Sous-Capitaine AdOC

06 décembre 2018

Propos de Marie En Toilette Sèche

briochcarburant

 

https://www.bastamag.net/Gilets-jaunes-L-ecologie-c-est-un-combat-de-riches-alors-que-cela-devrait-etre
 
Gilets jaunes : « L’écologie, c’est un combat de riches alors que cela devrait être un combat populaire ! »
 
par Emmanuel Riondé, Simon Gouin 5 décembre 2018
 
Basta ! est allé à la rencontre de gilets jaunes qui tiennent et animent des points de blocage en Normandie, près de Caen, et dans l’agglomération toulousaine. Ils sont retraités, anciens cadres, intérimaires, plombiers ou travaillent à l’hôpital. Certains ont déjà participé à des mouvements sociaux, d’autres non. Tous et toutes incarnent ce mouvement social inédit, et y voient une manière de reprendre la main sur leur vie, sur la politique, de retrouver un pouvoir d’agir : « Avec les gilets jaunes, les gens ont à nouveau une vision d’avenir. » Reportage.
 
Photo : Place de l’Étoile, Paris, le 24 novembre / © Cyrille Choupas [1].
 
« Attendez, je vais vous amener voir qui il faut... » Dans la zone de Lespinasse, où se trouve le dépôt pétrolier de Toulouse, au nord de la ville, des barrages filtrants sont établis depuis plusieurs semaines sur les rond-points. Le premier gilet jaune croisé fait le guide jusqu’au cabanon bricolé abritant thermos de cafés, croissants et autres victuailles apportées par des automobilistes solidaires. Un feu vif consume des palettes. La file de véhicules s’étire. Les klaxons des routiers, pouces levés, en soutien, retentissent.
 
Raymond Stocco, 64 ans, cadre retraité de l’aéronautique, est l’un des initiateurs de ce point de blocage stratégique. Mobilisé depuis plus d’un an pour « donner de la visibilité aux retraités », à leurs revendications sur la « non-augmentation des pensions de retraites » et face à leurs « pertes financières », Raymond a pris langue avec les gilets jaunes toulousains au début du mois de novembre. Et a aussitôt fait passer son message : « Pour être efficace, il faut des blocages économiques, il n’y a que ça qui pourra faire pression sur le gouvernement. »
« On se bat parce qu’il y a des gens qui crèvent de faim »
 
Depuis, devenu « référent » du blocage de Lespinasse, Raymond Stocco tâche d’être là tous les matins dès 4h30 et jusqu’au soir. « Entre les retraités, les chômeurs et les temps partiels qui sont très nombreux dans le mouvement, on peut s’organiser en trois-huit », sourit-il. Lui qui appartient à la première catégorie, après « une carrière à l’international », ne semble pas être particulièrement dans le besoin. « On se bat parce qu’il y a des gens qui crèvent de faim, l’intérêt général doit primer », lance-t-il.
 
Le bonnet rouge qui lui recouvre la tête lui a été offert par un cadre breton qu’il a « aidé » à monter un dossier prud’hommal lors de son « court passage syndicaliste » entre 2008 et 2010 à la CFDT. « Lors du conflit sur les retraites en 2010, au bout d’un moment, la hiérarchie a souhaité faire en sorte que le mouvement s’arrête. Je me suis rendu compte qu’en réalité, on nous demandait avant tout de générer des adhésions qui ne servaient qu’à une chose : la représentativité qui valait à chaque syndicat un chèque plus ou moins gros de l’État. Moi, je voulais que les CHSCT, les délégués du personnel, etc., aient des formations juridiques. On m’a répondu que je n’étais pas là pour ça. » Fin de l’expérience syndicale pour Raymond qui nourrit une défiance au moins aussi grande à l’égard des formations politiques, « lâches, menteuses, sournoises et manipulatrices ». Seul Jean Lasalle, dont il ne partage pas les convictions politiques, trouve grâce à ses yeux. « À part lui, il n’y a personne que j’ai envie de respecter. » Le 21 novembre, le député et ex-candidat à l’élection présidentielle, ancien de l’UDI et du Modem devenu indépendant, s’était présenté en gilet jaune à l’Assemblée, provoquant une suspension de séance.
Impacter les gros pollueurs
 
« Ok pour qu’on ait des porte-parole mais je demande à ce qu’ils soient apolitiques, non syndiqués et intègres. On est un groupe citoyen avant tout », insiste Raymond Stocco. En attendant que se structure un peu le mouvement, le retraité a pris l’initiative d’un petit « sondage » imposé aux automobilistes sur le rond-point. Avec deux questions : « Êtes-vous satisfait de la réponse de monsieur Macron ? » et « pouvez-vous clôturer vos fins de mois normalement ? » À la seconde, il assure que « 99% des gens répondent non ». À la première, il dit entendre de nombreuses « réponses très violentes. Les moins durs disent que Macron est un con et je reste poli... Il y a une haine, une amertume envers les élus qui est vraiment très forte. Et un besoin de parler : beaucoup coupent leurs moteurs pour discuter avec nous. Tout le monde n’est pas sur facebook ! »
 
Rond-point de Lespinasse, près de Toulouse / © Emmanuel Riondé
 
Quid de la transition écologique, argument mis en avant par le gouvernement pour justifier la taxe carburant qui a mis le feu aux poudres ? « Ça pourrait être une belle chose mais le gouvernement aurait dû commencer par impacter les gros pollueurs, les porte-conteneurs, les avions. Ici à Toulouse, on est concernés : ils lâchent du kérosène en plein air quand ils sont en surcharge avant d’atterrir, on le respire [2]. C’est pas logique que ce soit les petits contribuables qui soient pénalisés pour cette pollution bien réelle des grands groupes. »
« Avec les gilets jaunes, les gens ont à nouveau une vision d’avenir »
 
À Caen, le dépôt pétrolier du Calvados, qui approvisionne la Normandie en essence, est aussi un lieu stratégique de blocage. Au bout de la petite route qui y mène, une vingtaine de gilets jaunes sont rassemblés. Au pied du rond-point, une cabane a été dressée par l’un d’entre eux « qui a traversé la rue et est devenu architecte », plaisante un gilet jaune, faisant référence à la déclaration d’Emmanuel Macron. Devant le campement, un panneau invite les automobilistes à s’arrêter prendre un café. Quelques palettes, un feu de bois, des paquets de gâteaux, du jus d’orange et un sapin de Noël avec des branches de bois. Et un bouillonnement d’idées à propos de leur organisation et de leur stratégie politique. Ici, on cherche une salle pour accueillir une assemblée générale ; là, on parle de renforcement des points de blocage ; à côté, on évoque la possibilité de porter plainte pour destituer Emmanuel Macron.
 
Dylan, un intérimaire de 24 ans, est présent parce que sa grand-mère ne s’en sort pas. « Elle ne sait pas comment elle pourra changer sa chaudière, dit-il. Un plein de courses, aujourd’hui, c’est 100 euros. » Avec le mouvement, le jeune homme s’est intéressé pour la première fois à l’histoire politique de son pays. « Alors que le pays est à feu et à sang », il y voit une grande solidarité et un espoir de changement. « Le mouvement, s’il réussit, a pour but de profiter à tout le monde. » « Avec les gilets jaunes, lance une autre personne, les gens ont à nouveau une vision d’avenir. Avant, il n’y avait qu’un "au jour le jour". »
« Les riches et les pauvres vivent dans des bulles totalement séparées »
 
À quelques mètres de là, Timoléon Cornu est devant une file de camions stoppés pour une dizaine de minutes. « L’or noir, c’est le nerf de la guerre », explique le jeune-homme, devenu l’une des figures du mouvement calvadosien. « Le problème de notre société, c’est que les riches et les pauvres vivent dans des bulles totalement séparées. L’égalité, je ne la vois nulle part. Nous voulons faire en sorte que ces bulles s’entrecroisent, se rencontrent. Il faudrait avoir des représentants des gilets jaunes à l’Assemblée, pour redonner un peu de pouvoir au peuple. »
 
Graffiti à Paris, lors de la manifestation « Acte 2 » du 24 novembre / © Serge d’Ignazio
 
Timoléon Cornu vit à la campagne, à une trentaine de minutes au sud de Caen. Il travaillait depuis cinq mois dans la plomberie et le chauffage collectif quand le mouvement des gilets jaunes a démarré. Après une blessure à la cheville sur un terrain de football, son contrat d’intérim n’a pas été renouvelé. Pas de dette, pas d’enfants, Timoléon a quand même été obligé de retourner vivre chez sa mère après la rupture de son contrat. « Mentalement, c’est éprouvant », dit-il. « Chez nous, c’était l’assiette avant les baskets », raconte-t-il à propos de son enfance.
 
Au lycée, le jeune homme a manifesté contre le CPE (contrat première embauche, un sous-contrat de travail précaire réservé aux moins de 26 ans, abandonné après sa promulgation, en 2006), puis contre la loi Pécresse. Depuis, il ne s’est pas mobilisé et éprouve lui-aussi une certaine méfiance envers les syndicats, même s’il estime qu’ils pourraient être « des alliés de poids ». Ici, la politique se fait « à partir des besoins fondamentaux du peuple. » « Les partis politiques sont élus pour protéger les gens qui les ont mis là, estime une gilet jaune. Tel lobby, tel mec plus haut, tel copain du copain. Ils ne sont pas là pour nous, mais pour maintenir le peuple en bas. »
« Quand vous crevez la dalle, vous pensez avant tout à votre estomac »
 
« Je ne suis pas contre le fait de payer des taxes, poursuit Timoléon. Mais comment sont-elles redistribuées ? Où vont-elles ? » Le jeune-homme estime que les impôts devraient financer des transports alternatifs, des petites lignes ferroviaires départementales. « Chez moi, il y a seulement deux bus le matin, deux bus le soir, raconte Chloé Tessier, une autre figure des gilets jaunes normands. Comment fait-on au milieu ? Cela ne me fait pas plaisir d’avoir un vieux diesel qui pollue. Mais est-ce que c’est mieux d’avoir une voiture électrique dont un gamin a donné sa vie pour la fabriquer et qu’on ne sait même pas recycler ? »
 
Malgré leurs réflexions personnelles sur le sujet, les deux porte-parole reconnaissent que l’écologie n’est pour l’instant pas prioritaire dans les discours d’une majorité de gilets jaunes. « Quand vous crevez la dalle, vous pensez avant tout à votre estomac. L’écologie, c’est pour l’instant un combat de riches alors que cela devrait être un combat populaire ! » Une personne âgée s’approche du petit groupe pour donner un billet de 20 euros. « C’est pour vous soutenir », explique-t-elle. Des sacs de course sont aussi régulièrement déposés.
L’épineuse question de la structuration
 
Au pied du point de blocage du dépôt de carburant, la situation se tend. Face aux CRS, un petit groupe qui bloquait en amont de la route se replie vers le rond-point. À Caen, les gilets jaunes présents sur le terrain sont au final assez peu nombreux par rapport au mécontentement exprimé sur les réseaux sociaux, où des groupes rassemblent des milliers de citoyens. « 7000 messages sont en attente de validation, explique une modératrice de l’une des pages. On supprime les insultes, les menaces et les propos racistes. » La question de la structuration du mouvement est désormais au cœur des préoccupations.
 
« Il faut qu’on élise des ambassadeurs, suggère Timoléon Cornu. Certains veulent la destitution de Macron : qu’est-ce qu’on va faire ensuite ? On aura une autre calculatrice au pouvoir ? Nous devons parvenir à créer des commissions : sur la CSG, la revalorisation salariale, avec des juristes et une bonne méthodologie. Nous devons arriver avec des chiffres, des dossiers, des propositions… pour apporter tout cela dans l’hémicycle. »
« La différence avec les syndicats, c’est que nous, on ne s’arrêtera pas »
 
Au culot, les deux gilets jaunes ont obtenu un rendez-vous à la préfecture. « Je leur ai dit : "Je suis le dernier rempart contre les gens qui vont foutre le feu" », raconte Chloé Tessier qui a connu elle-aussi les mobilisations contre le CPE. Le lendemain, elle était reçue par deux sous-préfets. « Le peu de structuration est aussi notre force, indiquent les deux porte-parole improvisés. Puisque c’est un mouvement populaire, on ne peut pas déclarer en préfecture tous nos événements. » Samedi 1er décembre, après une marche dans le centre de Caen, des dizaines de gilets jaunes ont bloqué Mondeville 2, l’un des principaux centres commerciaux de l’agglomération. Mardi 4 décembre, les CRS ont évacué le point de blocage du dépôt de carburant.
 
Retour dans le sud-ouest. À Narbonne, Nathalie, jointe au téléphone, a rallié le mouvement dès le début. Âgée de 45 ans, elle travaille en milieu hospitalier depuis deux mois après avoir été pendant des années dans la sécurité incendie. Nathalie attendait « depuis longtemps que le peuple français se réveille un peu face à des dirigeants méprisants et irrationnels ». Jamais engagée dans une formation politique ou syndicale, elle n’a pas hésité à rejoindre les gilets jaunes : « La différence avec les syndicats, c’est que, nous, on ne s’arrêtera pas. »
« Cela ne s’arrêtera pas avec Noël et le nouvel an »
 
« Personne ne nous dit quoi faire, poursuit-elle. C’est le peuple qui se représente lui-même. C’est un lieu où l’on rencontre toutes les classes sociales, des artisans, des RSA, et où tout le monde porte sa propre croix, en quelque sorte. » Ne pas s’arrêter, mais pour atteindre quel objectif ? La réponse fuse du tac au tac. « On veut la destitution du gouvernement. Après, ce sera une chose à réfléchir... Mais pourquoi pas retourner la Ve République qui nous tue tous les jours. Ce qui est sûr c’est qu’on fera tout ce qu’on peut pour destituer ce gouvernement. Et ça ne s’arrêtera pas avec Noël et le nouvel an. »
 
Manifestants gilets jaunes à Paris, le 1er décembre / © Serge d’Ignazio
 
Sans enfants, très déterminée, elle rejoint les gilets jaunes dès qu’elle quitte le travail et y passe le plus de temps possible. « On tourne, on se relaie, certains y passent des nuits », raconte-t-elle, louant « l’élan de solidarité » qu’elle observe dans le mouvement. « Ça se structure lentement, c’est bien, on apprend à se connaître. Nous sommes des gens équilibrés, avec des amis, des familles, des parents. On veut aussi un peu de vie, on ne peut pas être pris tout le temps. »
« Nous on mange des miettes, mais si on ne fait rien, les générations futures, elles, n’auront même pas ces miettes »
 
Pour Nathalie, les gilets jaunes « n’ont aucun syndicat, aucun parti » et ne sont « pas de gauche, pas de droite, pas d’extrême-droite ». Elle se méfie de la « propagande » qui, selon elle, relaie les dérapages racistes observés sur quelques points de blocage depuis le début du mouvement. « On essaie de garder les personnes intéressantes et d’écarter celles qui le sont moins. On n’est pas des SDF, ni des révolutionnaires... » Ces derniers n’auraient-ils pas leur place dans le mouvement ? « Si, si, au contraire, tout citoyen est pris en compte selon sa situation, y compris ceux qui n’ont rien, répond-elle. Mais je dis ça parce que c’est ainsi que certains essaient de nous présenter, mais on n’est pas n’importe qui. »
 
Le 24 novembre, Nathalie était à Paris et ce qu’elle y a vu n’était « pas joli » : « Des enfants, des femmes, des femmes âgées qui se sont fait gazés gratuitement ! On n’a rien compris à ce qui nous arrivait. » Pour autant, assure-t-elle, elle n’en veut pas à la police, qu’elle « soutient ». Tout comme le comité Adama (du nom d’Adama Traoré, décédé lors d’une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise, en 2016) qui a appelé à se joindre au mouvement le 1er décembre à Paris et dont elle apprend l’existence. « Nous les soutenons aussi, nous sommes contre les violences gratuites. » En l’occurrence, ce sont surtout celles du système actuel qui l’inquiètent : « Je n’ai pas d’enfants mais j’ai des neveux et nièces qui sont aussi dans la rue. Nous on mange des miettes, mais si on ne fait rien, les générations futures, elles, n’auront même pas ces miettes... »
 
Simon Gouin (à Caen) et Emmanuel Riondé (à Toulouse)  
 
Notes
 
[1] Voir également son portfolio publié par la revue Ballast.
 
[2] Le délestage de carburant par des avions de ligne avant d’atterrir est légal et encadré par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui assure que ces délestages demeurent « exceptionnels ».

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Voir aussi:http://bellaciao.org/fr/spip.php?article160630

https://nousnesommesriensoyonstout.files.wordpress.com/2018/12/les-revendications-des-gilets-jaunes.pdf

https://reporterre.net/Les-Gilets-jaunes-sur-les-Champs-Elysees-Pourquoi-on-ne-taxe-pas-les-riches

https://reporterre.net/Gilets-jaunes-le-dossier-pour-comprendre-la-revolte

https://reporterre.net/Les-riches-detruisent-la-planete-A-bas-les-riches

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/reformer-ou-deformer-la-france/

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01 décembre 2018

ROSA et l’extension des ZONES ROUGES à l’ensemble de la Terre

 

Suite à l’article : http://www.revolutionpermanente.fr/Guerre-et-Paix-bourrage-de-crane-en-CM2


Voici une contribution pour  http://www.education.gouv.fr/pid33441/nous-contacter.html#ministre

 

Correction d’un devoir d’histoire et devoir de mémoire  par un ancien du CM2

ROSA et l’extension des ZONES ROUGES à l’ensemble de la Terre

rosaLuxemburg

spartakistes_1919

 

– « Guerre à la guerre » – « Maudite soit la guerre » – « Le pouvoir est maudit »

On croit mourir de leucémie, on meurt par les profiteurs de guerre

Deux zones rouges  sont en menace en plus de celles développées ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_rouge_(s%C3%A9quelles_de_guerre

,

Il s’agit de l’humain et de la planète terre.
L’origine du problème est l’homme œconomicus et sa guerre, celle de l’homme occidental, sa volonté de puissance, son idéologie capitaliste et scientiste qu’il a imposé au monde entier, par la ruse (le bluff de la société de marché) ou par la force.
Les industries de guerre , les profiteurs de guerre  sont à l’origine de ces deux zones rouges ci dessus désignées.
Le salut? ; Il faut rendre illégale la guerre dont son avatar; le capitalisme.

Extrait de :

http://www.cadtm.org/France-Bure-cimetiere-du-progres

« Industrie nucléaire, industrie agricole, mauvaises ressemblances
Beaucoup d’éléments les rapprochent. L’industrialisation agricole n’a pris réellement son essor qu’après la seconde guerre mondiale dans les années 1960 avec en France le grand remembrement, elle n’a précédé la nucléarisation à marche forcée de la France et de quelques autres pays que d’une décennie. Comme le nucléaire civil, elle est aussi issue des techniques développées pour la guerre. C’est à partir des recherches sur les explosifs, les gaz et les machines de guerre qu’ont été inventés les pesticides, l’azote de synthèse, et les engins pétrolivores, à la base de la transformation de l’agriculture paysanne en industrie. Les usines d’engins de combat (tanks, camions 4×4, etc.) ont été à la fin de la Seconde Guerre mondiale rapidement transformées en machines à cracher du tracteur, de la moissonneuse-batteuse, etc. »


Commentaires :  Pour rappel le nucléaire comme la chimie tue surtout après et ailleurs sur plusieurs générations ; c’est cela le très grand crime. Ces guerres durent toujours.
Ce n’est plus seulement « le Grand Crime » écrit par Tolstoï.
Ce n’est plus « seulement » « le crime de Tchernobyl » écrit par Tchertkoff, l’ami de Tolstoï.
C’est le Très Grand Crime contre le génome, en toute impunité, contre le vivant qui se dessine là depuis le 6 Août 1945 ou même depuis l’ère dite « moderne » avec ses soldats industriels comme Monsanto, Bayer Krupp, Dow, Siemens puis Areva, Novartis, Syngenta etc, ses soldats politiciens, scientifiques, universitaires, fonctionnaires, militaires, ses soldats banquiers, actionnaires, économistes, religieux, journalistes et tous les anciens et nouveaux chiens de garde d’un système qui s’effondre, en s’évertuant à avancer vers l’abîme malgré toutes les preuves et avec des œillères criminelles, et ils font leur maximum pour atrophier la pensée, jusqu’à l’extrême limite de leur bêtise qui est déjà incommensurable.
La véritable « Barbarie » s’est arrêtée le 8 mai 1945 et c’est le 6 Aout de la même année qu’elle a repris le pas. C’est l’impunité du passé qui explique le présent.

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Pharmacochimie exemples :

https://p6.storage.canalblog.com/65/46/706004/121868735.pdf

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Extrait de :

http://partage-le.com/2018/11/11-novembre-le-triomphe-de-lamnesie-par-fausto-giudice/

« En 1915, depuis la prison où elle était enfermée pour incitation à la désobéissance, Rosa Luxembourg écrivait dans son journal :
« La guerre entre les nations est venue imposer la lutte des classes, le combat fratricide du prolétariat, massacre d’une ampleur sans précédent. Ces millions de morts, neuf sur dix sont des ouvriers et des paysans, c’est une guerre inédite, industrielle, déclenchée au nom du nationalisme mais menée pour la domination des marchés. Cette guerre ouvre en vérité la voie à la mondialisation du capital, à la conversion de toute richesse , de tout moyen de production en marchandise et en action boursière. Elle transforme les êtres en matériel humain. C’est l’avenir d’un socialisme humaniste que cette guerre est en train de détruire ».


Vu dans documentaire france3
« 14–18 : refuser la guerre » : https://www.dailymotion.com/video/x3e0tly

et « Batailles oubliées de l’Afrique » :

http://webdoc.rfi.fr/grande-guerre-afrique-colonies-1914-1918/

 »

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/07/21/14-18-on-croit-mourir-pour-la-patrie-on-meurt-pour-des-industriels/

 

http://partage-le.com/2018/11/la-decroissance-doit-etre-une-lutte-revolutionnaire-un-entretien-avec-max-wilbert/

 

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-anselme/blog/101114/1914-1918-les-vraies-raisons-de-la-boucherie

 

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L’incendie radioactif qui cache la forêt (suite de « La forêt de yablokov »)

C’était le 26 Avril 2008 à Genève
Le Pr Yablokov s’adresse aux vigies devant l’OMS (www.independentwho.org). Il est traduit par Wladimir Tchertkoff:
« Pr Alexei YABLOKOV écologue : – Au moment d’évaluer les conséquences de Tchernobyl, nous nous sommes heurtés à la falsification gouvernementale des données. Gouvernementale et internationale. L’Organisation mondiale de la santé ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle est liée à l’AIEA par le scandaleux accord de 1959. – C’est une situation extraordinaire, qui nécessite des mesures extraordinaires pour y mettre fin. Je suis enthousiasmé par ce que vous faites. Votre vigie permanente est une action très inhabituelle, très forte… elle est tout à fait fantastique, il faut absolument la continuer. Nous devons obliger l’Organisation mondiale de la santé de dire la vérité, c’est-à-dire de rompre cet accord. – Il y a un deuxième sens à votre action, dont vous n’êtes peut-être même pas conscients. C’est l’importance de votre vigie pour les pays victimes, pour la Biélorussie, pour la Russie, pour l’Ukraine. Pour nous qui combattons pour la vérité dans ces pays, c’est très important, – cela nous donne une force énorme, une force nouvelle : le fait de savoir que vous êtes là, que chaque jour, ne serait-ce qu’une seule personne est présente ici. Cela nous dit que nous ne sommes pas seuls avec ce malheur. Que le monde nous entend, qu’il nous voit, qu’une nouvelle humanité se lève. » http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995 (mort pour l’Europe)

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« Le physique de Yablokov est impressionnant ; c’est un géant, ses sourcils sont aussi épais qu’une forêt. »

En 2014, un autre forum sur les conséquences génétiques sur le vivant avait eu lieu en même place à quelques encablures de l’OMS.http://independentwho.org/fr/2014/09/21/forum-effets-genetiques/


Le scientifique  Timothy Mousseau y exposa ses travaux, il faisait remarquer  les dommages sur l’ADN et sur le ralentissement de la croissance de tout organisme vivant, son propos portait sur les modifications sur les animaux et les arbres.


Extrait des Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants :
p88 « Les arbres montrent continuellement les effets étranges de leur développement. Ce sont des pins sylvestres, ils devraient être grands et droits, mais dans les zones très contaminées on voit toutes sortes de modèles de croissance vraiment inhabituelles causées soit par la toxicité directe soit par l’effet mutagène du rayonnement.
On voit également une différence dans la qualité[densité etc] et la couleur du bois. »[...]
et quand nous avons prélevé des échantillons de 300 arbres et examiné les modèles de croissance, voilà de nouveau les effets négatifs dramatiques sur la croissance suite au désastre de Tchernobyl, qui ont tendance à ressurgir dans les années de sécheresse.[...]
p89 « Dans la forêt rousse…Ces troncs d’arbres, qui étaient là depuis plus de 15 ans déjà, ne s’était pas du tout décomposés, ils étaient plutôt intacts »[...]
« nous avons constaté que le taux de décomposition, la vitesse à laquelle la matière avait été décomposée par les bactéries, était bien plus basse dans les zones à forte contamination. »
« le rayonnement avait une incidence sur l’activité microbienne. C’est très grave puisque cette décomposition naturelle permet le recyclage des nutriments dans l’écosystème [régénération de l'humus etc] et donc cela a potentiellement une conséquence sur tout l’écosystème et peut-être en partie responsable de la croissance plus lente des arbres que nous voyons aussi dans certaines zones. ».[...]
p92″…le résultat principal, contrairement aux rapports rapports gouvernementaux comme celui du forum Tchernobyl ou de l’UNSCEAR, c’est qu’il y a une énorme quantité d’informations démontrant les conséquences, les dommages à tous les niveaux de l’organisation biologique, de l’ADN aux individus, aux espèce, aux populations, à l’écosystème. [prouvés de longue date Cf Jean Rostand etc]. Maintenant il y a beaucoup de données qui démontrent ces effets, et il faut leur accorder plus d’attention, les prendre avec considération lorsqu’on  commence à réfléchir aux effets des rayonnements. »
La radioactivité est toujours là et grandie, parmi ses conséquences il y a le fait que les risques d’incendie se multiplient dans les zones contaminées et il y a à nouveau une redistribution « automatique  » de pollution radioactive dans l’atmosphère :
« Depuis l’accident de 1986, les forêts alentour sont fortement contaminées au césium 137. Cet élément radioactif est particulièrement concentré dans la litière, c’est-à-dire les aiguilles et le feuilles agglomérées au sol, mais le bois en contient également. Lorsque la forêt brûle, cette radioactivité se retrouve en suspension dans l’air et peut alors voyager au gré du vent et des pluies. Si la chaleur de l’incendie est particulièrement forte, alors même la litière, d’ordinaire plus humide, peut s’embraser et libérer de la radioactivité.
L’IRSN s’est déjà intéressé à ce sujet parce que les incendies sont fréquents dans cette région de l’Ukraine. D’ordinaire, les plus gros épisodes surviennent entre août et septembre. Il sont d’ailleurs de plus en plus communs car les bois sont de moins en moins bien entretenus. En 2002, 2008 et 2010, nous avons assisté à des incendies spectaculaires dans la même zone, avec des surfaces considérables et de nombreux foyers. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons alors pu constater un niveau de radiation dans l’air français, trois fois supérieur à la normale avec 1,5 microbecquerel par mètre cube, contre 0,5 habituellement. »
« Pourtant, comme à son habitude, l’IRSN se veut rassurant, déclarant que malgré le risque de triplement de la radioactivité mesuré dans l’air : « on ne peut pas parler d’impact sur la santé publique »

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voir aussi ;http://www.slate.fr/monde/85211/arbres-pourrissent-pas-tchernobyl-danger-nucl%C3%A9aire


[Notes commentaire sur le texte : Malheureusement il y a déni sur déni pour les malformations, et tous les problèmes de santé sont minimisés ou étouffés. On voit que l’auteur se moque à la fin du texte, Slate est aussi loin d’être du journalisme indépendant...]

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Voir aussi

http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

http://blog.mondediplo.net/2011-04-29-Tchernobyl-en-Bielorussie

 

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Les forces manquantes
Un des buts était de faire un troisième forum avec les victimes (toutes catégories (professionnels du nucléaire) de la santé -accident-guerre etc (voir aussi des rayonnements non ionisants) à reprendre par d’autres groupes citoyens car stratégique pour compléter les autres forum citoyen et faire prendre conscience de faire stopper toute activité nucléaire rapidement sous menace de désastres encore plus grands que ceux existants.

Avis aux amateurs…
et professionnels…« J’interviendrai pour protéger les personnes si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité… »

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L’alerte de la CRIIRAD sur le danger de l’ionisation volontaire des aliments à ne pas confondre avec la contamination radioactive rappelait aussi cette « propriété » de soumettre   « délibérément   à   traitement coûteux   dans   des   installations   spécialisées   afin d’améliorer  leur  conservation  et/ou  de  détruire  les insectes, parasites et microbes qu’ils contiennent. Le  traitement  consiste  à  exposer  l’aliment  à  un  flux  de rayonnements ionisants… »
extrait de :

http://www.criirad.org/actualites/dossiers2005/irradiationaliments/docinfocriiradirradiat.pdf

 

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AOÛT 2018

http://www.fukushima-blog.com/2018/08/incendies-en-californie-et-radiations-nucleaires.html

 

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NOVEMBRE 2018

https://aipri.blogspot.com/2018/11/californie-burning.html

Californie burning

 

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07 novembre 2018

ZONES ROUGES

rappel et pot pourris sur deux zones rouges

L'origine est la guerre, celle de l'homme occidental, sa volonté de puissance, son idéologie capitaliste et scientiste qu'il a imposé au monde entier, par la ruse (le bluff de la société de marché) ou par la force.

Les industries de guerre , les profiteurs de guerre  sont à l'origine de ces deux zones rouges.

Le salut? ; Il faut rendre illégale la guerre dont son avatar; le capitalisme.

 

 

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ZONESROUGES

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ZONES ROUGES – guerre à la guerre- maudite soit la guerre- le pouvoir est maudit

 

"On croit mourir de leucémie; on meurt par les profiteurs de guerre"

 

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/07/21/14-18-on-croit-mourir-pour-la-patrie-on-meurt-pour-des-industriels/

http://partage-le.com/2018/11/11-novembre-le-triomphe-de-lamnesie-par-fausto-giudice/

 

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http://partage-le.com/2018/11/la-decroissance-doit-etre-une-lutte-revolutionnaire-un-entretien-avec-max-wilbert/

La décroissance doit être une lutte révolutionnaire

Une interview d’un camarade états-unien de l’organisation Deep Green Resistance, co-auteur, avec Lierre Keith et Derrick Jensen, d’un livre, intitulé Bright Green Lies (Les Grands mensonges verts), qui sortira bientôt aux USA.


Nicolas Casaux : La dernière mode, dans la sphère écologique grand public au Québec, c’est ce « pacte pour la transition ». À mes yeux, il résume bien l’écologie grand public. C’est une sorte de plaidoyer en faveur des douches courtes (référence à l’essai de Derrick Jensen), basé sur une croyance naïve en la possibilité pour la civilisation industrielle de devenir « verte », notamment grâce au « développement durable », et également une croyance naïve en l’idée qu’un jour, nos dirigeants, l’État, sauveront la situation. Qu’en penses-tu ?

Max Wilbert : Du vent, comme toutes les solutions grand public.

Dans les années 1960, le capitalisme s’est senti menacé par les mouvements populaires, il y avait comme un air de révolution. Le capitalisme s’est adapté. Pour cela, il a, entre autres choses, créé le système des organisations à but non lucratif afin d’absorber et de désamorcer la résistance. Les groupes comme le Sierra Club, 350.org, WWF, The Nature Conservancy (et beaucoup d’autres) disposent de budgets qui se chiffrent en millions de dollars, voire en milliards. Ce financement provient souvent de grosses fondations ; en d’autres termes, des riches, auxquels cela permet de blanchir leur argent. Ainsi, ils redirigent les mouvements vers de soi-disant « solutions » qui ne sont qu’autant de distractions. Bien sûr, dans quelques cas, leurs « solutions » semblent partiellement s’attaquer au problème, mais elles ne sont promues que parce qu’elles sont lucratives.

Voilà pourquoi nous voyons un mouvement massif encourager le « 100 % renouvelable ». Les renouvelables sont très lucratives. Mais rien n’indique qu’elles permettent de faire diminuer les émissions de dioxyde de carbone. Il suffit de regarder les tendances. Plus les « renouvelables » sont déployées, plus les émissions augmentent. Et ce parce qu’il est impossible d’extraire de la production énergétique du système croissanciste et capitaliste. Plus d’énergie, c’est plus d’argent, et cela nourrit la croissance de l’économie (ainsi que celle de la population, l’ouverture de nouveaux marchés, les prêts, et d’autres mécanismes dont le capitalisme se sert pour croître).

Ces mouvements ne sont pas vraiment populaires — issus d’en bas. Ils ont été créés et financés par des investissements massifs — des milliards — de dons et de financements corporatistes. Cette propagande parvient à faire croire à des millions de gens, tout autour du globe, que les énergies renouvelables et les « technologies vertes » vont sauver la situation. Et pourtant rien ne permet de l’affirmer. Et tout suggère plutôt l’inverse.

Sachant que nous avons battu de nouveaux records en 2016, 2017, et que nous allons en battre un nouveau en 2018 (et ainsi de suite).

C’est également pour cela qu’on observe cette tendance à se concentrer sur les changements de style de vie. Bien sûr, nous devrions tous essayer de faire des choix moraux. Mais « achète ou n’achète pas », c’est l’essence même du système capitaliste. Si cela constitue votre seule arme, alors vous ne menacez en rien le statu quo. Ces organisations demandent aux individus de faire des efforts, mais ne dénoncent jamais l’existence même de l’Empire [la civilisation industrielle]. Elles n’interrogent jamais (ni ne menacent) les systèmes de pouvoir qui détruisent la planète. Au lieu de quoi elles se bornent à promouvoir leur changement dérisoire. Et je dis cela en tant que personne qui se nourrit aussi écologiquement que possible, qui conduit très peu, qui vit dans un petit chalet dans les bois, qui chasse et collecte sa propre nourriture, etc.

Que proposerais-tu à ceux qui veulent stopper la destruction écologique en cours, à la place de ce pacte ?

Ce pacte reconnaît que les changements personnels sont insuffisants pour résoudre nos problèmes écologiques. C’est déjà ça. Néanmoins, il fait confiance aux gouvernements, aux institutions existantes en demandant qu’elles adoptent « les lois et les actions forçant le respect de nos engagements climatiques ». Même si ces institutions adoptaient ces engagements — qui sont terriblement inadéquats —, rien ne nous indique qu’il soit judicieux de croire qu’elles tiendraient leurs promesses, au contraire.

Nous sommes actuellement partis pour dépasser les 4° C de réchauffement d’ici 2100, et bien plus après 2100. En d’autres termes, la situation est pire que ce que prévoient tous les scénarios du GIEC. Kyoto, Copenhague, Paris — tout cela n’a ni inversé ni même freiné ces tendances. Il existe une véritable possibilité pour que cette culture détruise plus de 90 % des espèces de la planète, la nôtre y compris. D’ailleurs, c’est vers cet horizon que nous nous dirigeons. Chaque jour, entre 150 et 200 espèces sont précipitées vers l’extinction.

Ces destructions et émissions de gaz à effet de serre sont indissociables de la structure de l’Empire moderne, dont le fonctionnement convertit frénétiquement le monde vivant en marchandises inertes. Le réchauffement climatique n’est qu’un effet secondaire de ce processus. Si nous voulons avoir la moindre chance de sauver cette planète, nous devons cesser de nous concentrer uniquement sur le réchauffement climatique. Nous devons cesser de demander aux gouvernements de nous sauver. Nous devons cesser de croire aux solutions technologiques que propose le capitalisme. Et nous devons réaliser à quel point la situation est grave. Nous nous dirigeons vers un fascisme globalisé, une guerre totale, une surveillance ubiquitaire, un patriarcat et un racisme normalisés, une crise des réfugiés permanente, des pénuries d’eau et de nourriture, et un effondrement écologique.

Nous devons construire des mouvements sérieux pour démanteler le capitalisme mondialisé. Tout ce qui s’inscrit dans cette optique est utile. Cependant, je ne vois aucun moyen d’y parvenir sans recourir à l’usage de la force. Les meilleures méthodes dont nous disposons reposent sur la formation de petites unités très mobiles en mesure de s’attaquer aux points névralgiques de l’infrastructure industrielle mondialisée (transport, communication, finance, énergie, etc.) afin de la détruire, dans le but d’entraîner une « défaillance en cascade des systèmes ». L’économie mondialisée est vulnérable à ce type d’attaque précisément à cause de son caractère mondialisé — hautement interconnectée, interdépendante. En choisissant les bonnes cibles et en les mettant hors d’état de nuire, tout le système pourrait s’effondrer.

Il ne s’agit manifestement pas d’une solution miracle qui règlerait tous nos problèmes. Mais il faut bien réaliser que l’on fait face à la destruction de la planète, notre seule maison. Face à cela, des mesures désespérées deviennent envisageables. Cette stratégie pourrait nous offrir le temps et l’espace nécessaire pour que nous puissions nous attaquer aux autres problèmes en édifiant des sociétés soutenables et justes dans les cendres de leur Empire mondialisé de destructions et de violences.

Tu écris des engagements du pacte qu’ils sont « terriblement inadéquats », peux-tu préciser ?

Eh bien, ce pacte fait spécifiquement référence aux engagements du type de ceux de l’accord de Paris. Or cet accord était insignifiant. Il ne suffisait pas à limiter le réchauffement à 2°, et encore moins à 1,5°. Nous suivons les trajectoires des pires scénarios. Nous avons récemment dépassé le « budget carbone » pour le 1,5° établi par le GIEC. En outre, la science est intrinsèquement conservatrice. J’ai écrit à ce sujet, qui est crucial et souvent ignoré. Une méta-étude climatologique de 2010 montrait que « les nouvelles découvertes scientifiques sont […] 20 fois plus susceptibles d’indiquer que la perturbation du climat mondial est ‘pire que prévu’ que ‘moins pire que prévu’ ». Il est très possible que la situation soit encore pire que ce que nous croyons.

Un groupe de climatologues renommés a décrit l’accord de Paris comme de « faux espoirs ». Ce que nous constatons. Et pourtant l’accord de Paris n’est même pas respecté. Aucune nation ne respecte ses engagements. Et cela n’a rien d’étonnant. Ce n’est pas un cas isolé. Chaque traité climatique international a pareillement échoué à ces deux niveaux fondamentaux. D’abord, les objectifs sont insuffisants pour empêcher le désastre. Ensuite, ces objectifs ne sont même pas atteints.

Cela s’explique par le fait que ces conférences ne sont pas réellement organisées pour résoudre nos problèmes. Elles constituent plutôt un théâtre politique visant à obtenir un soutien massif en faveur des entreprises qui construisent les éoliennes, les panneaux solaires, les réseaux électriques, les barrages, les voitures électriques, etc. Ces rassemblements sont des évènements internationaux massifs, un peu comme les conventions de l’OMC, lors desquels les ONG, les corporations et les politiciens peuvent discuter et faire affaire.

Si j’étais un écologiste lambda, je ne comprendrais pas pourquoi « les éoliennes, les panneaux solaires, les réseaux électriques, les barrages, les voitures électriques, etc. » sont une mauvaise chose, et je répondrais que si les objectifs sont inadéquats, alors nous devrions demander à nos dirigeants, à nos gouvernements, d’établir des objectifs adéquats. Pourquoi les « éoliennes, etc. » ne sont-elles pas une bonne chose, et à quoi ressembleraient des objectifs adéquats ?

Pour comprendre cela, il faut comprendre comment fonctionne l’économie mondialisée. Elle repose sur la production d’énergie. Plus il y a d’énergie disponible, plus il y a de croissance. Cela fait des milliers d’années que la quantité totale d’énergie consommée par la civilisation augmente. Elle a explosé avec l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz. Mais les civilisations précédentes brûlaient de plus en plus de bois et obtenaient de plus en plus d’énergie hydraulique pour les moulins, etc.

Les panneaux solaires, les éoliennes et les autres formes d’énergie « renouvelable » peuvent être considérés comme une réponse au pic pétrolier. Tout le pétrole, le charbon et le gaz facilement exploitables a déjà été brûlé. (Malheureusement pour tout le vivant, il en reste encore beaucoup — mais il coûte cher et est dangereux à extraire). Cela signifie que pour continuer à augmenter la production totale d’énergie, de nouvelles méthodes sont nécessaires. D’où toutes ces formes non conventionnelles de pétrole, comme le pétrole des sables bitumineux, le schiste bitumineux, la fracturation, le forage en arctique, et ainsi de suite.

C’est aussi pourquoi nous assistons à cette explosion des industries du solaire et de l’éolien. Les promoteurs de ces technologies aiment partager les unes sur les coûts de l’électricité solaire qui tomberaient plus bas que ceux du charbon dans certaines régions, par exemple. Et à cause de tout cela, les corporations s’y engouffrent allègrement. Des énergies « renouvelables » alimentent les data centers d’Apple, les usines d’Intel, les chaînes de production de Ford et les magasins Wal-Mart. Même l’armée des États-Unis investit massivement dans les « énergies vertes » pour ses bases et ses avant-postes.

Les gens comme Bill McKibben et Mark Z. Jacobson considèrent cela comme un grand succès. Mais le fait est que ce boom du solaire et de l’éolien ne fait pas diminuer les émissions de GES. En regardant certaines régions isolément, il est possible de noter quelques diminutions. Mais la plupart d’entre elles sont le fruit de pratiques de comptabilité malhonnêtes. En outre, et c’est là l’important, il est inutile de considérer des émissions locales ou régionales dans le cadre d’une économie mondialisée, interconnectée. Quelle importance que l’Allemagne ait diminué ses émissions si elle importe tous ses panneaux solaires depuis la Chine (le premier pollueur mondial, en raison de son statut d’usine des pays riches et de superpuissance en développement) et si elle exporte des millions de voitures neuves dans le monde entier ?

Mais les émissions mondiales de GES continuent d’augmenter. Ces prétentions de diminutions des émissions de GES localisées peuvent donc être considérées comme une forme de « blanchiment du carbone », qui permet aux pays riches de prétendre qu’ils sauvent le monde tout en continuant de profiter de leurs colonies économiques. Si auparavant ils importaient des esclaves, désormais ils exportent des émissions de carbone. Tout cela fait partie du théâtre politique de l’Empire mondialisé.

Cela a d’ailleurs été quantifié par un sociologue, Richard York, qui a montré comment le déploiement des énergies dites « vertes » ne supplante pas l’utilisation des combustibles fossiles. En d’autres termes, lorsqu’ils construisent un parc éolien, ils ne ferment pas de centrale au charbon, ils ne cessent pas d’exploiter tel ou tel gisement pétrolifère. Les nouvelles productions d’énergies s’ajoutent simplement aux anciennes [ce que l’historien Jean-Baptiste Fressoz, en France, s’évertue à rappeler]. Et on en revient à la croissance. Parce qu’il s’agit d’une formidable opportunité de croissance pour les capitalistes, qui s’extasient devant les subventions publiques massives qui se profilent en faveur des énergies « renouvelables », sans parler des voitures électriques, etc.

Et ça continue.

Les énergies dites « vertes » ne nous aident donc pas. Les technologies dites « vertes » ne résolvent rien. Ceux qui prétendent autrement fantasment.

Et, malheureusement, beaucoup continuent de croire en ces mensonges, en raison de la propagande massive qui caractérise le discours concernant le changement climatique et les soi-disant « solutions ». Tous les médias soi-disant écologistes grand public, tous les médias libéraux grand public promeuvent les énergies vertes comme l’assurance du salut. Parce qu’ils n’envisagent ou n’osent pas remettre en question l’Empire mondialisé lui-même. L’idée que ce mode de vie prenne fin leur est insupportable. Ou, plus précisément, impensable.

Par ailleurs, il serait absurde d’y chercher du rationnel. Mon ami Derrick Jensen dit souvent que la culture dominante est animée par « une pulsion de mort, une pulsion de destruction du vivant ». L’auteur Richard Powell l’explique différemment, en écrivant que « les raisons derrière toute cette “dérégulation” ne sont pas principalement économiques. N’importe quelle comptabilité rationnelle montrerait que la somme de ces mesures implique des coûts externes qui dépassent largement tous les bénéfices escomptés. (Saviez-vous que le principal tueur du monde est la pollution ? Et cela sans compter les morts prématurées liées au changement climatique.) La propension à supprimer toutes les régulations écologiques semble surtout psychologique. Il s’agit du produit d’une volonté de domination totale, qui s’exprime dans la hiérarchie des valeurs que George Lakoff qualifie de “paternalisme austère”, qui place les hommes au-dessus des femmes, les Blancs au-dessus des minorités, les États-Unis au-dessus de tous les autres pays, et les humains au-dessus des autres créatures vivantes. »

Et ce n’est pas parce que c’est psychologique que ce n’est pas réel. Le monde est actuellement dirigé par des gens qui considèrent l’argent et le pouvoir comme des dieux, qui sont littéralement fous, mais qui contrôlent des puissances immenses, et qui s’en servent dans le monde réel. Ils concrétisent physiquement leur idéologie violente et démentielle.

Quand tu écris : « l’idée que ce mode de vie prenne fin leur est insupportable », tu fais référence au mode de vie industriel moderne ? Et pourtant il s’agit de la seule option que nous avons, c’est ça ? L’abandon du mode de vie industriel, high-tech, moderne et le retour à des — ou l’invention de nouvelles formes de — modes de vie à taille humaine et low-tech ? Parce que, je ne sais pas aux États-Unis, mais en France et en Europe nous avons un courant écosocialiste qui imagine qu’il est possible d’associer la décroissance à une sorte d’industrialisme vert, de développer les énergies « renouvelables » ET de démanteler et d’abandonner les exploitations de combustibles fossiles, d’abolir ou de drastiquement diminuer l’utilisation de la voiture électrique et de promouvoir les transports publics, de recourir au transport ferroviaire électrique plutôt qu’au transport autoroutier par camions, et ainsi de suite, en bref de rationaliser le désastre industriel, démocratiquement, et de le rendre « vert »/soutenable. Qu’en dis-tu ?

J’ai de la sympathie pour les socialistes décroissants. Sur beaucoup de points, je suis d’accord avec nombre d’entre eux, et notamment avec les écosocialistes révolutionnaires. Et j’apprécie de discuter avec eux. Je pense qu’il est physiquement possible de mettre en place un modèle sociétal décroissant dans lequel l’immense majorité de la consommation serait supprimée. Seulement, il n’y a strictement aucune volonté politique qui va dans ce sens, c’est pourquoi la décroissance doit être une lutte révolutionnaire. Le réformisme et la politique électorale n’aboutiront jamais à une décroissance volontaire.

Mais c’est une erreur de penser que le développement des « renouvelables » est possible dans une société décroissante. Les renouvelables sont, sans exception, dépendantes des combustibles fossiles. Prenons l’exemple des éoliennes. Leurs pales sont faites de plastique à partir du pétrole. L’acier qui les compose est produit à l’aide de quantités massives de coke, qui est une forme de charbon. L’industrie de l’acier est une des industries les plus toxiques au monde, et pourtant elle est cruciale pour les éoliennes et beaucoup d’autres technologies « vertes ». Les éoliennes sont lubrifiées à l’aide de pétrole. Chaque éolienne nécessite des centaines de litres de lubrifiant. D’ailleurs, Exxon Mobil possède une division spécialisée dans les lubrifiants pour éoliennes. Les éoliennes sont transportées grâce à des camions dépendants des combustibles fossiles, mises debout grâce à des grues qui carburent au diesel, encastrées dans leurs fondations en béton (un matériau dont la production est très énergivore), dont les fosses ont été excavées par des machines qui carburent elles aussi au diesel. Et ainsi de suite.

Même chose pour le solaire. Où se produisent les extractions de silicium ? Extractions qui requièrent des camions-bennes massifs qui engloutissent des litres de diesel par minute. En outre, la plupart des panneaux sont fabriqués en Chine, et donc expédiés dans les immenses cargos du transport maritime, qui constituent une source colossale de pollution et d’émissions de CO2.

Sans parler des problèmes liés à l’eau, à diverses pollutions, à l’exploitation salariale, sans parler des problèmes économiques. Une usine de production de panneaux solaires coûte près de 100 millions de dollars. En d’autres termes, il est impossible de rendre cette technologie « conviviale », démocratique (contrôlable par des communautés à taille humaine). Ces technologies requièrent une économie mondialisée et des investissements de capitaux massifs. Et tout cela dépend du pétrole.

Les socialistes décroissants devraient s’efforcer d’être plus réalistes sur ces questions. Nous vivons sur une planète finie. L’histoire de l’industrialisme fait bien ressortir ces limites. La production d’acier n’est pas soutenable. Ni la production d’aucun autre des matériaux qui sont cruciaux pour ces technologies « vertes ». Il ne s’agit pas d’une idée, mais de la réalité physique.

Une société high-tech, écologiste et post-capitaliste, c’est un fantasme. Il nous faut comprendre ce qui est soutenable, et ce qui ne l’est pas. Les usines ne sont pas des techniques soutenables, qu’elles produisent des 4×4 ou des bus électriques. La production industrielle d’électricité n’est pas soutenable. J’ai organisé un évènement il y a des années, avec la chef Caleen Sis, de la tribu des Winnemem Wintu. Elle a grandi sans électricité sur des terres indiennes, et elle nous a rappelé que « l’électricité est une commodité. On peut vivre sans électricité, on ne peut pas vivre sans de l’eau propre. » J’ai bien étudié le sujet et je ne vois aucun moyen de produire de l’électricité, sur le long terme, sans empoisonner l’eau et détruire les sols.

Les scientifiques et les technoprophètes peuvent fantasmer tant qu’ils veulent sur les énergies « vertes » et sur un futur « renouvelable », mais lorsqu’on analyse le cycle de vie complet de ces technologies, on se rend compte qu’elles ne sont pas différentes des autres atrocités qui détruisent la planète. Je ne crois donc pas que la technologie nous sauvera. Le meilleur scénario que je puisse imaginer, c’est une révolution qui aboutirait au démantèlement du capitalisme. Pour cela, nous devons sans relâche nous atteler à partager et échanger des connaissances sur la réalité des limites écologiques et sur ce que nous allons devoir faire.

Toute société de masse présente des caractéristiques qui, par définition, l’empêcheront toujours d’être soutenable, égalitaire. Il est trop facile d’externaliser la destruction. Loin des yeux, loin du cœur. Il suffit de considérer le travail dans les ateliers clandestins, les extractions minières, et ainsi de suite. Et il est trop simple pour des élites de s’emparer de l’appareil politique. Il s’agit de ce que les 8 000 dernières années nous enseignent. Il s’agit de l’histoire de l’Empire.

Si nous aspirons à vivre dans une société égalitaire, nous devons réaliser qu’elle devra prendre la forme de communautés locales autonomes. L’expérience de confédéralisme démocratique dans le nord de la Syrie est intéressante en la matière. Les confédérations permettent aux communautés de collaborer, d’échanger, de se protéger mutuellement des groupes expansionnistes, et bien d’autres choses. Mais elles préservent l’autonomie locale et respectent la prise de décision égalitaire qui sont essentielles pour la soutenabilité.

Nous devons remplacer la société globalisée des États-nations par des milliers de communautés hyper-localisées, respectueuses des limites du monde naturel. Ces sociétés post-capitalistes ne renonceront sans doute pas entièrement à l’électricité et aux facilités modernes. Nous n’avons pas à rejeter toutes les avancées scientifiques et technologiques des 10 000 dernières années [pour reprendre la distinction de Lewis Mumford, les techniques autoritaires doivent être proscrites, mais les techniques, inventions et technologies démocratiques peuvent être gardées, NdT]. Il est plus probable que ces sociétés parviennent à tirer parti d’un petit système de génération d’électricité construit à partir des restes de l’Empire plutôt qu’elles bénéficient d’usines de production de panneaux solaires. La technologie industrielle va finir par disparaitre.

Nous avons, en France, un courant de plus en plus en vogue, appelé la collapsologie, essentiellement composé d’individus qui comprennent que l’effondrement de la civilisation industrielle est inéluctable, mais qui sont principalement concernés par la « résilience » (émotionnelle et matérielle), par faire en sorte qu’eux et leurs communautés soient plus résilients, par l’élaboration d’une politique nationale visant à traverser et à préparer l’après de l’effondrement, mais pas à combattre l’Empire, pas à combattre pour le vivant. Qu’en penses-tu ?

Il s’agit d’une position moralement condamnable. La seule manière de justifier le fait de ne pas vouloir combattre l’Empire, c’est de vous identifier à lui. L’une des premières choses que nous devrions faire, c’est de décoloniser nos esprits, et cela consiste en grande partie à défaire cette sujétion psychologique qui nous lie à l’Empire et à tous ses composants : ses facilités modernes, sa culture, ses systèmes alimentaires, etc. Une fois que l’on abandonne la peur que l’on peut ressentir — étant donné que ces systèmes contrôlent nos vies —, il devient facile de voir qu’ils détruisent la planète.

Alors il nous faut aller plus loin — et c’est ce que beaucoup oublient. Nous devons prêter allégeance à la planète vivante. Nous identifier au monde plus qu’humain. Et nous pouvons le faire de multiples façons. Au niveau élémentaire, il s’agit de comprendre que nous dépendons physiquement d’une eau propre, d’un air pur, d’un sol sain, etc. Toutes choses que seule une communauté biotique en bonne santé garantit.

Mais n’avoir qu’une compréhension de ces besoins physiques est dangereux. Cela peut mener à l’utilitarisme. Ce qu’on voit dans les idées comme celle des « services écosystémiques », qui visent à quantifier, à mettre une valeur en dollars sur l’eau propre, et ainsi de suite. Le problème, c’est que cette valeur en dollars peut se retourner contre vous, par exemple lorsque la valeur économique de l’industrie la dépasse. En recourant à ce langage capitaliste, utilitaire, on se plie à une de leurs prémisses fondamentales : l’idée selon laquelle le facteur économique est ce qui prime.

Nous devons aller plus loin, dans le spirituel. L’animisme considère que la Terre, les montagnes, les rivières, les nuages, les tempêtes, etc., sont constitués d’esprits, et vivants. Des croyances de cet ordre sont partagées par de nombreux peuples autochtones, dans le monde entier. On le comprend facilement. Il s’agit d’un trait adaptatif. Pour survivre sur le long terme, pour vivre sur une terre sans la détruire, les humains ont besoin d’un récit qui leur enseigne le respect.

Vous pouvez sans doute parvenir à un état d’esprit similaire de différentes manières. Pour moi, que l’on considère le monde comme un ensemble d’atomes auto-organisés en êtres, communautés, paysages, au travers de milliards de réactions chimiques très complexes, ou qu’on le considère comme animé par des esprits, le sentiment d’émerveillement est immense.

Nous vivons dans un monde d’une beauté incroyable, au sein d’un grand Mystère. J’aime la planète. J’aime mes amis et ma communauté humaine. J’aime les chênes devant ma fenêtre. J’aime la prairie qu’il y a derrière. J’aime les chevreuils, les dindes sauvages, les campagnols, et les fleurs du printemps. J’aime le ruisseau saisonnier d’à côté. J’aime les forêts sempervirentes des montagnes. J’aime le littoral, et les créatures qu’on y croise. Il ne s’agit pas de sentiments abstraits. Il s’agit de véritables communautés avec lesquelles j’ai une relation.

Et qui sont assassinées. Dans ma région, aux États-Unis, au cœur de l’Empire, on observe de la déforestation, des extractions minières, des épandages de pesticides, des constructions de routes, du « développement » immobilier, et bien d’autres choses. Rien d’exceptionnel, le système économique de l’Empire ravage cette région lentement mais sûrement, ce qu’il fait partout. C’est bien pire ailleurs, par-delà les frontières, dans les colonies économiques. Et à tout cela s’ajoutent les menaces existentielles du réchauffement climatique, de l’anéantissement nucléaire, de l’empoisonnement universel, et ainsi de suite.

Non pas que la mort soit un problème en elle-même. Je chasse, je récolte des plantes, j’ôte la vie, mais je le fais respectueusement, en m’assurant de préserver la santé de la communauté dont je participe. Ce qui n’est pas comparable avec le comportement de l’Empire. Encore une fois, la civilisation est une culture possédée par une pulsion de mort, de destruction du vivant. Une fois que l’on comprend cela, et qu’on aime le monde, ne pas combattre devient impensable.

Lorsque j’entends des gens qui comprennent l’effondrement, mais qui ne veulent pas combattre l’Empire, je ressens de la pitié et de la colère. Ils ne doivent pas vraiment aimer le monde. Mais ils ne sont pas nécessairement une cause perdue. Certains peuvent changer leurs croyances, leur état d’esprit et, plus important, leurs actions. Cela dit, une fois qu’ils sont endoctrinés par une certaine vision du monde, la plupart des gens ne changent pas.

Je suis d’accord avec ces gens sur le fait que devons avoir plus de résilience individuelle et collective. Mais pas simplement pour notre survie, ce qui serait finalement égoïste. Si nous devons le faire, c’est afin d’asseoir notre résistance sur des fondations solides. Nous avons besoin d’un changement révolutionnaire, pas du survivalisme.

 

 

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21 octobre 2018

Alerte sur la situation catastrophique des paysans de Gaza

grenadePoudre


de : UJFP via La révolte du jardinier
 
http://ujfp.org/spip.php?article6732
 
samedi 20 octobre 2018 par le Bureau national de l’UJFP, RAAD
 
Un cri d’alarme de l’association des paysans de Khuza’a et Abasan.
 
Association rurale pour le développement de l’agriculture (RAAD) et Union Juive Française pour la Paix (UJFP).
 
L’opiniâtreté des paysans de Gaza, s’obstinant à cultiver leurs champs, sous les balles s’il le faut, est l’une des formes vivantes de la résistance palestinienne. Le mouvements de solidarité en France le comprend clairement, comme l’a bien montré le succès des deux campagnes “Château d’eau” coordonnées par l’UJFP, qui ont permis d’assurer l’irrigation des champs des villages de Khuza’a et d’Abasan, le long de la dangereuse barrière de séparation.
 
Au cours de l’été 2018, la situation à Gaza a empiré jusqu’à atteindre un niveau de désastre. En grande partie en conséquence de la décision effroyable de l’Autorité Palestinienne de diviser par deux les salaires de la fonction publique. Le fragile équilibre économique a sombré immédiatement.
 
Dans une population dont le pouvoir d’achat s’est écroulé, les produits de l’activité agricole ne peuvent être vendus à un prix raisonnable : les familles ne peuvent pas se le permettre. Le système précaire, selon lequel les paysans empruntent pour acheter les intrants de la saison de culture commençante (les graines par exemple), sachant qu’ils rembourseront à la vente de la récolte, s’effondre.
 
Au moment où nous écrivons (octobre 2018), alors que le peuple de Gaza paie un tribut de sang effroyable pour ses pacifiques Grandes Marches du Retour, Gaza fait face à deux immenses menaces supplémentaires : la population ne peut plus s’assurer une nourriture suffisante, et les paysans vont être broyés sous les dettes.
 
Nous adressons ces appels terriblement urgents à tous ceux qui, à quelque niveau que ce soit, ressentent, ou portent de fait, une responsabilité face à la catastrophe qui vient :
 
 - appel à toutes les personnes de conscience tout autour du monde pour qu’elles imposent au gouvernement israélien la fin du blocus de Gaza.
 
 - appel aux autorités de Gaza pour qu’elles protègent l’activité agricole, en particulier face aux pressions du système bancaire.
 
 - appel à l’Autorité Palestinienne pour qu’elle soutienne la résistance populaire à Gaza au lieu de participer aux châtiments collectifs imposés par l’occupant.
 
 - appel au système onusien présent sur place pour qu’il diffuse l’information sur la situation et propose des réponses de la part de la communauté internationales.
 
 - appel aux instances européennes pour une aide immédiate aux activités productives en danger à Gaza, par exemple pour l’achat d’intrants agricoles.
 
C’est par l’abandon forcé de la capacité des populations locales à assurer leur vie matérielle que commence et finit un ethnocide. Les agriculteurs assurent une part importante du combat contre ce crime. Ils ont besoin et ils ont droit à notre soutien immédiat.

grenades

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04 août 2018

les journées pour l’arrêt immédiat du crime nucléaire 4-5Aout 2018 à Avignon

Contribution pour les journées pour l’arrêt immédiat du crime nucléaire – 4 et 5 Août AVIGNON

http://mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca

Rencontres_Convergence_antinucleaire

 

Quelle(s) stratégie(s) les antinucléaires doivent-ils déployer et quelle(s) tactique(s) mettre en œuvre ?

 

- Les stratégies sont nombreuses et déjà existantes (sabotage et/ou éducation populaire)

« L’ennemi » c’est en premier lieu l’homme, en second lieu c’est celui qui opprime et qui ment « qui ment effrontément en affirmant sans broncher : « moi l’État ; je suis le peuple »

Par notre aliénation depuis l’enfance on a beaucoup de mal à remettre en question cette structure même de la société technicienne, alors que ses fondements ne tiennent sur rien, jamais cela n’a été plus visible qu’avec le nucléaire. L’État est le problème car il tourne à l’hégémonie. Quelques-soient les « opératueurs » dans le temps, on voit que « c’est la fonction qui fait l’organe »

L’idée serait de prendre leur propres arguments ou idéologie pour les retourner contre eux-mêmes :

(Cf utiliser la force de l’autre pour la retourner contre lui)

- son Idéologie : « nationalisme volonté de puissance »hégémonie « patriotisme » « honneur » « armée de défense » « raison », scientisme, croire que tout est quantifiable-chiffrable-mesurable , déclaration des droits de l’homme et que dit la Constitution ? Il y a bien une loi qui condamne l’empoisonnement ? La prévarication ? La trahison des principes fondateurs de ce pays ? Les privilèges au pays de son abolition…

« 

« Dans cette ineptie de société de marché, ils se disent comptables de tout ce qu’ils les arrange sauf de ce qu’ils nomment « externalités sociales et environnementales » , leur rappeler que tous les principes qui ont fait ce pays sont trahies , Dans leur langage il s’agit bien de haute trahison. Il faut condamner cette absence de scrupule, cette impunité, ce non sens. » 

Ils invoquent souvent La raison : alors que dans l’imposture et le crime nucléaire, il n’y a strictement rien qui tient debout à tous les niveaux : éthique- moral- humain etc même leur propre dada : la technique la finance la stratégie la politique etc tous leurs arguments peuvent être démontés pièce par pièce.

Autre : lorsque que l’on conçoit quelque chose, le minimum d’honnêteté intellectuelle c’est de prendre en compte la totalité du cycle de l’installation du début jusqu’à sa fin ( premier hic ; ici il n’y a pas de fin (ou plutôt à l’échelle de la demi vie du plutonium), on prend en compte les matières nécessaires depuis leur pillage (par la guerre ou la dictature de la dette ou du développement) et tous les humains et non humains impactés dans leur environnement.

Ils parlent d’« ennemi intérieur »(- http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ennemi_int__rieur-9782707169150.html

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/HALIMI/51015  )

par exemple, mais «  l’ennemi intérieur » c’est l’État nucléaire !

Qui condamne sa propre population, leur propre descendance à la mort ou la mauvaise santé,

Et ils parlent d’« l’Etat de droit » mais c’est un oxymore !

(voir quelques réflexions ici :http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2018/03/buredeqellehumaniteletat.pdf)

 

On va droit vers plus de répression. On en viendra donc à devoir s’expliquer dans des procès longs et coûteux, mais plus » supportables et bénéfiques » si les actes de sabotages ou « délits » sont revendiqués par des collectifs (10 qui font l’action et plus de 100 voir 1000 qui revendiquent le délit...)

On devra dire au représentant de l’État (le procureur) que c’est complètement inadmissible de devoir en passer là pour mettre un problème « d’intérêt général » sur la place publique. Normalement, c’est dans de véritables Assemblées que cela se passe mais tout est factice, et l’accès à la véritable politique est verrouillé.

On devrait aussi rapporter l’histoire de l’origine de l’imposture et du crime nucléaire dans sa vision globale « et son monde » . Comme pour la chimie, ce sont les gains astronomiques des profiteurs de guerre dans l’imposture d’une société de marché  ; les industriels et banquiers qui ont permis cette puissance à l’État hégémonique qui leur est infiniment redevable. Ainsi la chimie et le nucléaire et leur idéologie se sont imposés partout par la ruse et par la force.

Une explication de notre aliénation peut être lue chez Cyrulnik Laborit Tereschenko etc

L’argument santé reste majeur pour sensibiliser le plus grand nombre (même les nucléocrates) car ils sont tous touchés dans leur bulle. Cela permet de « percer la bulle » ; atteints dans leur intimité, c’est malheureusement un passage difficile pour enfin sortir de l’aliénation.

http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/10/epidemio2014.pdf

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/29/Mise-en-demeure-de-l-ASN-par-une-initiative-du-MAIN-%3A-un-citoyen-r%C3%A9pond-par-lettre-ouverte-au-Pr%C3%A9sident-de-l-ASN

 

 

 

 

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Autres thèmes proposés d'une manière non-développée par les contributeurs-trices

. Comment décrypter la non-implication de la population dans les actions antinucléaires alors que la possibilité d'une catastrophe nucléaire en France avec son cortège d'horreurs et de victimes pour un long terme est connue? Quelles sont les résistances internes, les peurs qui entraînent une paralysie, une sidération même empêchant de défendre la vie de ses proches , de son environnement (Michèle V.M)

 

Commentaire elian guésard sur https://www.bastamag.net/C-est-incroyable-qu-on-n-ait-pas-encore-fondu-un-coeur-de-reacteur-des

 

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Rajout : voir la relation entre colonialisme (par Simone Weil) et le nucléaire 

Les contradictions entre les idéaux de la révolution et les (mé)faits coloniaux et ici les (mé)faits nucléaires

 

Valérie Gérard : Simone Weil . « Contre la colonialisme »

Le mot de l’éditeur ;

Que fait la colonisation aux colonisés, mais aussi aux Etats coloniaux et à leurs citoyens ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : la colonisation est un crime qui détruit des peuples, des formes de vie, des manières de penser, et qui se retourne contre les populations des métropoles. Elle est toujours, en même temps, colonisation intérieure et colonisation des esprits. Simone Weil dénonce en particulier les contradictions de la France de la Révolution et de la gauche française sur cette question. Plus généralement, elle fait de la colonisation une cause et un paradigme de la perte du rapport au monde qu'elle appelle déracinement.

Les principes fondamentaux de la République sont-ils contraires au colonialisme ? Quels impacts la colonisation a-t-elle sur un Etat qui se transforme en métropole d'un empire ? Et quels sont ses effets intérieurs ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : coloniale, la France opprime des peuples et perd ses principes. La colonisation rend impossible l'amitié entre les peuples (ce qui posera problème, dit-elle, si la France veut de nouveau enrôler les populations des colonies dans une guerre). Ces réflexions sur la colonisation pensée comme déracinement vont la conduire à son oeuvre majeur : "L'Enracinement".

Autres textes:

Simone_Weil_Contre_colonial

SimoneWEILlenracinementSPPiot

 

 

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11 juin 2018

NON AU SALON DE L'ARMEMENT ! EUROSATORY

eurosatory_2018

 

APPEL À MANIFESTATION


Rassemblement de contestation prévu le mercredi 13 juin
A partir de 14h, devant le salon de l’armement Eurosatory
Parc des Expositions Villepinte


Le Salon de l’armement Eurosatory est le plus important salon international de l’armement
dans le monde : un espace mondial de capitalisation sur la guerre, la militarisation des fron-
tières, les violences policières et la répression des populations. Cette année, il se tiendra en
France du lundi 11 au vendredi 15 juin, au Parc des Expositions de Villepinte (93).


Plus de 55 états producteurs et acheteurs d’armes - notamment des états impérialistes et co-
lonialistes comme la France, les États-Unis et Israël - seront présents, et au moins 1500 entre-
prises d’armement, dont une bonne part d’entreprises françaises. Le « salon » présenté comme
voué à la « défense et la sécurité » a pour but d’exposer, promouvoir, vendre et fournir en tech-
nologies de pointe de guerre, de répression et de surveillance. C'est en ce lieu que seront signés
et célébrés des contrats juteux qui accroîtront une production et une circulation d’armes, qui a
atteint aujourd’hui un niveau inégalé depuis la fin de la guerre froide. C'est là où se joue la vie
et la survie de millions de personnes dans le monde.


Ces armes sont notamment celles qu’on retrouve dans les mains de l’Arabie Saoudite, premier
acheteur de la France, pour tuer au Yémen (depuis mars 2015, près de 10.000 morts).


Ces équipements de meurtre sont testés au cours des interventions impérialistes de la France
en Afrique subsaharienne ou durant les agressions coloniales d’Israël en Palestine. Ces agres-
sions (néo)coloniales sont utilisées pour vendre davantage d'armes au salon, promues comme
"efficaces sur le terrain" (une garantie marchande, expression de ce cynisme meurtrier).


Ces technologies meurtrières de pointe employées par des dictateurs d’états tels que Joseph
Kabila, Bachar Al-Assad, Omar Al Bachir, Recep Tayyip Erdogan, Enrique Peña Nieto, sou-
tenus par leurs alliés, ont leur pendant dans les équipements qu’on retrouve déployés contre
les exilés fuyant ces conflits, notamment aux mains de la police européenne aux frontières («
Corps européen de garde-frontières et de garde-côtes », ex-Frontex).


Ce sont les armes qu’on retrouve aux mains de la police, qui violentent, violent et tuent les
populations issues de l’immigration, constituées en « classes dangereuses » dans les quartiers
populaires. Ce sont celles tournées contre nos mobilisations contre la casse sociale sur tous les
fronts, dans la rue, dans les universités, sur la ZAD ; ce sont les armes au cœur de l’appareil
de l’État d’urgence, armes policières qui, légitimement gardées en dehors des temps de service
depuis 2015, ont déjà fait de nombreuses victimes parmi les conjointes des policiers.

Ce sont ces armes que l'état français depuis le début de l’état d’urgence, vend sous couvert de
"menace terroriste" tant aux dictateurs qui prétendent lutter contre le terrorisme en massa-
crant leurs populations que, directement ou indirectement, à des factions armées telles que
l’État Islamique en Syrie et Boko Haram au Cameroun. C’est ce même prétexte qui justifie la
grande présence militaire française et son ingérence dans les politiques internes des anciennes
colonies, des pays de la Françafrique.


C'est la vente massive de ces armes et ses profits monstrueux (5,2 milliard d'euros en 2017) qui
font de l'Etat et de l'industrie d'armement français, les troisièmes marchands de mort mon-
diaux derrière les États-Unis et la Russie et auprès de la Chine.


Dans le budget voté pour 2018 et prélevé de nos contributions, le budget pour la Défense est
de 32,4 milliards. A l’heure même où des centaines de milliers de postes vont être supprimés
dans la fonction publique et territoriale, où les service publics seront vendus (rail), ou revus à
la baisse (santé, éducation, retraites, sécurité sociale, chômage), l’État annonce que ce budget
sera augmenté jusqu’à atteindre la somme indigne de 300 milliards d’euros cumulés d’ici 2025.


Nous nous opposons fermement à la tenue de ce « salon » aux morts en France, qui plus est sur
le territoire de la Seine-Saint-Denis où tant de destins issus de la colonisation et de l’impéria-
lisme, de la migration et de l’exil convergent.


Nous appelons à une mobilisation massive le mercredi 13 juin 2018 :
rassemblement prévu à partir de 14h, devant le salon (sortie du RER). .
Non au salon de l'armement ! Non aux guerres ! Non à l'impérialisme !
À l’appel de : Militantes anti-impérialistes qui ont participé à la mobilisation de 2016 contre
la tenue du salon, ainsi qu’à des mobilisations similaires à Londres (où le salon se tient un an
sur deux).


Signataires : Mwasi, BDS France, Activism for Syria France, Collectif Paris Ayot-
zinapa, FRAP, Union Syndicales Solidaires, Collectif Palestine 12, BDS-Mil-
lau, CANVA (Construire, Alerter par la Non-Violence Active), UJFP (Union Juive
Française pour la Paix), Sortir du Colonialisme, la RAP (Riposte Antiraciste Po-
pulaire), le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien et le Collectif BDS 57.
Ceci est une version écourtée d’une tribune soutenue par de nombreux collectifs de lutte
en France contre les violences policières, pour les luttes antirascistes, anti-impéralistes, fé-
ministes, et de solidarité internationale, ainsi que de nombreuses signatures de personnes
militantes à titre individuel et personalités politiques. Pour la lire dans son intégralité :
https://blogs.mediapart.fr/quecessentlesguerres/blog/100518/non-au-salon-de-larmement-en-
france?utm
Pour signer la tribune : contrelesguerres@riseup.net | fb: que cessent les guerres - stop vente
d’armes

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13 mai 2018

Le soleil dévoyé

AnthropoMegalocène Actualités

lesnarcesVercors


https://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2018/05/le-soleil-en-face-rapport-sur-les.html

9 mai 2018


LE SOLEIL EN FACE - Rapport sur les calamités de l’industrie solaire et des prétendues énergies alternatives


« Crise énergétique » et « crise environnementale » seront résolues au moyen du « développement durable », à en croire les politiciens, les industriels et la bonne conscience citoyenne. Le véritable Graal de cette quête d’une énergie inépuisable et à vil prix reste l’énergie solaire mais loin de l’utopie d’une énergie « propre », cette industrie sera « une avancée stratégique de l’électrification du monde », « un apport décisif à la réquisition de nos vies par l’économie ». « Après les sacrifices à l’idole nucléaire voici ceux du nouveau culte solaire. »

Fort symboliquement, quelques semaines après l’entrée en fusion des trois réacteurs de Fukushima, le prototype Solar Impulse accomplit un vol d’essai au salon du Bourget. « Dans la masse de calamités accumulées par 150 années de développement industriel sans merci, les élites politiques mondiales ont choisi de s’émouvoir du changement climatique. » En 2007, le Quatrième Rapport du GIEC reconnait les « gaz à effet de serre d’origine anthropique ». « Le changement climatique, grande menace par anticipation de ce début de millénaire, offre un point de fixation parfaitement compatible avec la poursuite de la fuite en avant. » Il fournit une excellent raison de désinvestir les énergies fossiles de toute façon condamnées par l’épuisement annoncé des stocks et fixer leur remplacement comme objectif mondial. Pour répondre à la demande croissante d’énergie avec le développement de l’électronique grand public, l’humanité entre sans retour dans l’ère du développement durable.
Ray Kurzweil, « entrepreneur et gourou transhumaniste », « apologiste enragé du techno-totalitarisme », voit dans l’énergie solaire le salut à court terme de l’humanité productiviste.
Lorsqu’en 1711, la pression de la vapeur d’eau mit  en mouvement les pistons façonnés par Thomas Newcomen, dans le Devon, permit de pomper l’eau d’infiltration qui inondait les mines d’étain du sud-ouest de l’Angleterre. On put dès lors descendre plus profond, extraire davantage de minerais, afin de construire plus de machines pour pomper plus efficacement et descendre encore lus profondément. Cet épisode fondateur condense le principe que Jacques Ellul a nommé le système technicien.
L’énergie solaire est à l’origine de toute vie sur terre et de la quasi-totalité des « sources » d’énergie exploitées par les sociétés humaines, puisque les hydrocarbures, par exemple, sont issus de la maturation des végétaux nés du flux de photons.
Frédéric Gaillard fait le point sur les autres « énergies alternatives » et leurs « inconvénients » : biocarburants de première, deuxième et troisième génération (usines à plancton), hydraulique, géothermique,…
Tout a déjà été dit et écrit sur l’industrie nucléaire, sa nocivité et ses mensonges. « L’argument de l’atome comme « moindre mal » a fait son temps. » Le développement de l’éolien comme celui du panneau solaire, s’est imposé dans l’imaginaire français du développement durable, caution idéologique qui préside à son développement. Son exposé sur la technologie photovoltaïque est brillant, complet et parfaitement accessible. Il pointe l’extension des zones grises, avec ces « fermes photovoltaïques » qui colonisent les marges des agglomérations, et les mesures incitatives qui multiplient l’intégration au bâti des plaques de silicium. Même la technologie balbutiante des cellules photovoltaïques organiques n’a pas de secret pour lui. En attendant, le film photovoltaïque flexible est déjà présenté comme une « rupture technologique » puisque qu’il va permettre aux écrans de se recharger tout seul. Portables bios (?!) et panneaux publicitaires, voilà « ce monde meilleur que nous promet l’essor des technologies vertes ».
L’acétate de vinyle, entre autres substances utilisées pour la fabrication des panneaux solaires, est une substance génotoxique et reprotoxique, mais qu’on se rassure, une fois de plus, ce sont les pollueurs qui fixent eux-mêmes les niveaux de nuisance tolérables.
Les terrains saccagés par l’extraction des matières premières, les mégawatts engloutis pour la purification et la cristallisation du silicium à très haute température, les millions de mètres cubes d’eau pompés et dépollués à grand frais, sont rarement évoqués au sujet de cette technologie si respectueuse de l’environnement. Le coltan, par exemple, utilisé dans les condensateurs des téléphones portables, fut l’enjeu d’une guerre pour le contrôle des plus grands gisements situés en République Démocratique du Congo, responsable de plus de 3,5 millions de morts dans sept peux depuis 1998. Sans parler des gorilles.
La « croissance verte » n’est qu’un mythe. Il ne s’agit que de perpétuer l’emprise technicienne, au-delà du pétrole et de l’atome, sous les atours du Nouvel Ordre Vert. Le but ultime étant la photosynthèse artificielle, récupérer et stocker l’énergie solaire sous forme d’hydrogène, réutilisé au sein d’une pile à combustible pour obtenir, par réaction inverse, de l‘eau et de l’électricité.

Le Grenelle de l’environnement, en 2007, exclut toute discussion sur le nucléaire et adopte « un fatras de résolutions inoffensives, une politique de développement des énergies propres », dont des tarifs très attractifs de rachat par EDF du kilowatt-heure photovoltaïque. Les objectifs, pourtant raisonnables, par rapport à l’Allemagne par exemple, sont rapidement atteints, aussi ces mesures incitatives, accusées d’engraisser l’industrie chinoise, sont aussitôt sabordées, ruinant une filière émergente. L’État électricien, sous la pression du corps des Mines, a vu son monopole nucléarisé, centralisé et anti-démocratique, menacé par une dissémination technologique. Il n’entend pas laisser d’alternative se développer sans s’être au préalable assurer les moyens de son contrôle. En 2011, La France fut le seul pays européen à perdre des emplois dans le solaire.

Grenoble est régie depuis un siècle et demi par « une lignée d’ingénieurs et de scientifiques qui déploient toute leur énergie à l’édification du techno-monde ». Le Commissariat à l’énergie atomique, implanté sur le polygone scientifique en 1956, est la matrice d’une « collusion revendiquée entre le pouvoir politique - civil et militaire - la recherche scientifique et les industriels ». Les dirigeants de Minatec Entreprises et de leur filiale Clinatec qui oeuvre en secret à l’interface homme-machine et au perfectionnement des implants cérébraux, sont également aux manettes de la mairie. Les « énergumènes du CEA/PS » contrôlent aussi Liten, le Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux, l’Institut national de l’énergie solaire (INES), Photowatt, la plus grande entreprise française dans le secteur et la seule à maitriser tout le cycle, qui sera sauvée de la faillite par EDF, « enterrant les dernières illusions d’énergie autonome et décentralisée ».


L’esprit critique acéré et caustique de Frédéric Gaillard n’épargne rien ni personne. Fort d’une fine connaissance des dossiers, des acteurs et des enjeux, il s’applique à soigner ses portraits, au dépend de l’analyse, beaucoup plus superficielle. Se contenter d’accuser le développement technologique de « fuite en avant » ne suffit pas tout à fait pour en comprendre la logique, et pourrait même desservir son propos, susciter un rejet en bloc de ses raisonnements et les dévoyer au point de permettre l’éloge de ce Progrès à tous prix qu’il dénonce.
Il s’abstient également de proposer une alternative aux « alternatives », par refus de la « tyrannie du projet ». Sa remarque indirecte au sujet de la « perspective co-gestionnaire des antinucléaires autorisés – Greenpeace et le Réseau « Sortir du nucléaire » – qui prétendent aujourd’hui sortir du nucléaire sans sortir de la société qui le produit » laisse, de la même façon, entendre un rejet du capitalisme que nous aurions aimer voir développé.
Sa connaissance exhaustive du sujet intéressera certainement beaucoup de lecteurs, il n’est pourtant pas certain que son simple « rejet des emballements pathologiques et mortifères », au nom de son désir d’«  exister et jouir du cours de cette existence, si quotidienne et mélancolique soit-elle », les contente.



LE SOLEIL EN FACE
Rapport sur les calamités de l’industrie solaire et des prétendues énergies alternatives
Frédéric Gaillard
162 pages – 11 euros
Éditions L’Échappée –  Collection «Négatif » – Paris – Mai 2012
http://www.lechappee.org/


Lire aussi :
LA GUERRE DES MÉTAUX RARES


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https://reporterre.net/L-ONF-encourage-la-biomasse-industrielle-au-detriment-des-forets-et-du-climat

L’ONF encourage la biomasse industrielle au détriment des forêts et du climat


9 mai 2018 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

 
Sous l’impulsion de l’Union européenne, la biomasse destinée à la production d’électricité se développe sur le continent. Syndicalistes forestiers et écologistes s’inquiètent de cette tendance à l’« industrialisation » de la forêt, illustrée par cette découverte de Reporterre : l’Office national des forêts (ONF) installe une filière d’approvisionnement de la centrale à biomasse de Gardanne et exporte au Danemark.
Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance
Remplacer le charbon par du bois dans les centrales thermiques pour produire de l’électricité, la Commission européenne en rêve comme solution au défi climatique. Elle prévoit que 60 % des énergies renouvelables futures soient assurés par la biomasse, dont en grande majorité du bois-énergie. En France, l’objectif est partagé par Nicolas Hulot. Répondre « aux objectifs d’accélération du développement des énergies renouvelables rappelés lors du sommet sur le climat One Planet Summit », en décembre dernier à Paris, est sa volonté, affirmée dans un communiqué à l’occasion de la désignation de 11 projets de biomasse lauréats pour être soutenus par l’État.
Mais pour plusieurs ONG environnementales, le développement industriel du bois-énergie remet en cause son caractère renouvelable. Pire, la généralisation de l’utilisation du bois pour la production d’électricité dans de grandes centrales thermiques rendrait l’impact de cette énergie sur le climat plus néfaste que le charbon, alors que ses partisans défendent une « neutralité carbone ». « Si les forêts sont exploitées de manière plus intensive en permanence à cause de la bioénergie, elles ne parviendront jamais à régénérer le réservoir de carbone perdu », juge la Fern, une ONG qui agit auprès de la Commission européenne pour qu’elle change sa vision économique de la forêt.

« Brûler des arbres pour produire de l’énergie n’est pas une solution pour enrayer le changement climatique », note de la Fern, octobre 2016.
 
Extrait du rapport de la Fern.
Avec le développement outrancier du bois-énergie, les écologistes craignent que la ressource forestière ne soit plus considérée que comme une ressource minière, exploitée au meilleur rendement, au détriment de son écologie.
Si cet approvisionnement se met en place, il contredira l’argument qu’avance l’énergéticien quant à sa « fourniture locale »
Dans ce contexte, l’Office national des forêts (ONF), qui gère le domaine public forestier, développe des filières d’approvisionnement pour les centrales à biomasse. Fort de livraisons réussies en septembre par voie fluviale du Jura à la centrale de Gardanne (exploitée par Uniper dans les Bouches-du-Rhône), ONF Énergie, filiale de l’organisme public pour la commercialisation des plaquettes forestières, exporte depuis fin 2017 au… Danemark.
 
Déchargement de bois au port fluvial d’Arles.
Le 5 septembre 2017, 1.500 tonnes de plaquettes forestières en provenance de la forêt domaniale de Chaux (Jura) ont donc été débarquées au port d’Arles (Bouches-du-Rhône). Ce transport fluvial était organisé par ONF Énergie depuis le port sur la Saône de Pagny-le-Château (Côte-d’Or), nous apprend une note interne consultée par Reporterre. Une deuxième livraison, de 1.650 tonnes de bois rond, a été effectuée par l’ONF suivant le même trajet le 18 septembre. Le port de Pagny-le-Château est situé à 40 kilomètres de la zone de coupe. Depuis Arles, le bois est rechargé sur camion pour atteindre la centrale de Gardanne, exploitée par Uniper, 90 kilomètres plus loin. L’expérimentation a été menée avec le soutien de Voies navigables de France.
Selon l’ONF, ce serait un succès de « transport à bas coût carbone ». « La même opération par voie routière aurait mobilisé 60 camions et multiplié par quatre le volume de carburant nécessaire », précise la note. Sauf qu’en bout de chaîne, une noria de camions finira par encombrer l’environnement des riverains de la centrale.
L’ONF espère la mise en place de deux livraisons par bateau chaque mois. Soit 36.000 tonnes de « flux interrégionaux » par an. Si cet approvisionnement se met en place, il contredira l’argument qu’avance l’énergéticien quant à sa « fourniture locale ». Le « gisement » se trouve à 500 kilomètres de la centrale thermique de Provence, au lieu du rayon des 250 km annoncés pour la fourniture « locale ». « Le préfet de la région Paca a accordé une dérogation au plan d’approvisionnement pour faire une expérimentation sur un tonnage réduit pour de la biomasse venant de la région Bourgogne-Franche-Comté », nous a répondu par courriel Jean-Michel Trotignon, le directeur du site Uniper de Gardanne.
C’est que l’appétit de ce mastodonte va être difficile à rassasier avec la seule forêt méditerranéenne, incapable de fournir les 850.000 tonnes nécessaires par an au fonctionnement de la centrale, jugent les écologistes mobilisés sur le dossier. Pour les dix premières années d’exploitation, Uniper entend se fournir à moitié par l’importation. Ce qu’il fait déjà depuis le Brésil.
 
La centrale thermique de Provence à Gardanne (Bouches-du-Rhône).
Satisfait de cette expérience du transport fluvial vers le sud de la France, l’ONF a ainsi mis en place depuis octobre 2017 un approvisionnement maritime à destination de la centrale de Skærbæk, au Danemark, exploitée par Dong Energy. Après trois ans de travaux, la centrale danoise s’est définitivement convertie à la biomasse fin octobre 2017. Plus modeste que Gardanne, elle consomme 450.000 tonnes de bois par an. Ce qui représente, tout de même, plus de 51 tonnes à l’heure. Elle intègre une cogénération, c’est-à-dire que la chaleur produite est valorisée dans un réseau pour le chauffage. Ce que ne propose pas à ce jour la centrale thermique de Provence. La centrale danoise « cherche à diversifier ses approvisionnements en matière première et substituer une partie des quantités importées depuis les pays baltes par un approvisionnement régulier depuis la France », apprend-on d’une autre note interne de l’ONF, elle aussi consultée par Reporterre.
La biomasse extraite des forêts manquera à la formation de l’humus
Début novembre 2017, un premier bateau de 4.000 tonnes y a acheminé du bois de l’Ouest parisien via le port de Rouen. Selon une autre note consultée par Reporterre, entre le 19 janvier et le 22 février, quatre autres navires de même capacité ont quitté le port d’Anvers (Belgique) avec du bois de Lorraine. Au moins dix autres acheminements suivront cette année, dont « du bois des Hauts-de-France », nous informe Christophe Chapoulet, le directeur d’ONF Énergie.
 
La centrale à biomasse danoise de Skærbæk.
Syndicalistes forestiers et militants du réseau SOS forêt s’inquiètent du développement d’une telle filière comme un facteur « d’industrialisation de la forêt ». « Avant de répondre à un besoin économique, l’exploitation forestière doit s’adapter aux besoins écologiques en matière d’hydrologie, de biodiversité et aux besoins sociaux, c’est-à-dire à l’usage de loisirs de la forêt », dit le forestier lorrain Nicolas Gomez, syndiqué au Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel (Snupfen). Une vision que nous expose aussi le directeur d’ONF Énergie. Mais pour Nicolas Gomez, la biomasse industrielle « n’est pas écologiquement neutre. Le volume demandé implique des forêts cultivées dédiées ». Gérard Grouazel, de SOS forêt Franche-Comté, compare l’évolution de l’exploitation de la forêt à l’agriculture qui « ne veut faire que des grands champs de maïs ». Cyril Gilet, du Snupfen et de SOS forêt Bourgogne, est critique d’une « exploitation en tige complète. Jusqu’à la cime, tout part dans le broyeur qui produit les plaquettes. Ce qui conduit à un export de la matière organique qui va manquer au peuplement ». Autrement dit, la biomasse extraite des forêts manquera à la formation de l’humus.
Les écologistes de la forêt nuancent également le « transport à bas coût carbone » revendiqué par l’ONF, car réalisé par voie fluviale et maritime. Dans son journal syndical, le Snupfen de Lorraine sort sa calculette sur le bilan carbone du transport de bois pour le Danemark. Son exposé est fondé sur les normes de calcul de rejets de gaz à effets de serre de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Le premier transport par route jusqu’au port d’Anvers (10 camions) a rejeté 30 tonnes de CO2. S’ajoute le transport par bateau (4 cargaisons de 4.000 tonnes) qui a rejeté 96 tonnes de CO2. Ainsi, le « bilan carbone estimé de l’opération est de 126 tonnes de CO2 supplémentaires par rapport à une utilisation en circuit court ». Et encore, « nous n’avons pas calculé le bilan carbone du broyage, ni l’impact du prélèvement des rémanents qui auraient dû rester en forêt », précise l’article. « Donc, pas de quoi se glorifier de cette opération au bilan carbone discutable ». « Le bois-énergie est intéressant dans le cadre d’un circuit court, pour du bois bûche ou des petites chaufferies dans un rayon de 30 km », défend le propriétaire forestier et sylviculteur Gérard Grouazel.
La demande de gros opérateurs est une chance, selon le directeur d’ONF Énergie
« Il faut être vigilant, mais ne pas tomber dans la caricature », rétorque Christophe Chapoulet, le directeur d’ONF Énergie. « ONF Énergie n’exploite que les surplus de bois qui ne sont pas valorisables pour d’autres usages, comme le bois d’œuvre, et ne coupe pas plus que ce qui est disponible dans le respect du renouvellement de la forêt », assure-t-il à Reporterre. « Dans les chaufferies, les feuilles, les aiguilles et les petits rameaux posent problème donc, la plupart du temps, on les laisse sur place. Même si c’est vrai que dans certaines exploitations difficiles, ça nous arrive de sortir des arbres entiers », poursuit-il. La technique de l’entreprise est simple. Le bois est stocké puis broyé en bord de route, à la lisière des parcelles forestières, pour produire les plaquettes.
 
Des plaquettes forestières.
La demande de gros opérateurs est une chance, selon le directeur d’ONF Énergie : « Nous faisons face à une accumulation de stock par rapport à une demande locale trop faible. Le stock se dégrade à cause des intempéries. » « Le bois est en dépôt pendant un an à un an et demi, et finit dans un état lamentable », observe sur le terrain Cyril Gilet, qui y voit plutôt l’expression d’une exploitation irraisonnée.
« Il ne faut pas opposer petite chaufferie de village et grosse chaufferie. On a besoin d’un projet industriel de quelques dizaines de milliers de tonnes qui a besoin de bois toute l’année sinon il est extrêmement difficile de mettre en place une filière », répond le directeur d’ONF Énergie. « Notre distance moyenne de livraison est de 60 km. De toute façon, au-delà de 150 kilomètres, la rentabilité baisse, et cette réalité économique va nous limiter », ajoute-t-il. Il n’y aurait donc aucun risque de concurrence déloyale pour ses clients les plus proches, qu’il juge « prioritaires ». À moins que les gros opérateurs ne s’arrogent toute la ressource grâce aux débouchés massifs qu’ils proposent.

LA CENTRALE DE GARDANNE DANS L’ATTENTE D’UNE NOUVELLE DÉCISION DE JUSTICE
Combustion de déchets verts, valorisation de souches de vignes, Uniper, l’exploitant de la centrale à charbon de Gardanne, s’épanche à nouveau dans la presse pour valider la transition d’une de ses unités à la biomasse, autrement dit au bois.
 
Stockage de bois à proximité de la centrale biomasse de Gardanne.
Le site industriel des Bouches-du-Rhône fera l’objet d’une décision de la cour administrative d’appel dans les prochaines semaines. Elle concernera l’annulation de l’autorisation préfectorale d’exploitation, rendue le 8 juin 2017 par le tribunal administratif de Marseille. Dans l’urgence, à la suite de cette décision de justice, la préfecture avait délivré une autorisation d’exploitation provisoire. L’appel porté par l’exploitant est soutenu par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Depuis 2012, des associations et élus écologistes contestent le projet. Ils estiment que l’ampleur des volumes brûlés pour faire de l’électricité (850.000 tonnes par an) menace la forêt. Autour du site, ils critiquent les nuisances : bruit, pollution aux particules fines, circulation importante de camions.
Le démarrage officiel de l’unité industrielle se fait attendre depuis fin 2016. Ce « n’est plus qu’une affaire de semaines », dit Jean-Michel Trotignon, le responsable du site de Gardanne, à La Provence. Une annonce déjà répétée par le passé. Le plan d’approvisionnement, connu depuis le lancement du projet, est répété dans le journal local : « 55 % de ressource importée, 20 % de biomasse locale, 15 % de déchets de récupération, 10 % de bois en fin de vie. » Voilà pour les dix premières années d’exploitation. Pour les dix années suivantes, l’industriel envisage une fourniture « locale », dans un rayon de 250 km autour de la centrale. Ce qui entraînera sans doute des conflits d’approvisionnement avec les chaufferies locales et d’autres industries de la région : papeterie à Tarascon (Bouches-du-Rhône), centrales à biomasses de Pierrelatte (Drôme) et de Brignoles (Var).

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La centrale à biomasse de Gardanne est un contre-sens écologique, selon les opposants


4 février 2017 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)


La centrale à biomasse de Gardanne est un contre-sens écologique, selon les opposants
4 février 2017 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)
 
La centrale thermique de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, est adaptée pour fonctionner avec du bois, encouragée par les subventions. Pourtant, les opposants au projet n’y voient aucun caractère écologique : sa colossale consommation de bois va déstructurer les filières locales, multiplier les trajets en camion et les émissions de polluants dans l’atmosphère. Ils manifesteront leur désaccord sur place dimanche 5 février.
Actualisation - Lundi 6 février 2017 - Plusieurs centaines de personnes ont manifesté sous la pluie, à Gardanne, contre la centrale à biomasse. Voir le récit détaillé ici.

Gardanne (Bouches-du-Rhône), correspondance
Dimanche 5 février, les opposants à la centrale biomasse de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, convergeront des Hautes-Alpes, du Verdon, du Luberon, des Cévennes… comme ils l’avaient fait en octobre 2014, dans l’ancienne ville minière.
C’est une longue histoire. À la centrale thermique de Provence, jusque-là intégralement alimentée au charbon, la tranche 4 doit être transformée pour brûler du bois. En 2011, le Grenelle de l’environnement avait consacré le développement de la biomasse. L’État proposa de financer des centrales électriques dont le combustible se constitue de bois et de végétaux. E.ON, alors troisième acteur mondial de distribution d’énergie, saisit l’occasion pour proposer la mutation d’une unité de sa centrale située à proximité d’Aix-en-Provence. 1,5 milliard d’euros d’aides publiques sur 20 ans lui étaient promis au passage. La municipalité (PCF) de Gardanne et la section CGT de la centrale ont soutenu le projet, et continuent de le faire, au nom de la défense des emplois. Uniper, d’abord filiale d’E.ON avant d’être indépendante en 2016, a récupéré la gestion de l’opération. Celle-ci est présentée comme écologique au motif que le bois constitue une source d’énergie renouvelable. Une affirmation qualifiée de « biomascarade » par les opposants, qui dénoncent l’origine et les volumes des approvisionnements comme véritables menaces pour la forêt, mais aussi les pollutions du transport et de l’incinération.
De gros consommateurs qui poussent à l’industrialisation de la forêt
Les Hautes-Alpes, le Verdon, le Luberon, les Cévennes font partie d’une zone d’approvisionnement jugée comme prioritaire par Uniper. La ressource en bois sollicitée est monumentale. 850.000 tonnes par an, « soit 2.300 tonnes par jour », selon les calculs de Claude Calvet, de SOS forêts du Sud. Le collectif craint que cette masse pèse sur la forêt méditerranéenne déjà fragile, peu productrice et soumise à d’autres sollicitations : 150.000 tonnes annuelles pour la centrale de Pierrelatte (Drôme), 180.000 pour le projet Innova à Brignoles (Var) et 1,2 million pour la papeterie de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Autant de gros consommateurs qui poussent à l’industrialisation de la forêt. « Ces installations très consommatrices de bois se sont installées dans une région qui en produit peu et mal. Nous ne sommes pas dans le Jura ! » dit au journal Le Ravi Jérôme Dubois, professeur à l’institut d’urbanisme et d’aménagement d’Aix-en-Provence.
Face au projet gardannais, la région Paca (avant qu’elle ne soit dirigée par la droite, en 2016), le département des Alpes-de-Hautes-Provence, les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon, 9 communautés de communes et 41 communes des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes s’opposent ou émettent des réserves. Concerné par une fourniture de 35.000 tonnes par an, le Parc national des Cévennes se pose cependant en partenaire d’Uniper. Par le projet Cevaigoual, porté par le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) et adoubé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le Parc entend « favoriser la valorisation des ressources forestières là où elles sont sous-exploitées, pour alimenter la filière bois, notamment les réseaux de chaleur et les chaudières à bois ». Priorité est donnée aux chaufferies locales avant que d’autres chaudières plus grosses et plus éloignées, comme celle d’Uniper, viennent se servir.
 
L’approvisionnement prévu de la centrale.
Janine Bourrely, propriétaire forestière à Saint-Jean-du-Gard et présidente du CRPF, y voit un chance pour la revalorisation de la châtaigneraie malade. De nombreuses parcelles contiennent une part trop importante de bois mort. « Reboiser coûte trop cher, 5.000 à 6.000 euros l’hectare », plaide-t-elle. Uniper apparaît comme « une start-up qui offre la possibilité au propriétaire forestier de reboiser durablement en achetant le bois mort », dit-elle. Mais le collectif SOS forêt Cévennes estime que l’initiative est une porte ouverte au remplacement des châtaigneraies par des plantations valorisant des arbres à croissance rapide pour les besoins de l’industrie. « La question est de savoir quand et comment couper, nuance Jacques Rutten, président de l’Association Causses-Cévennes d’action citoyenne (Accac), parce que les sous-bois ont tendance à devenir impénétrables par manque d’exploitation forestière : certains ruisseaux ne coulent plus et la biodiversité s’appauvrit. »
Pour démarrer, l’entreprise Uniper entend se fournir pour 55 % à l’importation. Le reste venant d’un rayon de 400 kilomètres autour de la centrale. 43 % de cette fourniture « locale » sera forestière. Les 57 % restant seront du déchet vert, des résidus de l’agriculture et autres bois résidus de l’industrie et de la consommation des particuliers. Pour cette dernière catégorie, Veolia se porte fournisseur à hauteur de 6 % du volume total. Puis le « 100 % local » sera atteint au bout de 10 ans, assure Uniper.
Un système sophistiqué de blanchiment permet au bois de rejoindre les circuits commerciaux légaux
Pour l’heure, la chaîne d’approvisionnement étant confiée à une forêt de sous-traitants, il est extrêmement difficile d’obtenir des informations précises. Contacté, Uniper n’a pas souhaité répondre à Reporterre. Dans les Cévennes, « aucune coupe n’a démarré pour fournir la centrale », dit Janine Bourrely. En janvier 2016, le Silver Pegasus, cargo battant pavillon panaméen, a livré 39.000 tonnes de bois transformé en provenance du Brésil. Uniper assure ne se fournir que de bois certifiés PEFC ou FSC. Deux labels qui sont critiqués pour leur laxisme et leur manque de contrôle, comme en témoigne l’émission de France 2 Cash Investigation du 24 janvier, ou les analyses du magazine Lutopik ainsi que de Télé Millevaches.
 
Le « Silver Pegassus », battant pavillon panaméen, a livré du bois en provenance du Brésil pour la centrale Uniper de Gardanne en janvier 2016.
En outre, dans les résultats d’une enquête menée de 2012 à 2014, Greenpeace affirme que l’écoulement de bois illégal au Brésil représente une part énorme des exportations : 54 % du total pour l’état du Mato Grosso et jusqu’à 75 % au Pará, principale région productrice d’Amazonie. Un système sophistiqué de blanchiment permet au bois de rejoindre les circuits commerciaux légaux. Ce qui n’empêche pas Uniper d’affirmer à la Provence que « cette cargaison répond aux normes de gestion forestière durable, au règlement bois de l’Union européenne et à la réglementation phytosanitaire française ». Malchance ou prémonition, le stock est parti en fumée dans les incendies de l’été de la région marseillaise.
Cet incendie n’est pas une exception. Début août 2016, les flammes ont ravagé le parc de stockage de la papeterie de Tarascon. Attisées par un fort mistral, elles ont consumé 20.000 tonnes de bois et menacé des habitations. Sur le même site, des incendies s’étaient déjà produits, avec 10.000 tonnes de bois disparus en 2009 et 27.000 tonnes en 2012. À Gardanne, centrale et zone de stockage se situent en zone urbanisée.
La pollution atmosphérique due à l’activité de la centrale constitue un autre péril pour les riverains. À la demande d’Uniper, l’impact a été modélisé par Air Paca. Les particules PM10, mises en cause dans la pollution urbaine cet hiver, constituent « le polluant qui présente les concentrations les plus élevées », analyse l’association régionale de surveillance de la qualité de l’air. La zone de stockage et ses abords immédiats sont affectés par « le réenvol de grosses particules sous l’effet du vent », précise Air Paca. Pour celles qui viendraient de la combustion, Uniper rassure par la mise en place de filtres à particules et grâce à ses hautes cheminées : « Les émissions de la centrale thermique, situées en hauteur, sont peu perceptibles au niveau du sol », affirme Air Paca. « Mais à mesure que les fumées refroidissent, les particules descendent. Elles peuvent se déposer 20 kilomètres plus loin », expose Bernard Auric, ancien directeur de la centrale, aujourd’hui à la retraite. Désormais président de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP), il s’inquiète de la diffusion de particules fines « qui entrent dans le sang et dans les poumons ». Son association a été fondée en 2003 par des habitants de Meyreuil, village jouxtant la centrale, principalement pour faire reconnaître la pollution des poussières de charbon. « Le linge que vous mettiez à sécher dehors ressortait noir », raconte Bernard Auric. Aujourd’hui, l’association tente d’alerter les pouvoirs publics sur les nouveaux rejets de polluants dus à la biomasse.

Les pollutions de l’usine Uniper documentées par l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution.
La modélisation d’Air Paca ne dit rien des taux de CO2 relâchés dans l’atmosphère et ne prend pas en compte les rejets des camions venus livrés. « Près de 200 par jour », selon Jean Ganzhorn, ingénieur en énergie et membre de SOS forêt du Sud. 40 autres camions sortiront les cendres quotidiennement, selon le site Marsactu. Si Uniper entend valoriser une partie des 220.000 tonnes annuelles produites dans des produits du BTP, il en restera 70.000 tonnes par an, que l’industriel espère stocker sur l’ancien terril minier de Bramefan, dans la commune voisine de Fuveau. Une enquête publique s’est achevée le 20 janvier à ce sujet. Il appartient désormais à la préfecture de se prononcer pour savoir si Uniper pourra se servir du site comme décharge. Uniper et la mairie de Fuveau se veulent rassurantes sur les usages futurs du site. Imperméabilisation des bassins de stockage, cendres mouillées pour éviter les poussières toxiques sont annoncées en réponse aux inquiétudes des riverains.

Par voie de presse, Uniper annonçait le démarrage de la biomasse à la fin de l’année 2016. Officiellement, la phase d’expérimentation se poursuit. « Au nom du maintien de 80 emplois directs, on défend une installation du XXe siècle fondée sur une logique d’économie minière, interpelle Jean Ganzhorn, alors que l’on pourrait créer près de 200 emplois avec un projet bien plus efficace énergétiquement, valorisant mieux la biomasse et consommant beaucoup moins de bois. » Dans le scénario de l’ingénieur, le bois serait utilisé en priorité comme matériau permettant la production énergétique (construction d’éoliennes) ou les économies d’énergie (fibres de bois pour l’isolation). Une proposition qui pourrait bien séduire Janine Bourrely. « Plutôt qu’une chaudière, ce qui est plus intéressant, c’est d’aider à l’isolation par la laine de bois », juge-t-elle.
En attendant la mobilisation de dimanche, Jean Ganzhorn reste catégorique sur le non-sens du projet d’Uniper : « Les Bouches-du-Rhône sont le département le plus ensoleillé et le plus venteux de France et on y fait une centrale biomasse plutôt que d’y développer solaire et éolien ! »

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10 avril 2018

La Zad dans tous ces Etats

https://reporterre.net/La-Zad-et-la-guerre-civile-mondiale

La Zad et la guerre civile mondiale

9 avril 2018 / par Hervé Kempf (Reporterre)
L’offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives. Et s’inscrit dans une tendance mondiale des classes dirigeantes néo-libérales à imposer un pouvoir fort.

2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères... ainsi que quelques centaines de CRS à Nantes et à Rennes, pour couvrir l’arrière... la France sera lundi 9 avril en guerre. Contre qui ? Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent, vont et viennent. L’appareil militaire de la France, qui intervient au Mali, en Syrie, en Irak - sans que le Parlement en débatte, contrairement à ce que prescrit l’article 35 de la Constitution -, s’apprête donc à se déployer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

On sait la logique apparente de cette opération que tout être sensé considérerait comme la manifestation la plus aigüe d’un grand délire : après avoir cédé devant une lutte populaire en abandonnant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement veut signifier sa force en expulsant des « occupants illégaux ». Il méprise les procédures qui encadrent rigoureusement la procédure d’expulsion, il rejette sans discussion la proposition de gestion collective de terres entretenues depuis dix ans par ces occupants, et il n’a pas le moindre projet concret d’utilisation de cette zone à l’écologie unique et préservée précisément grâce à celles et ceux que MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot veulent chasser.

Ce brillant quatuor pourra ainsi, grâce aux images et aux commentaires complaisamment relayés par les médias de MM. Niel, Drahi, Bolloré, Dassault, Lagardère, Bouygues, et tutti quanti, montrer à l’opinion ce que signifie « l’ordre » et indiquer aux divers mouvements sociaux qui bouillonnent dans le pays ce à quoi ils peuvent s’attendre.

Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops, c’est la possibilité de vivre autrement

Mais ce n’est pas ce seul effet politique que cherchent M. Macron et ses sbires. La disproportion des moyens employés indique que ce que qui se vit à la Zad menace l’ordre néo-libéral dont ils sont les chantres brutaux : la possibilité d’exister autrement, de chercher la coopération plutôt que la compétition, de s’organiser sans hiérarchie entre les êtres, de régler les conflits sans police ni justice, de partager le commun en harmonie avec ce qu’on appelle la nature, de subsister sobrement, de sortir de l’assujettissement de l’argent... Y arrive-t-on sur la Zad ? On ne peut le dire. Mais on essaye vraiment, et de nombreux faits attestent qu’il y a bien là une magnifique alternative, une fenêtre ouverte dans le mur asphyxiant du capitalisme. Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops envoyés par le président banquier, c’est la possibilité de vivre autrement.

Il faut aller encore plus loin. Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes s’inscrit dans une guerre générale menée par l’oligarchie contre les peuples. L’actualité la plus immédiate vient de nous montrer comment le porte-parole des pauvres du Brésil, Lula, a été emprisonné au terme d’une ahurissante procédure, ou comment l’État israélien tue des manifestants et des journalistes dans la bande de Gaza. Ce ne sont que les derniers éclats d’une vague mondiale continue d’autoritarisme de la part des classes dirigeantes. Presque toute l’Amérique latine (Brésil, Chili, Argentine, Pérou, Guatemala,...) est passée sous la coupe de régimes durs qui appliquent la recette néo-libérale. En Chine, le président Xi Jinping a récemment renforcé son pouvoir. En Russie, Poutine règne en étouffant toute opposition. Aux Etats-Unis, Trump poursuit sa politique de dérégulation financière et environnementale sans contre-pouvoir réel. En Egypte, aux Philippines, en Pologne, en Inde, dans des dizaines de pays, on retrouve cette combinaison d’un pouvoir fort, défendant les intérêts de l’oligarchie, et détruisant l’environnement au nom de la croissance. De plus en plus, l’Europe évolue vers ce nouveau modèle d’oligarchie autoritaire. C’est en fait une guerre civile mondiale qui se déroule, une guerre que mènent les classes dirigeantes contre des peuples hébétés par la mondialisation, et contre les fractions qui parviennent encore à s’opposer à la stratégie du choc suivie par les capitalistes.

80 tonnes de CO2 par an : les vrais criminels

Un chiffre indique l’enjeu de ce qui n’est pas seulement une lutte sociale, mais bien une guerre à propos de l’avenir de l’humanité sur une planète en proie à une crise écologique historique : les membres du groupe des 1 % les plus riches du globe émettent en moyenne chaque année 80 t de CO2, soit neuf fois plus que la moyenne de la population mondiale (6,2 t). Autrement dit, les plus riches sont les plus pollueurs. Et vue la gravité du changement climatique et de ses impacts prévisibles, on peut dire que ces émetteurs de 80 t de CO2 par an sont véritablement des criminels.

Ce que promeuvent les oligarchies, c’est la possibilité de maintenir un système où elles nuisent à l’intérêt général. Car le coeur de l’intérêt général, en ce début du XXIe siècle, est la question écologique, dont l’issue commande les conditions d’existence de l’humanité. Il est presque ironique que leur attaque du moment vise un lieu où précisément on cherche à trouver des voies pour - entre autres - vivre d’une façon qui n’altère pas le climat.

Voilà pourquoi MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot, qui préservent les intérêts des membres des 80 tonnes par an, sont eux aussi criminels, et voilà pourquoi il faut défendre la Zad.


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https://vmc.camp/2018/04/02/nous-irons-defendre-la-zad-contre-le-neoliberalisme-explique-a-mon-zadiste/

Nous irons défendre la ZAD contre… Le néolibéralisme expliqué à mon zadiste

2 avril 2018

L’Etat semble avoir renoncé à l’idée d’une opération d’expulsion de grande ampleur. Elle susciterait trop de mobilisation de la part de tout le mouvement anti-aéroport et au-delà. Nouveau plan : expulser violemment au coup par coup, en espérant prendre tout le monde par surprise et essayer d’éviter l’embourbement et la résistance. Mais comment seront « ciblés », parmi les 97 squats de la zone, ceux à expulser ?

 Il a d’abord fallu une gigantesque entreprise politico-médiatique de division du mouvement puis de la ZAD elle-même. Maintenant, tou-te-s les occupant-es ne sont plus des jihadistes verts. Il y a d’un côté les gentils, les normaux, les néo-ruraux, les interlocuteurs éventuels, les gens responsables. De l’autre côté, les méchants, les marginaux, les radicaux, les violents, les incorrigibles. Cette construction complètement fantasmagorique doit permettre de justifier l’abandon d’une vaste opération d’expulsion, donc le maintien d’une zone de sécession et l’échec fondamental de l’Etat à faire rêgner sa loi mafieuse sur tout le territoire. Tandis que la fabrication de l’ennemi intérieur (les incorrigibles) doit permettre de déchaîner contre eux toute la brutalité de l’Etat.

 Mais si l’on ne peut pas expulser cette zone du non-droit, alors tentons au moins de la pacifier et normaliser. La préfète de la Loire-Atlantique l’a affirmé : ne seront pas expulsés les zadistes capables de présenter et « défendre un projet individuel », qui puisse s’inscrire dans un statut officiel (un travail).  Que dit au fond la voix doucereuse et ferme de l’Etat ?

toi, petit zadiste… oui, oui ! je m’adresse à toi seul petit zadiste : si tu ne veux pas te faire expulser par mes Robocops et voir ta petite maison rasée de la surface de la terre, toi, petit zadiste, tu dois faire un Choix. Car enfin, dans ce beau pays, tout le monde est libre, ce n’est que parce qu’il l’a choisi qu’un individu finit à la rue ou en prison. Donc, tu as toi aussi le Choix. Tu dois devenir un Vrai Individu. Pas cet espèce d’être-lié, qui cohabite au milieu du bocage et des bois, avec des frères et des sœurs, des outils et des armes, des blés semés et des mûres sauvages, des chiens fidèles et des poules vagabondes, des toits végétaux et des puits d’eau fraîche, des écureuils-voisins et des oiseaux-nicheurs… Pas cet être pétri par la pâte qu’il pétri, parcouru des chemins qu’il arpente, aimé des murs de sa maison ouverte… Pas cet être qui œuvre à plusieurs, qui joue, qui jouit, qui trébuche, qui se bat, qui râle, qui invente, qui découvre, qui aime et qui souffre à plusieurs.

 A cet être-lié, tu dois renoncer.

 Car, enfin ! cet être-là appartient au passé, dans cette fange impure où rien n’est clairement séparé, cette fange où tes anciens amis radicaux t’ont entraîné. Tout comme tu as du écouter ton Père qui t’a dis un jour : « Tu seras un Homme, mon fils », aujourd’hui, tu dois m’écouter, moi, l’Etat qui te dis : « Tu seras un Individu, mon Citoyen/ma Citoyenne ». Tu as peut-être oublié tout le bonheur qu’il y a à être un Individu-Citoyen…?

  En redevenant Individu, tu pourras à nouveau gagner ta vie, tu pourras à nouveau profiter de tous les fruits de notre belle civilisation marchande et du loisir universel. Tu pourras de nouveau investir dans le temps plutôt que de simplement le vivre ; tu pourras trouver le travail qui correspond le mieux à tes compétences, trouver le hobby qui correspond le mieux à tes envies, le sport le plus adéquat à tes besoins énergétiques et à ton bilan-santé. Tu pourras même recommencer de nouvelles et vraies relations : des relations de travail, ou d’amitié, ou de famille, ou d’amour. Tu pourras enfin être toi-même ! Et si tu vas mal, ne t’en fais pas ! il y aura toujours des professionnels que tu pourras payer pour qu’ils accompagnement sans danger ta dépression : nos médecins, psychanalystes, coachs, présentateurs TV, personnels Pôle emploi, vendeurs de Smart-box, écrivains, producteurs de cinéma, etc, etc.

Ne me dis pas que ça ne te fais pas envie ?

Pour acquérir tout cela, il te suffit de me faire confiance, à Moi et aux entreprises qui voudront bien t’accompagner dans ta transition. Si tu suis bien les démarches administratives, légales, professionnelles et médiatiques que nous t’indiqueront, tu ne seras pas expulsé. Tu pourras rester dans ta maison ou ta cabane, et même – car je sais que tu feras un excellent Citoyen engagé – tu pourras donner l’exemple, tu pourras montrer ta vie comme une vie écologiquement propre, quotidiennement éthique et passionnément rurale. Nous sommes certains que d’autres Individus-Citoyens pourront s’inspirer de ta vie pour inventer de nouveaux concepts, de nouvelles formes de travail, de nouveaux hobbies…

Que pourrais-tu espérer de mieux ?

 

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https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/060418/comme-la-zad-de-notre-dame-des-landes-defendons-dautres-manieres-d-habiter

 

Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défendons d'autres manières d’habiter

Le 17 janvier 2018, l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes marque le succès d’une des plus longues luttes de France et résonne comme un espoir conséquent pour tous ceux qui luttent pour l'écologie. Pourtant le gouvernement menace toujours d’expulser la zone. C’est pourquoi des architectes, urbanistes, penseurs, citoyens… se sont mobilisés pour écrire cette tribune et défendre cette expérience d’avenir.

 

La victoire contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est celle d'une mobilisation large et diverse. Dans la multiplicité des moyens de lutte qui y ont contribué, la résistance par l'occupation pérenne de la zone à défendre (ZAD) a une place primordiale. En continuant à faire vivre ce territoire, les anciens et les nouveaux habitants ont permis pendant plus de dix ans d’empêcher la destruction des terres naturelles et agricoles. Ils ont pris soin de ces espaces en élaborant de nouvelles formes d’organisations collectives et en développant des activités : menuiserie, boulangeries, cultures collectives de légumes et de céréales, bûcheronnage, bibliothèque, vergers, brasserie, fromagerie, conserverie, forge, tannerie, herboristerie, musique, sérigraphie… Ils ont ainsi démontré qu’il était possible de vivre autrement, loin des scénarios étatiques d’une agriculture industrielle et standardisée, tant à travers des modes de construction autres que des façons d’imaginer un avenir viable et durable pour les territoires ruraux et agricoles.

Un territoire en commun

Dans ce bocage se sont inventées et tissées des formes de vies diverses, aspirant à une meilleure harmonie avec le territoire qu’elles occupent. Dans les interactions entre habitants "historiques", paysans, squatteurs, voisins, animaux sauvages ou d’élevage, herbes, insectes et arbres, mais aussi avec toutes celles et ceux qui passent par là, amis, étudiants, militants, voyageurs, artisans, s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances. Cette expérimentation grandeur nature et à long terme amène chacun à évoluer dans ses représentations et ses pratiques, bien au-delà de ce bocage. En cela, l'horizon joyeux qu'ouvre la ZAD ailleurs que dans les métropoles nous concerne tous.

Habiter et bâtir autrement

La ZAD, c'est aussi l'aventure de ses constructions. Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ; c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d'une friche, ou d'un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou nomades, camions, caravanes, yourtes qui complètent ce paysage habité.

Hors-norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. Elles sont aussi le résultat d’une inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative, favorisée par la stimulation collective de la ZAD, poussant les gens, habitués ou débutants, à se réapproprier l’acte de construire. La multiplicité des formes construites montre des possibilités d’habiter et de bâtir hors des logiques foncières et immobilières basées essentiellement sur la spéculation qui laissent peu de latitude aux habitants et aux architectes pour proposer des solutions alternatives.

Qui a traversé ce territoire, qui a participé à ses chantiers, sait la valeur des forces qui ont pu rénover ces fermes et construire ces cabanes. Car bien loin de l'image autarcique véhiculée à son encontre, la ZAD est un espace de passage, d'échange, un lieu qui fait école ; école de la vie, mais aussi école de l’habiter et du bâtir.

Ce qui s’y joue, c'est l'invention d'

un vernaculaire contemporain fait d'enjeux mondiaux et de matériaux locaux. Ce qui s’y joue, c’est aussi la défense d’un patrimoine vivant issu d’une lutte solidaire qui ouvre nos imaginaires.

Contre la destruction de la ZAD

Nous sommes conscients que rendre nos sources d’énergie plus propres, nos bâtiments plus écologiques et nos villes plus vertes ne suffira pas à assurer un avenir soutenable. L'importance de trouver des formes de vies plus sobres en énergie et en ressources dans lesquelles s'engager pleinement, nous amène donc ici à défendre la ZAD, ses habitants, et leurs lieux de vie. 

Au vu de la complexité de la situation, le débat autour de la légalité ne saurait aboutir à une résolution par la précipitation, la force et la destruction. C’est pourquoi un gel des terres et l’ouverture du dialogue réclamé par le mouvement anti-aéroport est la seule proposition qui fait sens.

Nous nous opposons donc à l'expulsion des habitants de la ZAD ainsi qu’à la destruction des formes d’organisation collective et des constructions atypiques qui s’y sont développées et s’y développent encore. Nous nous engageons à défendre ce qui s’y vit et affirmons que ces nouvelles manières de construire et d'habiter sont aujourd’hui légitimes et nécessaires au regard des enjeux auxquels font face nos sociétés.

Pour rejoindre cet appel :

Défendre d'autres manières d'habiter

salamazadTractB

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03 avril 2018

Big Business avec la guerre - Big Business contre la Terre


Big Business avec l’Enfer ; Big business nucléaire

Big Business comme hier

Comme naguère avec Hitler

Ils n’ont jamais cessé de remettre le couvert

ils sont obligés de faire la guerre

Pour continuer leurs affaires

tous profiteurs de guerre

et si on les laisse faire

aujourd’hui plus qu’hier

ils vont tout foutre en l’air

j’ai pourtant vu des frères

c’est pour cela que c’est clair

Plus qu’une bouteille en mer

C’ est un appel à l’univers

car on doit sauver la terre

 

big_business_avec_hitler

***Voir

- Thanathocène Actualités : 18

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/03/29/loi-de-programmation-militaire-pas-dausterite-pour-la-guerre/

 

- Anthropocène Actualités : 10

- Luttes autochtones et d’autonomie: 19

- Nucléaire: 9

https://www.bastamag.net/Un-milliard-d-euros-ont-ete-depenses-pour-rendre-socialement-acceptable-l

« Les définitions de “l’idéologie” ont été produites notamment par Karl Jaspers et Karl Marx. Pour le premier, l’idéologie est une  interprétation du monde ou de sa propre situation, qui lui représente la vérité absolue, mais sous la forme d’une illusion par quoi il se justifie, se dissimule, se dérobe d’une façon ou d’une autre, mais pour son avantage immédiat”, ce que Marx a précisé comme une représentation déformée en faveur des intérêts d’une classe dominante. Au sens strict, Gérald Darmanin est donc un parfait idéologue de la bourgeoisie, cette classe au pouvoir qui prend ses désirs sociaux pour des réalités scientifiques. »http://www.frustrationlarevue.fr/mensonges-de-lideologue-darmanin/

=== RAPPELS ===
Selon le dictionnaire Larousse :
– un « menteur » est une personne qui n’est pas ce qu’elle paraît être, qui n’est pas conforme à la vérité, qui induit en erreur.
– un « affabulateur » est une personne qui transforme la réalité, qui construit des récits purement imaginaires, qui les présente comme étant la réalité.
– un « mythomane » est une personne qui présente la tendance systématique, plus ou moins volontaire, à la fabulation et au mensonge.
– un « escroc » est une personne qui commet l’action d’escroquer, de tromper la confiance de quelqu’un, en obtenant un bien ou un service au moyen de l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité, de l’abus d’une qualité ou de manœuvres frauduleuses.

Le fantasme — ou phantasme1 — est une manifestation, consciente ou inconsciente, d’un désir ou encore une fixation mentale pouvant, dans certains cas, conduire à des actes excessifs.

 

Fantasme vient du grec phantasma qui signifie apparition, fantôme, hallucination visuelle et qui est dérivé de phainein signifiant rendre visible, faire briller. En français avant les découvertes de la psychanalyse deux mots existaient : phantasme, synonyme d'hallucinations, et fantaisie, qui signifiaient entre autres la capacité à imaginer. Les premiers traducteurs des textes de Sigmund Freud ont choisi de traduire le mot allemand « phantasie » par un mélange de ces deux termes : « phantasme » (hallucination) et « fantaisie » (imagination débridée).

 

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Extraits de : France d’en haut-Sortie du nucléaire ? Poisson d’avril !-France d’en bas
(http://www.acdn.net/spip/spip.php?article1117&lang=fr)
Publié le 31 mars 2018

En cette année où elles reviennent de Rome un 1er avril, que vont nous apporter les cloches de Pâques ? Allons-nous trouver dans nos jardins, tombées du ciel, les prémices d’un monde libéré de la menace nucléaire ?

Hélas, non, ce n’est pas demain la veille du jour où nous en sortirons. Ne comptons pas sur la France d’en haut pour en prendre le chemin. Comptons plutôt sur celle d’en bas : sur les Français.

***

Il y a tout juste trois semaines, le dimanche 11 mars, des milliers de Parisiens se rassemblaient place de la République pour commémorer le 7e anniversaire du début de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Le même jour, à peine terminées les commémorations du drame dans son propre pays, le Premier ministre japonais confronté à la catastrophe en 2011, prenait l’avion pour Paris, afin d’apporter son soutien aux antinucléaires de France.

Le 12 mars, il atterrissait dans notre capitale et présentait le soir même, dans une salle bondée, son témoignage aux spectateurs du film "Le couvercle du soleil", où l’effarante réalité inspire la fiction.

Le message de Naoto Kan, ancien partisan de l’énergie nucléaire, est clair et simple : renoncez à toutes vos centrales, renoncez au nucléaire civil et militaire, ils sont bien trop dangereux !

 

 

Le 13 mars c’est à l’Assemblée nationale que Naoto Kan délivrait son message, lors d’une conférence de presse qu’une dizaine de députés (de la France Insoumise) honoraient de leur présence, ainsi que la présidente de la Commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, Barbara Pompili. ACDN y assistait et lui posait une question sur les liens entre nucléaire civil et nucléaire militaire. En revanche, aucun émissaire, aucun représentant officiel du gouvernement.

Le 14 mars, Naoto Kan était à Strasbourg et tenait à nouveau conférence, cette fois au Parlement européen, en présence notamment de Michèle Rivasi, l’eurodéputée écologiste co-fondatrice de la CRIIRAD au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl.

Le 15, il était à Flamanville, et témoignait à nouveau devant une salle bondée de 400 personnes.

Enfin, le 16 mars, l’ancien Premier ministre s’est envolé pour Tokyo, avec un sentiment réconfortant : au pays d’AREVA – l’entreprise criblée de dettes et de déboires qui s’était vantée de fournir au Japon le combustible MOX qui allait fondre à Fukushima-Daïchi et diffuser son plutonium dans l’air et l’eau du Pacifique, mais qui n’ose tellement plus se vanter de ses prestations qu’elle camoufle désormais son activité réduite sous le nom d’« Orano » - il existe de nombreux citoyens déterminés à mettre un terme à la menace nucléaire.

 

Pendant toute cette semaine du 11 au 18 mars, la votation citoyenne organisée à l’initiative de la France Insoumise a mobilisé à travers la France plus de 300 000 personnes, qui à 93 % se sont déclarées « favorables à la sortie du nucléaire ».



Cependant, le bon sens n’a pas encore atteint les sphères dirigeantes qui prennent les décisions pour nous.

La plus vieille centrale de France, celle de Fessenheim, n’est toujours pas fermée malgré les promesses à répétition. Sa fermeture est suspendue à l’ouverture de l’EPR de Flamanville, le mirage à 3 milliards d’Euros qui en a déjà coûté 11 et ne fonctionne toujours pas, mais qui nous promet, si par malheur il diverge un jour, 60 ans de prolongations nucléaires.

Cerise sur le gâteau pascal, l’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture la Loi de Programmation Militaire 2019-2023, qui nous promet 197,8 milliards de dépenses sur 5 ans, faisant passer le budget de la Défense de 35,9 en 2019 à 44 milliards en 2023. Dont des investissements en hausse constante, quoique non chiffrée, dans les programmes de modernisation des deux composantes, aérienne et navale, de l’armement nucléaire et la poursuite du programme franco-britannique TEUTATES, prévu pour durer 50 ans.

La participation de la France au désarmement nucléaire n’est pas à l’ordre du jour. La fermeture des centrales, pas davantage. L’avenir est rayonnant.

Debout, les irradiés de la terre ! »

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Rappel 1 :

 

« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange [...] tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations. [...] Toujours votre société violente et chaotique [...] porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l’orage ».

Discours de Jean Jaurès à la Chambre prononcé le 7 mars 1895, il explique le refus des socialistes de voter le budget du Ministère de la Guerre.

 

« ...Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille ; c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel ; c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense.

 

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Discours de Jean Jaurès à la jeunesse prononcé à Albi en 1903

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Rappel 2 :

p12 « absurdité d'une croissance plus destructive que productive »[...]

 

p21 « Nous percevons que l'économisme ne peut expliquer totalement nos comportements, que ses prétentions envahissantes font de nous la marchandise de notre propre production et qu'il provoque des raretés dans ce qui étaient des ressources « naturelles » ouvertes à tous. L'économisme dans sa course expansionniste avait besoin de deux choses : d'une uniformisation des cultures (pour y imposer ses produits standardisés) et d'un monde illimité qui seul permettait l’accélération continuelle de la circulation de ces entités abstraites que sont les flux monétaires »[...] « L'uniformisation des cultures et des comportements est en voie de généralisation. Elle va de pair avec l'extension du contrôle ; tendance mortelle et presque fatale mais dont la marche inexorable va buter sur cette apparition des raretés. C'est là notre première chance : la fin de ce mythe de la croissance quantitative. Le dieu viril de la loi et celui non moins viril de la machine vacillent. Ils n'ont plus rien à conquérir »[...]

 

p134 « Le biologiste Jean Rostand déclare « qu'aucune explosion nucléaire ne peut être tenue pour inoffensive, chaque explosion nucléaire modifie de façon inéluctable quelque part dans le monde les gènes des cellules végétales ou animales. » » [...]

 

p133 « D'autre part, il importe de prendre conscience qu'il est contradictoire de critiquer à la fois l'importance du budget militaire et les ventes d'armes à l'étranger sans remettre en question la défense militaire elle-même. Les armes modernes sont si coûteuses qu'un pays ne peut se constituer un armement indépendant suffisant, sans en vendre une partie à l'étranger, pour rentabiliser la production, à moins d'augmenter très sensiblement le budget militaire. » :..

p141 « ...en vendre une grande part à l'étranger, ce qui a pour effet d'accroître la fréquence des conflits, leurs violence potentielle et leur durée. Lire à ce sujet « Les trafics d'armes de la France » Ed. Maspéro 1977) [...]

 

p136 « La dissuasion nucléaire est fondée sur la menace de destruction massive de femmes, d'hommes, d'enfants, sur l'anéantissement de villes...Nos technocrates parlent avec des mots abstraits qui permettent de cacher la réalité au grand public...En fait, la dissuasion nucléaire n'est rien d'autre que du terrorisme d’État à grande échelle. On prend en otage des millions de personnes, et le cas échéant, on massacre ces « otages » « préventivement » ou par vengeance ». la France qui se prétend civilisée est en fait arrivée avec la bombe à un degré de barbarie extrême, grâce à un système de délégation de pouvoirs et d'irresponsabilité quasi générales favorisée par une sous-information voulue par nos dirigeants et les technocrates. »[...]

 

p138 « La paix internationale est impossible sans la paix sociale ; la guerre est effet et non cause d'un mal plus profond qui a sa source en chacun de nous. Il est probable que si nous voulons aller vers une société plus juste, plus « sociale », nous trouverons pour nous barrer la route toutes les forces conservatrices de la société actuelle qui permet et favorise le profit et l'injustice, par l'exploitation de l'homme par l'homme, par la destruction du milieu de vie et le pillage des ressources naturelles. Ces forces conservatrices auront recours à diverses agressions. »[...]

 

p139 « Ils ne faut pas oublier non plus l'existence de foyers locaux de tension mondiale, et la volonté délibérément expansionniste des impérialismes (causes qui ont déjà provoqué les deux dernières guerres mondiales) »[...]

 

p140 « Le psychisme humain et l'expérience historique de l'humanité se conjuguent pour pousser tout homme à rechercher un climat de sécurité qui le « rassure ». Ce besoin de sécurité personnelle des individus s'ajoute au besoin de défense d'un lieu de vie collective défini par des traditions culturelles et à la nécessité de défendre certain droits tels que droits syndicaux et politique, libertés individuelles et collectives. »[...]

 

p140 « Reconnaissant que les enjeux des éventuels conflits sont désormais globaux et ne se limitent plus à la défense des « frontières », nous arrivons logiquement à la conclusion que la défense est une fonction du corps social dans son ensemble : au lieu de militariser toute la société, il faut civiliser toute la défense, c'est à dire donner à l'ensemble de la population la maîtrise sur les finalités, les structures et les techniques de défense. »[...]

 

p141 « Toutes les fois qu'une armée classique se contente de se défendre, elle est pratiquement vouée à la défaite. L'agresseur a généralement l'avantage car c'est lui qui choisi le terrain et le moment de l'attaque. Autrement dit, la logique de défense militaire est telle qu'un pays qui veut se défendre efficacement par les armes, doit mener une politique agressive et impérialiste pour avoir toujours la priorité de l'offensive. Logique absurde qui mène inévitablement à la guerre et à plus ou moins long terme, à la défaite devant un nouvel agresseur plus fort et mieux armé. »

 

p147 « La force civile non-violente »[...] « D'autre formes d'expression de la force se sont développées, et ce sont précisément celles de la non-violence »[...] « souligner cette volonté de rupture avec l'héritage historique, culturel, psychologique de la violence : car elle n'est pas l'unique voie pour résoudre les conflits. »[…]

 

p149 « Pour que cette intégration de l'adversaire soit possible, trois conditions sont nécessaires : pureté des moyens : reconnaître ses torts, reconnaître la part de vérité chez l'adversaire, respecter sa personne, refuser le mensonge et la fraude ; courage des « combattants » : accepter les risques et les sacrifices de tout combat, ne pas fuir, ne pas se protéger, persévérer malgré les échecs ; justesse de la cause : si la cause n'est pas objectivement juste, la non-violence perd toute sa force. La non-violence repose sur la force de la vérité. Cette vérité est justice et amour. Si la non-violence découle de la vérité, il suffit d'être « vrai ». la vérité c'est le contraire du mensonge. Nos politiciens construisent le plus souvent sur des mensonges institutionnalisés. Chacun de nous est responsable là où il est. Partout, il faut dénoncer l'injustice, refuser de collaborer à cette injustice (même légalisée) et vivre avec ceux qui la subissent. »[…]

 

p150 « Antonin Artaud disait : « En même temps que la révolution sociale et économique indispensable, nous attendons tous une révolution de la conscience qui nous permettra de guérir la vie». La non-violence, en rupture totale avec les manières de penser qui nous ont menés au désordre établi actuel, d'une part nous offre les moyens de mener cette révolution sociale et économique d'autre part et surtout, nous amène progressivement à cette révolution de la conscience qui nous permettra de guérir la vie...du mal de la violence. On comprend maintenant mieux pourquoi les gouvernements installés sur la violence de l'exploitation et de la contrainte ne tiennent guère à « enseigner » cette non-violence si « révolutionnaire » aux jeunes citoyens ».[...]

 

p153 « L'erreur est de croire que la seule manière d'abattre un système injuste est d'utiliser la violence armée contre les personnes qui le défendent. Un système politique, en effet, n'est jamais un bloc homogène et monolithique. On peut toujours y discerner trois grandes composantes : une minorité qui détient les leviers de commande politiques et économiques, une « majorité silencieuse » convaincue ou résignée, traversée de courants d'opposition et soumise le plus souvent à une intense propagande. Et enfin des policiers et des militaires, force armée du système, qui permettent au pouvoir de se maintenir en place. Chacune de ces composantes est, elle-même, traversée de courants divers qui peuvent, à chaque instant, compromettre l'unité de l'ensemble. Lutter contre un système politique (et une armée d'invasion n'est qu'un élément d'un système politique) en utilisant la violence armée, c'est d'abord renforcer ce système qui devient un bloc uni, cimenté par le nationalisme et l'exaltation militariste des uns et par l'instinct de conservation des autres. Une fois cette unité réalisée, il ne sera possible de venir à bout du système par la violence armée, qu'en constituant un système opposé aussi monolithique et porteur des mêmes tares que celui contre lequel on voulait lutter. »

 

Mouvement écologique « Vers une société écologique aujourd'hui » (1978 )

 

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Rappel 3:

 

« Permettre au mécanisme du marché d’être l’unique directeur du sort des êtres humains et de leur environnement naturel aurait pour résultat la démolition de la société. » Karl Polanyi

 

p134 "Les traquenards du système du marché ne furent pas immédiatement manifestes."

p194"La production est l'interaction de l'homme et de la nature"[...]

"La fiction marchandise ne tenait aucun compte du fait qu'abandonner le destin du sol et des hommes au marché équivaudrait à les anéantir"

 

p235"Séparer le travail des autres activités de la vie et le soumettre aux lois du marché, c'était anéantir toutes les formes organiques de l'existence et les remplacer par un type d'organisation différent, atomisé et individuel. Ce plan de destruction a été fort bien servi par l'application du principe de la liberté de contrat."[...]"Les conséquences de l'établissement d'un marché du travail sont manifestes aujourd'hui [1944] dans les pays colonisés. Il faut forcer les indigènes à gagner leur vie en vendant leur travail. Pour cela, il faut détruire leurs institutions traditionnelles et les empêcher de se reformer, puisque, dans une société primitive, l'individu n'est généralement pas menacé de mourir de faim à moins que la société dans son ensemble ne soit dans ce triste cas. Dans le système territorial des Cafres (kraal), par exemple, "la misère est impossible; il n'est pas question que quelqu'un, s'il a besoin d'être aidé, ne le soit pas"(Mair). Aucun Kwakiutl "n'a jamais couru le moindre risque d'avoir faim"(Loeb). "Il n'y a pas de famine dans les sociétés qui vivent à la limite de la subsistance"(Herskovicts). C'était également un principe admis qu'on était à l’abri du besoin dans la communauté de village indienne,et, pouvons nous ajouter, dans presque n'importe quel type d'organisation sociale jusqu'à l’Europe du début du 16e siècle, quand les idées modernes sur les pauvres proposées par l'humaniste Vivès furent débattues en Sorbonne. C'est parce que l'individu n'y est pas menacé de mourir de faim que la société primitive est en un sens plus humaine que l'économie de marché et en même temps moins économique. Chose ironique, la première contribution de l'homme blanc au monde de l'homme noir a consisté pour l'essentiel à lui faire connaître le fléau de la faim. C'est ainsi que le colonisateur peut décider d'abattre les arbres à pain pour créer une disette artificielle ou peut imposer un impôt sur les huttes aux indigènes pour les forcer à vendre leur travail. Dans les deux cas, l'effet est le même que celui des enclosures des Tudors avec leur sillages de hordes vagabondes."[...]"Or ce que le Blanc pratique aujourd'hui encore à l'occasion dans des contrées lointaines, à savoir la démolition des structures sociales pour en extraire l'élément travail, des Blancs l'ont fait au 18e siècle à des populations blanches avec les mêmes objectifs."

[...]

p243 "Accepter une sphère économique séparée d'une sphère politique, cela aurait impliqué qu'elle reconnaissait le principe du gain et du profit comme force organisatrice de la société"

[...]

p245 "Personne ne peut mettre en doute la sincérité qui inspire la conviction de Hannah More: plus les pauvres se plient à leur condition dégradée, plus ils vont se tourner facilement vers les consolations célestes."[...]

p258 "En fait, le problème de la protection s'est posé pour les agriculteurs de pays entiers, de continents. Le libre échange international, si on le laisse faire doit nécessairement éliminer les producteurs agricoles par plein contingents, et en quantité toujours plus grande (Borkenau1939). Ce processus inévitable de destruction a été fortement aggravé par la discontinuité inhérente au développement des moyens de transport modernes, trop coûteux pour être étendus à de nouvelles régions de la planète, à moins qu'il n'y ait beaucoup à gagner."[...]"les continents entiers se sont ouvert" et une avalanche de grain"[...]"confrontée à une destruction totale de la société rurale, elle fut forcée de protéger sa paysannerie en instaurant des lois sur les céréales. Mais si les Etats organisé d'Europe étaient capables de se protéger contre les remous du libre-échange internationale, les peuples colonisés inorganisés ne le pouvaient pas. En se révoltant contre l'impérialisme, les peuples d'outre mer visaient surtout à obtenir le statut politique qui les mettrait à l'abri des bouleversements sociaux causés par les politiques commerciales des Européens."[...]

p266 "On ne prit pas garde que leurs démonstrations prouvaient purement et simplement la grandeur du péril encouru par un peuple qui confiait sa sécurité à une institution aussi fragile que le marché autorégulateur."[...]

p274 "Pour l'économiste, aucune nation n’existe; les transactions s'effectuent non pas entre nations, mais entre individus, dont l'allégeance politique était aussi hors de propos que la couleur de leurs cheveux."

p288 " Il était encore plus évident que l'on avait besoin de méthodes interventionnistes si la région en question se trouvait riches en matières premières nécessaires aux manufactures européennes,"[...]"Or de plus en plus souvent, on ne remboursait que sous la menace de l'intervention armée; de plus en plus souvent les routes ne restaient ouvertes qu'à l'aide de canonnières." p297"extinction physique des colonisé".[...]

p308 "La séparation des pouvoirs, inventée entre temps (1748) par Montesquieu, était désormais utilisée pour séparer le peuple du pouvoir sur toute sa propre vie économique."[...]

p309 "Les chartistes s'étaient battus pour obtenir le droit d’arrêter la meule du marché qui broyait la vie du peuple. Mais on n’accorda de droit au peuple que lorsque l'affreuse adaptation se fut achevée."[...]

p314 "En réalité, rien ne peut mieux illustrer la nature utopique d'une société de marché que les absurdités dans lesquelles la fiction du travail-marchandise doit entraîner la collectivité."[...]

p319 "L'obstination avec laquelle, pendant dix années critiques, les tenants du libéralismes économique avaient soutenu l’interventionnisme autoritaire au service de politiques déflationnistes eût pour conséquence pure et simple un affaiblissement décisif des forces démocratiques qui, sans cela, auraient pu détourner la catastrophe fasciste. La GB et les US, qui n'étaient pas les serviteurs mais les maîtres de la monnaie, abandonnèrent l'or assez tôt pour échapper à ce péril."[...]

p321 "système politique et économique menacé de paralysie totale"[...]"Les temps étaient mûrs pour la solution fasciste"[...]"Solution à l'impasse où s'était mis le capitalisme libéral.[...]

p322"Elle proposait une manière d'échapper à une situation institutionnelle sans issue qui était, pour l’essentiel, la même dans un grand nombre de pays, et pourtant essayer ce remède; c'était répandre partout une maladie mortelle. Ainsi périssent les civilisations."[...] « solution à l'impasse où s'était mis le capitalisme libéral »[...] 

p323 "Si il y avait un trait caractéristique du fascisme, c'est qu'il ne dépendait pas de ce genre de manifestations populaires. Bien qu'il eut d'habitude pour but d'être suivi par les masses, ce n'était pas le nombre de ses adhérents qui attestait sa force potentielle, mais l'influence des personnes haut placées dont les dirigeants fascistes avaient acquis les bonnes grâces: ils pouvaient compter sur leur influence sur la communauté pour les protéger contre les conséquences d'une révolte avortée, ce qui écartait les risques de révolution. »[...] 

p324 «En France le culte du mythe politique de Georges Sorel ont été quelques-uns de ses avant-coureurs multiples et divers. » [...] 

p325 « C'est la situation qui a donné naissance au mouvement » [et non l'inverse] [...] 

Le fascisme comme le socialisme, était enraciné dans une société de marché qui refusait de fonctionner .[...] Il était mondial dans sa portée .

P327 « Dans sa lutte pour le pouvoir politique, le fascisme est complètement libre de négliger ou d'utiliser les questions locales, à son gré . Son objectif transcende le cadre politique et économique : il est social. Il met une religion politique au service d'un processus de dégénérescence. »[...] 

p329 « En réalité, le rôle joué par le fascisme a été déterminé par un seul facteur, l'état du système de marché. »[...] 

p337 « La civilisation du 19e siècle n'a pas été détruite par l'attaque extérieure ou intérieure de barbares. »[...] « Sa désintégration a été le résultat [de l'action] des mesures adoptées par la société pour ne pas être à son tour, anéantie par l'action du marché autorégulateur.[...] Les guerres extérieures n'ont fait que hâter sa destruction. »

Après un siècle d' « amélioration » aveugle, l'homme restaure son « habitation ». Si l'on ne veut pas laisser l'industrialisme éteindre l'espèce humaine, il faut le subordonner aux exigences de la nature de l'homme. » « pas reposer sur » une économie fondée sur l'intérêt personnel. Une telle organisation de la vie économique est complètement non naturelle. »[...] 

p338 « L'histoire économique révèle que les marchés nationaux ne sont pas du tout apparus du fait que la sphère économique s'émancipait progressivement et spontanément du contrôle gouvernemental. Au contraire, le marché a été la conséquence d'une intervention consciente et souvent violente de l’État, qu a imposé l'organisation du marché à la société pour des fins non économiques » [...] 

 

p345 notion de liberté personnelle « Dans une société établie, le droit à la non conformité doit être protégé par les institutions. L'individu doit être libre de suivre sa conscience sans craindre les pouvoirs qui se trouvent être chargés de tâches administratives dans certains secteurs de la vie sociale. [...] La contrainte ne devrait jamais être absolue ; il faudrait offrir à «  l'objecteur » une niche dans laquelle il puisse se retirer, un « deuxième choix » qui lui laisse une vie à mener . Ainsi la marque d'une société libre.[...] La véritable manière de répondre à la menace que la bureaucratie devienne source d'abus de pouvoir est de créer des sphère de liberté arbitraire protégées par des règles infrangibles. »[...] 

p347  « Pour le tenant du libéralisme économique, l'idée de liberté dégénère ainsi en un pur et simple plaidoyer pour la libre entreprise – laquelle est aujourd'hui réduite à l'état de fiction par la dure réalité des trusts géants et du pouvoir princier des monopoles. » [...] 

 

p349 « Nous voilà arrivés à l'étape finale de notre raisonnement. Débarrassés de l'utopie du marché, nous voici face à face avec la réalité de la société. C'est la ligne de partage entre le libéralisme,d'une part, le fascisme et le socialisme de l'autre. La différence entre ces deux derniers n'est pas seulement économique. Elle est morale et religieuse. Même dans les cas où ils professent une économie identique, ils ne sont pas seulement différents, mais incarnent en vérité, des principes opposés. Et le point ultime sur lequel ils se séparent est, une fois de plus, la liberté.

Les fascistes comme les socialistes acceptent la réalité de la société, avec la finalité que la connaissance de la mort a imprimée à la conscience humaine. Le pouvoir et la coercition sont une partie de cette réalité, un idéal qui voudrait les bannir de la société doit être invalide. La question sur laquelle ils se séparent est de savoir si à la lumière de cette connaissance, l'idée de liberté peut ou non être soutenue ; la liberté est-elle un mot vide, une tentation, destinée à détruire l'homme et ses œuvres ou bien l'homme peut-il réaffirmer sa liberté en face de cette connaissance et s'efforcer de la réaliser dans la société sans tomber dans l’illusionnisme moral ?

Cette question angoissée résume la condition humaine. L'esprit et le contenu de cette étude devraient donner l'idée d'une réponse.

 

« Nous avons invoqué ce que nous croyons être les trois faits constitutifs de la conscience de l'homme occidental : la connaissance de la mort, la connaissance de la liberté, la connaissance de la société. La première selon la légende juive, a été révélée dans l'histoire de l'Ancien Testament. La deuxième a été révélée par la découverte de l'unicité de la personne dans les enseignements de Jésus-Christ tels que les rapporte le Nouveau Testament. La troisième révélation nous est venu par le fait que nous vivons dans une société industrielle. Aucun grand nom ne s'y rattache[...] 

 

 

p350 Owen a été le premier à reconnaître que les Évangiles ignoraient la réalité de la société. C’est ce qu’il appelait l’ « individualisation » de l’homme selon le christianisme, et il semblait croire que c’était seulement dans une république coopérative que « tout ce qui est vraiment valable dans le christianisme » pouvait cesser d’être séparé de l’homme. Owen reconnaissait que la liberté que nous avons acquise par les enseignements de Jésus était inapplicable dans une société complexe. Son socialisme était la prise en charge de l'exigence de liberté dans cette société là.  L’ère post -chrétienne de la civilisation occidentale avait commencé, ère dans laquelle les Évangiles n’étaient plus suffisants, tout en restant la base de notre civilisation.

La découverte de la société est donc soit la fin , soit la renaissance de la liberté.

Alors que le fasciste se résigne à abandonner la liberté et glorifie le pouvoir qui est la réalité de la société, le socialiste se résigne à cette réalité-là et, malgré cette réalité, prend en charge l’exigence de liberté. L’homme atteint la maturité et devient capable d'exister comme un être humain dans une société complexe.  Pour citer encore un fois les paroles inspirées de Robert Owen : «  Si l’une quelconque des causes du mal ne peut être supprimée par les pouvoirs nouveaux que les hommes sont sur le point d’acquérir, ceux-ci sauront que ce sont des maux nécessaires et inévitables ; et ils cesseront de se plaindre inutilement comme des enfants ».

La résignation a toujours été la source de la force de l’homme, et de son nouvel espoir. L'homme a accepté la réalité de la mort et a bâti sur elle le sens de sa vie physique. Il s'est résigné à la vérité qu'il a une âme à perdre et qu'il y a pire que la mort, et c'est là-dessus qu'il a fondé sa liberté. Il se résigne, à notre époque, à la réalité de la société qui signifie la fin de cette liberté. Mais encore une fois, la vie jaillit de l'ultime résignation. En acceptant sans se plaindre la réalité de la société, l'homme trouve un courage indomptable et la force de supprimer toute injustice susceptible d’être supprimée et toute atteinte à la liberté. Aussi longtemps qu'il est fidèle à sa tâche de créer plus de liberté pour tous, il n'a pas à craindre que le pouvoir ou la planification s'opposent à lui et détruisent la liberté qu'il est en train de construire par leur intermédiaire. Tel est le sens de la liberté dans une société complexe : elle nous donne toute certitude dont nous avons besoin. »

 

(Karl Polanyi "La Grande Transformation"1944)

 

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Écologie : maintenant il faut se battre

26 mars 2018 / par Hervé Kempf (Reporterre)

https://reporterre.net/Ecologie-maintenant-il-faut-se-battre-14100

 

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En 2018, bloquons le salon de l’armement Eurosatory!

Du 11 au 15 juin 2018, nous bloquerons pacifiquement le salon des marchands de canon Eurosatory, par des actions de Désobéissance civile non-violentes. En 2016, des véhicules militaires en exposition avaient été repeints en rouge, la couleur sang de la guerre.
Cette année encore, ...http://www.desobeir.net/2018/01/19/en-2018-bloquons-le-salon-de-larmement-eurosatory/

 

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Le passé toujours dans le présent :

https://www.investigaction.net/fr/jacques-pauwels-hitler-avait-beaucoup-damis-aux-etats-unis/

https://www.investigaction.net/fr/Opel-en-Allemagne-nazie-le-bon/

http://www.jacquespauwels.net/big-business-avec-hitler/

 

https://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/111013/jacques-r-pauwels-big-business-avec-hitler-florian-gulli

Jacques Pauwels analyse les relations qui unirent d’une part le monde des affaires en Allemagne et aux États-Unis et d’autre part Hitler, le NSDAP puis le régime nazi. Le big business, c’est ainsi que Pauwels choisit de nommer le « grand capital », a soutenu Hitler de ses premiers pas en politique jusqu’à la guerre.

La raison première de ce soutien est simple : la peur du communisme au lendemain de la révolution d’Octobre. Hitler promettait de vaincre le marxisme et de briser les reins des organisations politiques et syndicales de gauche. On comprend qu’un tel programme ait pu séduire de larges pans du grand patronat en Allemagne et en Amérique. L’argent coula donc à flot pour aider celui qui éloignerait le spectre soviétique des entreprises allemandes et des filiales des groupes américains en Allemagne.

La seconde raison est d’ordre économique. Le régime nazi allait faire grimper les profits du big business de façon vertigineuse. Comment ? D’abord par l’augmentation des commandes de l’État en vue de préparer la guerre. Ensuite, en diminuant les salaires, en allongeant la durée de la journée de travail et en recourant au travail gratuit des déportés de camp de concentration.

Le livre insiste aussi sur l’implication du capitalisme américain. Il a entretenu de cordiales relations avec le régime une fois l’Allemagne entrée en guerre. La Blitzkrieg en Europe de l’Ouest puis l’opération Barbarossa en URSS ont bénéficié du soutien logistique des entreprises américaines. Les pétroliers américains pourvoyaient la Wehrmacht en essence, tandis que Ford fournissait les moteurs de camions.
Ce livre prend le contre-pied de nombreuses idées reçues actuelles relatives à cette période. Trois en particulier. 1) Le nazisme aurait été imposé par une clique de gangsters, Hitler et ses proches, extérieurs à la société allemande de l’époque. 2) Le peuple allemand serait tout entier et sans distinction responsable de la catastrophe nazie. 3) Le nazisme s’expliquerait par le soutien des classes populaires séduites par le programme socialiste du parti nazi. Ces trois récits ont ceci de commun qu’ils occultent totalement le rôle joué par les élites financières et industrielles, des deux côtés de l’Atlantique, pendant près de vingt ans.

La Revue du projet, n° 26, avril 2013

 

http://www.jacquespauwels.net/comment-la-france-passa-de-lere-allemande-a-lere-americaine/

https://www.investigaction.net/fr/la-grande-guerre-des-classes/

Thanatocène:8

Ranazbouc:7

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30 mars 2018

Le mythe du progrès et la toxicité de la monoculture mondialisée

 

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http://partage-le.com/2018/03/9084/

Le mythe du progrès et la toxicité de la monoculture mondialisée (par Nicolas Casaux)

 

« “Ils ne valaient pas mieux que des chiens“, déclarait en 1835 le révérend Williams Yates, “et vous n’agissiez pas plus mal en tirant sur eux qu’en abattant un chien qui aboie après vous“. Justifiant l’utilisation du fouet, l’un des premiers colons dans l’ouest de l’Australie notait pour sa part : “Rappelons-nous qu’un natif avait un cuir et non une peau ordinaire comme les êtres humains ordinaires“. Les cadavres des Aborigènes abattus étaient suspendus aux branches des arbres et servaient d’épouvantails. “Leur destinée est d’être exterminés et le plus tôt sera le mieux“, écrivait en 1870 Anthony Trollope. En 1902 encore, un élu, King O’Mally, pouvait se lever au Parlement et déclarer froidement : ”Il n’existe aucune preuve scientifique que l’aborigène soit même un être humain”. »
— Wade Davis, Pour ne pas disparaître (Albin Michel, 2011)

Cette description de la manière dont les Aborigènes d’Australie étaient considérés jusqu’à il n’y pas si longtemps — et sont encore considérés par certains — en évoque bien d’autres. La plupart des peuples « sauvages » du continent africain (Pygmées, Sans, etc.), de l’Amérique, de l’Asie et des autres continents du globe, ont été perçus de la sorte par les dirigeants des nations dites « civilisées ». Leurs cultures étaient considérées comme des sous-cultures, des arriérations.

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. »
— Nicolas Sarkozy, 26 juillet 2007

Et puis, au cours du XXe siècle, cette perspective raciste, paternaliste et suprémaciste a progressivement laissé place à une perspective plus respectueuse. Les cultures dites « civilisées » ont cessé — du moins en partie, disons que la perspective officielle de la Science civilisée a cessé, mais pas les Sarkozy du monde — de considérer ces peuples comme des arriérés, des populations (au mieux) jamais sorties de l’enfance de l’humanité, « préindustrielles » ou « précapitalistes » (dans le sens où elles n’avaient pas encore inventé la bombe atomique, le Roundup, la centrale nucléaire et la Rolex, mais qu’elles allaient un jour y parvenir, car tel était le destin et l’unique voie de développement de l’humanité).

La nouvelle perspective officielle stipulait que ces peuples avaient simplement choisi des modes d’existence différents, tout aussi valides que les nôtres — que LE nôtre en réalité : le « développementiste-civilisé » qui, loin d’être valide, constitue la catastrophe socio-écologique que l’on sait (ou que l’on devrait savoir).

***

L’anthropologue britannique Edward B. Tylor définit la culture comme « ce tout complexe qui comprend les savoirs, les croyances, l’art, la morale, la coutume et toute capacité ou habitude acquise par l’homme en tant que membre de la société ».

Or de Prachuap Khiri Khan à Marseille, de New-York à Tokyo, de Hong-Kong à Lagos, de Buenos Aires à Phnom Pen et de Kuala Lumpur à Casablanca, les êtres humains partagent désormais en grande partie — si ce n’est totalement — les mêmes coutumes, les mêmes croyances, les mêmes morales, les mêmes habitudes. C’est-à-dire que d’un bout à l’autre de la planète, une seule et même culture s’est imposée, et s’impose, celle des fausses démocraties[1] (ou des vraies dictatures), de la voiture, des routes, du travail en usine pour les mêmes multinationales ou les mêmes banques, celle de la télévision, des smartphones, des ordinateurs et des écrans partout, celle de Facebook, Instagram, Amazon, Google, Apple, HSBC, Goldman Sachs, Monsanto, Total, ExxonMobil, BASF et Dow Chemical.

Et non, le fait que subsiste encore une mince surcouche de folklore (cuisine, musique, vêtements, etc.) issu des cultures qui existaient auparavant en chacun de ces endroits ne permet certainement pas d’affirmer, par exemple, que le Japon a préservé sa culture parce qu’on y mange des sushis (qu’on peut désormais manger à Paris ou à New-York, et n’importe où dans la civilisation industrielle, ou presque). Ce folklore, qui n’a parfois plus rien de pittoresque (comme l’illustre l’internationalisation des sushis), ne sert plus que d’argument de vente pour le tourisme mondialisé, qui est le même partout.

Comme le formule l’anthropologue états-unien James C. Scott[2] :

« En prenant plusieurs centaines de mètres de recul et en ouvrant grand les yeux, il est étonnant de constater à quel point on trouve, partout dans le monde, pratiquement le même ordre institutionnel : un drapeau national, un hymne national, des théâtres nationaux, des orchestres nationaux, des chefs d’État, un parlement (réel ou fictif), une banque centrale, une liste de ministères, tous plus ou moins les mêmes et tous organisés de la même façon, un appareil de sécurité, etc. »

Il ajoute ainsi que partout, l’on retrouve « un modèle vernaculaire unique : l’État-nation de l’Atlantique Nord, tel que codifié au XVIIème siècle et subséquemment déguisé en système universel ».

Il explique :

« Cette tâche supposait un important projet d’homogénéisation. Une grande diversité de langues et de dialectes, souvent mutuellement inintelligibles, a été, principalement par la scolarisation, subordonnée à une langue nationale, qui était la plupart du temps le dialecte de la région dominante. Ceci a mené à la disparition de langues, de littératures locales, orales et écrites, de musiques, de récits épiques et de légendes, d’un grand nombre d’univers porteurs de sens. […]
Une grande diversité de pratiques d’utilisation de la terre a été remplacée par un système national de titres, d’enregistrement et de transfert de propriété, afin d’en faciliter l’imposition. Un très grand nombre de pédagogies locales (apprentissage, tutorat auprès de « maîtres » nomades, guérison, éducation religieuse, cours informels, etc.) a généralement été remplacé par un seul et unique système scolaire national, dont un ministre français de l’Éducation s’est un jour vanté en affirmant que, puisqu’il était précisément 10 h 20, il connaissait le passage précis de Cicéron que tous les étudiants de tel niveau étaient actuellement en train d’étudier partout en France. La vision utopique d’uniformité fut rarement réalisée, mais ces projets ont néanmoins réussi à abolir une multitude de pratiques vernaculaires.
Aujourd’hui, au-delà de l’État-nation comme tel, les forces de la standardisation sont représentées par des organisations internationales. L’objectif principal d’institutions comme la Banque mondiale, le FMI, I’OMC, l’Unesco et même l’Unicef et la Cour internationale est de propager partout dans le monde des standards normatifs (des “pratiques exemplaires“) originaires, encore une fois, des nations de l’Atlantique Nord. […]
Le charmant euphémisme “harmonisation“ désigne maintenant ce processus d’alignement institutionnel. Les sociétés multinationales jouent également un rôle déterminant dans ce projet de standardisation. Elles aussi prospèrent dans des contextes cosmopolites familiers et homogénéisés où l’ordre légal, la réglementation commerciale, le système monétaire, etc. sont uniformes. De plus, elles travaillent constamment, par la vente de leurs produits et services et par la publicité, à fabriquer des consommateurs, dont les goûts et les besoins sont leur matière première.
[…] Le résultat est une sévère réduction de la diversité culturelle, politique et économique, c’est-à-dire une homogénéisation massive des langues, des cultures, des systèmes de propriété, des formes politiques et, surtout, des sensibilités et des mondes vécus qui leur permettent de perdurer. »

Ainsi : « Seuls la cuisine, la musique, les danses et les costumes traditionnels » demeurent « exotiques et folkloriques… bien que complètement commercialisés ».

Bienvenue dans la monoculture mondialisée. Celle dont Lévi-Strauss parlait quand il écrivait, dans Tristes Tropiques, que : « L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat. » Celle qui précipite actuellement une sixième extinction de masse, qui ravage les milieux naturels par le biais de son agriculture, de son extractivisme, et de ses activités industrielles, et qui pollue tout ce qu’elle n’a pas encore détruit.

***

Pour en revenir au début de ce texte, si nous en sommes rendus là, c’est en partie parce que cette monoculture s’est imposée par la violence, initialement, et qu’elle continue à s’imposer par la violence. Et c’est en partie parce qu’en réalité, du fait d’une propagande médiatique allant en ce sens, la plupart des gens, au sein de cette monoculture mondialisée, continuent à croire qu’elle est LA SEULE et l’UNIQUE culture digne de ce nom, qu’elle est LA voie que l’humanité devait et doit emprunter.

En effet, le discours dominant constitue toujours un éloge du « progrès » (selon ses promoteurs : du bonheur de l’humanité et de sa grandeur ; en réalité : de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, des pesticides dans les rivières, des nanoparticules de carbone dans l’air, de la déforestation, de la concentration en particules de plastiques dans les océans, etc.). Par ailleurs, et pour appuyer son éloge du progrès, il suggère fortement que la vie hors de la civilisation est une calamité éreintante, dangereuse, courte, malheureuse, sombre, insignifiante, etc., et que personne de sensé ne voudrait « retourner » à la bougie ou à s’habiller en peaux de bête, renoncer à la modernité. Ce qui témoigne bien du mépris dont cette culture continue à faire preuve vis-à-vis de ces quelques peuples qu’elle n’a pas encore massacrés, qui vivent sans électricité, dont les vêtements ne sont pas synthétiques (c’est-à-dire qu’ils ne disséminent pas de microparticules de plastiques dans les écosystèmes, ne sont pas fabriqués par des enfants, dans des conditions atroces, pour H&M, etc.) puisqu’ils les fabriquent eux-mêmes, parfois à partir de peaux de bêtes (quelle horreur, quelle barbarie, n’est-ce pas).

Autrement dit, une grande partie de l’humanité est persuadée que sa culture, son mode de vie — la monoculture mondialisée — constitue, malgré toutes ses conséquences socio-écologiques désastreuses[3], LA voie à suivre pour l’humanité (il lui faut également, pour cela, se persuader que cette monoculture parviendra à remédier à tous ces problèmes en faisant toujours plus de ce qu’elle fait déjà : en développant de nouvelles technologies qui sauveront la situation).

Cette croyance selon laquelle la vie dans le cadre de la monoculture mondialisée est la meilleure chose qui soit, selon laquelle elle vaut infiniment mieux que la vie en dehors de ce cadre, est une propagande qui émane de la monoculture mondialisée et de ceux qui y vivent (et principalement de ceux qui y détiennent le pouvoir), et non pas de témoignages de ceux qui vivent en dehors d’elle, dans des communautés humaines et des cultures relativement préservées, bien évidemment.

Ce sont toujours les civilisés — et bien souvent, les plus riches ou puissants d’entre eux, ceux qui tirent le plus profit de la civilisation — qui affirment que les peuples qui ne le sont pas vivent dans la misère, des vies horribles, que personne ne pourrait souhaiter vivre.

Un exemple. Dans son livre Pour ne pas disparaître, l’anthropologue canadien Wade Davis expose le sort des Penans de Malaisie, un peuple de chasseurs-cueilleurs décimé par la déforestation et la plantation de palmiers à huile (un des principaux business du pays). « Pour l’État-nation, les nomades sont une gêne », explique-t-il. Aux yeux du gouvernement, « les peuples autochtones comme les Penans » représentent « une entrave au développement ». Le gouvernement cherche à se débarrasser d’eux pour pouvoir déforester en toute impunité, et remplacer les forêts par des plantations, ou pour y développer d’autres activités industrielles. Il lui faut donc un « prétexte pour les déposséder et anéantir leur mode de vie ». C’est ici qu’entre en scène la propagande qui insinue que la vie hors de la monoculture mondialisée est atroce. Le Premier ministre du pays, Mahathir bin Mohamad, déclare :

« Nous voulons peu à peu ramener tous les habitants de la jungle vers la norme. Il n’y a rien de romantique chez ces peuples sans défense, malades et à moitié affamés. »

Et James Wong, ministre du Logement et de la Santé du Sarawak, d’ajouter : « Nous ne tenons pas à ce qu’ils courent partout comme des animaux. Sur le plan éthique, nul n’a le droit de priver les Penans du droit de s’assimiler à la société malaise. »

En contraste, voici ce que déclare Anderson Mutang Urud, un membre du peuple Penan :

« Le gouvernement dit qu’il nous apporte le développement. Mais tout ce que nous en voyons, ce sont des routes forestières poussiéreuses et des camps de relocalisation. Pour nous, ce prétendu progrès signifie seulement la famine, la dépendance, l’impuissance, la destruction de notre culture et la démoralisation de notre peuple. Le gouvernement déclare qu’il crée des emplois pour notre peuple. Pourquoi aurions-nous besoin d’emplois ? Mon père et mon grand-père n’ont pas eu à demander du travail au gouvernement. Ils n’étaient jamais sans travail. La terre et la forêt leur fournissaient le nécessaire. C’était une belle vie. Nous n’avions pas faim, nous n’étions pas dans le besoin. Ces emplois forestiers disparaîtront avec la forêt. Dans dix ans, il n’y en aura plus et la forêt qui nous aura nourris pendant des milliers d’années aura disparu avec eux. »

Ati Quigua, une femme du peuple des Arhuacos (qui vit sur le territoire que l’on appelle la Colombie), affirmait, lors de la 15ème session du Forum permanent de l’ONU sur les questions autochtones, à New-York, en 2016 : « Nous nous battons pour ne pas avoir de routes et d’électricité — cette forme d’autodestruction qui est appelée “développement” c’est précisément ce que nous essayons d’éviter. »

En Colombie, toujours, à Maríalabaja, des communautés d’ascendances africaine, autochtones et paysannes ont vu le paysage écologique de leur région se recouvrir d’une monoculture industrielle de palmiers à huile. L’excellente ONG World Rainforest Movement[4] (Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales) nous rapporte leur histoire dans un article  intitulé « Guatemala et Colombie : Les femmes face aux plantations de palmiers à huile ». On y apprend que :

« Pour elle [Catalina], comme pour beaucoup de membres de sa communauté, le palmier a causé le désastre à Maríalabaja : il a mis fin à l’abondance d’aliments et, surtout, a contaminé l’eau du réservoir, laquelle constitue la seule source d’eau disponible dans le village : “Les produits agrochimiques appliqués aux palmiers ont contaminé l’eau : c’est pourquoi toutes les femmes contractent des infections vaginales ; il y a beaucoup de maladies de la peau surtout chez les enfants et aussi des maladies du rein. “ Il suffit de se baigner pour ressentir des démangeaisons. Et la tâche, toujours plus difficile, d’obtenir de l’eau potable pèse littéralement sur les têtes des femmes qui doivent transporter de lourds bidons d’eau puisée dans les zones du réservoir où l’eau est moins trouble. […]
Catalina rejette cette idée du progrès qui dévalorise leur mode de vie ancestral : “Nous jouissions du bien-être, dans le sens que nous vivions bien. Nous ne disposions pas de technologie, mais nous vivions dans la tranquillité.” Elle défend la dignité de travailler la terre pour produire les aliments traditionnels de la région plutôt que d’exporter l’huile de palme. »

Il est impératif, pour ceux qui bénéficient le plus des arrangements économico-politiques de la monoculture mondialisée, de faire en sorte que la plupart de ceux qui vivent en son sein croient dur comme fer en l’idée que la vie en dehors d’elle est insupportable, intolérable, infernale. C’est dans cette optique qu’est née cette construction idéologique qui glorifie la vie au sein de la civilisation en diabolisant la vie en dehors d’elle, qui vise à instiller la crainte dans une optique de contrôle.

Pour cela, les élites au pouvoir ont travesti et travestissent encore l’histoire de l’expansion de la civilisation, qui se voit lissée, édulcorée et falsifiée — les vainqueurs écrivent l’histoire à leur guise. Ils ont ainsi créé de toutes pièces un narratif selon lequel tous les êtres humains aspirent à vivre à la manière des civilisés, selon lequel le progrès était et est réclamé par tous, ou presque (un mensonge historique bien exposé, entre autres, dans le livre Technocritiques : Du refus des machines à la contestation des technosciences de l’historien François Jarrige), selon lequel ceux qui évoluent en dehors de la civilisation mènent des existences misérables, selon lequel ils sont nécessairement « sans défense, malades et à moitié affamés ».

Les membres de la plupart des cultures humaines apprécient et appréciaient d’y vivre. Au moins autant que les civilisés du monde apprécient leur monoculture mondialisée. Et potentiellement beaucoup plus, au vu de la prévalence croissante des maladies liées au stress (angoisses, dépressions, suicides), des troubles mentaux divers, et de la consommation de psychotropes[5] au sein des populations civilisées. Cela ne signifie pas que les autres cultures, non-civilisées, incarnent ou incarnaient le paradis sur Terre. Elles incarnent autant de manières de vivre, avec leurs problèmes. Mais la seule réalisation du fait qu’elles ne sont pas en train de ravager la planète devrait nous faire comprendre à quel point nous faisons fausse route.

Tant que la majorité d’entre nous sera incapable ou refusera d’imaginer que l’on puisse vivre, et même bien vivre, sans voiture, sans télévision, sans ordinateur, sans route, sans iPod, sans réfrigérateur, sans micro-ondes, etc., au sein de communautés à taille humaine (condition sine qua non d’une véritable démocratie), la course à l’abîme n’a aucune chance de s’arrêter.

Ainsi que le formule Wade Davis :

« Il s’agit de trouver une inspiration et un réconfort dans l’idée qu’il existe des chemins différents du nôtre et que notre destinée n’est donc pas écrite à l’encre indélébile sur un ensemble de choix dont il est prouvé scientifiquement et de manière démontrable qu’ils ne sont pas les bons. »

Nicolas Casaux



  1. http://partage-le.com/2018/01/8605/

  2. Voir ce texte de James C. Scott sur « La standardisation du monde » : http://partage-le.com/2015/01/la-standardisation-du-monde-james-c-scott/

  3. https://partage-le.com/2017/12/8414/

  4. https://wrm.org.uy/fr/les-articles-du-bulletin-wrm/section1/guatemala-et-colombie-les-femmes-face-aux-plantations-de-palmiers-a-huile/

  5. https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-16-novembre-2017

Revoir  :

http://partage-le.com/2018/02/8998/

Civilisation, écocide et ethnocide : l'exemple des Penan en Malaisie (par Wade Davis)

 

 

... texte … extrait du livre intitulé Pour ne pas disparaître de l’anthropologue canadien Wade Davis, publié en 2011.

(voir aussi Bruno Manser http://www.bmf.ch/fr/documentation/tong-tana/)

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