lâchent du kérosène en plein air quand ils sont en surcharge avant d’atterrir, on le respire [2]. C’est pas logique que ce soit les petits contribuables qui soient pénalisés pour cette pollution bien réelle des grands groupes. »
« Avec les gilets jaunes, les gens ont à nouveau une vision d’avenir »
 
À Caen, le dépôt pétrolier du Calvados, qui approvisionne la Normandie en essence, est aussi un lieu stratégique de blocage. Au bout de la petite route qui y mène, une vingtaine de gilets jaunes sont rassemblés. Au pied du rond-point, une cabane a été dressée par l’un d’entre eux « qui a traversé la rue et est devenu architecte », plaisante un gilet jaune, faisant référence à la déclaration d’Emmanuel Macron. Devant le campement, un panneau invite les automobilistes à s’arrêter prendre un café. Quelques palettes, un feu de bois, des paquets de gâteaux, du jus d’orange et un sapin de Noël avec des branches de bois. Et un bouillonnement d’idées à propos de leur organisation et de leur stratégie politique. Ici, on cherche une salle pour accueillir une assemblée générale ; là, on parle de renforcement des points de blocage ; à côté, on évoque la possibilité de porter plainte pour destituer Emmanuel Macron.
 
Dylan, un intérimaire de 24 ans, est présent parce que sa grand-mère ne s’en sort pas. « Elle ne sait pas comment elle pourra changer sa chaudière, dit-il. Un plein de courses, aujourd’hui, c’est 100 euros. » Avec le mouvement, le jeune homme s’est intéressé pour la première fois à l’histoire politique de son pays. « Alors que le pays est à feu et à sang », il y voit une grande solidarité et un espoir de changement. « Le mouvement, s’il réussit, a pour but de profiter à tout le monde. » « Avec les gilets jaunes, lance une autre personne, les gens ont à nouveau une vision d’avenir. Avant, il n’y avait qu’un "au jour le jour". »
« Les riches et les pauvres vivent dans des bulles totalement séparées »
 
À quelques mètres de là, Timoléon Cornu est devant une file de camions stoppés pour une dizaine de minutes. « L’or noir, c’est le nerf de la guerre », explique le jeune-homme, devenu l’une des figures du mouvement calvadosien. « Le problème de notre société, c’est que les riches et les pauvres vivent dans des bulles totalement séparées. L’égalité, je ne la vois nulle part. Nous voulons faire en sorte que ces bulles s’entrecroisent, se rencontrent. Il faudrait avoir des représentants des gilets jaunes à l’Assemblée, pour redonner un peu de pouvoir au peuple. »
 
Graffiti à Paris, lors de la manifestation « Acte 2 » du 24 novembre / © Serge d’Ignazio
 
Timoléon Cornu vit à la campagne, à une trentaine de minutes au sud de Caen. Il travaillait depuis cinq mois dans la plomberie et le chauffage collectif quand le mouvement des gilets jaunes a démarré. Après une blessure à la cheville sur un terrain de football, son contrat d’intérim n’a pas été renouvelé. Pas de dette, pas d’enfants, Timoléon a quand même été obligé de retourner vivre chez sa mère après la rupture de son contrat. « Mentalement, c’est éprouvant », dit-il. « Chez nous, c’était l’assiette avant les baskets », raconte-t-il à propos de son enfance.
 
Au lycée, le jeune homme a manifesté contre le CPE (contrat première embauche, un sous-contrat de travail précaire réservé aux moins de 26 ans, abandonné après sa promulgation, en 2006), puis contre la loi Pécresse. Depuis, il ne s’est pas mobilisé et éprouve lui-aussi une certaine méfiance envers les syndicats, même s’il estime qu’ils pourraient être « des alliés de poids ». Ici, la politique se fait « à partir des besoins fondamentaux du peuple. » « Les partis politiques sont élus pour protéger les gens qui les ont mis là, estime une gilet jaune. Tel lobby, tel mec plus haut, tel copain du copain. Ils ne sont pas là pour nous, mais pour maintenir le peuple en bas. »
« Quand vous crevez la dalle, vous pensez avant tout à votre estomac »
 
« Je ne suis pas contre le fait de payer des taxes, poursuit Timoléon. Mais comment sont-elles redistribuées ? Où vont-elles ? » Le jeune-homme estime que les impôts devraient financer des transports alternatifs, des petites lignes ferroviaires départementales. « Chez moi, il y a seulement deux bus le matin, deux bus le soir, raconte Chloé Tessier, une autre figure des gilets jaunes normands. Comment fait-on au milieu ? Cela ne me fait pas plaisir d’avoir un vieux diesel qui pollue. Mais est-ce que c’est mieux d’avoir une voiture électrique dont un gamin a donné sa vie pour la fabriquer et qu’on ne sait même pas recycler ? »
 
Malgré leurs réflexions personnelles sur le sujet, les deux porte-parole reconnaissent que l’écologie n’est pour l’instant pas prioritaire dans les discours d’une majorité de gilets jaunes. « Quand vous crevez la dalle, vous pensez avant tout à votre estomac. L’écologie, c’est pour l’instant un combat de riches alors que cela devrait être un combat populaire ! » Une personne âgée s’approche du petit groupe pour donner un billet de 20 euros. « C’est pour vous soutenir », explique-t-elle. Des sacs de course sont aussi régulièrement déposés.
L’épineuse question de la structuration
 
Au pied du point de blocage du dépôt de carburant, la situation se tend. Face aux CRS, un petit groupe qui bloquait en amont de la route se replie vers le rond-point. À Caen, les gilets jaunes présents sur le terrain sont au final assez peu nombreux par rapport au mécontentement exprimé sur les réseaux sociaux, où des groupes rassemblent des milliers de citoyens. « 7000 messages sont en attente de validation, explique une modératrice de l’une des pages. On supprime les insultes, les menaces et les propos racistes. » La question de la structuration du mouvement est désormais au cœur des préoccupations.
 
« Il faut qu’on élise des ambassadeurs, suggère Timoléon Cornu. Certains veulent la destitution de Macron : qu’est-ce qu’on va faire ensuite ? On aura une autre calculatrice au pouvoir ? Nous devons parvenir à créer des commissions : sur la CSG, la revalorisation salariale, avec des juristes et une bonne méthodologie. Nous devons arriver avec des chiffres, des dossiers, des propositions… pour apporter tout cela dans l’hémicycle. »
« La différence avec les syndicats, c’est que nous, on ne s’arrêtera pas »
 
Au culot, les deux gilets jaunes ont obtenu un rendez-vous à la préfecture. « Je leur ai dit : "Je suis le dernier rempart contre les gens qui vont foutre le feu" », raconte Chloé Tessier qui a connu elle-aussi les mobilisations contre le CPE. Le lendemain, elle était reçue par deux sous-préfets. « Le peu de structuration est aussi notre force, indiquent les deux porte-parole improvisés. Puisque c’est un mouvement populaire, on ne peut pas déclarer en préfecture tous nos événements. » Samedi 1er décembre, après une marche dans le centre de Caen, des dizaines de gilets jaunes ont bloqué Mondeville 2, l’un des principaux centres commerciaux de l’agglomération. Mardi 4 décembre, les CRS ont évacué le point de blocage du dépôt de carburant.
 
Retour dans le sud-ouest. À Narbonne, Nathalie, jointe au téléphone, a rallié le mouvement dès le début. Âgée de 45 ans, elle travaille en milieu hospitalier depuis deux mois après avoir été pendant des années dans la sécurité incendie. Nathalie attendait « depuis longtemps que le peuple français se réveille un peu face à des dirigeants méprisants et irrationnels ». Jamais engagée dans une formation politique ou syndicale, elle n’a pas hésité à rejoindre les gilets jaunes : « La différence avec les syndicats, c’est que, nous, on ne s’arrêtera pas. »
« Cela ne s’arrêtera pas avec Noël et le nouvel an »
 
« Personne ne nous dit quoi faire, poursuit-elle. C’est le peuple qui se représente lui-même. C’est un lieu où l’on rencontre toutes les classes sociales, des artisans, des RSA, et où tout le monde porte sa propre croix, en quelque sorte. » Ne pas s’arrêter, mais pour atteindre quel objectif ? La réponse fuse du tac au tac. « On veut la destitution du gouvernement. Après, ce sera une chose à réfléchir... Mais pourquoi pas retourner la Ve République qui nous tue tous les jours. Ce qui est sûr c’est qu’on fera tout ce qu’on peut pour destituer ce gouvernement. Et ça ne s’arrêtera pas avec Noël et le nouvel an. »
 
Manifestants gilets jaunes à Paris, le 1er décembre / © Serge d’Ignazio
 
Sans enfants, très déterminée, elle rejoint les gilets jaunes dès qu’elle quitte le travail et y passe le plus de temps possible. « On tourne, on se relaie, certains y passent des nuits », raconte-t-elle, louant « l’élan de solidarité » qu’elle observe dans le mouvement. « Ça se structure lentement, c’est bien, on apprend à se connaître. Nous sommes des gens équilibrés, avec des amis, des familles, des parents. On veut aussi un peu de vie, on ne peut pas être pris tout le temps. »
« Nous on mange des miettes, mais si on ne fait rien, les générations futures, elles, n’auront même pas ces miettes »
 
Pour Nathalie, les gilets jaunes « n’ont aucun syndicat, aucun parti » et ne sont « pas de gauche, pas de droite, pas d’extrême-droite ». Elle se méfie de la « propagande » qui, selon elle, relaie les dérapages racistes observés sur quelques points de blocage depuis le début du mouvement. « On essaie de garder les personnes intéressantes et d’écarter celles qui le sont moins. On n’est pas des SDF, ni des révolutionnaires... » Ces derniers n’auraient-ils pas leur place dans le mouvement ? « Si, si, au contraire, tout citoyen est pris en compte selon sa situation, y compris ceux qui n’ont rien, répond-elle. Mais je dis ça parce que c’est ainsi que certains essaient de nous présenter, mais on n’est pas n’importe qui. »
 
Le 24 novembre, Nathalie était à Paris et ce qu’elle y a vu n’était « pas joli » : « Des enfants, des femmes, des femmes âgées qui se sont fait gazés gratuitement ! On n’a rien compris à ce qui nous arrivait. » Pour autant, assure-t-elle, elle n’en veut pas à la police, qu’elle « soutient ». Tout comme le comité Adama (du nom d’Adama Traoré, décédé lors d’une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise, en 2016) qui a appelé à se joindre au mouvement le 1er décembre à Paris et dont elle apprend l’existence. « Nous les soutenons aussi, nous sommes contre les violences gratuites. » En l’occurrence, ce sont surtout celles du système actuel qui l’inquiètent : « Je n’ai pas d’enfants mais j’ai des neveux et nièces qui sont aussi dans la rue. Nous on mange des miettes, mais si on ne fait rien, les générations futures, elles, n’auront même pas ces miettes... »
 
Simon Gouin (à Caen) et Emmanuel Riondé (à Toulouse)  
 
Notes
 
[1] Voir également son portfolio publié par la revue Ballast.
 
[2] Le délestage de carburant par des avions de ligne avant d’atterrir est légal et encadré par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui assure que ces délestages demeurent « exceptionnels ».

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Voir aussi:http://bellaciao.org/fr/spip.php?article160630

https://nousnesommesriensoyonstout.files.wordpress.com/2018/12/les-revendications-des-gilets-jaunes.pdf

https://reporterre.net/Les-Gilets-jaunes-sur-les-Champs-Elysees-Pourquoi-on-ne-taxe-pas-les-riches

https://reporterre.net/Gilets-jaunes-le-dossier-pour-comprendre-la-revolte

https://reporterre.net/Les-riches-detruisent-la-planete-A-bas-les-riches

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/reformer-ou-deformer-la-france/

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01 décembre 2018

ROSA et l’extension des ZONES ROUGES à l’ensemble de la Terre

 

Suite à l’article : http://www.revolutionpermanente.fr/Guerre-et-Paix-bourrage-de-crane-en-CM2


Voici une contribution pour  http://www.education.gouv.fr/pid33441/nous-contacter.html#ministre

 

Correction d’un devoir d’histoire et devoir de mémoire  par un ancien du CM2

ROSA et l’extension des ZONES ROUGES à l’ensemble de la Terre

rosaLuxemburg

spartakistes_1919

 

– « Guerre à la guerre » – « Maudite soit la guerre » – « Le pouvoir est maudit »

On croit mourir de leucémie, on meurt par les profiteurs de guerre

Deux zones rouges  sont en menace en plus de celles développées ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_rouge_(s%C3%A9quelles_de_guerre

,

Il s’agit de l’humain et de la planète terre.
L’origine du problème est l’homme œconomicus et sa guerre, celle de l’homme occidental, sa volonté de puissance, son idéologie capitaliste et scientiste qu’il a imposé au monde entier, par la ruse (le bluff de la société de marché) ou par la force.
Les industries de guerre , les profiteurs de guerre  sont à l’origine de ces deux zones rouges ci dessus désignées.
Le salut? ; Il faut rendre illégale la guerre dont son avatar; le capitalisme.

Extrait de :

http://www.cadtm.org/France-Bure-cimetiere-du-progres

« Industrie nucléaire, industrie agricole, mauvaises ressemblances
Beaucoup d’éléments les rapprochent. L’industrialisation agricole n’a pris réellement son essor qu’après la seconde guerre mondiale dans les années 1960 avec en France le grand remembrement, elle n’a précédé la nucléarisation à marche forcée de la France et de quelques autres pays que d’une décennie. Comme le nucléaire civil, elle est aussi issue des techniques développées pour la guerre. C’est à partir des recherches sur les explosifs, les gaz et les machines de guerre qu’ont été inventés les pesticides, l’azote de synthèse, et les engins pétrolivores, à la base de la transformation de l’agriculture paysanne en industrie. Les usines d’engins de combat (tanks, camions 4×4, etc.) ont été à la fin de la Seconde Guerre mondiale rapidement transformées en machines à cracher du tracteur, de la moissonneuse-batteuse, etc. »


Commentaires :  Pour rappel le nucléaire comme la chimie tue surtout après et ailleurs sur plusieurs générations ; c’est cela le très grand crime. Ces guerres durent toujours.
Ce n’est plus seulement « le Grand Crime » écrit par Tolstoï.
Ce n’est plus « seulement » « le crime de Tchernobyl » écrit par Tchertkoff, l’ami de Tolstoï.
C’est le Très Grand Crime contre le génome, en toute impunité, contre le vivant qui se dessine là depuis le 6 Août 1945 ou même depuis l’ère dite « moderne » avec ses soldats industriels comme Monsanto, Bayer Krupp, Dow, Siemens puis Areva, Novartis, Syngenta etc, ses soldats politiciens, scientifiques, universitaires, fonctionnaires, militaires, ses soldats banquiers, actionnaires, économistes, religieux, journalistes et tous les anciens et nouveaux chiens de garde d’un système qui s’effondre, en s’évertuant à avancer vers l’abîme malgré toutes les preuves et avec des œillères criminelles, et ils font leur maximum pour atrophier la pensée, jusqu’à l’extrême limite de leur bêtise qui est déjà incommensurable.
La véritable « Barbarie » s’est arrêtée le 8 mai 1945 et c’est le 6 Aout de la même année qu’elle a repris le pas. C’est l’impunité du passé qui explique le présent.

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Pharmacochimie exemples :

https://p6.storage.canalblog.com/65/46/706004/121868735.pdf

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Extrait de :

http://partage-le.com/2018/11/11-novembre-le-triomphe-de-lamnesie-par-fausto-giudice/

« En 1915, depuis la prison où elle était enfermée pour incitation à la désobéissance, Rosa Luxembourg écrivait dans son journal :
« La guerre entre les nations est venue imposer la lutte des classes, le combat fratricide du prolétariat, massacre d’une ampleur sans précédent. Ces millions de morts, neuf sur dix sont des ouvriers et des paysans, c’est une guerre inédite, industrielle, déclenchée au nom du nationalisme mais menée pour la domination des marchés. Cette guerre ouvre en vérité la voie à la mondialisation du capital, à la conversion de toute richesse , de tout moyen de production en marchandise et en action boursière. Elle transforme les êtres en matériel humain. C’est l’avenir d’un socialisme humaniste que cette guerre est en train de détruire ».


Vu dans documentaire france3
« 14–18 : refuser la guerre » : https://www.dailymotion.com/video/x3e0tly

et « Batailles oubliées de l’Afrique » :

http://webdoc.rfi.fr/grande-guerre-afrique-colonies-1914-1918/

 »

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/07/21/14-18-on-croit-mourir-pour-la-patrie-on-meurt-pour-des-industriels/

 

http://partage-le.com/2018/11/la-decroissance-doit-etre-une-lutte-revolutionnaire-un-entretien-avec-max-wilbert/

 

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-anselme/blog/101114/1914-1918-les-vraies-raisons-de-la-boucherie

 

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L’incendie radioactif qui cache la forêt (suite de « La forêt de yablokov »)

C’était le 26 Avril 2008 à Genève
Le Pr Yablokov s’adresse aux vigies devant l’OMS (www.independentwho.org). Il est traduit par Wladimir Tchertkoff:
« Pr Alexei YABLOKOV écologue : – Au moment d’évaluer les conséquences de Tchernobyl, nous nous sommes heurtés à la falsification gouvernementale des données. Gouvernementale et internationale. L’Organisation mondiale de la santé ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle est liée à l’AIEA par le scandaleux accord de 1959. – C’est une situation extraordinaire, qui nécessite des mesures extraordinaires pour y mettre fin. Je suis enthousiasmé par ce que vous faites. Votre vigie permanente est une action très inhabituelle, très forte… elle est tout à fait fantastique, il faut absolument la continuer. Nous devons obliger l’Organisation mondiale de la santé de dire la vérité, c’est-à-dire de rompre cet accord. – Il y a un deuxième sens à votre action, dont vous n’êtes peut-être même pas conscients. C’est l’importance de votre vigie pour les pays victimes, pour la Biélorussie, pour la Russie, pour l’Ukraine. Pour nous qui combattons pour la vérité dans ces pays, c’est très important, – cela nous donne une force énorme, une force nouvelle : le fait de savoir que vous êtes là, que chaque jour, ne serait-ce qu’une seule personne est présente ici. Cela nous dit que nous ne sommes pas seuls avec ce malheur. Que le monde nous entend, qu’il nous voit, qu’une nouvelle humanité se lève. » http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995 (mort pour l’Europe)

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« Le physique de Yablokov est impressionnant ; c’est un géant, ses sourcils sont aussi épais qu’une forêt. »

En 2014, un autre forum sur les conséquences génétiques sur le vivant avait eu lieu en même place à quelques encablures de l’OMS.http://independentwho.org/fr/2014/09/21/forum-effets-genetiques/


Le scientifique  Timothy Mousseau y exposa ses travaux, il faisait remarquer  les dommages sur l’ADN et sur le ralentissement de la croissance de tout organisme vivant, son propos portait sur les modifications sur les animaux et les arbres.


Extrait des Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants :
p88 « Les arbres montrent continuellement les effets étranges de leur développement. Ce sont des pins sylvestres, ils devraient être grands et droits, mais dans les zones très contaminées on voit toutes sortes de modèles de croissance vraiment inhabituelles causées soit par la toxicité directe soit par l’effet mutagène du rayonnement.
On voit également une différence dans la qualité[densité etc] et la couleur du bois. »[...]
et quand nous avons prélevé des échantillons de 300 arbres et examiné les modèles de croissance, voilà de nouveau les effets négatifs dramatiques sur la croissance suite au désastre de Tchernobyl, qui ont tendance à ressurgir dans les années de sécheresse.[...]
p89 « Dans la forêt rousse…Ces troncs d’arbres, qui étaient là depuis plus de 15 ans déjà, ne s’était pas du tout décomposés, ils étaient plutôt intacts »[...]
« nous avons constaté que le taux de décomposition, la vitesse à laquelle la matière avait été décomposée par les bactéries, était bien plus basse dans les zones à forte contamination. »
« le rayonnement avait une incidence sur l’activité microbienne. C’est très grave puisque cette décomposition naturelle permet le recyclage des nutriments dans l’écosystème [régénération de l'humus etc] et donc cela a potentiellement une conséquence sur tout l’écosystème et peut-être en partie responsable de la croissance plus lente des arbres que nous voyons aussi dans certaines zones. ».[...]
p92″…le résultat principal, contrairement aux rapports rapports gouvernementaux comme celui du forum Tchernobyl ou de l’UNSCEAR, c’est qu’il y a une énorme quantité d’informations démontrant les conséquences, les dommages à tous les niveaux de l’organisation biologique, de l’ADN aux individus, aux espèce, aux populations, à l’écosystème. [prouvés de longue date Cf Jean Rostand etc]. Maintenant il y a beaucoup de données qui démontrent ces effets, et il faut leur accorder plus d’attention, les prendre avec considération lorsqu’on  commence à réfléchir aux effets des rayonnements. »
La radioactivité est toujours là et grandie, parmi ses conséquences il y a le fait que les risques d’incendie se multiplient dans les zones contaminées et il y a à nouveau une redistribution « automatique  » de pollution radioactive dans l’atmosphère :
« Depuis l’accident de 1986, les forêts alentour sont fortement contaminées au césium 137. Cet élément radioactif est particulièrement concentré dans la litière, c’est-à-dire les aiguilles et le feuilles agglomérées au sol, mais le bois en contient également. Lorsque la forêt brûle, cette radioactivité se retrouve en suspension dans l’air et peut alors voyager au gré du vent et des pluies. Si la chaleur de l’incendie est particulièrement forte, alors même la litière, d’ordinaire plus humide, peut s’embraser et libérer de la radioactivité.
L’IRSN s’est déjà intéressé à ce sujet parce que les incendies sont fréquents dans cette région de l’Ukraine. D’ordinaire, les plus gros épisodes surviennent entre août et septembre. Il sont d’ailleurs de plus en plus communs car les bois sont de moins en moins bien entretenus. En 2002, 2008 et 2010, nous avons assisté à des incendies spectaculaires dans la même zone, avec des surfaces considérables et de nombreux foyers. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons alors pu constater un niveau de radiation dans l’air français, trois fois supérieur à la normale avec 1,5 microbecquerel par mètre cube, contre 0,5 habituellement. »
« Pourtant, comme à son habitude, l’IRSN se veut rassurant, déclarant que malgré le risque de triplement de la radioactivité mesuré dans l’air : « on ne peut pas parler d’impact sur la santé publique »

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voir aussi ;http://www.slate.fr/monde/85211/arbres-pourrissent-pas-tchernobyl-danger-nucl%C3%A9aire


[Notes commentaire sur le texte : Malheureusement il y a déni sur déni pour les malformations, et tous les problèmes de santé sont minimisés ou étouffés. On voit que l’auteur se moque à la fin du texte, Slate est aussi loin d’être du journalisme indépendant...]

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Voir aussi

http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

http://blog.mondediplo.net/2011-04-29-Tchernobyl-en-Bielorussie

 

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Les forces manquantes
Un des buts était de faire un troisième forum avec les victimes (toutes catégories (professionnels du nucléaire) de la santé -accident-guerre etc (voir aussi des rayonnements non ionisants) à reprendre par d’autres groupes citoyens car stratégique pour compléter les autres forum citoyen et faire prendre conscience de faire stopper toute activité nucléaire rapidement sous menace de désastres encore plus grands que ceux existants.

Avis aux amateurs…
et professionnels…« J’interviendrai pour protéger les personnes si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité… »

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L’alerte de la CRIIRAD sur le danger de l’ionisation volontaire des aliments à ne pas confondre avec la contamination radioactive rappelait aussi cette « propriété » de soumettre   « délibérément   à   traitement coûteux   dans   des   installations   spécialisées   afin d’améliorer  leur  conservation  et/ou  de  détruire  les insectes, parasites et microbes qu’ils contiennent. Le  traitement  consiste  à  exposer  l’aliment  à  un  flux  de rayonnements ionisants… »
extrait de :

http://www.criirad.org/actualites/dossiers2005/irradiationaliments/docinfocriiradirradiat.pdf

 

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AOÛT 2018

http://www.fukushima-blog.com/2018/08/incendies-en-californie-et-radiations-nucleaires.html

 

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NOVEMBRE 2018

https://aipri.blogspot.com/2018/11/californie-burning.html

Californie burning

 

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