eurosatory_2018

 

APPEL À MANIFESTATION


Rassemblement de contestation prévu le mercredi 13 juin
A partir de 14h, devant le salon de l’armement Eurosatory
Parc des Expositions Villepinte


Le Salon de l’armement Eurosatory est le plus important salon international de l’armement
dans le monde : un espace mondial de capitalisation sur la guerre, la militarisation des fron-
tières, les violences policières et la répression des populations. Cette année, il se tiendra en
France du lundi 11 au vendredi 15 juin, au Parc des Expositions de Villepinte (93).


Plus de 55 états producteurs et acheteurs d’armes - notamment des états impérialistes et co-
lonialistes comme la France, les États-Unis et Israël - seront présents, et au moins 1500 entre-
prises d’armement, dont une bonne part d’entreprises françaises. Le « salon » présenté comme
voué à la « défense et la sécurité » a pour but d’exposer, promouvoir, vendre et fournir en tech-
nologies de pointe de guerre, de répression et de surveillance. C'est en ce lieu que seront signés
et célébrés des contrats juteux qui accroîtront une production et une circulation d’armes, qui a
atteint aujourd’hui un niveau inégalé depuis la fin de la guerre froide. C'est là où se joue la vie
et la survie de millions de personnes dans le monde.


Ces armes sont notamment celles qu’on retrouve dans les mains de l’Arabie Saoudite, premier
acheteur de la France, pour tuer au Yémen (depuis mars 2015, près de 10.000 morts).


Ces équipements de meurtre sont testés au cours des interventions impérialistes de la France
en Afrique subsaharienne ou durant les agressions coloniales d’Israël en Palestine. Ces agres-
sions (néo)coloniales sont utilisées pour vendre davantage d'armes au salon, promues comme
"efficaces sur le terrain" (une garantie marchande, expression de ce cynisme meurtrier).


Ces technologies meurtrières de pointe employées par des dictateurs d’états tels que Joseph
Kabila, Bachar Al-Assad, Omar Al Bachir, Recep Tayyip Erdogan, Enrique Peña Nieto, sou-
tenus par leurs alliés, ont leur pendant dans les équipements qu’on retrouve déployés contre
les exilés fuyant ces conflits, notamment aux mains de la police européenne aux frontières («
Corps européen de garde-frontières et de garde-côtes », ex-Frontex).


Ce sont les armes qu’on retrouve aux mains de la police, qui violentent, violent et tuent les
populations issues de l’immigration, constituées en « classes dangereuses » dans les quartiers
populaires. Ce sont celles tournées contre nos mobilisations contre la casse sociale sur tous les
fronts, dans la rue, dans les universités, sur la ZAD ; ce sont les armes au cœur de l’appareil
de l’État d’urgence, armes policières qui, légitimement gardées en dehors des temps de service
depuis 2015, ont déjà fait de nombreuses victimes parmi les conjointes des policiers.

Ce sont ces armes que l'état français depuis le début de l’état d’urgence, vend sous couvert de
"menace terroriste" tant aux dictateurs qui prétendent lutter contre le terrorisme en massa-
crant leurs populations que, directement ou indirectement, à des factions armées telles que
l’État Islamique en Syrie et Boko Haram au Cameroun. C’est ce même prétexte qui justifie la
grande présence militaire française et son ingérence dans les politiques internes des anciennes
colonies, des pays de la Françafrique.


C'est la vente massive de ces armes et ses profits monstrueux (5,2 milliard d'euros en 2017) qui
font de l'Etat et de l'industrie d'armement français, les troisièmes marchands de mort mon-
diaux derrière les États-Unis et la Russie et auprès de la Chine.


Dans le budget voté pour 2018 et prélevé de nos contributions, le budget pour la Défense est
de 32,4 milliards. A l’heure même où des centaines de milliers de postes vont être supprimés
dans la fonction publique et territoriale, où les service publics seront vendus (rail), ou revus à
la baisse (santé, éducation, retraites, sécurité sociale, chômage), l’État annonce que ce budget
sera augmenté jusqu’à atteindre la somme indigne de 300 milliards d’euros cumulés d’ici 2025.


Nous nous opposons fermement à la tenue de ce « salon » aux morts en France, qui plus est sur
le territoire de la Seine-Saint-Denis où tant de destins issus de la colonisation et de l’impéria-
lisme, de la migration et de l’exil convergent.


Nous appelons à une mobilisation massive le mercredi 13 juin 2018 :
rassemblement prévu à partir de 14h, devant le salon (sortie du RER). .
Non au salon de l'armement ! Non aux guerres ! Non à l'impérialisme !
À l’appel de : Militantes anti-impérialistes qui ont participé à la mobilisation de 2016 contre
la tenue du salon, ainsi qu’à des mobilisations similaires à Londres (où le salon se tient un an
sur deux).


Signataires : Mwasi, BDS France, Activism for Syria France, Collectif Paris Ayot-
zinapa, FRAP, Union Syndicales Solidaires, Collectif Palestine 12, BDS-Mil-
lau, CANVA (Construire, Alerter par la Non-Violence Active), UJFP (Union Juive
Française pour la Paix), Sortir du Colonialisme, la RAP (Riposte Antiraciste Po-
pulaire), le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien et le Collectif BDS 57.
Ceci est une version écourtée d’une tribune soutenue par de nombreux collectifs de lutte
en France contre les violences policières, pour les luttes antirascistes, anti-impéralistes, fé-
ministes, et de solidarité internationale, ainsi que de nombreuses signatures de personnes
militantes à titre individuel et personalités politiques. Pour la lire dans son intégralité :
https://blogs.mediapart.fr/quecessentlesguerres/blog/100518/non-au-salon-de-larmement-en-
france?utm
Pour signer la tribune : contrelesguerres@riseup.net | fb: que cessent les guerres - stop vente
d’armes